Marly-le-Roi : Histoire, Tourisme et Patrimoine Royal

Si vous aimez les promenades bucoliques, les chemins pavés, les maisons colorées… c’est à Marly-le-Roi dans les Yvelines que vous trouverez votre bonheur ! Ce village de charme, situé entre Versailles et Saint-Germain-en-Laye, offre une sortie en famille qui plaira aux petits comme aux grands.

Marly-le-Roi se découvre entre copines ou en famille, en commençant par la Grande Rue avec ses jolies boutiques colorées. Puis, on entre au Domaine de Marly et là, c’est le coup de foudre !

Un Peu d'Histoire

Près de mille ans avant la naissance de Louis XIV, l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés en possédait la forêt. Un parchemin daté du 25 avril 697 atteste d’un échange de terrain entre l’abbaye et un membre de l’aristocratie mérovingienne, sous le règne de Childebert III.

Louis XIV, reconnaissant le potentiel de ce merveilleux petit village perché sur sa colline et en lisière des grandes forêts de chasse, le choisira comme lieu de résidence, et en fit la ville royale de Marly. En effet, il fit bâtir sa demeure de Marly, dont il ne reste aujourd’hui que les fondations, au centre du parc royal de Marly.

Ce lieu de résidence et de détente était beaucoup plus intimiste que celui qu’il possédait déjà à Versailles. Comme l’écrit Gérard Mabille dans Vues des Jardins de Marly, le roi jardinier, « ce que le roi chercha et trouva à Marly, c’est peut-être, en définitive, ce qui manquait à Versailles ».

La ville de Marly-le-Roi possède un patrimoine unique, marqué par Louis XIV et ses descendants. Au fil du temps, elle a conservé son caractère convivial tant apprécié du Roi Soleil. Le vieux village, marqué par Louis XIV et ses descendants, a conservé son caractère convivial tant apprécié du Roi Soleil.

Le Domaine Royal de Marly

Le domaine royal de Marly naît de la volonté d’un illustre souverain : Louis XIV. C’est en 1679 que Louis XIV crée le domaine de Marly. Avec Versailles, le Domaine Royal de Marly est la grande construction de Louis XIV. S’il ne subsiste plus grand chose aujourd’hui de ce château du XVIIe siècle, un parc aménagé et un musée passionnant permettent de se replonger dans ce domaine dédié jadis aux fêtes, aux promenades et à la chasse.

En opposition avec Versailles, la résidence de Marly est un lieu caché, presque secret, située dans un vallon encaissé et qui ne se laissait découvrir que lorsque l’on franchissait les portes du domaine. A l’inverse des palais traditionnels, Marly était organisé sous la forme d’un plan éclaté : Autour d’un grand pavillon central destiné au Roi et à sa famille se trouvaient douze petits pavillons pour les invités, comme les planètes autour du Soleil. Autour du pavillon royal, quatre pavillons de service étaient dédiés aux gardes, à la chapelle et aux offices.

C’est à Jules Hardouin-Mansart, l’architecte de la galerie des Glaces ou encore du Grand Trianon, que la création de cette petite merveille est confiée. Marly était un petit bijou à l’écart du tumulte de la cour. Autour des différents pavillons se trouvaient des jardins, des bassins avec des jeux d’eau et de nombreuses sculptures.

Louis XIV y séjournait par périodes de quelques jours accompagné de quelques courtisans triés sur le volet. Être convié à ces séjours, les « Marly », était un grand privilège. Dans le Domaine de Marly, l’étiquette était assouplie et laissait davantage de place aux divertissements. Concerts, bals, collations, jeux, escarpolette….

Les dernières années de son règne, le Roi-Soleil y passe jusqu’à plus d’un tiers de l’année. En dehors des promenades, le roi séjourne à Marly quelques jours, voire quelques semaines. Ces séjours, appelés « Marly », sont réclamés avidement par les courtisans qui supplient : « Sire, Marly ». On ne peut, en effet, suivre le roi que sur invitation expresse.

Louis XV et Louis XVI s’y rendent à leur tour mais Marly perd alors de son prestige : on lui préfère parfois des petits châteaux. Le glas viendra bien sûr à la Révolution, plusieurs pièces de mobilier sont vendus et les sculptures sont dispersées.

Marly est finalement racheté par Napoléon en 1811, et le domaine redevient alors ce qu’il avait été au départ : un domaine de chasse où, de Charles X à François Mitterrand, les rois, empereurs et présidents de la France viennent pratiquer l’art cynégétique.

Architecture et Jardins

Rompant avec la tradition du château français entre cour et jardins, l’architecte Jules Hardouin-Mansart développe un plan éclaté, avec plusieurs pavillons disposés suivant deux grands axes de perspective. Au centre, un grand pavillon accueille le roi et sa famille. Au-devant, de part et d’autre du miroir d’eau, sont disposés, à l’instar des planètes autour du soleil, douze petits pavillons destinés aux invités.

