L'histoire de Florent Manaudou est celle d'un athlète aux multiples talents et passions. Après avoir marqué le monde de la natation, notamment avec son titre olympique sur 50m nage libre à Londres en 2012, Manaudou a surpris en se tournant vers le handball. Retour sur cette transition et son expérience au sein du club d'Aix-en-Provence.

En 2016, après les Jeux Olympiques de Rio, Florent Manaudou a annoncé une "parenthèse" dans sa carrière de nageur pour se consacrer au handball. Il a commencé à s'entraîner avec le PAUC Handball, le club d'Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), au sein de l'équipe réserve.
Les Débuts au PAUC Handball
La passion a poussé Florent Manaudou à franchir les portes du PAUC à Aix, où il a demandé au coach Jérôme Fernandez d'évaluer son niveau. Il a tenu sa première conférence de presse ce lundi après-midi, dans un hôtel de luxe, au pied de la Sainte-Victoire.
Lors de la présentation de ce nouveau joueur, Christian Salomez, le président du PAUC, s'est réjoui de la présence du nageur : "Ça va être très bon pour la communication du club." Manaudou sur le terrain, mais pas avant la fin de saison. L'entraîneur du PAUC a précisé que le nageur s'entraînait et qu'il ne ferait que des parties de match en tant qu'arrière gauche ou pivot avec l'équipe réserve en fin de saison.
Le champion olympique de natation a effectué ses premiers pas en match officiel avec le club d'Aix-en-Provence. Aix a concédé le match nul face à Mougins (32-32) en Nationale 2 (quatrième division). Le Villeurbannais, qui a commencé à s'entraîner il y a seulement un mois et demi, est resté sept minutes sur le terrain.
Heureux de débuter cette nouvelle aventure, le champion olympique du 50 m nage libre a insisté sur la notion de plaisir, sans se fixer de limites ni d’objectifs. Pour le moment, le projet est simplement de renouer avec un sport que j’ai quitté assez tôt pour me consacrer pleinement à la natation.
Je ne regrette pas mon choix puisque ça s’est très bien passé pour moi mais j’avais à cœur de reprendre le handball dès que j’en avais l’occasion. J’ai donc contacté Jérôme Fernandez (entraîneur-joueur du PAUC) et j’espère pouvoir tout donner et jouer au meilleur niveau que je puisse atteindre. J’ai pris beaucoup de plaisir pour le moment. Je n’estime pas mon niveau, je souhaite simplement m’amuser.
Les Défis et l'Adaptation
Jérôme Fernandez, entraîneur-joueur du PAUC Handball, a souligné les défis que Florent allait devoir relever : "Florent va devoir effectuer un gros travail physique pour renforcer les membres inférieurs, mieux gérer les sauts, et trouver ses repères sur le terrain."
On va continuer ce qu’on avait déjà commencer à travailler : les passes, la précision de tirs et au fur et à mesure on l’intégrera aux séances. Son corps risque de changer, mais ça ne sera pas quelque chose qui va lui nuire pour la pratique de la natation et ça va lui apporter beaucoup pour la pratique du handball. A partir du mois de janvier, on pourra commencer à travailler sur de l’opposition et du travail tactique. Au mois de juin, on pourra faire un bilan sur ses aptitudes et son poste de prédilection.
Manaudou n'a pas d'autres objectifs que de "s'amuser". La natation était un sport très exigeant. Le handball l’est également. Si je suis présent aujourd’hui, c’est que je souhaite continuer à pratiquer le sport de haut niveau. Je n’ai que 26 ans. En handball, on peut durer un peu plus longtemps qu’en natation. D’ailleurs, Jérôme est plus âgé que la plupart des nageurs en activité (rires).
Florent Manaudou a disputé ses premières officielles en tant qu'handballeur du Pays d'Aix Université handball club. Il est resté 7 minutes sur le terrain, mais n’a pu aider son équipe à l’emporter. Pour la petite histoire, Aix a concédé le match nul face à Mougins (32-32).
Yann Bourrel - témoignage Florent Manaudou - Formation Taping
Retour à la Natation et l'Expérience du Handball
Dans une longue interview accordée à L'Équipe, Florent Manaudou a annoncé qu'il reprenait la natation, à seize mois des Jeux olympiques de Tokyo. Il retrouve donc les bassins deux ans et demi après les avoir quittés, au lendemain des Jeux de Rio. Cette pause fut marquée par une reconversion comme handballeur avec l'équipe réserve du PAUC.
Êtes-vous surpris par l'annonce de Florent Manaudou de revenir à la natation ?JÉRÔME FERNANDEZ. Non, c'était prévu. En janvier, on souhaitait lui proposer un an de contrat professionnel pour être avec nous la saison prochaine, en tant que troisième pivot. On a besoin de trois gars à ce poste, et on voulait lui donner sa chance. À ce moment-là, il m'a dit qu'il s'était bien senti aux compétitions interclubs de natation de novembre dernier, et qu'il souhaitait repartir vers cette discipline. Il nous a dit que c'était très sympa de notre part, mais qu'il allait tenter le coup en vue des jeux de Tokyo. Du coup, nous étions au courant depuis janvier. En plus, il avait une fracture à un doigt, donc il ne pouvait plus jouer ni s'entraîner avec nous.
Pensez-vous qu'une proposition de contrat dans le hand aurait changé quelque chose sur sa décision…Non, je ne pense pas. La raison qu'il m'a évoquée, c'est qu'il avait besoin d'être confronté aux meilleurs. Et étant donné qu'il évoluait en quatrième division avec nous, cette opposition lui manquait. Et là, il se sent capable d'aller aux Jeux et de faire une bonne performance, donc ce challenge le branchait plus.
Avec vous il aurait été « un second couteau », alors qu'à Tokyo il va jouer les premiers rôles…C'est ça.
Que gardez-vous de cette expérience commune ?C'était une très bonne expérience. Il a mis beaucoup de plaisir dans son travail, et a beaucoup progressé pendant deux ans et demi. Mais il partait de loin, et sentait que l'écart de niveau était long à rattraper, et il n'avait plus 20 ans. Je lui avais dit qu'à partir de 2019, il pourrait jouer en Proligue (NDLR : deuxième division de handball). Mais entre jouer en Proligue et faire les Jeux en natation, je crois qu'il a fait son choix.
Le sentez-vous prêt à relever le défi olympique ?Bien sûr. Il fait partie de ces rares athlètes qui sont faits pour le haut niveau, pour performer. Tu lui expliques une fois une chose, il l'assimile. C'est quelqu'un qui a un mental d'acier au quotidien. Il ne supporte pas d'être moins bon que celui qu'il a en face de lui, et ça le tire vers le haut. Sur ses qualités physiques, je pense qu'il n'y a rien à dire.
Je ne pense pas que les transformations physiques que je vais devoir effectuer pour le handball nuiront à la reprise de la natation. Avec le PAUC Handball, tu porteras le numéro 50. Ça fait partie de ma vie, c’est sûr. On m’a proposé ce numéro et j’étais très content.

Je vis au jour le jour, j’ai cette chance de pouvoir pratiquer le handball désormais et si un jour la natation me manque, j’y retournerais. Jeudi 17 novembre débutent les championnats de France de natation en petit bassin. Pour la première fois depuis 2012 tu vas les vivre de l’extérieur. Que ressens-tu ? Forcément, je vais être un peu nostalgique parce que tout ce que j’ai construit dans ma vie, c’est grâce à la natation.