La quatorzième Coupe du monde de football, qui s'est déroulée en Italie, a suscité des inquiétudes quant à la violence potentielle. La présence de jeunes hooligans anglais, néerlandais, allemands et italiens laissait craindre de sérieux incidents. Ils entendaient faire de ce rendez-vous planétaire le sommet de leur "carrière" de casseur des stades.
Un supporter anglais, Paul Scarrot, connu des services de police britanniques, a été arrêté à Rome, car il était considéré comme l'un des meneurs des hooligans anglais.
Les quotidiens populaires britanniques n'ont jamais fait dans la demi-mesure. Le caractère est gras, et le titre accrocheur s'étale sur cinq colonnes en tête, comme pour persuader les lecteurs que la Coupe du monde de football serait placée sous le signe de la violence entre supporters.
Supporters de l'Ajax d'Amsterdam et de l'équipe nationale des Pays-Bas, ils sont fiers que la presse de Londres les consacre "pire voyous du football après les Anglais". Dans cette salle, blottis sous une tribune du stade de l'Ajax, ils fument des joints, boivent des bières et contemplent leurs photos de "castagne" affichées avec l'accord du club au nom d'une sacro-sainte et très néerlandaise tolérance. La violence, ici, a valeur de norme.
Les hooligans ont déjà gagné. Longtemps qualifiée de "maladie anglaise", le phénomène a contaminé l'ensemble du continent. Aux Pays-Bas comme en Belgique, en Allemagne comme en Italie, les bandes s'affrontent chaque semaine. La bagarre est devenue un rituel dont les adeptes ont programmé l'apothéose sur le sol italien.
Dans un mois, après la Coupe du monde, ils comptent bien exposer d'autres clichés. Les emplacements sont réservés et les punaises prêtes.
Drôle de guerre que celle qui se prépare en Italie. On en connaît déjà la durée (un mois), les acteurs (Anglais, Néerlandais, Allemands et Italiens) et les lieux de bataille (Sardaigne, Gênes, Milan, Bologne et peut-être Rome). Reste simplement à savoir quelle sera l'ampleur des dégâts. Nul n'est encore capable de le dire tant la confusion est grande, y compris chez les policiers et les dirigeants qui n'ont jamais paru aussi impuissants, débordés par les rumeurs et les fausses pistes.
Seule certitude : même s'il ne doit rien s'y passer de grave, ce rendez-vous sportif sera bien le premier Mondiale du hooliganisme. Les caméras du monde entier seront sur le qui-vive.
Le phénomène a contaminé l'ensemble du continent. Aux Pays-Bas comme en Belgique, en Allemagne comme en Italie, les bandes s'affrontent chaque semaine.
Mardi 12 octobre, en Italie, des scènes de violence ont perturbé un match de foot. Les supporters ont défoncé la barrière qui les séparait des supporters italiens à coups de barre de fer. Les forces de l'ordre ont été prises au dépourvu.
Vendredi soir, 36 supporters du Red Star et du Paris FC étaient interpellés par la police à Paris après une bagarre en pleine rue. Les images prises par ce passant sont violentes. Vendredi soir, l’auteur de cette vidéo Youtube assistait à une scène de bagarre à Porte d’Italie, au sud de Paris. Barres de fer, projectiles, fumigènes, la scène ressemble à une véritable émeute. Rapidement interpellés, 36 personnes ont été placés en garde-à-vue pour 24 heures.
«On sentait que ça pouvait être chaud, » raconte une source policière au quotidien. « En janvier dernier, nous avions déja du intervenir en marge du match à Montreuil.
Ce dimanche en début d’après-midi, à l’occasion du match de préparation entre le Stade de Reims et le Torino à Delaune, une autre rencontre, plus musclée celle-là, mais bien plus brève, s’est déroulée avenue du Général-de-Gaulle. Deux groupes d’individus s’y étaient donné rendez-vous pour un fight qui n’a duré qu’une minute environ, en raison de l’intervention des forces de l’ordre. À la vue des uniformes, tout le monde s’est dispersé, aucun blessé ne s’est fait connaître et aucune plainte n’a été déposée (comme d’habitude).
Un site tchèque, qui se présente comme la « page officielle des Hooligans », a publié un court résumé de l’incident survenu juste avant le match programmé. « Contact 30 vs 30 at the foot of the stadium with the guys of the Torino (sticks and flags) », est-il écrit, ce qui peut se traduire par « Contact 30 contre 30 au pied du stade avec les gars du Torino (bâtons et drapeaux) ». Il est ensuite indiqué « the police arrive at the end not comes to the end no real advantage during contact », autrement dit, en bon français, la police est arrivée à la fin avant que l’un des groupes ne prenne réellement l’avantage sur l’autre. Le site exagère un peu : sur les images de la vidéosurveillance, on compte plutôt une grosse trentaine de belligérants, et non une soixantaine. Français et Italiens n’ont pas fait semblant de se taper dessus.
Les footballeurs ne sont pas les seuls à se retrouver en ce début de saison, les hooligans aussi.
Les supporters ont incendié des voitures et jeté des pierres aux policiers. Les émeutiers peuvent donc suivre bien plus facilement leur équipe nationale.
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