Le football au Togo a une histoire riche, marquée par des moments de triomphe, de tragédie et de développement constant. Cet article explore l'histoire de la Fédération Togolaise de Football (FTF), les événements marquants qui ont façonné le football togolais, et les récentes initiatives visant à promouvoir le sport, y compris le football pour les personnes amputées.

Les Débuts et l'Ascension du Football Togolais
Tout a commencé en 1974 quand le Togo dispute son premier match éliminatoire pour la coupe du monde. L’équipe est éliminée par le Congo. Les éperviers tentent de remonter la pente petit à petit et en 2002, ils luttent face à la Zambie et à la Libye mais ne parviennent toujours pas au Mondial.
En 2006, les éperviers terminent premier de leur groupe notamment grâce à une victoire 3-2 contre le Congo, conduisant leur pays à une victoire exceptionnelle. Pourtant l’équipe n’a pas brillé lors la coupe d’Afrique des Nations en début d’année. Le Togo a subi plusieurs défaites dues au changement de l’entraîneur et à de mauvais choix stratégiques.
En s’imposant le samedi 8 octobre 2005 sur le terrain des diables rouges du Congo, les "éperviers" du Togo décrochent une qualification historique. Le lendemain les joueurs sont accueillis dés l’aéroport dans une ambiance euphorique. A leur arrivée, ils rejoignent le stade national de Kégué où les attendent prés de 30.000 personnes.
Il salue la qualification des "éperviers" qui permet au Togo d’entrer "dans la cour des grands". Il s’empresse de décréter le lundi 10 octobre 2005 comme un jour "férié, chômé et payé" en "hommage aux éperviers". Pour Faure Gnassingbé la qualification du Togo pour la Coupe du Monde est une aubaine permettant d’afficher au plan national aussi bien qu’international une autre image du Togo.
La qualification du Togo à la Coupe du monde 2006 a déclenché un élan d’optimisme pour un développement du football au niveau local. Arrivés les premiers, le 15 mai 2006 en Allemagne, ils se regroupent et débutent un stage à Wangen. Les éperviers, qui sont dans le groupe de la France, parviendront-ils à nous surprendre lors de ce mondial 2006.
En l’espace de quelques mois, les supporters togolais vont déchanter. Alors que le Togo étrenne son statut de "mondialiste" lors de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) se tenant en Egypte en Janvier 2006, c’est d’abord l’inquiétude qui gagne les supporters togolais. Les "éperviers" y subissent une élimination prématurée et sans ambigüités dés la phase de poule. C’est ensuite la résignation qui les atteint avec la débâcle sportive du mondial 2006 en Allemagne. La Corée du Sud, la Suisse et la France ramènent le Togo à son statut de participant plus qu’inattendu à la "messe mondiale" du football.
De retour du Mondial, le Togo rentre dans le rang et redevient une sélection moyenne du football africain alternant absence (2008) et qualification (2010) à la CAN.
Crises et Instabilité Institutionnelle
Mais l’effet contraire s’est produit et les signes précurseurs de la crise ont fait leur apparition en Allemagne, où les Eperviers ont brandi la menace d’une grève pour réclamer leurs primes avec une vraie-fausse démission de leur sélectionneur Otto Pfister, le tout avant leur entrée en lice. Les problèmes extra sportifs qui ont englouti les ambitions des Eperviers vont se poursuivre après la compétition avec une crise institutionnelle à la tête de la Fédération togolaise de football (FTF) où trois présidents (Rock Gnassingbé, Tata Avlessi et Gabriel Ameyi) se sont succédés en l’espace de quatre ans entre 2006 et 2010.
« On se rappelle des problèmes d'organisation au cours de cette Coupe du monde en Allemagne et surtout la grève des joueurs dans la ville de Wangen à quelques heures de la première rencontre du Togo face à la Corée du Sud, a-t-il poursuivi. Ensuite, il y a eu des crises à répétition dans la Fédération, un jeu de chaises musicales entre les différents présidents de cette instance-là. Derrière, cette crise a impacté négativement l'organisation du football togolais et cela a influencé naturellement les résultats de la sélection nationale.
Une instabilité chronique qui a pris le dessus sur le sportif et la suite logique en matière de développement qui devrait accompagner le football local, provoquant un échec de transition générationnelle de la sélection. Si la Fédération a retrouvé une certaine stabilité depuis l’arrivée en 2016 du Colonel Guy Kossi Akpovy à sa tête, les conséquences de la crise post-Coupe du monde 2006 ont été désastreuses pour le Togo qui n’a depuis participé qu'à trois phases finales de Coupe d’Afrique des Nations.
« Le Togo n'est jamais redescendu des nuages et réalise des contre-performances. Depuis 2017, le Togo n’a plus participé à la CAN. Pour ne pas rater l’édition 2025 à venir au Maroc, les dirigeants ont pris une décision forte pour relancer la machine, en nommant au poste de sélectionneur un ancien international, Daré Nibombé, ex-capitaine des Eperviers qui connaît bien la sélection et les maux qui la minent, suivant ainsi la mouvance des sélectionneurs locaux sur le continent.

En dehors des résultats piteux du nouveau staff, le contenu du jeu des Eperviers a drastiquement diminué en qualité, comparativement à l’ère Duarte, et cela est problématique : « Il y a un fond de jeu inexistant avec une structure d'équipe qui n'existe même pas, des tâtonnements tactiques qui n'ont pas lieu d'être, dénote Henri Akodo. Les résultats de cette équipe nationale togolaise peinent à convaincre tant sur le jeu que sur le résultat et moi je remets en cause les qualités managériales de Nibombé Daré.
