Finale du Championnat d'Europe de Football 2008: Le Triomphe de l'Espagne

La finale du Championnat d'Europe de football 2008, un événement marquant, s'est déroulée le 29 juin 2008 au stade Ernst-Happel de Vienne, en Autriche.

Ce match historique a opposé la sélection allemande à la sélection espagnole.

L'Espagne attendait un succès international depuis 44 ans et son unique titre, obtenu à domicile.

Il s'agissait de sa première finale depuis celle de l'Euro 1984 perdue contre la France.

Dans cette finale inédite, le jeu est assez équilibré, les deux équipes observant un round d'observation en début de match.

La situation se décante à la 33e minute avec le but de Fernando Torres, qui inscrit le seul but du match.

La sélection ibérique prend ensuite le jeu à son compte, étant rarement inquiétée par la formation de Joachim Löw.

Fernando Torres célébrant un but. Source: Wikimedia Commons

Le Parcours vers la Finale

Pour se qualifier pour la phase finale de l'Euro 2008, toutes les nations (à l'exception de la Suisse et de l'Autriche en tant que pays organisateurs) ont dû prendre part à une phase éliminatoire.

Les qualifications ont commencé le 16 août 2006 et se sont terminées le 21 novembre 2007.

L'Angleterre est éliminée dans les Éliminatoires du Championnat d'Europe de football 2008 par la Croatie 2-3 à domicile le 21 novembre 2007, ce qui est assez inhabituel pour une grande nation du football.

Les Groupes de la Phase Finale

Au début de la compétition, la Tchéquie demi-finaliste et le Portugal, finaliste de l'Euro 2004 disputé à domicile quatre ans plus tôt, s'affichent comme les favoris du groupe.

Le Portugal s'assure la première place de son groupe et la qualification pour les quarts de finale après deux victoires dans ses deux premiers matchs face à la Turquie et la Tchéquie.

La Suisse, malgré le soutien de son public, est éliminée dès la deuxième journée.

Elle souffre notamment de l'absence de son buteur Alexander Frei, blessé dès le premier match.

Lors de la dernière journée, toute l'attention se porte sur le match Turquie-Tchéquie, le vainqueur étant qualifié.

Après avoir été menés de deux buts par les Tchèques, les Turcs inscrivent trois buts dans le dernier quart d'heure et parviennent à se qualifier.

Pendant ce temps, la Suisse sauve l'honneur à Bâle devant le Portugal (2-0).

Le Portugal et la Turquie en tête à égalité de points, sont classés en fonction du résultat de la confrontation directe (critère 1) : victoire 2-0 du Portugal qui obtient donc la première place devant la Turquie, deuxième.

Après le tirage au sort, ce groupe apparaît comme le plus déséquilibré de la compétition avec l'Allemagne, triple vainqueur, devant la Croatie et la Pologne qui ont effectué de bons parcours en éliminatoires.

La Croatie est qualifiée et assurée de terminer première du groupe dès son deuxième match, remporté face à l'Allemagne.

L'Allemagne prend la deuxième place qualificative en battant l'Autriche 1-0 lors de la troisième et dernière journée.

Avant le tournoi, le groupe C est qualifié de « groupe de la mort », signifiant qu'une grande sélection sera éliminée dès le premier tour.

En effet, le groupe C comporte les deux finalistes de la précédente Coupe du monde, l'Italie et la France, les Oranjes néerlandais, et la sélection roumaine, 12e au classement FIFA.

Les Pays-Bas remportent leurs deux rencontres contre les champions du monde italiens (3-0) et les vice-champions du monde français (4-1).

Ils s'assurent ainsi en deux matchs la première place du groupe.

Les Pays-Bas établissent le record du plus grand nombre de buts inscrits lors des deux premiers matchs de championnat d'Europe de football avec 7 buts.

Ce groupe est la copie quasi-conforme du groupe A de 2004 (la Suède remplace le Portugal).

Les Grecs, tenant du titre, ne peuvent plus compter sur l'effet de surprise qui leur a permis de remporter la compétition en 2004.

La Suède et l'Espagne se retrouvent après les éliminatoires.

L'Espagne semble la mieux armée pour sortir de la poule, bien qu'elle n'ait remporté aucun titre depuis sa victoire à l'Euro 1964.

L'Espagne est qualifiée pour les quarts de finale dès le deuxième match, grâce à sa victoire face aux Suédois (2-1) et à la défaite de la Grèce face à la Russie (0-1).

La Russie se classe deuxième en battant la Suède lors de la dernière journée.

À noter que le tableau après le premier tour n'est pas « croisé » comme c'est généralement le cas, mais reste séparé en deux parties de sorte les équipes issues des groupes A et B ne peuvent pas rencontrer les équipes issues des groupes C et D avant la finale.

Cela explique que deux équipes (l'Espagne et la Russie) issues du même groupe (D) se soient rencontrées pour la deuxième fois dans le tournoi en demi-finale.

Le tableau séparé a été choisi afin de remédier à la mauvaise expérience de 2004, tout en continuant de satisfaire la demande d'étalement des matchs pour la télévision.

