Fédération Nigériane de Football : Histoire et Évolution

Le Nigeria est l'une des puissances historiques du football africain, avec quatre participations à la Coupe du monde, atteignant deux fois les 8e de finale en 1994 et 1998.

À l'ère de l'expansion du football, les légendes et les faits historiques se mêlent souvent.

Les Débuts du Football au Nigeria

En 1949, le Nigeria est encore une colonie britannique, et le football, introduit par les Anglais, y est déjà très populaire. L’équipe nationale nigériane, composée de 18 joueurs majoritairement issus de Lagos, est sélectionnée pour effectuer une tournée au Royaume-Uni. Si cette initiative vise à renforcer les liens sportifs entre la métropole et sa colonie, elle permet d'évaluer le niveau du football nigérian sur la scène internationale.

La Tournée de 1949 : Mythes et Réalités

Parmi les récits les plus surprenants, l’histoire d’une équipe nigériane qui aurait battu, en 1949, l’Angleterre sur le score de 5 buts à 2 en jouant pieds nus intrigue les passionnés.

Quand débute exactement la tournée de football nigériane en 1949 en Angleterre ? La tournée historique de l’équipe nationale nigériane en Angleterre débute officiellement le 29 août 1949. Cette tournée s’étend sur un mois. Durant celle-ci, les Nigérians vont jouer neuf rencontres contre des clubs anglais. Ils remportent deux victoires et obtiennent deux matchs nuls. À cela s'ajoutent 5 défaites dues à des facteurs comme le temps de jeu et le changement climatique.

Car, l'année 1949 a été enregistrée comme l'une des plus chaudes au Royaume-Uni avec plus de 30°C. Horeb International révèle des témoignages de certains joueurs de l'équipe nigériane qui affirment que le climat "est trop chaud pour eux". En plus, le temps de jeu n'était pas adapté au temps de jeu de l'équipe nigériane qui avait l'habitude des matchs à 70 minutes et non à 90 minutes.

Le Match Légendaire : Vérité ou Fiction ?

Si l'histoire raconte que les Nigérians ont joué tous leurs matchs pieds nus, cela n'est pas avéré. Car le site de Sport Brief dira que les joueurs nigérians préféraient jouer pieds nus sur les "surfaces avec peu ou pas de gazon".

Le 29 août 1949, à 8h30, le navire MV Apapa de la compagnie Elder Dempster accoste à Liverpool avec à son bord dix-huit footballeurs nigérians. Ces derniers sont bien évidemment accompagnés de leur capitaine, Donald H. Holley. Il était à l'époque président de la Fédération nigériane de football. Son épouse était également présente. Ces joueurs sont venus au Royaume-Uni pour une tournée de neuf matchs amicaux contre des clubs amateurs anglais. L’objectif de cette expédition est double : tester le niveau des Nigérians face à des adversaires européens et renforcer les liens sportifs entre la colonie et la métropole. L'équipe nigériane arrive avec 18 joueurs contre 22 chez les Marine FC.

Sur les dix-huit joueurs, treize proviennent de la Ligue de Lagos et du District, deux viennent des Provinces de l’Ouest, deux des Provinces de l’Est, et un des Provinces du Nord. Horeb International martèle que ces joueurs ont été aussi choisis pour leur capacité à représenter dignement l’Association coloniale de football du Nigeria en Angleterre.

La tournée débute officiellement le 31 août 1949, avec un premier match contre le Marine Crosby Football Club à Liverpool. Selon le Liverpool Echo, le lieu de la rencontre était bondé de spectateurs venus des quatre coins du Royaume-Uni. Plus de 6000 personnes ont assisté au tournoi.

Malgré les réactions incrédules du public britannique, les Nigérians impressionnent immédiatement : ils s’imposent 5-2 face aux Anglais. L’arbitre du match, stupéfait, déclare après la rencontre : "Je n’ai jamais vu de footballeurs pieds nus auparavant, mais bon sang, ces gars sont bons". Le capitaine de Marine Crosby, Len Carney, avoue à son tour avec un brin d'humour : "Nous avons vite constaté que leurs pieds étaient plus durs que nos chaussures". Certains supporters anglais, admiratifs, exhortent même leurs propres joueurs à retirer leurs chaussures pour tenter d’égaler la performance des Nigérians.

À la fin du match, les spectateurs envahissent le terrain et portent les Nigérians en triomphe jusqu’aux vestiaires. En signe de respect, le Marine Crosby FC fait don des 200 £ de recettes du match à la Fédération nigériane de football.

Deux jours après leur première victoire, les Nigérians jouent contre Bishop Auckland FC devant 13 000 spectateurs. Fatiguée par deux matchs en six jours et après sept changements dans l’équipe, l'équipe du Nigeria s’incline 5-2.

