Le monde du football, en particulier le football féminin, a connu de grandes avancées grâce à des figures comme Sonia Souid, agente ayant obtenu sa licence FFF il y a quinze ans. Elle a notamment orchestré le premier transfert payant d’une joueuse en France, la nomination des premières entraîneures à la tête d’équipes masculines professionnelles, et la signature du premier joueur Émirati en Ligue 1.
Sonia Souid a décidé de partager son histoire, ses débuts professionnels, sa vie de maman et ses combats dans un livre intitulé « Touche pas à mon QI. Une femme agent de joueurs, et alors ? Comment le sexisme gangrène le foot français ? »
SONIA SOUID : UNE AGENT TOUS RISQUES ⚽🔥
Un Cri du Cœur Face au Sexisme
« Ce qui m’a motivée à écrire ? Essayer de faire bouger les lignes parce que malheureusement, très peu de femmes exercent mon métier. C’est un cri du cœur, je l’ai écrit avec mes tripes et il est très personnel », confie Sonia Souid.
Elle ajoute : « Le monde du football est ultra-concurrentiel et surtout masculin. En tant que pionnière, j’ai la responsabilité de laisser une trace de ce combat d’une femme qui n’avait rien pour elle et qui partait avec de sacrés handicaps pour réussir dans ce monde. »
« Si on ne laisse pas ce genre de témoignage, on ne fera pas évoluer les choses dans le bon sens. Après quinze ans, je me sens enfin considérée. Il a fallu que je réussisse à faire des choses que même personne n’a faites avant. »
Sa plume est aiguisée, le nom des chapitres claque. « Et si j’avais un cerveau » fait directement référence à son physique et à son passé de Miss Auvergne (2003) puis de mannequin cabine. Un passé qu’on lui a rabâché et qui lui a collé à la peau, éclipsant parfois l’essentiel : son professionnalisme.

Légitimité et Reconnaissance
« Cette licence d’agent m’a habillée, elle m’a donné une certaine légitimité. Je suis devenue intéressante et plus qu’un corps à ce moment. C’est très difficile de se faire une place dans ce monde, personne ne se fait de cadeau. Forcément, quand on est une femme, ancienne miss et que la seule chose qu’on peut trouver sur vous, c’est votre passé, on part avec des handicaps. »
Elle concède : « Après quinze ans, je me sens enfin considérée. Il a fallu que je fasse mes preuves, que je réussisse à faire des choses que même personne n’a faites avant », avant de revenir sur l’événement qui l’a « vraiment tuée ». Celui qui l’a mise en lumière malgré elle.
Une Soirée en Enfer chez Le Graët
Sonia Souid est invitée un soir de 2014 chez Noël Le Graët, alors président de la Fédération française de football, pour une « réunion de travail » qui devait se dérouler en compagnie de Brigitte Henriques, ancienne joueuse de l’ASJ Soyaux chargée du développement du foot féminin en France.
Brigitte Henriques n’a semble-t-il jamais été invitée et le président de la FFF aurait eu un comportement plus qu’inapproprié avec Sonia Souid.
Elle écrit dans son livre : « Avachi sur son canapé, les jambes écartées, débraillé, il se caresse. Aucun son ne parvient à sortir de ma bouche, je reste interdite, les yeux écarquillés comme si je venais de me réveiller brutalement d’un doux rêve qui dure depuis des mois. Encore aujourd’hui, je serais incapable de dire s’il touchait son sexe ou juste son bas-ventre », où sa relation avec l’ancien président occupe une place conséquente et où elle s’adresse directement à lui.
« Cette humiliation a été terrible », rembobine-t-elle. « J’étais plus que légitime à lui proposer des idées pour aider au développement du football féminin. Le fait qu’il me piège dans son appartement en prétextant la confidentialité et qu’il me dise qu’il était tout à fait à même de concrétiser mes idées mais que pour ça, il fallait qu’on se rapproche… Il ne voyait plus mon cerveau, il n’existait pas pour lui. La seule chose, c’était ce corps à se mettre sous la dent comme une gourmandise. »

