Feuille de Match Historique : France - Belgique

Lundi 9 septembre 2024, l'équipe de France a signé une victoire importante contre la Belgique (2-0) à Lyon, marquant leur premier succès en Ligue des Nations et effaçant leur défaite précédente contre l'Italie. Les Bleus ont ainsi réussi leur opération de rachat.

Quatre jours après s'être inclinés contre l'Italie (3-1) au Parc des Princes, en ouverture de la saison et de la Ligue des Nations, ils ont effacé un peu ce faux-pas en dominant 2 à 0 la Belgique (6e au classement mondial de la FIFA), au Groupama Stadium de Lyon-Décines, pour le compte de la 2e journée du groupe A2.

Randal Kolo Muani (29e) et Ousmane Dembélé (57e) ont permis aux Tricolores de s'imposer, de renouer avec un succès qui les fuyait depuis trois matches (depuis le 8e de finale de l'Euro contre... la Belgique) et de prendre leurs trois premiers points dans cette 4e édition de la Ligue des Nations.

Ils sont deuxièmes de leur groupe à égalité avec les Diables Rouges, derrière l'Italie qui a dominé Israël (2-1). Prochains rendez-vous pour les joueurs de Didier Deschamps le 10 octobre face à Israël (à Budapest) et le 14 octobre en Belgique.

Sixième succès français d'affilée en compétition face à la Belgique (Euro 84, CM86, CM 2018, Ligue des Nations 2022, Euro 2024, Ligue des Nations 2024-2025).

Avec Koundé, Upamecano, Digne, Koné, Guendouzi, Dembélé, Thuram et Kolo Muani titularisés, soit huit changements par rapport au match contre l'Italie, Didier Deschamps a mis en application ce qu'il avait annoncé avant ce deuxième rendez-vous. Seuls Maignan, Saliba et Kanté, paré du brassard de capitaine, étaient déjà du coup d'envoi au Parc des Princes.

Relation de cause à effet ? Les Bleus ont eu du mal à trouver leurs marques et ont subi en début de partie. Openda a été à tout près de pouvoir reprendre un centre devant la cage de Lukébakio (9e), puis l'attaquant belge est venu inquiéter Maignan d'un tir croisé (18e).

Mattéo Guendouzi s'est d'abord montré le plus entreprenant pour des Tricolores qui ont progressivement fait surface et rééquilibré les débats. Marcus Thuram s'est créé la première vraie occasion, une frappe du droit en angle bien écartée par Casteels (29e).

Mais cet arrêt n'a été qu' un simple sursis de quelques secondes pour le gardien belge, impuissant sur l'action suivante conclue de près par Randal Kolo Muani (1-0, 29e), qui a permis aux Bleus de rejoindre la pause forts de cet avantage.

Ils en sont revenus en confiance, à l'image de Manu Koné auteur de deux essais trop enlevés (51e, 55e) qui ont peut-être inspiré Ousmane Dembélé qui, lui, a trouvé la cible en plein cœur (2-0, 57e) ! De quoi conforter encore plus le jeu tricolore, solide défensivement face à de trop timides réactions des Diables Rouges en seconde période, d'autant que Mbappé, entré en jeu, tout comme Barcola, Olise et Griezmann, est venu porter deux fois le danger sur la cage de Casteels (73e, 78e).

Premier capitanat pour N'Golo Kanté, le onzième capitaine de l'ère Deschamps. Première titularisation pour Manu Koné, au duel avec Kévin De Bruyne.

Les buts du match :

  • 1-0, Randal Kolo Muani (29e) : centre de Digne de la gauche. Renvoyé par la défense belge, le ballon arrive sur N'Golo Kanté dans l'axe. Le capitaine tricolore décale à droite sur Ousmane Dembélé dans la surface. Sa frappe croisée est repoussée d'une manchette par Casteels sur... Randal Kolo Muani, seul face à la cage, dont la reprise en force fait trembler les filets malgré Faes sur sa ligne.
  • 2-0, Ousmane Dembélé (57e) : mouvement français sur la droite avec Jules Koundé, N'Golo Kanté et Ousmane Dembélé. Bien servi par son capitaine dans la surface, l'ailier parisien crochète Theate et Debast dans sa course latérale et vient déclencher une frappe puissante du gauche plein cadre qui ne laisse aucune chance au gardien belge. Son premier but du gauche avec les Bleus.