À cet effet, lors du match du 21 septembre contre l’équipe représentative de la Ligue athénienne, la pluie rend le terrain glissant et boueux. Un gros désavantage pour les Nigérians, habitués à jouer sur des surfaces plus sèches. Huit joueurs commencent pieds nus mais doivent enfiler des chaussures en seconde mi-temps à cause de la pluie incessante qui a rendu le terrain boueux et glissant. Malheureusement, peu habitués à jouer avec des chaussures adaptées au foot, cela ne les aidera pas. Ils subissent leur plus lourde défaite de la tournée qui sera de 8-0.

Malgré des résultats en dents de scie (2 victoires, 2 nuls, 5 défaites), l’équipe nigériane bat plusieurs records d’affluence au fil de la tournée. L’Angleterre découvre avec fascination une équipe africaine dotée d’un style de jeu rapide. Mais pas que. Leur système de jeu est très technique et parfois imprévisible. La presse britannique s’intéresse de plus en plus à ces joueurs pieds nus. Leur système de jeu perfectionniste captive le public et touche tous les spectateurs.

Le dernier match de la tournée se joue à Liverpool contre South Liverpool FC, sous les projecteurs du stade, une nouveauté à l’époque. Ce moment symbolique clôt une tournée qui, malgré les difficultés, a laissé une empreinte durable dans l’histoire du football nigérian.

L'absence de match contre l'équipe nationale anglaise

Contrairement à une légende populaire, l’équipe nigériane n’a jamais affronté l’équipe nationale anglaise. Au cours de cette tournée, ils jouent exclusivement contre des clubs et des équipes amateurs britanniques. Toutefois, leur performance impressionnante face aux clubs anglais, combinée à l’image frappante de joueurs pieds nus battant des adversaires chaussés, a contribué à amplifier le récit autour de cet événement. Avec le temps, cette confusion a donné naissance à l’idée erronée que le Nigeria aurait battu l’Angleterre en 1949.

Rashidi Yekini : Une Légende Tragique

Été 2010, l’Afrique accueille la première Coupe du Monde de son Histoire. Pays hôte élu par la FIFA, l’Afrique du Sud devient, le temps d’une compétition, la terre promise du football mondial. Pour l’occasion, Rashidi Yekini est nommé ambassadeur du Nigeria mais le jeune retraité décline aussitôt l’invitation. Le message est clair : Yekini refuse toute implication liée au football professionnel. Afrique ou non. La dépêche passe mal : aux yeux de tous, Rashidi est un absent, un renégat, et c’est entendu, les absents ont toujours tort.

En réalité, l’homme est gravement malade. Il souffrirait de stress mental. Un matin, durant l’animation d’un bus humoristique français, l’ancien buteur sort ses affaires personnelles en pleine rue et les incendie, à l’essence, sous le regard des passants ahuris. Le voisinage l’aperçoit même errant pieds nus dans les rues d’Ibadan, ville universitaire du Nigeria, où il vit dans le plus affreux des dénuements.

Côté football, la Fédération nigériane n’est pas rancunière. Elle souhaiterait proposer à son ancien pensionnaire un poste de superviseur et d’acteur principal à la reconstruction du football nigérian, rongé par la corruption. « Yekini a tellement donné pour ce pays. Nous devons trouver une façon de l’aider » , affirme Chris Green, président de la Fédération nigériane de football. Rien à faire, à la différence de ses anciens coéquipiers Damiel Amokachi ou Sunday Oliseh, le meilleur joueur africain 1993 est ulcéré par un système qui ne l’a jamais ménagé.

Car avant d’illustrer les manuels de psychologie, Yekini est avant tout une légende du ballon rond. Et non des moindres. Pendant plus d’une décennie, ce beau bébé d’1m90 cogne les défenses de tous bords. Après une initiation dans les divisions locales, puis un passage remarqué à l’Africa Sports d’Abidjan, c’est au Vitória Setúbal (1990-1994) que ce tueur commet ses plus grands crimes. En 108 matchs, il y tire 90 buts. En 1993-1994, l’attaquant nigérian tente même la prémonition avec Messi ou Ronaldo en inscrivant 34 buts en 32 matchs.

Point de vue sélection, même refrain. Meilleur buteur des Coupes d’Afrique 1992 et 1994, il est à ce jour le plus grand finisseur des Super Eagles. Décompte officiel : 37 buts en 58 sélections. Or, le continent africain maîtrisé, il est dans la suite logique des choses que ces folles statistiques trouvent un écho international. Chose faite lors de la Coupe du Monde 1994, aux États-Unis.

