L'Histoire du Rugby à Sept : De l'Écosse aux Triomphes Olympiques

Le rugby à sept, né en 1883 en Écosse, a mis du temps à s'implanter dans le paysage rugbystique français. Ce n'est qu'à la fin du XXe siècle qu'il a véritablement commencé à exister en France. En effet, la première équipe de France de sevens a été créée en 1973 dans le cadre du tournoi de Murrayfield.

Il faut attendre décembre 1999 pour voir le rugby à 7 « se professionaliser », à l’instar du XV, grâce à la création du premier circuit mondial : les World Rugby Sevens Series. La première étape a lieu à Dubaï, dans l’historique Sevens Stadium qui accueille depuis, chaque année, le lancement de la saison.

Malgré la création des World Series en 1999, aucun joueur n’est considéré comme « joueur de sevens » professionnel durant les années 2000. Ce sont des quinzistes appelés en fonction des tournois. Les filles profitent également de cet engouement avec le lancement de la première Coupe du monde en 2009, à laquelle la France participe, et celui des World Women Sevens Series pour la saison 2012-2013.

Si le sevens français rayonne à l’international, il prend de l’ampleur également au sein du sol de l’hexagone. Avec l’apparition des World Sevens Series et l’intégration du 7 aux Jeux Olympiques, les tournois se multiplient au niveau amateur. De nombreuses associations commencent alors à voir le jour, et un propre circuit français va être lancé en 2016 : le Circuit Élite. Pour les joueurs professionnels, le lancement de l’In Extenso Supersevens apporte là aussi une nouvelle dimension au 7.

L'Équipe de France de Rugby à Sept : Une Montée en Puissance

Les équipes de France de rugby à sept ont posé leurs valises à Los Angeles pour disputer la finale du circuit mondial. Les champions olympiques y défendront leur titre tandis que les Françaises, elles, tenteront de faire aussi bien, sinon mieux, que l’argent décroché à Madrid, en finale, en 2024. L’épilogue de la saison de rugby à 7 approche à grand pas.

Après six finales perdues, les Bleus ont enfin renoué avec le succès à Los Angeles, en l’emportant en finale 21 à 0 face à la Grande-Bretagne. Une victoire historique, puisqu’il ne s’agit en effet que du deuxième tournoi remporté par les Tricolores sur le circuit. Le premier, c’était à Paris en 2005, la France l’avait emporté sur les Fidji au stade Jean-Bouin, avec un certain Vincent Clerc dans l’équipe. 19 ans après, la disette est enfin terminée et les sourires ont regagné le camp bleu.

Il faut dire que les joueurs de Jérôme Daret sont montés en puissance après leur troisième place à Vancouver. Passés tout proches d’une première finale cette saison, la volonté de combattre à nouveau pour l’or était présente dans toutes les têtes. Et même si cela ne s’est pas passé comme prévu en phases de poules, les coéquipiers de Paulin Riva n’ont rien lâché.

Après avoir dominé le Canada (24-7) et la Grande-Bretagne (19-12), tout en célébrant le 100eme essai de Stephen Parez-Edo Martin sur le circuit, les Français sombraient face aux Fidji (10-14), malgré deux réalisations du puissant Jordan Sepho et de la fusée toulousaine Nelson Épée. S’assurant malgré tout une place en quarts de finale, mais prenant la deuxième place de la poule, ils s’offraient ainsi un duel face aux locaux américains.

Pas de quoi trembler pour autant, puisqu’Antoine Dupont montrait rapidement la voie d’une course de 45 mètres dépitant ses adversaires. Le Parisien Andy Timo venait lui accentuer l’avance des Bleus bien servi par Rayan Rebbadj (RC Toulon), synonyme d’un nouveau ticket pour les demi-finales (14-0).

Un dernier carré particulièrement inhabituel sur le circuit, composé de 100% d’équipes européennes. L’Irlande ayant en effet créé la surprise en venant à bout des leaders argentins (24-14), tandis que l’Espagne renversait elle les Fidji (21-19) pour connaître sa première demie, et que la Grande-Bretagne s’offrait de son côté la peau de l’Australie (26-19).