Randal Kolo Muani et Ousmane Dembélé ont signé leur sixième but avec les Bleus.

25 Le nombre de tirs tricolores dans ce match, pour 9 cadrés.

Fiche technique du match

Le lundi 9 septembre 2024 à Lyon-Décines (Groupama Stadium)
Ligue des Nations 2024-2025 - Phase de ligues - Ligue A - Groupe A2 - 2ème journée
FRANCE - BELGIQUE : 2-0 (1-0)
Spectateurs : 42 358
Arbitre : Tobias Stieler (Allemagne)
Buts : Randal Kolo Muani (29e), Dembélé (57e)
Avertissements : Koné (4e), Digne (7e) à la France ; Openda (7e), Tielemans (38e) à la Belgique

FRANCE : Maignan - Koundé, Upamecano, Saliba, Digne - Kanté (cap.) puis Fofana (90e + 3), Koné, Guendouzi puis Griezmann (79e) - Dembélé puis Olise (79e), M. Thuram puis Barcola (67e), Kolo Muani puis Mbappé (67e).
Remplaçants : Areola (g), Samba (g), Clauss, Konaté, T. Hernandez.
Sélectionneur : Didier Deschamps.

BELGIQUE : Casteels - Faes, Debast, Theate, Castagne puis Meunier (82e) - Tielemans puis Mangala (60e), Onana - Doku puis Duranville (82e), De Bruyne (cap.), Lukébakio puis Bakayoko (60e) - Openda puis De Ketelaere (69e).
Remplaçants : Kaminski (g), Sels (g), Duranville, Bornauw, Saelemaekers, Vermeeren.
Sélectionneur : Domenico Tedesco.

Comment la France a humilié la Belgique : Kevin De Bruyne Lâche un...

Didier Deschamps (au micro de TF1) : « La situation était compliquée (après la défaite contre l’Italie) évidemment, en jouant une équipe de la qualité de la Belgique. On a eu un petit peu de fébrilité au départ, avec quelques pertes de balle, ce qui peut être compréhensible avec des joueurs ayant moins d’expérience et une équipe de Belgique qui est venue presser très haut, ce qui était prévue. Heureusement cela n’a pas porté à conséquences. Mais dès que l’on a pris confiance et éliminé le premier rideau, on a eu beaucoup de situations. Dommage que l’on n’ait pas concrétisé un peu plus en première période. On a fait beaucoup de bonnes choses collectivement, individuellement aussi, avec des nouveaux joueurs, des absents, deux blessés, Loïc Badé et Warren Zaïre-Emery. On a eu des réponses, plus positives aujourd’hui que lors du premier match, ce qui ne veut pas dire que ceux qui ont joué le premier ne sont pas à la hauteur. C’est bien qu’il y ait cette réaction collective. On a retrouvé de la solidité défensive, c'est une très bonne chose, ça n'est pas ça qui fait gagner des matches mais cela permet d'avoir plus de sérénité et de force, mais on a fait beaucoup de choses intéressantes dans les animations offensives aussi. »

Les stats du match :

  • 917e match de l'histoire de l'Équipe de France depuis 1904 (461 victoires, 193 nuls, 263 défaites, 1 649 bp, 1 243 bc).
  • 161e rencontre de l'ère Didier Deschamps (102 succès, 33 nuls, 26 défaites), remplacé sur le banc par son adjoint Guy Stéphan le 3 juin 2022 contre le Danemark (1-2).
  • 5e match des Bleus au Groupama Stadium de Lyon depuis son inauguration en 2016 (3 victoires, 1 nul, 1 défaite). Les huit autres sorties tricolores en terre lyonnaise, entre 1968 et 2009, ont eu lieu au stade Gerland.
  • 77e opposition franco-belge depuis la première le 1er mai 1904 (28 victoires, 19 nuls, 30 défaites, 134 bp, 162 bc).
  • 137e sélection pour Antoine Griezmann qui rejoint Olivier Giroud sur la troisième marche du podium des Bleus les plus capés de l'histoire.
  • 119e match des Bleus en province pour un bilan de 82 victoires, 23 nuls et 14 défaites après ce France-Belgique à Lyon.

Antoine Griezmann troisième Bleu le plus capé de l'histoire (avec Olivier Giroud).