Pour son match d’ouverture, le Nigeria piétine la Bulgarie trois buts à zéro. En inscrivant le premier but de son équipe, premier but du Nigeria dans une Coupe du monde, Yekini entre au Panthéon du football africain. Pendant que Maradona crie au monde entier sa forme olympique, ou presque, Rashidi, sous le soleil du Cottwn Bowl de Dallas, ouvre son compteur-buts. Une réalisation toute faite, célébrée à sa manière. En l’espace de quelques secondes, Yekini se jette seul dans les buts adverses, s’accroche nerveusement aux filets et se met à prier !

Ses coéquipiers lui reprochent ses excès d’extravagance et son individualisme, si bien qu’ils organisent une véritable faction et refusent de lui adresser la moindre passe pour les matchs suivants.

« Beaucoup de choses ont été dites à son sujet, mais vous savez, qui d’autre dans l’Histoire du Nigeria envoyait des frappes de 30 mètres ? Si Yekini peut compter ses buts, eh bien, il en a mis plus d’une centaine. »

À l’approche de la CAN 1996, Yekini, de nature ambitieuse et revancharde, compte bien devenir le buteur historique de la compétition africaine. Objectif affiché : égaler le record du buteur ivoirien Laurent Pokou hissé à 14 buts ! Mais une bévue diplomatique lui bloque une route pourtant toute tracée.

L’écrivain et militant écologiste nigérian Ken Saro-Wiwa, acquis à la cause du peuple Ogono, s’oppose à la politique pétrolière menée dans la région du delta du Niger par les grandes multinationales occidentales. Trop grande gueule, trop écouté, il sera condamné à mort par le général Sani Abacha, à la tête de la dictature nigériane depuis 1993. Cette pendaison, dénoncée par toute la communauté internationale, touche tout particulièrement l’Afrique du Sud, qui organise de surcroît la Coupe d’Afrique des Nations 1996.

En signe de protestation, Nelson Mandela prône notamment la mise en place d’un embargo pétrolier sur le Nigeria. La tension entre les deux pays est à son comble. En clair, Abacha pète les plombs et exclut lui-même sa sélection nationale. Conséquence double, ce boycott les prive de l’édition suivante au Burkina Faso.

En 2000, le Nigeria reprend pourtant le train en marche et organise le tournoi en compagnie du Ghana. Mais Yekini n’a plus le niveau. La sélection s’éloigne, un rêve se brise. Pas de CAN, pas de records. Surtout quand un certain Samuel Eto’o devance Pokou et Yekini d’une même foulée, en devenant le buteur historique de la Coupe d’Afrique des Nations avec 18 réalisations.

Après le Mondial américain, le Nigérian improvise : Olympiakos, Sporting de Gijón, retour au Vitoria Sétubal, FC Zurich, Club Athlétique Bizertin (Tunisie), Al Shabab Riyad (Arabie Saoudite), à nouveau l’African Sports. Puis, pour finir, ultime come-back au pays à 41 ans au Gateway FC. Bref, Yekini tourne en rond.

Tout jeune retraité, Rashidi décide alors de se lancer dans les affaires et de se couper totalement du monde du football. Malgré les avertissements, il s’associe avec un opérateur de change fortuné, Ibrahim, qui n’est autre que son dernier confident. Schéma bancal : le premier laisse au second le soin d’investir ses économies dans l’import-export de joailleries de luxe. Oui mais voilà, en déplacement professionnel, la mallette pleine de billets, Ibrahim se fait liquider en plein jour à quelques minutes d’une onéreuse transaction. Le hasard dans tout ça ? À quelques centimes près, Yekini vient de tout perdre.

Fauché, malade et paranoïaque, il ne lui reste qu’une modeste maison de quatre pièces, au sud d’Ibadan, où il vit seul et ne reçoit jamais personne.

Si : certains journalistes et un ex-coéquipier sont partis à sa rencontre. En vain : maison quasi en ruine, volets fermés, portes verrouillées. Prière de ne pas revenir ! Son entourage parle d’un être asocial, angoissé, victime d’un complexe d’infériorité dû à un manque d’éducation. Les rumeurs vont bon train.

Rashidi Yekini, c'est d'abord une image. Forte, indélébile. Sa joie à Dallas après son but lors du Mondial 1994 est légendaire. Accroché aux filets qu’il ne voulait pas lâcher, comme possédé, hurlant son émotion sans que quiconque ne sache vraiment ce que cet homme est en train de prononcer. Un message de colère ou de joie?

