L'Histoire de la Belgique en Coupe du Monde de Football : En Quête de Gloire

Toujours à la recherche d’un premier titre, la Belgique n’en demeure pas moins une nation respectée dans le monde du football. Au cours de leur histoire, les Diables Rouges ont connu plusieurs générations dorées, la dernière en date ayant marqué les esprits durant les années 2010.

Diables Rouges, résumé de l'équipe nationale belge à la coupe du monde du Brésil 2014

Les Débuts Prometteurs et le Titre Olympique de 1920

À l’échelon international, la Belgique est orpheline de titre depuis 1920 et son trophée glané à domicile aux Jeux olympiques.

Le 2 septembre 1920, plus de 40 000 spectateurs étaient venus encourager, dans les tribunes du stade Olympique d'Anvers, la sélection belge en finale des Jeux Olympiques, face à la Tchécoslovaquie.

Ces JO, les premiers de l'après-guerre, ont gravé dans la mémoire collective les débuts de la razzia du Finlandais Paavo Nurmi, triple médaillé d'or en fond. À l'époque, pourtant, le stade Olympique sonne creux pour l'athlétisme quand il fait le plein pour le football.

Entrés en lice en quarts de finale face à une Espagne qui dispute seulement la deuxième rencontre officielle de son histoire (3-1), les Belges commencent par essuyer les sifflets de leur propre public, déçu qu'un seul Anversois soit titulaire.

Pour la demi-finale face au voisin néerlandais (3-0), avec qui les relations se sont tendues à cause de sa neutralité pendant la guerre, deux locaux supplémentaires sont alignés et l'ambiance se réchauffe considérablement.

Annonciateur de la fièvre finale qui voit des trains spéciaux rallier Anvers depuis Bruxelles, des administrations et entreprises donner congé à leurs employés pour soutenir leurs favoris contre la Tchécoslovaquie.

« Il n'y avait plus un billet à acheter. Et les candidats spectateurs qui arrivaient encore de tous les coins du pays se trouvaient bloqués, pressés et comprimés », témoignera l'arbitre international belge John Langenus en se remémorant « la tranchée olympique », un tunnel creusé par des gamins sous les clôtures du stade pour permettre à de nombreuses personnes de rentrer sans payer.

Au point que la troupe est mobilisée pour sécuriser le terrain face à une affluence estimée à plus de 40 000 spectateurs.

Le 2 septembre 1920, la jeune Tchécoslovaquie indépendante fait plutôt figure de favorite, elle qui a remporté facilement l'année précédente les Jeux Interalliés à Paris. Mais elle concède un penalty dès les premières minutes puis un deuxième but à la demi-heure de jeu.

Après concertation, les Tchécoslovaques, qui déplorent l'arbitrage du très expérimenté Britannique John Lewis, 65 ans, décident de quitter la pelouse.

Quand, peu après, l'un de leurs défenseurs est expulsé pour une agression, les Tchécoslovaques, qui avaient déploré la nomination au sifflet du grisonnant Britannique John Lewis, 65 ans, quittent la pelouse, protestant d'une ambiance hostile.

Le terrain est alors envahi, la foule conspue les vaincus terrés dans leur vestiaire.

Leur réclamation restera vaine : la Belgique est championne olympique en trois matches, et à l'issue d'une finale de moins de quarante minutes.

« Nous, Français, nous nous réjouissons de cette victoire et nous l'avons fêtée ce soir à Anvers un peu comme si c'était notre victoire », se félicite le quotidien L'Auto, ancêtre de L'Équipe.

Dans Le Miroir des sports, le futur président de la FIFA Jules Rimet résume : « [La Belgique] a enlevé le Championnat du monde », dix ans avant l'invention de la Coupe du monde.

Un Championnat qui, argumentent aujourd'hui certains, vaudrait bien une étoile dorée au coeur, comme se l'est autorisé l'Uruguay en combinant ses deux titres olympiques (1924, 1928) et ses deux Coupes du monde (1930, 1950) pour arborer quatre étoiles.

« En 1920, les médias français et néerlandais étaient assez chauvins lors des affrontements avec la Belgique mais le magazine néerlandais Sport-Revue a écrit "Belges, n'oubliez jamais le nom de vos premiers champions du monde de football" et Le Miroir des sports titra "Les Belges champions du monde de football" », insiste Raf Willems, l'un des responsables du think tank, auteur d'un livre intitulé La Belgique, première équipe championne du monde de football.

« C'est une injustice qu'elle ne puisse pas arborer cette étoile à laquelle l'histoire lui donne droit », ajoute le chanteur Francis Lalanne.

Les défenseurs d'une Belgique étoilée arguent que le tournoi de 1920 (qui rassemblait 14 équipes) accueillait pour la première fois une sélection non européenne, l'Égypte, et s'avérait plus relevé que ceux d'avant-guerre, qui opposaient parfois des équipes de club grimées en sélections nationales.

