L'Histoire Épique de la Ligue des Champions : Du Rêve Parisien à la Gloire Européenne

La Coupe des Clubs Champions Européens a été lancée en 1955, puis a pris le nom de Ligue des Champions UEFA en 1992. L'idée d'une coupe d'Europe inter clubs est née dans l'esprit de journalistes parisiens dès 1954, et le journal L'Équipe rédige en 1955 un avant-projet de règlement, mais se voit finalement retirer l’organisation au dernier moment au profit de l'UEFA fraîchement créée.

Domination du Real Madrid et Statistiques Clés

Depuis sa création en 1955, 23 clubs ont remporté le tournoi. Le Real Madrid est le club le plus titré de l'histoire de la compétition avec 14 titres en 17 finales jouées, et détient le record de participations consécutives avec 26 apparitions de 1997 à ce jour. 19 clubs ont atteint la finale sans jamais parvenir à la gagner, et l'Atletico Madrid est le finaliste le plus malheureux avec 3 finales jouées sans aucune victoire.

La Juventus et le Benfica Lisbonne sont les 2 seuls clubs titrés à avoir perdu plus de finales qu'ils n'en ont remportées, et restent tous les deux sur une série de 5 défaites consécutives en finale, la Juventus étant le club ayant échoué le plus en finale avec 7 échecs.

Moments Mémorables et Équipes Légendaires

La compétition s’appelle la Ligue des champions depuis un toilettage au début des années 1990, mais le Real la convoite toujours avec ce mélange d’assurance aristocratique et de rage de vaincre. « Tous les joueurs membres du vestiaire madrilène de mon époque, comme ceux d’aujourd’hui, ont remporté des trophées, et quand ils discutent ensemble c’est pour évoquer la victoire. Les discours de perdants n’ont pas leur place dans ce club », prévient Santamaria.

« Cette mentalité de ne jamais rien lâcher a toujours existé au Real », José Emilio Santamaria, 92 ans, ancien défenseur du Real Madrid. Institution fière et orgueilleuse, la « Casa blanca » a déjà oublié la fin de non-recevoir de Kylian Mbappé, qui s’est engagé pour trois saisons supplémentaires avec le Paris-Saint-Germain.

Samedi, c’est encore son nom à elle qui s’étalera sur l’affiche, pas ceux de ces intrigants perçus comme des nouveaux riches que sont le PSG, Chelsea et Manchester City. Cette saison, tous ont été écartés en chemin par les Madrilènes dans des circonstances aussi rocambolesques que romanesques, grâce à la combinaison du génie clinique de l’attaquant Karim Benzema et de ce refus absolu de la défaite.

Quel autre club aurait pu renverser en demi-finales Manchester City, mécanique de football parfaite, mais déréglée en moins de deux minutes, alors que quelques défaitistes pressés avaient abandonné les tribunes du stade madrilène Santiago-Bernabeu ?

Le Real Madrid et sa Mentalité de Vainqueur« Si nous devons jouer face à l’histoire, nous n’avons aucune chance », prévenait d’ailleurs avant le match retour, Pep Guardiola, le manageur des Citizens. Parce que sa carrière de joueur, puis d’entraîneur avec le FC Barcelone s’est construite en opposition à Madrid, Guardiola mesure mieux que personne la permanence du rival honni.

Cette façon d’aller au combat peu importe les époques et les modes : « Ce qui me plaît le plus, c’est que dans la difficulté, les joueurs ne se cachent pas », a-t-il reconnu un jour. L’attente est grande. Les joueurs doivent se montrer dignes de se glisser dans le même vêtement que les Di Stefano, Gento, Puskas, Zidane, Raul ou Juanito.

Le dernier n’est pas le plus connu de la liste pour un profane. Mais pour un « Madridista », cet attaquant à gros caractère (mort en 1992, à 37 ans, dans un accident de voiture) incarne toujours un certain état d’esprit maison. Dans les années 1980, la remontada était une spécialité madrilène pas encore revisitée par le Barça avec une certaine réussite.

