La finale de la Coupe du monde de football 1970 a vu s'affronter l'équipe du Brésil contre celle d'Italie. Les Brésiliens remportent la neuvième édition de la Coupe du monde sur un score de 4-1. Cette victoire a consacré le premier tri-campeão (triple champion) dans l'histoire du football.
Avec cette troisième victoire après 1958 et 1962, le Brésil a gagné le droit de garder définitivement la Coupe Jules Rimet (ironiquement, elle a été volée en 1983 à Rio de Janeiro et n'a jamais été récupérée).
🏆 Pourquoi la Coupe du Monde 1970 est la plus BELLE de l'histoire ?
Un Parcours Mémorable
La Coupe du monde de football 1970 est la neuvième édition de la Coupe du monde de football. La compétition est remportée par l'équipe du Brésil, qui s'appuie sur une génération d'attaquants exceptionnelle avec Pelé, Gérson, Jairzinho, Rivellino et Tostão, et qui marque quatre buts lors de la finale face à l'Italie.
Le format de la compétition est resté le même qu'en 1958, 1962 et 1966 : 16 équipes qualifiées, réparties en quatre groupes de quatre équipes qui se rencontrent au premier tour une fois chacune. Les deux équipes en tête dans chaque groupe sont qualifiées pour les quarts de finale.
Pour la première fois, le remplacement de joueurs dans le jeu a été autorisé en coupe du monde, à raison de deux substitutions par équipe pendant un match. L'Union soviétique a été la première équipe à faire un changement dans l'histoire de la coupe du monde contre le Mexique dans le match d'ouverture.
Cette coupe du monde a également vu la première utilisation des cartons jaunes et rouges, critère visuel compréhensible de tous (y compris des spectateurs dans les tribunes), pour signaler respectivement les avertissements et les expulsions (la procédure d'avertissement et d'expulsion existant déjà bien avant 1970).
Cette coupe du monde était également la première à être télévisée en couleurs. Afin de s'adapter aux horaires des programmes européens, quelques coups d'envoi, dont notamment ceux du match d'ouverture, des quarts de finale et de la finale, ont été donnés à midi.
Au premier tour, l'Uruguay et les champions européens italiens se qualifient aux dépens de la Suède et d'Israël dans un groupe 2 pauvre en buts, l'équipe italienne ne marquant notamment qu'une seule fois en trois matchs. L'Italie, cependant, montrera la vraie mesure de son talent lors de la phase à élimination directe.
Les premiers grands moments de cette coupe du monde mémorable se passent dans le groupe 3, où les doubles vainqueurs brésiliens sont confrontés à trois européens : les champions sortants anglais ainsi que la Tchécoslovaquie et la Roumanie.
Dans le match d'ouverture du Brésil contre la Tchécoslovaquie, Pelé, audacieux, tente un lob du milieu du terrain sur le gardien de but tchécoslovaque Ivo Viktor, manquant le but d'un rien. Le « désaccord des champions » entre le Brésil et l'Angleterre est à la hauteur de toutes les espérances.
Dans le groupe 1, les hôtes mexicains ont suscité les espérances d'une nation entière en accédant aux quarts de finale en compagnie de l'Union soviétique. Cependant la victoire mexicaine face à la Belgique lors de la dernière journée repose sur un penalty contestable. À l'issue des trois journées, l'Union soviétique et le Mexique terminent en tête du groupe à égalité sur tous les critères du règlement (nombre de points et différence de buts).
Dans le match opposant le Brésil à la Tchécoslovaquie, Pelé, audacieux, a tenté un lob du milieu du terrain sur le gardien de but tchécoslovaque, Ivo Viktor, manquant le cadre d'un rien. Une action jamais vue auparavant dans une Coupe du monde. Quant au « désaccord des champions » entre le Brésil et l'Angleterre, il a été à la hauteur de toutes les espérances, avec le Brésil gagnant un match de haute qualité sur le score de 1-0.
Dans le groupe 4, le Pérou avec son jeu d'attaque modèle a créé la sensation en battant la Bulgarie 3-2 alors qu'il était mené 0-2 après 49 minutes de jeu.

Estadio Azteca, le théâtre de la finale de la Coupe du Monde 1970
Les Demi-Finales Épiques
Les demi-finales présentent des affiches de prestige, les quatre équipes ayant toutes au moins un titre mondial à leur palmarès. Le Brésil défait l'Uruguay 3-1 dans une demi-finale au goût de finale, qui a vu un autre moment lumineux du roi Pelé : sur une ouverture au ras du sol, il se trouve en face-à-face avec le gardien uruguayen Ladislao Mazurkiewicz. Arrivant de la droite avec le ballon venant sur sa gauche, le gardien anticipe sur un contrôle et une course balle au pied de Pelé. Le Brésilien, laissant parler tout son génie, ne touche pas le ballon et effectue ainsi un grand pont sur le gardien. Mais ce coup de génie n'aura pas le destin qu'il mérite car Pelé croise trop son tir vers le but vide et la balle frôle le poteau.