Quatre pavillons de service flanquent le pavillon royal : celui des gardes, la chapelle et ceux des offices. En 1688, l'on aménage, dans l'un des pavillons, des bains pour les invités. En 1703, l'on transforme les deux derniers pavillons de chaque côté de la pièce d’eau centrale pour y installer les Globes dits de Coronelli. Ces derniers en sont retirés en 1715, avant le décès du roi. Ils sont aujourd’hui conservés à la Bibliothèque nationale de France.

Particulièrement original par sa composition générale, Marly offre une synthèse de la villa Rotonda d’Andrea Palladio à Vicence, avec un plan centré pour le pavillon royal, et de la tradition française des pavillons de chasse, tel que le donjon de Chambord. Quant à la disposition des pavillons, elle relève aussi de l’architecture éphémère des fêtes. En 1674, par exemple, déjà des pavillons étaient implantés lors du feu d’artifice donné sur le Grand Canal à Versailles.

Semblables à un décor de fête ou de théâtre, les façades des pavillons de Marly arborent des décors polychromes flamboyants. Constitués de trompe-l’œil peints à fresque sur enduit, leur dessin a été donné par le Premier peintre du roi, Charles Le Brun. Sur le mur aveugle qui réunit les deux pavillons des offices, le roi a fait peindre une fausse colonnade ouvrant sur un jardin qui inspirera celle du Grand Trianon.

L’ensemble est placé au cœur des jardins. Si, pendant les premières années, ceux-ci sont dépouillés, et ne consistent qu’en glacis de gazon et alignements d’ifs, avec une pièce d’eau centrale et quelques bassins alentours aux jeux d’eau réduits, le Roi-Soleil s’applique par la suite à les aménager, et ce sans relâche. Ils se composent, au centre, de parterres et, de part et d’autre d’un axe nord-sud, de bosquets, l’un au levant et l’autre au couchant. Les pavillons des invités sont reliés par des berceaux de treillages et bordés d’allées jalonnées d’ifs et d’arbres diversement taillés.

Du fait de la proximité de la Seine, nappes et jets d’eau abondent à Marly, grâce à la fameuse et colossale « machine » disposée sur le fleuve, chef-d’œuvre d’ingénierie hydraulique du temps, réalisée à partir de 1682 et dont l’abduction d’eau est opérationnelle en 1685. La quantité des eaux permet au roi de produire des cascades, ce qu’il n’a pu faire à Versailles. Sont ainsi crées La Rivière (1696-1697), gigantesque cascade au décor de marbre située au sud du pavillon royal, et La Cascade champêtre, aménagée dans le bosquet du Levant (1701). Au nord, un abreuvoir monumental (1698-1699) est construit pour servir de porte symbolique au bas des jardins où il existe encore aujourd’hui.

Outre Jules Hardouin-Mansart et Charles Le Brun, les meilleurs artistes participent à l’enchantement des lieux. Leurs œuvres sont aujourd’hui visibles dans la cour Marly du Louvre. On retiendra les fameux chevaux des frères Coustou, à l’Abreuvoir, venus remplacer, au XVIIIe siècle, la Renommée et le Mercure de leur oncle Coysevox, transférés à l’entrée des Tuileries. Marly, c’est aussi, dans le pavillon du roi, les scènes de batailles de Van der Meulen et les premières cheminées à la française, surmontées d’un trumeau de glaces, par Pierre Le Pautre, prémices du décor des salons français du XVIIIe siècle.

La richesse de ces eaux jointe à celle des bâtiments et des jardins, font du lieu, aux dires des contemporains, « le plus bel endroit du monde ».

Le Musée du Domaine Royal de Marly

Pour mieux comprendre ce qu’était le Domaine royal de Marly, un musée flambant neuf vous accueille et vous invite à vous glisser dans la peau de l’un des courtisans du Roi, participant à l’un de ces « Marly ». Il revient aussi largement sur la Machine de Marly, cette structure titanesque aujourd’hui disparue qui avait été conçue pour pomper l’eau et alimenter les bassins de Marly comme de Versailles. Je vous encourage vivement à aller découvrir ce musée construit à taille humaine et doté d’une belle collection.

Installé à l’entrée du parc de Marly, le musée du Domaine royal de Marly, labellisé “Musée de France” propose de découvrir l’histoire de l'ancien château de Marly. Des maquettes animées, des tableaux, des estampes et des sculptures permettent d’imaginer le Domaine royal sous l’Ancien Régime ainsi que son art de vivre.

Le musée propose des visites guidées à destination des individuels, des groupes adultes et des scolaires.