« Quatre-vingt-dix minutes à Bernabeu, c’est vraiment très long », avait lâché Juanito aux joueurs de l’Inter Milan, venus trop confiants au Bernabeu après une large victoire à l’aller, en 1985. Quatre-vingt-dix minutes et plus si affinités avec le temps additionnel, c’est long tout court face au Real.

En 2014, le voisin a les deux mains sur la Coupe aux « grandes oreilles » avant l’égalisation de Sergio Ramos à la 93e minute et trois autres buts en prolongation (4-1). « Je ne crois pas que les arbitres puissent aider volontairement un club », souffle le nonagénaire. Bien sûr, « Liverpool est un très grand rival » par le talent et le pedigree européen, mais Santamaria ne peut s’empêcher de voyager dans le temps.

Les Finales Nationales : Un Phénomène Récurrent

Une nouvelle fois, deux clubs d'un même pays se retrouvent en finale de la Ligue des champions : Manchester City et Chelsea. Un phénomène qui devient de moins en moins rare. L'Angleterre sur le toit de l'Europe cette saison, c'est une certitude. En regardant dans le rétroviseur, ce n'est pas la première fois que deux écuries d'un même Championnat se retrouvent à croiser le fer pour soulever la coupe.

Après avoir connu une première finale 100% espagnole en 2000, la Ligue des champions a vu se multiplier les joutes entre compatriotes en finale à partir des années 2010. Retour sur ce phénomène de moins en moins rare avec 7 finales entre deux clubs d'un même pays avant celle de 2021.

Première Finale 100% Espagnole (2000)

Pour la dernière finale du XXe siècle, le Real Madrid affronte le FC Valence pour ce qui reste la première finale complètement nationale de l'histoire de la compétition. Les deux formations se sont déjà affrontées à deux reprises en Championnat, pour un net avantage en faveur des Che : une victoire à Madrid (2-3) et un nul (1-1). Les joueurs d'Hector Cuper terminent à la 3e place de la Liga tandis que la Maison Blanche finit 5e.

Mais la finale rebat complètement les cartes et la formation de Vicente Del Bosque roule complètement sur son adversaire (3-0) grâce à des réalisations de Fernando Morientes, Steve McManaman et Raul.

Multiplication des Finales Nationales dans les Années 2010

Deux autres finales impliquant deux équipes d'un même pays occurrent lors de la décennie suivante. D'abord entre Italiens, mettant aux prises la Juventus et l'AC Milan lors de l'édition 2002-03. Puis entre Anglais avec un choc entre Manchester United et Chelsea en 2007-08. Dès 2013, le phénomène devient récurrent avec pas moins de 4 finales entre compatriotes.

Les deux équipes se sont déjà affrontées deux fois si ce n'est plus et peuvent ainsi capitaliser sur des préparations déjà faites. L'entraîneur de Chelsea en 2008, Avram Grant, le résumait parfaitement en marge de la finale face aux Red Devils. «D'un point de vue purement tactique, ce match est l'un des plus faciles possible, car tout le monde connaît tout le monde. Je ne pense pas que Sir Alex Ferguson me surprendra, pas plus que je ne le surprendrai. Nous connaissons leurs points faibles et leurs forces, ils connaissent les nôtres.»

S'il y a bien un élément qui saute aux yeux en se remémorant ces 7 finales, c'est bien le suspense. Sur celles concernées, 4 se sont étalées sur 120 minutes. Il faut dire que trouver la faille face à une équipe qu'on est censé connaître aussi bien qu'elle nous connaît s'avère difficile. Mais certainement pas impossible.

Excepté pour le duel entre Bianconeri et Rossoneri en 2003 (0-0, 2-3 tab). La décision s'est souvent faite dans le money time. La tête héroïque de Sergio Ramos face aux Colchoneros (90+3) en 2014, envoyant les deux escouades en prolongations pour une fin heureuse des Merengue (4-1 ap), peut en témoigner. Arjen Robben, bourreau du Borussia Dortmund à la 87e minute l'année précédente avec le Bayern (2-1) ne dira pas le contraire.