En effet, en 2004, et pour la première fois, les quarts de finale s'étalaient sur quatre jours.

Les demi-finales croisées impliquaient alors un repos de deux jours supplémentaires pour les équipes ayant joué les deux premiers quarts (la Grèce et le Portugal).

Les équipes les plus fraîches étaient arrivées en finale.

Espagne ● Route vers la victoire - EURO 2008

Les Quarts de Finale

  • 19 juin : l'Allemagne s'impose contre le Portugal en faisant parler sa force offensive. Les Allemands gagnent à l'issue d'un match riche en rebondissements, le Portugal étant revenu à un but des Allemands à 10 minutes de la fin de la rencontre.
  • 20 juin : après un match monotone durant les 90 premières minutes, la Turquie et la Croatie se voient obliger d'aller en prolongation. Alors que le match se dirigeait vers les tirs au but, les Croates marquèrent à 2 minutes de la fin de la prolongation mais les Turcs n'avaient pas dit leur dernier mot. En effet, bien que la partie entrait dans le temps additionnel, ils réussirent à égaliser et, une nouvelle fois, à renverser la situation comme ce fut le cas durant leurs deux derniers matchs. Abattue, la sélection croate s'inclina 3 à 1 à l'épreuve des tirs au but en ne marquant qu'un seul tir sur quatre tentés.
  • 21 juin : les Néerlandais, qui figuraient parmi les favoris du tournoi grâce à leurs trois victoires du premier tour, se font dominer par l'équipe russe. Les Russes ouvrent la marque en seconde période, et ne se font rejoindre qu'en toute fin de match. Dans la prolongation, les Oranje encaissent deux buts synonymes d'élimination.
  • 22 juin : l'équipe d'Espagne, développant un jeu moins spectaculaire qu'au premier tour, élimine l'Italie aux tirs au but (4-2) grâce à deux arrêts du gardien et capitaine espagnol Iker Casillas, nommé homme du match (contre un de Buffon).

Les Demi-Finales

  • 25 juin : l'Allemagne s'impose sur la Turquie 3-2.
  • 26 juin : l'Espagne s'impose sur la Russie 0-3.

L'Impact et les Leçons de l'Euro 2008

L'Espagne a remporté en toute logique l'Euro 2008 - organisé du 7 au 29 juin 2008 par l'Autriche et la Suisse -, réparant ainsi une sorte d'erreur de l'histoire de football.

En effet, alors que ses clubs multiplient les succès dans les différentes Coupes d'Europe (18 victoires depuis 1956), l'équipe nationale n'avait jusque-là remporté qu'un seul titre : la deuxième édition du Championnat d'Europe des nations, en 1964, à domicile, à une époque où le tournoi final ne réunissait que quatre pays.

En outre, alors que les équipes nationales espagnoles de jeunes brillent depuis trente ans (15 titres dans un tournoi mondial ou européen !), les « grands », presque toujours présentés comme de solides outsiders sinon comme des favoris, échouaient régulièrement au moment clé.

Le sélectionneur, Luis Aragonés, pourtant vilipendé par les médias espagnols après l'élimination de la Seleccion en huitièmes de finale de la Coupe du monde 2006 par les Bleus de Zinédine Zidane (3-1), décrié par la presse ibérique pour ses choix - il n'hésita pas à écarter Raúl, la star du Real Madrid -, connu pour ses écarts de langage, est devenu à soixante-dix ans une sorte de héros national.

À l'issue de la finale, alors qu'il quittait son poste pour aller entraîner le club turc de Fenerbahçe, il déclara : « J'ai pris une sélection, je laisse une équipe. » Sa réussite tient là.

Il a su fédérer ses joueurs autour d'un projet, les convaincre de laisser leurs egos au vestiaire, d'oublier les rivalités ancestrales Real-Barça... Et l'Espagne peut nourrir de grandes ambitions pour le futur.

Sa stratégie est en place, ses joueurs vedettes sont encore jeunes : Fernando Torres est né en 1984, David Villa, en 1981, Xavi Hernández, en 1980, Francesc Fabregas, en 1987, Andrés Iniesta, en 1984, Sergio Ramos, en 1986, son expérimenté gardien de but Iker Casillas, en 1981...

En outre, tous les amateurs de ballon rond peuvent se réjouir du succès espagnol, ainsi que du déroulement de cet Euro.

En effet, on a sans doute assisté à une inversion de tendance, qu'on peut espérer durable.

En 2004, la Grèce avait remporté l'épreuve en ressuscitant un catenaccio (« verrou ») d'un autre âge, le marquage individuel et le jeu de contre.

En 2006, l'Italie avait gagné la Coupe du monde grâce à une défense de fer et à un réalisme froid, en battant en finale l'équipe de France, qui fondait aussi son jeu sur la solidité défensive, à laquelle s'ajoutaient les traits de génie de son icône, Zinédine Zidane.

La philosophie de la Seleccion s'avère tout autre.

Certes, le réalisme qui permet le succès en est une des clés de voûte.