Il ne fallait donc pas trembler face à l’Irlande , équipe si imprévisible, et actuellement deuxième du circuit. Malgré une entame mal embarquée, Antoine Dupont remettait une nouvelle fois les Bleus dans le droit chemin en perçant sur 70 mètres (7-7). Bien décalé, Rayan Rebbadj donnait lui l’avantage aux Bleus juste avant la mi-temps (12-7). Puis Paulin Riva, d’une feinte de passe somptueuse, accentuait l’avance après la pause (19-7). Toujours dans la partie, les Irlandais s’en remettaient à leur joueur phare Terry Kennedy (apparu avec Monaco Rugby Sevens sur l’In Extenso Supersevens 2023) pour ne pas se décrocher (19-12). Mais tout en puissance, le Castrais Antoine Zeghdar venait donner une lueur d’espoir à son équipe en inscrivant le quatrième essai à trois minutes du terme (26-12).

La tension était pourtant à son comble jusqu’à la dernière seconde, les hommes en vert marquant par deux fois (Zac Ward, puis Kennedy à nouveau) pour tenter une ultime transformation qui aurait pu permettre l’égalisation et le “golden score” (ndlr : prolongations, première équipe à marquer remporte le match). Mais il n’en fut rien…La France s’offrait à nouveau le droit de rêver en rejoignant la finale.

Face à une Grande-Bretagne diminuée par les nombreuses blessures, les Bleus furent sans pitié face à leurs adversaires. Résistants dans un premier temps, les Britanniques sombraient sous les assauts français portés par Antoine Zeghdar, Stephen Parez-Edo Martin et Théo Forner (USA Perpignan). Une rencontre à sens unique qui voyait la France s’imposer 21 à 0 pour remporter le trophée en Californie. Un moment mémorable !

Cette victoire, elle est aujourd’hui particulièrement due à un groupe uni, composé pourtant de plusieurs ressources diverses et variées. L’équipe de France 7 s’appuie en effet à ce jour sur 26 joueurs : 11 sous contrat avec la Fédération Française de Rugby et 15 issus des clubs professionnels. Une convention régit alors le tout entre la FFR, la LNR et les clubs de Top 14 et de Pro D2.

Parmi les joueurs issus de l’univers professionnel à XV, plus de la moitié composait l’équipe victorieuse à Los Angeles : Antoine Dupont et Nelson Épée (Stade Toulousain), Théo Forner (USA Perpignan), Aaron Grandidier-Nkanang (CA Brive), Jefferson-Lee Joseph (SU Agen), Rayan Rebbadj (RC Toulon), Andy Timo (Stade Français) et Antoine Zeghdar (Castres Olympique). Résultat d’un travail accompli par l’ensemble des instances, qui avait déjà porté ses fruits la saison dernière avec trois médailles de bronze et une en argent.

Antoine Dupont et Andy Timo terminent notamment dans l’équipe type du tournoi, accompagnés par le capitaine exemple Paulin Riva. Au classement général, la France remonte à la troisième place derrière l’Argentine, l’Irlande et les Fidji.

Tableau des médailles de l'équipe de France de rugby à 7 en 2024

Compétition Médaille
Jeux Olympiques de Paris 2024 Or
Finale du circuit mondial de Madrid Argent (Femmes)

Elles aussi vaincues une première fois en phases de poules par l’Australie (17-14), les Françaises se hissaient également en quarts grâce à deux succès sur le Japon (35-7) et l’Irlande (21-5). Malheureusement, elles étaient surprises par les Canadiennes ce dimanche, privées notamment de Caroline Drouin et Camille Grassineau blessées.

Encaissant quatre essais malgré les réalisations d’Anne-Cécile Ciofani (la joueuse du Stade Français Paris devenant par la même occasion la meilleure marqueuse française sur une saison avec 25 essais), de Séraphine Okemba (LOU Rugby) et de Carla Neisen (Blagnac Rugby). Défaites 28 à 19, elles rebondissaient en écrasant l’Afrique du Sud 53 à 0 grâce notamment à un quadruplé de Séraphine Okemba, pour terminer cinquièmes.