Dans son état actuel, les maux qui minent le football togolais nécessitent plus qu’un diagnostic médical. « Je pense que la recette est simple, estime Akodo. Il va falloir faire l'état des lieux, aller aux états généraux du football togolais parce que ce n'est pas normal que le Togo qui fait partie des 13 sélections africaines qui ont une fois disputé une phase finale de Coupe du monde sur les 55 du continent, peine à se qualifier ne serait-ce que pour une phase finale de Coupe d'Afrique des Nations.
Aujourd'hui, tous les acteurs du football togolais doivent aller aux états généraux pour pouvoir identifier les maux qui sont connus : le manque de formation, d'infrastructures, la non structuration des centres de formation, de championnats de jeu, etc. Avec l’arrivée d’Eklu Siabi à Direction technique nationale (DTN), Henri Akodo trouve opportun le temps de relancer une nouvelle politique avec une implication active de l’Etat : « Il faut donner les moyens à Eklu Siabi de bosser, de détecter les talents puis de les structurer en les injectant dans les centres de formation.
L'équipe togolaise se retire de la coupe d'Afrique des Nations
L'Attaque du Bus Togolais à la CAN 2010
L'un des événements les plus sombres de l'histoire du football togolais est sans aucun doute l'attaque du bus de l'équipe nationale togolaise, les "Éperviers", en Angola, en janvier 2010, juste avant le début de la Coupe d'Afrique des Nations (CAN). Le 8 janvier 2010, le bus de l'équipe togolaise a été mitraillé dans la région du Cabinda, une attaque revendiquée par les Forces de libération de l'État du Cabinda, des rebelles luttant pour l'indépendance de cette enclave.
L'attaque a coûté la vie à Abalo Amelete, l'entraîneur adjoint, et à Stanislas Ocloo, le chef de presse de la délégation. Plusieurs joueurs ont été blessés, notamment le défenseur Serge Akakpo et le gardien Kodjovi Obilalé. Ce dernier, touché à une vertèbre, n'a jamais pu reprendre sa carrière de footballeur.
Thomas Dossevi, alors joueur de l'équipe togolaise, se souvient de l'attaque : "On venait de passer la frontière, après avoir effectué notre préparation et nos matchs amicaux au Congo. Il y avait 70 kilomètres à faire et la Fédération [togolaise] avait pris la décision de prendre le bus. Apparemment, il y avait eu des directives pour que toutes les équipes arrivent en avion ; ce que nous ne savions pas sur le moment, nous les joueurs." Il décrit une scène chaotique où le bus a été attaqué par des tirs, y compris un tir de roquette. Le chauffeur de bus a été touché à la gorge, mais a réussi à conduire sur une certaine distance pour éloigner le bus du feu.
Après l'attaque, les joueurs togolais ont été confrontés à la difficile question de savoir s'ils devaient participer à la CAN. Initialement, plusieurs équipes, dont la Côte d'Ivoire, ont exprimé leur soutien à l'idée de ne pas jouer. Le gouvernement togolais a finalement décidé de rapatrier l'équipe, une décision qui a suscité la colère de la Confédération Africaine de Football (CAF). La CAF a initialement interdit au Togo de participer aux éliminatoires des CAN 2012 et 2013, une sanction plus tard levée.
Malgré la tragédie, le Togo a continué à participer aux compétitions africaines. En 2013, ils ont atteint les quarts de finale de la CAN pour la première fois de leur histoire, marquant un moment de fierté après les épreuves traversées.
Football pour Personnes Amputées: Une Nouvelle Initiative
Un développement récent et significatif dans le football togolais est la création de la Fédération Togolaise du Football des Personnes Amputées (FTFA). Cette initiative vise à promouvoir le football pour les personnes amputées au Togo, une discipline introduite dans le pays depuis 2017.
La FTFA a pour objectif d'encourager les personnes amputées à pratiquer des activités sportives, tant pour des raisons de santé que de compétition. L'assemblée générale constitutive et élective de la FTFA s'est tenue au siège de la Fédération Togolaise des Associations de Personnes Handicapées (FETAPH), en présence de représentants du ministère des Sports, du Comité National Olympique du Togo (CNO Togo), du Forum du Sport Africain (FSA) et de Choco Togo.
Le football pour personnes amputées se joue à sept joueurs, sur un terrain plus petit et avec un temps de jeu réduit.
Défis et Controverses au Sein de la Fédération Togolaise de Football
L'histoire de la Fédération Togolaise de Football n'est pas exempte de défis et de controverses. Des informations ont révélé des allégations selon lesquelles des membres de la fédération percevaient des primes à la place des joueurs. De plus, des maladresses ont presque terni l'image de l'équipe nationale, en raison d'un manque de respect des règles établies.
Le confrère Prosper l'Allemand a publiquement dénoncé ces situations dans une émission de radio en octobre 2016, soulignant le besoin de transparence et de bonne gouvernance au sein de la fédération.
Présidents de la Fédération Togolaise de Football (2006-2010)
| Nom | Période |
|---|---|
| Rock Gnassingbé | 2006-2007 |
| Tata Avlessi | 2007-2009 |
| Gabriel Ameyi | 2009-2010 |
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