Classement du Groupe A2

Classement Équipe Points Différence de buts
1 Italie 6 +2
2 Belgique 3 0
3 France 3 0
4 Israël 0 -3

Didier Deschamps, sélectionneur de l'équipe de France.

Historique des confrontations France-Belgique

A leur prochaine victoire contre la Belgique, les Bleus vont enfin équilibrer un bilan structurellement déficitaire depuis 1905 et la toute première défaite (0-7). Mais comme ils gagnent très souvent depuis une quarantaine d’années (10 victoires, 3 nuls et 2 défaites depuis 1984), les voici revenus à 29 victoires pour 30 défaites et 19 nuls. Donc côté bilan, avantage à la Belgique, sauf si on se restreint aux matchs de compétition.

Parce que là, l’équipe de France est largement devant avec 10 victoires pour 3 défaites et 3 nuls, et encore, ces trois défaites ont toutes eu lieu en matchs de qualification. En phase finale, c’est carton plein avec 6 victoires françaises en 6 matchs. Voilà pourquoi, entre autres, les Bleus ont un palmarès incomparable avec celui des Diables Rouges : deux fois champion du monde, deux fois champion d’Europe, double vainqueur de la Coupe des Confédérations, ainsi que de la Coupe intercontinentale et de la Ligue des Nations d’un côté, champion olympique de l’autre.

Encore faut-il préciser que cet unique titre belge date de 1920, à Anvers et en seulement trois matchs. Depuis 1920, la Belgique n’a disputé qu’une finale, celle de l’Euro 1980 (perdue 1-2 contre la RFA à Rome) et deux demi-finales mondiales, perdues elles aussi face à l’Argentine en 1986 (0-2) et à la France en 2018 (0-1).

Sur l’ensemble des matchs disputés depuis 1904, l’équipe de France a une avance de 73 rencontres (923 à 850) au printemps 2025. Ça n’a pas toujours été le cas : juste avant la première guerre mondiale, les Belges comptaient 46 matchs, les Français 36. En 1939, l’écart s’est creusé : 178 à 154 en faveur de la Belgique. Au début de 1970, il est à peu près le même (346 à 324). En juin 1986, quand les deux équipes se retrouvent pour la troisième place de la Coupe du monde au Mexique, l’écart a fondu (461 à 457).

Les Bleus dépassent les Diables Rouges une première fois au printemps 1994, mais ces derniers jouent la Coupe du monde aux Etats-Unis et reprennent provisoirement l’avantage. L’explication est simple : les Bleus n’ont plus manqué une seule phase finale européenne ou mondiale depuis 1994 et a disputé huit fois des demi-finales. Sur la même période, la Belgique a manqué deux Coupes du monde (2006 et 2010) et quatre Euros (1996, 2004, 2008 et 2012) et n’a atteint qu’une seule fois les demi-finales (en 2018, battue par la France).

Côté joueurs, logiquement il y a plus de Français que de Belges. Avec 942 internationaux A pour 923 matchs, l’équipe de France a un taux de renouvellement de 1,02 joueur par match. Pour la Belgique, avec 735 Diables rouges pour 850 matchs, le taux de renouvellement est beaucoup plus faible : 0,86 seulement. Signe évidemment d’un réservoir beaucoup plus restreint (66 millions d’habitants d’un côté, 11 millions de l’autre).

Un indicateur plus intéressant est celui du nombre d’éphémères. Côté français, il est important, avec 250 internationaux n’ayant qu’une sélection (26,5 % du total), contre 144 côté belge (19,5 %). Ce qui confirme le fait que la Belgique a consommé moins de joueurs que la France et les a beaucoup plus sollicités.

Côté carrières, le Belge Hector Goetinck a eu la carrière la plus longue, 17 ans, 6 mois et 10 jours entre avril 1906 et novembre 1923 (17 sélections) dont 3 contre la France en 1905, 1907 et 1910. La Belgique compte aussi 7 joueurs ayant dépassé les 37 ans, le vétéran ayant même frôlé les 40 ans (Timmy Simons, à 28 jours près en novembre 2016). Les internationaux belges commencent plus tôt également, puisque les moins de 18 ans à leur première sélection sont 11, dont 3 débutants à moins de 17 ans. Le dernier, et pas le moindre, est Romelu Lukaku en 2010.