Mais celui-ci s'appuie sur un jeu fondé sur l'offensive, le talent individuel, la perfection technique, l'attaque collective rapide.

Enfin, cette fois, la chance a souri aux audacieux.

Les formations frileuses (France, Italie notamment) ont rapidement disparu de la compétition, alors que les équipes qui cherchaient plus à gagner un match qu'à ne pas le perdre ont été récompensées.

Même si elle fut plus nettement dominée en finale que ne l'indique le score (1-0), l'Allemagne proposa un jeu dans la continuité de la Coupe du monde 2006, rapide, osé, vif... mais avec de lourdes carences défensives.

La Russie, demi-finaliste, attaquait aussi à tout-va.

La Turquie, autre demi-finaliste, sut renverser des situations plus que compromises en se jetant à corps perdu vers l'avant.

Sur le plan individuel, aucune star ne s'est affirmée lors de cet Euro - preuve s'il en fallait que le football demeure avant tout un sport collectif.

Néanmoins, outre les Espagnols, de nombreux joueurs, souvent méconnus, ont brillé.

Équipe d'Espagne célébrant la victoire à l'Euro 2008. Source: Onze Mondial

Distribution Financière aux Nations Qualifiées

Chaque nation qui se qualifiait pour la phase finale recevait 7,5 millions d'euros.

En phase de poule, la distribution se fait ainsi : une victoire rapporte un million d'euros, un match nul un demi-million.

Cet argent est directement reversé à la fédération de la nation concernée, ce qui au total plus de 184 millions d'euros seront distribués par l'UEFA.

L'autre engagement de l'UEFA est le dédommagement de 4 000 euros par joueur et par jour aux clubs durant le tournoi, ceci aura pour conséquence d'éviter toute action en justice de la part des clubs en cas de blessure d'un de leurs joueurs.

Diffusion Télévisée

Selon la Production du signal TV, responsable des images télévisées du Championnat d'Europe de football 2008, chacune des 31 rencontres sera regardée par plus de 150 millions de téléspectateurs dans le monde.

L'édition 2004 fut diffusée par 234 chaînes à travers le monde.

En France, les droits de diffusion ont été attribués à TF1/Eurosport et M6/W9 pour une somme globale de 100 millions d'euros.

Anecdotes

  • La ville de Neuchâtel a décidé de faire payer l'entraînement aux fans de la sélection portugaise 16 francs suisses (10 € par personne).
  • Le Portugal est la seule équipe qui s'est entraînée deux fois devant 12 000 spectateurs, dans le Stade de la Maladière du club de Neuchâtel Xamax.

Infrastructures

La candidature austro-suisse a été élue le 12 décembre 2002.

Cette candidature a été préférée à celles de la Russie, de la Hongrie, de la Bosnie-Herzégovine et Croatie, de l'Écosse et l'Irlande, de la Grèce et la Turquie et à la candidature nordique (Suède, Norvège, Finlande et Danemark).

Tous les stades, mis à part celui de Vienne, sont soit de nouvelles constructions, soit en train d'être agrandis.

Le Stade du Hardturm à Zurich, initialement prévu, ne pourra pas être reconstruit pour la compétition, à la suite d'une forte opposition des riverains.

C'est la première compétition où l'UEFA produit ses propres images, pour la télévision.

Après discussions internes, elle a décidé que les images diffusées sur les écrans des stades seraient les mêmes que celles proposées aux télévisions, donc également les ralentis d'actions litigieuses.

Lors de la Coupe du monde de 2006 en Allemagne, seules les images des buts, sans ralenti, étaient diffusées sur les écrans des stades.

Cette diffusion de ralentis a créé quelques polémiques comme lors d'un des premiers matchs joués, Pays-Bas - Italie, où les joueurs italiens demandèrent à l'arbitre de regarder les écrans pour qu'il revienne sur sa décision d'accorder le premier but néerlandais.

Les slogans officiels ont été dévoilés le 24 janvier 2007, à 500 jours du match d'ouverture de la phase finale.

Les deux mascottes sont Trix et Flix.

Les noms ont été choisis parmi trois propositions par les publics autrichien et suisse.

Les deux autres choix étaient Zagi et Zigi et Flitz et Bitz.

C'est finalement Trix et Flix qui furent retenus avec 36,3 % des votes.

Le 2 décembre 2007, lors de la cérémonie pour le tirage au sort des poules en Suisse, l'UEFA, par l'intermédiaire des capitaines des équipes suisse et autrichienne, Alexander Frei et Andreas Ivanschitz, a présenté le ballon officiel pour cette compétition : l'Europass.

L'europass semble être un dérivé du Teamgeist, le ballon officiel de la coupe du monde 2006, en reprenant la conception (la technique d'assemblage et le collage thermique sont identiques) et dont seule la texture de surface aurait été modifiée.

À l'occasion de l'Euro 2008, un nouveau trophée est remis aux vainqueurs de la compétition.

Le nouveau trophée Henri-Delaunay, réalisé en Angleterre, est la réplique exacte de l'original, mais enlevé de son socle.

Trophée Henri-Delaunay. Source: Stadito

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