En finale, les Belges ouvrent rapidement le score (6e minute), sur penalty, par l'intermédiaire de leur attaquant Robert Coppée.

Le think tank considère avant tout cette étoile comme « symbolique » d'une histoire trop méconnue. Car la victoire de la Belgique en 1920 est aussi celle d'un pays meurtri, longtemps occupé, et d'une sélection qui a connu l'épreuve du feu.

Sélection dont l'un des entraîneurs (qui ramène également d'Anvers une médaille de bronze en... hockey sur gazon), le baron Raoul Daufresne de La Chevalerie, a dirigé des troupes d'infanterie et deviendra, en 1941, commandant en chef de l'armée de terre belge en exil en Grande-Bretagne.

Et dont plusieurs joueurs ont participé, le capitaine moustachu Armand Swartenbroeks en tête, à l'aventure des « Front Wanderers », une sélection belge qui disputait des matches pour assister les réfugiés de guerre et offrir des ballons et chaussures aux soldats des tranchées.

« Deux ans après la guerre, le noyau dur des "Front Wanderers" est devenu champion olympique dans son propre pays, après la finale la plus folle que l'on puisse imaginer, résume Raf Willems. Ne dirait-on pas un scénario de film ? »

Digne des étoiles d'Hollywood.

Coupe du Monde : Un Long Chemin Parsemé d'Obstacles

Des huit pays à avoir déjà occupé la première place du classement FIFA, seuls la Belgique et les Pays-Bas n'ont jamais soulevé la Coupe du monde.

La faute, notamment, pour les Diables Rouges, leaders de ce classement depuis presque trois ans, à un coup de tête du défenseur Samuel Umtiti venu briser leur rêve de finale mondiale, un soir de juillet 2018 à Saint-Pétersbourg.

Lors de la première édition de la Coupe du monde, en Uruguay en 1930, toutes les équipes affiliées à la FIFA sont conviées, mais seules treize font le déplacement. Et parmi elles, quatre pays européens ont accepté d’entreprendre le périple.

Les Diables rouges en sont, et c’est à eux que revient l’honneur de donner le coup d’envoi de la compétition, face aux Etats-Unis.

Au sud de Quiévrain, on prétend que c’est la France, face au Mexique, qui a disputé cette première rencontre. Dans la mesure où les deux matchs se sont déroulés à la même heure, le 13 juillet 1930, chacun y trouve son compte.

La première édition de la Coupe du monde de football, qui se déroule en 1930 en Uruguay, n'a pas attiré un grand nombre d'équipes européennes. Les participants sont invités et n'ont pas à se qualifier, mais beaucoup sont rebutés par la distance à parcourir et le coût du voyage.

Les deux Coupes du monde suivantes, organisées en Italie puis en France, sont marquées par le contexte politique de l'avant-guerre.

En 1950, le monde se remet à peine de la Seconde Guerre mondiale et l'Europe est un continent dévasté. La Coupe du monde se déroule cette année-là au Brésil, seul pays candidat, et en l'absence de nombreuses nations du Vieux Continent.

Un an après avoir marqué l'histoire du football en terrassant l'Angleterre à Londres sur le score de 6-3, l'équipe de Hongrie arrive grande favorite à la Coupe du monde 1954, organisée en Suisse.

La Coupe du monde 1958, qui a lieu en Suède, a des accents britanniques, avec la présence historique des quatre nations constitutives du Royaume-Uni, qui concourent séparément dans les compétitions internationales de football.

De l'avis général, le Mondial 1962, qui se déroule au Chili (dévasté par un tremblement de terre deux ans plus tôt), n'aura pas proposé un jeu aussi attrayant et offensif que lors des deux Coupes du monde précédentes. Le Brésil domine à nouveau les débats de la tête et des épaules, remportant un deuxième trophée consécutif.

Inventé sous sa forme moderne par les Britanniques, le football et sa compétition reine se posent enfin sur le sol de Sa Majesté en 1966.

Pour de nombreux amoureux de football, la Coupe du monde 1970 est la plus belle de l'histoire.

Vingt ans après celle initiée par la Hongrie, une nouvelle révolution footballistique est en marche en 1974, lors du Mondial organisé par l'Allemagne de l'Ouest. Elle vient des Pays-Bas.

44 ans après l'Italie en 1934, une autre édition de la Coupe du monde se déroule, en 1978, dans un pays sous le joug d'une dictature. En Argentine, la junte militaire s'est emparée du pouvoir deux ans avant le Mondial et on sait aujourd'hui que des centaines de prisonniers politiques étaient enfermés dans des geôles à quelques encablures du stade Monumental de Buenos Aires, où eut lieu la finale.