Et si les quelques minutes additionnelles ne suffisent pas, il y a du rab de suspense. Trois finales ont ainsi connu leur dénouement à l'issue de la fatidique séance de tirs au but : Manchester United-Chelsea en 2008 (1-1, 6-5 tab), Real Madrid-Atlético en 2016 (1-1, 6-4 tab) et la finale italienne.

Retrouver deux clubs d'un même pays à ce stade de la compétition est donc, si ce n'est une promesse, une grande probabilité de voir 22 hommes lutter jusqu'au bout de la nuit pour embrasser leur sésame.

La Loi de la Premier League Respectée

Ces finales particulières sont également l'occasion de voir si le soi-disant ascendant psychologique pris lors de la saison a un impact lors d'un match couperet. La réalité du Championnat a-t-elle quelque chose à faire en finale de Ligue des champions ? Il n'y a rien d'indéniable, mais très peu de surprises. Parmi elles, on peut citer le sacre du Real en 2000, pourtant 5e de Liga, face à une formation valencienne 3e et qui n'avait jamais chuté face à la Casa Blanca cette saison-là.

Pas de syllogisme établi, mais simplement une tendance avec les clubs anglais : le mieux classé en Premier League l'emporte toujours. En 2008, Cristiano Ronaldo et consorts, champions d'Angleterre, ont battu leur dauphin Chelsea. Liverpool, en 2019, deuxième du Championnat anglais, a sorti les Spurs (5es) après une victoire 2-0. Sur ces deux exemples, la logique du classement a été respectée. De bon augure donc pour le champion Manchester City.

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Les Résultats des Finales de la Ligue des Champions (2000-2025)

Voici un aperçu des résultats des finales de la Ligue des Champions de 2000 à 2025 :

AnnéeVainqueurFinalisteScore
2025Paris-SGInter Milan5-0
2024Real MadridBorussia Dortmund2-0
2023Manchester CityInter Milan1-0
2022Real MadridLiverpool1-0
2021ChelseaManchester City1-0
2020Bayern MunichParis-SG1-0
2019LiverpoolTottenham2-0
2018Real MadridLiverpool3-1
2017Real MadridJuventus Turin4-1
2016Real MadridAtlético de Madrid1-1 (t.a.b. 5-3)
2015FC BarceloneJuventus Turin3-1
2014Real MadridAtlético de Madrid4-1 (prol.)
2013Bayern MunichBorussia Dortmund2-1
2012ChelseaBayern Munich1-1 (t.a.b. 4-3)
2011FC BarceloneManchester United3-1
2010Inter MilanBayern Munich2-0
2009FC BarceloneManchester United2-0
2008Manchester UnitedChelsea1-1 (t.a.b. 6-5)
2007AC MilanLiverpool2-1
2006FC BarceloneArsenal2-1
2005LiverpoolAC Milan3-3 (t.a.b. 3-2)
2004FC PortoMonaco3-0
2003AC MilanJuventus Turin0-0 (t.a.b. 3-2)
2002Real MadridBayer Leverkusen2-1
2001Bayern MunichValence CF1-1 (t.a.b. 5-4)
2000Real MadridValence CF3-0

Les Matchs aux Scores les Plus Élevés de l'Histoire de la Ligue des Champions

  • Borussia Dortmund 8-4 Legia Varsovie - 2016
  • AS Monaco 8-3 Deportivo La Corogne - 2003
  • Barcelone 2-8 Bayern Munich - 2020
  • Tottenham 2-7 Bayern Munich - 2019
  • Villarreal 6-3 Aalborg - 2008
  • Paris Saint-Germain 7-2 Rosenborg - 2000
  • Manchester City 5-3 AS Monaco - 2017
  • Real Madrid 8-0 Malmo - 2015
  • Liverpool 8-0 Besiktas - 2007
  • Manchester United 7-1 Roma - 2007

Ces matchs, riches en buts et en émotions, ont marqué l'histoire de la compétition par leur intensité et leur spectacle.

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