Ce qui suffit à ce jour à conserver leur troisième place au classement général. Prochain rendez-vous pour les équipes de France : le mythique tournoi d’Hong Kong du 5 au 7 avril.

Ce week-end se déroulera à Los Angeles la grande finale du circuit de rugby à 7 cuvée 2024/25. Les deux équipes de France, qualifiées parmi les huit meilleures équipes, vont quant à elles tenter de figurer de la meilleure manière. À l’issue de six étapes aux quatre coins du monde, nous allons assister en ce premier week-end de mai à la grande finale de la série mondiale de rugby à sept édition 2025.

L’an dernier, cette même finale s’était déroulée du côté de Madrid et avait vu les Français triompher après une finale remportée 19-5 contre l’Argentine. À cette époque, Antoine Dupont faisait notamment partie du groupe tricolore. Très irréguliers tout au long de la saison, les hommes de Benoît Baby vont néanmoins avoir une chance de boucler leur saison parmi les meilleures nations mondiales.

Il faut dire que plusieurs joueurs de l’aventure dorée aux JO 2024 se sont tournés vers d’autres défis comme Antoine Dupont, mais aussi Jefferson Lee-Joseph (Perpignan), Arraon Grandidier-Nkanang (Pau) ou Rayan Rebbadj (Toulon). S’ils n’ont plus l’étoffe d’un favori pour le titre, les Bleus ont les qualités pour déjouer les pronostics, comme ils l’ont démontré à plusieurs reprises tout au long du circuit.

Ce fut le cas en battant les Fidji en demi-finale au Cap en décembre dernier et en s’offrant donc une finale, malheureusement perdue, contre l’hôte sud-africain. En revanche, les septistes français ont également plusieurs fois montré des lacunes qui les ont conduits à la dernière place de la dernière étape de Singapour ou à la huitième place à Vancouver.

Cette fois-ci, ils sont prévenus. Pour exister dans une poule de "Championship" composée de l’Argentine, de l’Afrique du Sud et de la Grande-Bretagne, ils devront afficher la meilleure version d’eux-mêmes. Dans un fonctionnement similaire à leurs homologues masculins, les femmes ont sur le papier plus de chances d’aller plus loin.

Troisièmes au classement général, les coéquipières de Camille Grassineau (doyenne du groupe du haut de ses 34 ans) se retrouvent dans une poule abordable. Effectivement, elles seront accompagnées de l’Australie, des États-Unis et des Fidji. Méfiance tout de même car, si elles ont régulièrement accroché le bronze sur les étapes de cette saison (trois fois sur six), les Bleues ont aussi parfois rencontré des difficultés.

Neuvièmes à Vancouver mais aussi deux fois au pied du podium, elles devront s’appuyer sur leurs points forts si elles souhaitent décrocher une médaille, comme à Madrid l’an passé, où elles avaient obtenu l’argent en s’inclinant 26-7 en finale contre les Néo-Zélandaises.

Selon les informations de l’Agence de presse espagnole EFE, la Coupe du Monde de rugby à 7, dont la dernière édition s’est déroulée en Cap, devrait disparaitre. Née en 1993 pour les hommes et en 2009 pour les femmes, la Coupe du Monde de rugby à 7 va disparaitre.

C’est en tout cas ce que révèle l’agence espagnole EFE, qui cite des sources provenant de World Rugby, qui officialisera prochainement la nouvelle. La dernière édition de la compétition s’est déroulée en 2022, et avait vu la victoire des Fidji contre la Nouvelle-Zélande dans le tournoi masculin, et de l’Australie contre la Nouvelle-Zélande dans le tournoi féminin. Mais les deux pays n’auront pas de successeurs.