Briser le Silence : Un Combat Nécessaire
« ça a été terrible parce qu’il m’a fait douter de moi-même, de ma place dans ce monde-là et il a failli réussir à mettre un point final à ma carrière. Aujourd’hui, nous n’avons plus le choix il faut dénoncer. Il faut mettre un gros coup de pied dans la fourmilière pour être entendues, pour être respectées et pour être considérées comme professionnelles. »
À la naissance de son deuxième enfant, elle décide de tout raconter alors que le président de la FFF est déjà dans l’œil du cyclone. « Quand on a l’impression de se battre pour une juste cause… J’étais prête à prendre ce risque quitte à perdre ma licence », explique-t-elle.
« Je veux pouvoir me regarder dans un miroir et me dire qu’à mon échelle j’ai fait ce qu’il fallait pour essayer de faire bouger les choses et offrir un monde meilleur à ma fille, mon fils, ma petite sœur… Malgré les difficultés. Quand on s’attaque à l’ancien président de la Fédération Française de Football ou qu’on dénonce le comportement inapproprié du nouveau président de la FFF, on s’expose. Mais j’assume. J’ai décidé de défoncer les portes pour montrer la voie. Il y a 15 ans, quand j’ai obtenu ma licence, on était moins de 5 % de femmes à exercer ce métier et c’est toujours pareil. »
La Passion Malgré Tout
Malgré cela, Sonia Souid reste aimantée par son métier. « Renoncer n’est pas dans ma nature. Je suis aussi très bien entourée et j’ai des clientes et clients qui m’ont donné la responsabilité de gérer au mieux leur carrière. Heureusement, je n’ai pas rencontré que des personnes malveillantes. Il y a aussi des hommes qui m’ont donné ma chance, de l’énergie et une raison de me battre. »
Elle cite Jean-Michel Aulas. « On ne rend pas assez hommage à ce monsieur. Ce qu’il a fait pour le football féminin et pour la place de la femme dans le monde du football est énorme », étaye-t-elle, espérant que d’autres s’engagent.
Sonia Souid a sa propre définition du métier d’agent. « Il est aussi important qu’un président, un directeur sportif ou un joueur. L’agent est celui qui va négocier le meilleur contrat possible. C’est celui qui va aussi aider les clubs à vendre leurs joueurs au meilleur prix. C’est également un ‘chasseur de têtes’, le prolongement de la cellule de recrutement. Je représente Amandine Henry (milieu de l’Équipe de France) depuis 13 ans. Quand on a débuté notre collaboration, elle avait 22 ans. J’ai l’impression d’avoir connu une chenille qui s’est transformée en un merveilleux papillon. À 35 ans, elle joue au Mexique et il y a aussi toute sa reconversion à anticiper et à préparer. »
Elle jongle parfois avec les fuseaux horaires. « Il faut être passionnée pour bien faire ce métier très exigeant. On n’a pas de week-end, ni de soirée. On est vraiment LA personne disponible 24 heures sur 24 pour ses clients.
Le Football Féminin : Un Essor Constant
Longtemps très peu médiatisé, en France notamment, le football féminin est en plein développement, aux États-Unis, en Europe du Nord et en Allemagne (plus de 1 million de licenciées dans ce pays), essentiellement. La F.I.F.A. indique que, dans le monde, quelque 30 millions de femmes jouent au football. En France, il commence à s’implanter, à la suite des bons résultats des clubs (victoire de l’Olympique lyonnais en Ligue des champions en 2012) comme de l’équipe nationale (demi-finaliste de la Coupe du monde en 2011 et des jeux Olympiques en 2012). Quelque 60 000 femmes sont licenciées dans un club en France.
Si la pratique de ce sport par les femmes ne semble plus faire débat, il n'en fut pas toujours ainsi. L'Angleterre, par exemple, ne leva l'interdiction faite aux femmes de jouer au football qu'en 1960. En France, le conseil de la F.F.F. ne reconnaît le football féminin qu'en 1970 et nomme une commission d'étude chargée de son organisation nationale. Le premier Championnat de France a lieu en 1974 et réunit seize clubs.
Entre-temps, les premiers championnats nationaux de football féminin sont organisés en 1971 dans trente-quatre pays. Le football féminin se développe aux États-Unis à partir de 1972, notamment en raison de l'adoption d'une loi qui dispose que les écoles américaines pratiquant toutes sortes de discrimination féminine ne recevraient pas de subventions fédérales.
La première Coupe du monde féminine fut organisée en Chine en 1991 ; soixante-cinq nations avaient pris part aux qualifications et tous les billets mis en vente pour la phase finale trouvèrent preneur. En 1996 à Atlanta, la finale olympique fut suivie par plus de 80 000 spectateurs. Dès lors, le football féminin devenait majeur.

Les "WAGs" : Entre Glamour et Réalité
Aux cérémonies de remise de prix, aux défiles de haute couture, ces femmes plus belles les unes que les autres ne laissent pas indifférents. Elles, ce sont les "Wags", l’acronyme désignant les épouses et compagnes des footballeurs. L’une d’entre elles, Manuela, a décidé de livrer les dessous, souvent très chauds, de ce quotidien hors du commun.
Manuela est une wag de 39 ans, "petite amie de la Premier League, de la Serie A, de la Liga, de la Ligue 1." Durant une décennie, elle assure avoir fréquenté les plus célèbres footballeurs de la planète. Mais pas question de pouvoir l’identifier : l’ouvrage, écrit anonymement à la manière du Footballeur masqué, tente de brouiller les pistes en ne citant que très peu de patronymes.
Manuela ne livre pas de révélations fracassantes, mais dépeint un quotidien qu’on pourrait résumer en deux mots : argent et sexe. La "secret wag" ne cache pas son attirance pour les produits de luxe, les grands hôtels et les bons restaurants.
Mais l’intérêt (relatif) de cet ouvrage réside davantage dans la galerie de portraits dépeints par l’auteur. Au fil des pages, elle décrit l’implacable concurrence entre les femmes de footballeurs.
Si la majorité des femmes de footballeurs s’attirent les foudres de notre "secret wag", deux d’entre elles obtiennent ses faveurs : Wahiba Ribéry et Helena Seger.
L'Équation Impossible des WAGs
En France, on se souvient évidemment de l’objectification permanente dont était victime Adriana Karembeu, alors mariée au joueur de football du même nom.
Les WAG vivent une équation impossible : si elles continuent de vivre leur vie, on leur reproche, si elle abandonne leur activité pour leur conjoint, on pense qu’elles profitent de la situation… Leurs images sur les réseaux sociaux sont scrutées.
Taylor Swift est-elle une WAG ? C’est du moins la question que posait le très sérieux Washington Post début février en titre d’un article consacré à la Queen de la pop américaine. Si elle privilégie sa propre carrière, son bien-être ou l'équilibre de sa famille comme Victoria Beckham ? Elle est égoïste. À l'inverse, si elle vient à tous les matchs (ou presque) comme Taylor Swift ? Elle perturbe la concentration des joueurs, y compris celle de son boyfriend.
Ces dernières années, aux Etats-Unis notamment, on se souvient du drama entre Gisele Bündchen et Tom Brady, la mannequin brésilienne étant accusée de ne pas assez soutenir la carrière de son mari, carrière qui sera finalement au cœur de leur divorce en 2022.