L'autre demi-finale, entre l'Italie et la République fédérale d'Allemagne, est considérée par beaucoup comme le plus grand match de l'histoire de la coupe du monde. L'Italie ouvre le score en début de match par Roberto Boninsegna après un excellent « une-deux » avec Luigi Riva. La RFA se montre patiente dans le jeu et finit par égaliser à la dernière minute (but de Karl-Heinz Schnellinger). Durant la prolongation, Gerd Müller donne l'avantage à l'Allemagne à la 94e minute avant que l'Italie ne revienne à la marque par le défenseur Tarcisio Burgnich (un de ses rares buts en international). Le chassé-croisé au tableau d'affichage continue : à la 104e minute, Riva trompe le gardien allemand Sepp Maier et signe le troisième but italien (3-2), puis Müller égalise six minutes plus tard.
La télévision est en train de retransmettre le ralenti du but allemand quand le milieu italien Gianni Rivera, étrangement esseulé au point de penalty, prend à contre-pied le gardien allemand sur un bon centre en retrait de Boninsegna. Franz Beckenbauer a continué de jouer après avoir eu la clavicule cassée à la suite d'un choc avec un Italien pendant la prolongation, le sélectionneur ouest-allemand Helmut Schön ayant déjà procédé aux deux remplacements autorisés. Beckenbauer est ainsi resté sur le terrain avec son bras en écharpe et cette image du défenseur allemand le bras contre la poitrine, symbole de son courage et de sa persévérance, est demeurée célèbre. Il porte néanmoins une part de responsabilité sur le dernier but italien. Ce match est considéré comme le « match du siècle », également connu sous le nom de Partita del Secolo en Italie et Jahrhundertspiel en Allemagne.
Les quarts de finale ont vu une Italie transformée s'imposer 4-1 sur l'hôte mexicain après avoir encaissé le premier but. De son côté, le Brésil domine le Pérou 4-2 dans un match spectaculaire entre deux équipes portées vers l'attaque.
Le dernier quart de finale, un « remake » de la finale 1966 entre l'Angleterre et la République fédérale d'Allemagne, produit un des grands matchs de l'histoire de la Coupe du monde. Après cinquante minutes, l'Angleterre mène 2-0 et a déjà un pied en demi-finale. C'est alors que l'entraîneur de l'Angleterre Alf Ramsey, trop confiant, décide de sortir un de ses joueurs-clés, Bobby Charlton, afin de l'épargner pour la suite du tournoi. Mais sans Charlton, l'Angleterre perd son emprise sur le jeu et ne peut contenir les implacables attaques allemandes. Après que Franz Beckenbauer a réduit l'écart d'un tir puissant 2-1, la RFA égalise à huit minutes de la fin sur une tête d'Uwe Seeler et une hésitation fatidique du gardien de but remplaçant Peter Bonetti (Gordon Banks étant absent pour cause d'intoxication alimentaire).
La Finale : Brésil vs Italie
Dans la finale, le Brésil a frappé le premier, une tête de Pelé sur un centre de Rivelino à la 18e minute. Roberto Boninsegna a égalisé pour l'Italie après une gaffe dans la défense brésilienne. Dans la deuxième mi-temps, la puissance de feu et la créativité du Brésil étaient trop forte pour une Italie qui est resté accrochée à leur système défensif prudent. Gérson double la mise pour le Brésil d'un tir puissant des 20 mètres. Il frappe ensuite un coup franc des 40 m sur Pelé qui remet de la tête sur Jairzinho lancé qui ne peut que marquer. Après une magnifique démonstration de maîtrise collective face à des Italiens déboussolés, Pelé décale son capitaine Carlos Alberto sur le flanc droit pour le dernier but. Le but de Carlos Alberto, après une série de mouvements par l'équipe brésilienne de la gauche au centre, est considéré comme l'un des plus grands buts jamais marqués dans l'histoire du tournoi.
Le trophée de la Coupe du monde, appelé « Coupe Jules Rimet », mis en jeu lors de la première édition de la compétition en 1930, était destiné à être conservé définitivement par la première équipe qui parviendrait à gagner la Coupe du monde à trois reprises. C'est chose faite pour le Brésil qui est sacré champion du monde pour la troisième fois après 1958 et 1962.
Statistiques Clés
| Statistique | Détails |
|---|---|
| Score Final | Brésil 4 - Italie 1 |
| Buts du Brésil | Pelé, Gérson, Jairzinho, Carlos Alberto |
| But de l'Italie | Roberto Boninsegna |
| Meilleur Buteur du Tournoi | Gerd Müller (10 buts) |

Pelé célébrant la victoire du Brésil en 1970