Le rugby à 7 a déjà deux compétitions d’envergure, les Jeux Olympiques tous les quatre ans, et le Circuit mondial (World Sevens) tous les ans, et World Rugby a décidé de sacrifier la Coupe du Monde, qui se déroulait, en général, tous les quatre ans. La Fédération internationale souhaite que le champion du monde soit désigné chaque année au terme de la finale du Circuit mondial.

Cette année, elle se déroulera à Los Angeles les 3 et 4mai. La France avait gagné la finale l’an passé Cette finale a été mise en place l’an passé et a réuni les huit meilleures équipes du classement général après les différentes étapes du Circuit, et la France, portée par Antoine Dupont, avait triomphé à Madrid face à l’Argentine, alors qu’elle n’était que cinquième du classement avant cette finale.

Les Bleus auraient donc été sacrés champions du monde et olympiques 2024 si le nouveau règlement souhaité par World Rugby avait été mis en place dès l’année dernière. L’Australie avait quant à elle remporté la finale du Circuit mondial, avant de finir quatrième au Stade de France lors du tournoi olympique.

Supprimer la Coupe du Monde permettra à World Rugby de faire des économies, et donnera aux Jeux Olympiques, qui ont intégré le rugby à 7 à leur programme en 2016, une importance encore plus grande. La Nouvelle-Zélande et les Fidji resteront, avec trois victoires, les deux équipes les plus titrées lors de la Coupe du Monde masculine, alors que l’Australie, avec trois trophées également, domine chez les femmes. Côté français, les Bleus ont obtenu leur meilleur résultat en 1997 et 2013, avec une cinquième place, et les femmes en 2018, avec une deuxième place.

Exceptionnel ! L’équipe de France de rugby à 7 a apporté la première médaille d’or de ces JO de Paris 2024, en battant en finale les Fidji (28-7), samedi au Stade de France, au terme d’un match maîtrisé et sublimé par sa star, Antoine Dupont.

Les Bleus ont pourtant commencé avec de la fébrilité, peut-être un peu impressionnés par cette Marseillaise tonitruante avant le match. Un premier en-avant de Zeghdar sur le coup d’envoi, puis un festival de plaquages loupés dès la première action fidjienne, avec une percée de Raisuque qui aboutit à l’essai d’entrée de Talacolo.

On craint pour les petits Français inexpérimentés, mais le plus jeune d’entre eux, Andy Timo, 20 ans, sonne la révolte tout de suite avec deux interventions tranchantes, puis un service parfait pour l’essai égalisateur de Jefferson-Lee Joseph (7-7). Les Bleus tiennent le coup en défense mais commettent deux petits en-avant, par Timo sur deux bons contres, en touche puis au sol. À la pause, tout est encore possible et rien n’est joué.

« Les Yeux d’Émilie » résonnent comme d’habitude à la mi-temps, devant une tribune présidentielle où a pris place, aux côtes d’Emmanuel Macron, Antoine Griezmann. C’est un autre Antoine star du sort français, Super Dupont, qui met le feu au Stade de France dès son entrée en jeu. Un superbe débordement sur l’aile et une remise acrobatique à l’intérieur pour l’essai de Grandidier. 14-7 après la transformation difficile de Paulin Riva, la France est devant grâce à sa star Antoine Dupont, une fois de plus.

Portés par la folie du Stade de France, les Bleus poussent encore, avec un Dupont encore dans tous les bons coups. Timo est proche d’aplatir, puis après plusieurs fautes fidjiennes, la star française joue vite une pénalité et permet aux Bleus de faire le break (21-7), à une minute du terme.

Andy Timo et Lee-Joseph peuvent exulter : ils sont champions olympiques !

La victoire est proche, tout le stade est debout. Les Bleus enfoncent même le clou par un ultime essai de... Dupont bien-sûr. C’est historique ! Les Bleus sont champions olympiques. Les Fidjiens n’avaient jamais perdu aux JO en 17 matchs.

Antoine Dupont | RUGBY 7’s PLAYER OF THE YEAR 2024 | Olympic Dream

Antoine Dupont en terre promise face à l’Irlande.

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