Enfin, du côté des meilleurs buteurs, net avantage à la Belgique, du moins pour le premier rang : Romelu Lukaku et ses 88 buts écrasent la concurrence, très loin devant Olivier Giroud. Mais on compte sur Kylian Mbappé pour faire mieux, même s’il lui manque 40 buts (et qu’il n’en a plus marqué depuis l’Euro 2024). La différence se voit en dessous : les Français compte 5 buteurs à plus de 40 buts, contre un seul côté belge.

Après leur défaite en demi-finale du Mondial 2018 (1-0), il y a trois ans et demi, les joueurs de la Belgique ont estimé avoir été meilleurs que ceux de l’équipe de France. Mais les statistiques de ce match historique, réglé par une tête de Samuel Umtiti, dressent un constat nettement plus nuancé. N’en déplaise à Thibaut Courtois. Le 10 juillet 2018 reste un jour de frustration éternelle pour la Belgique. Au terme d’un match tendu et électrique, les Diables Rouges se sont fait sortir par l’équipe de France en demi-finale de la Coupe du monde (1-0). Avec le sentiment d’avoir été meilleurs sur le terrain de Saint-Pétersbourg.

Ils ont d’ailleurs affiché une énorme rancœur dès l’après-match, en taclant directement leurs adversaires."Je préfère perdre avec cette Belgique que gagner avec cette France", a lâché Eden Hazard, la mâchoire serrée. "On perd contre une équipe qui n’est pas meilleure que nous, et qui ne joue pas", appuiera Thibaut Courtois avec un regard noir. Les racines du fameux "seum" de nos voisins du nord, largement moqué sur les réseaux sociaux.

Mais cette impression de supériorité est-elle vraiment justifiée? Trois ans et demi après la tête victorieuse de Samuel Umtiti, RMC Sport s’est replongé dans les statistiques de cette rencontre historique. Et la version belge en perd de sa superbe. Dès la première ligne… La France s’est montrée plus dangereuse Au niveau des "Expected Goals" (l'outil de mesure permettant d’établir la probabilité qu’une occasion se transforme en but), les Bleus sont largement devant avec 1,91 contre 0,38 pour les Belges. Les partenaires de Kylian Mbappé ont d’ailleurs frappé dix fois de plus que leurs rivaux à la Gazprom Arena (19 à 9). Même s’ils ont été globalement moins précis dans leurs tentatives, ils ont cadré plus de fois au total (5 à 3). Ils ont tiré plus, aussi bien à l’intérieur de la surface (12 à 6) qu’à l’extérieur (7 à 3). Les coéquipiers de Raphaël Varane ont aussi remporté plus de duels dans l’antre du Zénith, preuve de leur implication sur le pré (57,7% contre 42,3%).

Voilà qui remet en cause la vision de Courtois et de ses acolytes. Mais la Belgique n’a pas démérité non plus au nord-ouest de la Russie. Comme ils l’ont eux-mêmes souligné, les hommes de Roberto Martinez ont eu la possession du ballon dans cette demie (63,6% contre 36,4%). Une domination territoriale qui se confirme par leur nombre de passes effectuées, largement supérieur à celui des Bleus (594 à 346). Les collègues de Kevin De Bruyne se sont également montrés plus adroits dans leurs tentatives de passes (91,2% de réussies contre 83,5%). Ils ont aussi tenté beaucoup plus de centres (21 à 6). En revanche, ils ont été moins propres en défense, en commettant beaucoup plus de fautes (16 contre 6).

Au final, la feuille de stats apparaît plutôt équilibrée lors de ce France-Belgique. Tout dépend comment on décide de la lire... Mais les Bleus n’ont pas tellement à rougir de leur victoire.

Match France-Belgique.

Première partie de l’historique du derby franco-belge, en commençant par les matchs amicaux

La Belgique est, de très loin, l’adversaire le plus souvent rencontré par l’équipe de France : les 77 rencontres entre les deux pays représentent 9% du total des matchs des Bleus depuis 1904. Jusqu’à la Coupe du monde 1930, France-Belgique était synonyme de match international. Dans cette première partie, seuls les matchs amicaux seront étudiés. Ils représentent 62 des 75 rencontres, et si la majeure partie d’entre eux ne présente pas beaucoup d’intérêt, une dizaine d’entre eux seront détaillés.