Si l'Allemagne a marqué de son empreinte la Coupe du monde 1982, organisée par une Espagne tout juste sortie du franquisme, ce n'est pas tant pour sa défaite en finale contre l'Italie. C'est d'abord pour son "match de la honte" du 1er tour contre l'Autriche.

Plus que Michel Platini, qui joue sa dernière Coupe du monde, c'est l'Argentin Diego Maradona qui s'impose comme le joueur majeur du Mondial 1986.

En 1990, la Coupe du monde se déroule en Italie et les sélections présentes s'adaptent au style de jeu du pays hôte.

Aux Etats-Unis en 1994, la finale est un classique Brésil-Italie, remportée aux tirs au but par les Brésiliens.

Quand commence son Mondial 1998, l'équipe de France dispose de trois références avec ses demi-finales perdues de 1958, 1982 et 1986. Cette fois, il n'y aura aucun accroc avec une victoire historique à la clé.

Pour la première fois organisé en Asie (en Corée du Sud et au Japon), la Coupe du monde 2002 est le théâtre de nombreuses surprises.

Dominé par les sélections européennes, la Coupe du monde 2006, qui se déroule en Allemagne, se termine par une finale France-Italie.

En finale de la Coupe du monde 2010, qui se tient pour la première fois en Afrique (du Sud), ce sont probablement les deux meilleures équipes n'ayant encore jamais gagné la compétition qui s'affrontent : l'Espagne et les Pays-Bas.

Pour les Brésiliens, remporter le Mondial qui se déroule chez eux en 2014 est la seule option.

La Coupe du monde en Russie contribue à l'éclosion d'un grand talent : Kylian Mbappé.

La Génération Dorée et les Espoirs Actuels

Troisième de la dernière Coupe du monde, la Belgique est une nouvelle fois prétendante à la victoire finale au Qatar. L’occasion pour les Diables Rouges et sa génération dorée d’enfin faire fructifier les espoirs placés en elle.

Car depuis une petite décennie, la Belgique est l’une des meilleures nations mondiales selon le classement Fifa. Longtemps première, elle est actuellement deuxième, derrière le Brésil. Et cela pèse sur les épaules de la sélection belge.

Placés, les Diables Rouges ont toujours échoué lors des grands rendez-vous internationaux ces dernières années. Battus en demi-finale de la Coupe du monde par l’équipe de France (1-0), les Belges avaient tout de même décroché la troisième place en battant l’Angleterre (2-0). L’histoire s’est répétée lors de l’Euro 2021 où les Belges ont, une nouvelle fois, cédé face au futur vainqueur de la compétition : l’Italie.

Non qualifiée lors des éditions 2004, 2008, 2012, la nation belge effectue, tout de même, son retour sur le devant de la scène. En maigre lot de consolation, la Belgique a toujours été en quart de finale des plus grandes compétitions internationales depuis 2014. Plus que n’importe quelle autre sélection. Mais il va falloir faire fructifier tout cela.

Ce qui frustre profondément les fans, mais aussi les joueurs. Eden Hazard, capitaine de la sélection depuis 2015, en tête. Âgé de 31 ans, il disputera sa troisième Coupe du monde.

« J’ai la chance d’être le capitaine d’une grande nation de football, et nous nous devons donc d’avoir de grandes attentes. Bien sûr, nous avons une génération incroyable de joueurs, mais nous n’avons toujours rien gagné.

Et avec un Eden Hazard au sommet de son art, couplé aux bonnes formes de Thibaut Courtois et Kevin De Bruyne, sans oublier le retour de Romelu Lukaku, la Belgique fait légitimement partie des nations favorites. Reste à franchir la dernière marche.

C’est en tout cas l’ultime chance du sélectionneur Roberto Martinez, déjà chahuté depuis plusieurs saisons pour son incapacité à glaner des trophées.

Onze de légende:

Voici une composition possible de l'équipe de légende de la Belgique :

  • Gardien: Thibaut Courtois
  • Défenseurs: Eric Gerets, Vincent Kompany, Jan Vertonghen, Daniel Van Buyten
  • Milieux: Axel Witsel, Kevin De Bruyne, Enzo Scifo
  • Attaquants: Jan Ceulemans, Eden Hazard, Romelu Lukaku

Remplaçants: Pfaff, Grün, Alderweireld, T. Simons, Frk.

Malgré la concurrence de deux illustres prédécesseurs (Pfaff et Preud’homme), Thibaut Courtois est le gardien titulaire indiscutable de notre onze de légende Belgique. Du haut de ses 2 mètres, le géant belge se distingue par des réflexes impressionnants sur sa ligne et se montre souverain dans les airs. Considéré comme l’un des meilleurs gardiens de sa génération, il brille durant la Coupe du Monde 2018 avec comme point d’orgue son match face au Brésil.