Informations Pratiques :

  • Le musée est fermé les lundis, mardis ainsi que les 1er janvier, 1er mai, 8 mai, 14 juillet et 25 décembre.
  • Horaires :
    • De novembre à mars, du mercredi au dimanche : 14h00 - 17h00
    • D'avril à octobre, du mercredi au dimanche : 14h00 - 18h00
  • Accès : 1 Grille royale - Parc de Marly 78160 Marly-le-Roi (coordonnées GPS : 48°51'3"Nord / 2°6'21"Est)
  • Tarifs :
    • Tarif plein : 7€
    • Tarif réduit : 5€
  • Site internet du musée

La construction du Château de Versailles (reconstitution 3D)

Le Patrimoine Architectural et Culturel

Outre les monuments classés tels que l’église Saint-Vigor, édifiée par Jules Hardouin-Mansart et Robert de Cotte, ou l’hôtel particulier Couvé du XVIIIe siècle et sa salle des Mariages, le village regorge de bâtiments témoins de l’époque royale : le chenil, aujourd’hui Hôtel de ville, l’hôtel du comte de Toulouse, la Maison des pourvoyeurs du Roy et la Maison de la blanchisserie, situées place de la Vierge.

L'église Saint-Vigor

Accolée au castrum, une première église dédiée à Saint-Vigor avait été construite au 11ème siècle. Sur ordre royal elle fut remplacée par l’église actuelle consacrée en 1689, édifiée par Jules-Hardouin Mansart et Robert de Cotte. Eglise rurale, mais royale, elle est dédiée à Saint-Vigor et Saint-Etienne. Sa sobriété classique est remarquable.

L’église fut richement dotée par Louis XIV qui y vint à plusieurs reprises assister à des offices ou des Te Deum. L’église Saint-Etienne-Saint-Vigor a notamment été financée par le Roi et conçue par Jules Hardouin-Mansart, en 1688. A l’intérieur, vous y verrez plusieurs éléments en provenance de l’ancienne chapelle du château de Versailles dont l’autel de marbre particulièrement imposant. C’est devant cet autel, à Versailles, que Louis XIV s’est marié en secret avec Madame de Maintenon.

Autres Lieux d'Intérêt :

  • Place Victorien Sardou: Elle prend le nom d’un ancien dramaturge (aucun lien de parenté avec le chanteur, Michel Sardou !). Par la suite vous apercevrez son ancienne demeure, le château du Verduron.
  • Domaine du Verduron: Au 17ème siècle, propriété de Louis Blouin, 1er valet de chambre de Louis XIV.
  • Château des Délices: Construit aux 18ème et 19ème siècles, derrière l’église. Le domaine fut racheté en 1955 par le groupe Drouot aujourd’hui siège régional des Assurances Axa.
  • Hôtel de Ville et parc du Chenil: Durant ses séjours à Marly, Louis XIV chassait très souvent en forêt. Devenu seigneur de Marly le Bourg en 1693, il installa son chenil dans le parc de l’ancien hôtel seigneurial et le grand veneur, Monsieur de la Rochefoucauld, logeait dans le colombier réaménagé.

Marly-le-Roi et l'Impressionnisme

Au XIXe siècle, ce village campagnard attire de nombreux artistes, écrivains, peintres… qui y apprécient le calme et la douceur de vivre. Marly-le-Roi est également un lieu d’inspiration pour les peintres impressionnistes, notamment Alfred Sisley, qui habite au 4, avenue de l’Abreuvoir, de 1875 à 1878. Marie Cassatt séjourne de juillet à octobre 1880 à Marly-le-Roi dans une maison dominant l’Abreuvoir. Elle y réalise une série de portraits de famille intimistes.

Le circuit du Chemin des Impressionnistes à Marly-le-Roi vous fera découvrir 6 reproductions de tableaux de Sisley ou Cassatt. Pour (re)découvrir les toiles de certains de ces peintres, je vous recommande de suivre l’un des chemins des impressionnistes.

Informations Générales

Marly-le-Roi se situe à vingt kilomètres à l’ouest de Paris, dans le département des Yvelines, au cœur de la région Ile-de-France. La population totale de référence de Marly-le-Roi, millésimée 2022 et entrée en vigueur le 1er janvier 2025, est de 17 059 habitants (cf. Marly-le-Roi se caractérise comme une ville d’équilibre, mêlant l’ancien et le moderne, la verdure et l’espace urbain maîtrisé dans une douce harmonie.

Tableau Récapitulatif des Lieux et Périodes Clés

Lieu / Personnage Période Importance
Domaine Royal de Marly 17ème Siècle Résidence royale de Louis XIV, lieu de fêtes et de chasse
Jules Hardouin-Mansart Fin 17ème Siècle Architecte principal du Domaine de Marly
Eglise Saint-Vigor Fin 17ème Siècle Edifice religieux financé par Louis XIV
Alfred Sisley et Marie Cassatt 19ème Siècle Peintres impressionnistes ayant séjourné à Marly-le-Roi

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