C’est un match étrange disputé sur le stade du Vivier d’Oie, à Uccle dans la banlieue de Bruxelles, un stade doté d’une seule (petite) tribune en stuc, qui existe toujours. L’équipe de France est en fait composée de joueurs parisiens complétée par l’attaquant de Tourcoing Adrien Filez. Deux anecdotes : les Français sont douze, et c’est un tirage au sort qui détermine le titulaire entre Jacques Davy et Emile Fontaine. Le second ne sera donc jamais international. La partie se termine sur un score nul (3-3) mais un trophée étant en jeu (par le mécène Evence Coppée), il est partagé entre les deux équipes, six mois chacune.

Ce quatrième derby entre Belges et Français est aussi le premier du genre remporté par l’équipe de France, le seul des dix joués, avec une régularité d’horloge d’un par an, jusqu’en 1913. C’est également la première victoire à l’extérieur de l’histoire des Bleus, à une époque (celle précédent la première guerre mondiale) où ceux-ci ne gagnaient que 10 matchs sur 36 disputés (pour 4 nuls et 22 défaites).

A trois mois du voyage en Amérique du Sud où va se dérouler la première Coupe du monde de l’histoire, l’équipe de France accueille la Belgique à Colombes pour la 23e fois depuis 1904. Dans les buts, le gardien Antonin Lozes n’a pas dormi de la nuit, pendant laquelle il a assisté aux Six jours cyclistes de Paris. Il dort sans doute debout pendant le premier quart d’heure où il encaisse trois buts (12e, 14e, 16e).

Alors que la bataille fit rage dans les Ardennes où Hitler a lancé une offensive de la dernière chance, Français et Belges fêtent la libération par un match très amical au Parc des Princes, par un froid de gueux (les vestiaires n’étaient pas chauffés).

En cette fin de printemps 1950, la question qui agite la Fédération française concerne la Coupe du monde au Brésil : ira, ira pas ? Eliminée en barrage par la Yougoslavie en décembre, l’équipe de France est repêchée le 30 avril suite au forfait de l’Ecosse. Mais le 4 juin, les Belges mettent une raclée à des Français arrogants qui se demandaient à quoi bon jouer contre une équipe aussi faible. Résultat, 4-1 pour les Diables Rouges, triplé de Jeff Mermans et la FFF qui jette l’éponge le lendemain et renonce à aller au Brésil. Motif officiel : des déplacements trop longs entre les matchs. Officieux : la peur d’une humiliation face à l’Uruguay au premier tour.

Après une épouvantable série de dix matchs sans victoire depuis 1957 (quatre nuls, sept défaites dont six d’affilée entre 1961 et 1966), l’équipe de France bat enfin la Belgique, et à Bruxelles, ce qui ne gâche rien. La rencontre est marquée par la réussite de Marco Molitor, débutant de 22 ans auteur d’un doublé, et par le carton rouge pour le latéral droit français, un certain Roger Lemerre.

Pour préparer l’Euro 1992, Michel Platini fait des essais en mettant deux milieux défensifs, Sauzée et Petit, comme latéraux, et Cantona en meneur de jeu. Résultat, les Belges de Scifo mènent trois fois au score, mais les Bleus ne se découragent pas et égalisent à chaque fois. Le dernier but (3-3) est signé Jean-Pierre Papin d’un somptueux ciseau retourné à cinq minutes de la fin, de l’entrée de la surface.

A deux semaines du match d’ouverture de la Coupe du monde en Corée du Sud, les Bleus de Roger Lemerre sortent le barnum au Stade de France pour un amical contre la Belgique en forme de message d’amour.

Il en faut plus que ça pour impressionner les coéquipiers de Marc Wilmots (alors attaquant). Le dernier France-Belgique avant la demi-finale de 2018 perpétue une tradition bien installée depuis trente ans : en amical, personne ne gagne à domicile. Ce jour-là, les Bleus se font hacher menu par des Belges déchaînés qui mènent 2-0 à la mi-temps (doublé de Fellaini) puis 4-1 avant l’heure de jeu (Nainggolan et Hazard, Valbuena ayant réduit le score). Vexés, les Français manquent de peu égaliser après des buts de Fekir et Payet dans les cinq dernières minutes (3-4).

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