Indéboulonnable sur son côté droit, Eric Gerets se distinguait par sa combativité, son apport offensif et sa lecture du jeu. Son leadership lui a également permis de porter le brassard de capitaine à 23 reprises. Finaliste de l’Euro en 1980, le Lion de Rekem va ensuite être privé de sélection pendant un an suite à son implication dans l’affaire Standard-Waterschei. Son retour n’en sera que plus mémorable lors de la Coupe du Monde 1986, où il oeuvre activement à la quatrième place des Diables Rouges.

Pendant plus d’une décennie, Daniel Van Buyten a été le pilier de la défense belge. Il a d’ailleurs fait la jonction entre l’équipe vieillissante du Mondial 2002 et la génération dorée du Mondial 2014, ayant lui-même participé à ces deux tournois. Défenseur imposant par sa taille (1,97 m), le joueur passé par l’OM et le Bayern se montrait redoutable dans les duels et sur coups de pied arrêtés. Cette particularité lui a permis d’inscrire de nombreux buts, en club comme en sélection.

Légende de Manchester City, Vincent Kompany est considéré comme l’un des meilleurs défenseurs centraux de sa génération. Rarement épargné par les blessures, il s’est néanmoins imposé comme le capitaine emblématique de la génération dorée belge des années 2010. Ce défenseur particulièrement complet excellait dans les duels, la lecture du jeu et la relance. Sa sérénité et son leadership ont également fait le plus grand bien aux Diables Rouges pendant 15 ans.

Recordman du nombre de sélections, Jan Vertonghen incarne la fiabilité et la constance au plus haut niveau. Latéral gauche ou défenseur central, cette polyvalence lui a permis d’être titulaire en sélection pendant 17 longues années. La Belgique a ainsi pu profiter de toutes ses qualités : lecture du jeu, sens de l’anticipation, rage de vaincre et apport offensif. Il marque d’ailleurs plusieurs buts décisifs, notamment contre la Corée du Sud lors du Mondial 2014 et contre le Japon lors de l’édition suivante.

Si ses choix de clubs l’ont longtemps tenu éloigné des meilleurs championnats européens, Axel Witsel a pu briller sur la scène internationale avec la Belgique. Il a très souvent rayonné au milieu par son efficacité à la récupération, ses percées balle au pied et ses belles qualités techniques. Grâce à son intelligence de jeu, c’est aussi lui qui dictait le tempo et garantissait l’équilibre chez les Diables Rouges.

Kevin De Bruyne est unanimement reconnu comme l’un des meilleurs joueurs de sa génération. Sa vision du jeu exceptionnelle, combinée à la précision chirurgicale de ses passes, en a fait le maître à jouer de la Belgique. Certes, on lui a parfois reproché de ne pas avoir le même rendement en club et en sélection. KDB a néanmoins souvent aidé les Diables Rouges à travers ses passes décisives millimétrées et ses buts spectaculaires.

Enzo Scifo reste dans les mémoires comme l’un des joueurs les plus talentueux de l’histoire des Diables Rouges. Pendant près de 15 ans, le milieu offensif a régalé le public belge par son élégance, ses dribbles déroutants, ses frappes lointaines et sa vision du jeu exceptionnelle. Il se révèle sur la scène internationale à l’occasion de la Coupe du Monde 1986 : auteur de 2 buts et élu meilleur jeune, il contribue grandement à la quatrième place de la Belgique.

Jan Ceulemans a été le capitaine emblématique durant le premier âge d’or du football belge. Attaquant polyvalent, Caje était facilement reconnaissable à sa carrure imposante et son jeu de tête remarquable. Son leadership, sa combativité et son sens du but ont guidé la Belgique vers ses premiers grands succès internationaux.

De par son talent inouï, Eden Hazard a longtemps porté les espoirs d’une nation entière sur ses épaules. Le génie belge était capable de déstabiliser n’importe quelle défense par ses crochets dévastateurs, ses accélérations fulgurantes et ses changements de direction. Son intelligence de jeu et sa capacité à faire jouer ses partenaires en faisaient également un joueur d’exception.

Meilleur buteur de l’histoire de la Belgique, Romelu Lukaku n’a paradoxalement jamais fait l’unanimité en sélection. La faute à un style pas toujours académique et à un certain manque de réussite dans les moments cruciaux. Il n’empêche, Big Rom mérite entièrement sa place dans notre onze de légende Belgique grâce à sa puissance physique, sa générosité et son sens du but.

Et vous, quel est votre onze de légende Belgique ?

Parcours de la Belgique en Coupe du Monde:

AnnéeRésultat
1930Premier tour
1934Premier tour
1938Premier tour
1954Premier tour
1970Premier tour
1982Deuxième tour
1986Quatrième place
1990Huitième de finale
1994Huitième de finale
1998Premier tour
2002Huitième de finale
2014Quart de finale
2018Troisième place

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