Révélé sous les couleurs de l'Abiola Babes puis de l’Africa Sports d’Abidjan, Yekini passe ensuite quatre saisons au Portugal, sous les couleurs du Vitoria de Setubal. Il connait ses plus belles années avec 90 buts en 108 matches et accomplit une saison invraisemblable avec 34 buts inscrits en 32 matches, remportant ainsi le titre de meilleur buteur du championnat en 1993-1994.

Le colosse d’1m90 terrifie aussi les défenses adverses en équipe nationale. Il contribue pleinement à la victoire des siens lors de la CAN 94 en Tunisie et permet au Nigeria de remporter sa première Coupe d'Afrique des Nations "à l’extérieur" (Le Nigeria a gagné l’édition 1980 à domicile). Quelques mois plus tard, les Super Eagles participe à leur première Coupe du Monde aux Etats Unis et Yekini arrive fort de son statut de meilleur joueur africain en 1993.

"Le Taureau de Kaduna" ne marquera plus jamais en Coupe du Monde.

Son pays reprend pourtant le train en marche en 2000 et organise le tournoi en compagnie du Ghana. Mais Yekini n’a plus le niveau. La sélection s’éloigne, un rêve se brise. Pas de CAN, pas de records. Pire, il voit l'attaquant camerounais Samuel Eto’o décrocher son rêve en 2008, celui d'être le meilleur buteur de l'histoire de la CAN avec 18 réalisations.

Et en club, où il s'engage avec l'Olympiakos, il ne retrouvera plus la grâce qui l'a touché au Portugal. Il poursuit sans grand succès à Gijon, au FC Zurich, en Tunisie et en Arabie Saoudite. Rentré dans son pays en 2002, il se retrouve d’abord à Enugu avant de raccrocher les crampons en 2005, à près de 42 ans, au Gateway FC, club de la ville d’Abeokuta.

Il refuse d’être l’ambassadeur de la fédération nigériane pour la Coupe du Monde 2010 en Afrique du Sud et son investissement avec un opérateur de change fortuné tourne au drame.

Rashidi Yekini – The Goal King 🇳🇬 | Best Goals & Skills

Coupe du Monde 2010 : Désillusions et Réformes

Le Nigeria, l'une des grandes nations du football africain, a terminé dernier de son groupe après deux défaites face à l'Argentine (0-1) et la Grèce (1-2), et un malheureux match nul contre la Corée du Sud (2-2).

"Le président Goodluck Jonathan a ordonné que l'équipe ne participe à aucune compétition internationale pour une durée de deux ans afin de remettre les choses en ordre", a déclaré mercredi le porte-parole de la présidence, Ima Niboro.

La Fifa, très sensible sur la question de l'ingérence politique dans les affaires du football, n'a pas immédiatement commenté l'annonce du président nigérian, mais a publié une rapide mise au point indiquant: "La position de la Fifa concernant les ingérences politiques est bien connue".

Mardi, le président de la Fifa Sepp Blatter avait répondu à une question sur les interventions politiques auprès des fédérations, à propos des déclarations des responsables français après le fiasco des Bleus à la Coupe du monde: "En cas d'ingérence politique, la Fifa interviendra, quelle que soit la taille du pays", avait dit M. Blatter, brandissant la menace d'une suspension de la fédération du pays concerné.

Au Nigeria, le gouverneur de l'Etat de Rivers (sud), Rotimi Amaechi, qui dirige un groupe de travail sur la Coupe du monde mis sur pied par la présidence, a souligné que le pays allait écrire à la Fifa pour lui notifier sa décision.

M. Jonathan a aussi réclamé un audit pour déterminer la façon dont les fonds alloués à la sélection nationale durant le Mondial avaient été utilisés.

Le Football : Un Miroir de la Société

Le succès du ballon rond repose donc sur une ambiguïté. D'un côté, le football apparaît comme l'un des vecteurs de l'occidentalisation du monde. L'exemple de l'Iran est, à ce titre, emblématique. Qualifiés pour la Coupe du monde en 1998, les footballeurs iraniens et leurs supporters sont apparus comme les vecteurs de l'occidentalité, de l'ouverture, face aux conservateurs partisans des activités perses traditionnelles, comme la lutte.

La télévision a contribué à décupler cet effet caisse de résonance du football. Désormais, le petit écran permet au monde entier de suivre en direct le jeu des différentes équipes et d'applaudir aux exploits du Brésilien Pelé ou de l'Argentin Maradona.

L'âge des mécènes est révolu. Les clubs ont été rachetés par des groupes industriels, puis de communication. Le football, c'est désormais aussi du merchandising la commercialisation des produits dérivés, des recettes publicitaires, des programmes que les chaînes de télévision et de radio se disputent âprement.

Tableau des Participations du Nigeria en Coupe du Monde

Année Résultat
1994 8e de finale
1998 8e de finale
2010 Phase de groupes

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