L'équipe du Mexique de football, surnommée "El Tri" en référence aux trois couleurs du drapeau mexicain (rouge, blanc et vert), possède une riche histoire et une place importante dans le cœur des supporters mexicains.

Histoire et Évolution des Uniformes
Au fil des ans, depuis cette lointaine année 1930, l’équipe nationale mexicaine a changé de style, de couleurs et d’écussons dans ses uniformes. Elle a souvent porté les couleurs vert, rouge et blanc, comme dans le drapeau national du Mexique.
Depuis 1984, la marque allemande Adidas, était chargée d’habiller l’équipe nationale mexicaine et c’est en 1986 que sont apparues les premières trois bandes sur les manches en blanc, caractéristiques de la marque sportive.
Pour la Coupe du monde avec leurs voisins en 1994, Umbro a été chargé de produire ce kit dans une teinte plus sombre et un fond abstrait.
On se souvient de l’uniforme de la Coupe du Monde 1998 pour avoir utilisé une sublimation qui avait la figure de la pierre du soleil, (communément et incorrectement confondue avec le calendrier aztèque). Le fabricant était la marque mexicaine ABA Sport.
La marque Athletic a fait son apparition dans l’équipe nationale mexicaine pour cette coupe du monde 2002 avec un style très sobre.
Nike a commencé à s’intéresser à l’équipe nationale mexicaine en 2003 et est devenu son sponsor officiel lors de la Coupe du monde en Europe 2006. Le détail de la typographie simulant celle de la Coupe du monde 1970 a donné une touche spéciale à ce modèle.
Lors de la Coupe du monde en Russie 2018, le Mexique est revenu au vert traditionnel, celui du drapeau. Le col en V combine le ton de base avec un passepoil vert clair le long des côtes. L’uniforme est complété par un short blanc et des chaussettes couleur vin. Le deuxième uniforme est sorti le dernier jour de match. Il est composé d’un t-shirt blanc à col rond avec deux rayures horizontales vertes et rouges au niveau de la poitrine, assorti d’un short de couleur cerise et de chaussettes blanches.
Participation à la Coupe du Monde
Le Mexique est un grand habitué des Coupes du monde, et dispute sa dix-septième phase finale de rang. Avec cette dix-septième participation, le pays se classe cinquième au classement des sélections ayant joué le plus d’éditions, derrière le Brésil, l’Allemagne, l’Argentine et l’Italie.
El Tri affiche une réelle constance dans la performance : il faut remonter à 1978 pour trouver trace d’une élimination des Mexicains au premier tour d’un Mondial.
Avec une seule victoire dans l’histoire des Coupes du monde, le Mexique a été choisi pour accueillir cette Coupe du monde avec l’objectif d’obtenir de bons résultats devant son peuple. Grâce à lui, ils obtiendraient pour la première fois leur laissez-passer pour les quarts de finale.
Depuis la Coupe du monde 1994 aux Etats-Unis, le Mexique est toujours sorti des phases de poules mais il s’est incliné en huitièmes de finale.
Ils ont atteint les quarts de finale en 1970 et en 1986.

Joueurs Clés et Records
Le meilleur buteur de l’histoire de la sélection mexicaine est Javier Hernandez, plus connu sous le nom de Chicharito. Il a inscrit 52 buts en 109 sélections depuis 2009.
Le joueur le plus capé est le défenseur Claudio Suarez avec 177 sélections entre 1992 et 2006.
Palmarès de l'Équipe du Mexique
Voici un aperçu des principales réalisations de l'équipe nationale mexicaine :
- Coupe des Confédérations : 1 (1999)
- Gold Cup : 12 (1965, 1971, 1977, 1993, 1996, 1998, 2003, 2009, 2011, 2015, 2019, 2025)
- Jeux Olympiques : 1 (2012)

Rivalité avec les États-Unis
Les rencontres entre Etats-Unis et Mexique ont toujours été un peu plus qu'un match de football. Surtout pour le pays d'El Chicharito. Car le ballon rond est l'un des rares domaines où le Mexique se trouve dans la position du dominant vis à vis du grand voisin du nord.
Un revers face aux "gringos" peut alors être vécu comme une véritable tragédie nationale, comme ce fut le cas lors du 8e de finale de la Coupe du monde 2002 (0-2). Question d'orgueil.
Côté américain, le Mexique, avec qui le rapport de force s'est équilibré au siècle présent, est le meilleur ennemi que l'on aime chambrer en cas de victoire.
Le hashtag "dosacero" (deux à zéro), le score sur lequel le Team USA a pris l'habitude de dominer El Tri, a ainsi animé l'avant-match du barrage pour la Coupe des confédérations 2017.
Mais derrière la rivalité entre les deux sélections, il existe aussi une relation gagnant-gagnant entre les deux pays. Ainsi, la Fédération mexicaine réalise une bonne part de son chiffre d'affaire sur le sol américain, où elle organise la plupart de ses matches amicaux. La raison ? La communauté mexicaine, qui regrouperait près de 35 millions de personnes selon une étude du Pew Research Center, est un public captif, qui ne regarde pas le nom de l'adversaire quand il s'agit d'avoir l'opportunité d'assister à un match d'El Tri et de vivre ainsi un moment de communion nationale dans son pays d'exil.
Le 1er juillet, un amical préparatoire pour la Gold Cup entre Honduras et Mexique s'était ainsi joué devant 70 000 personnes, à Houston. Une belle recette en dollars pour la Fédération, bien supérieure à ce qu'aurait généré la même rencontre à Mexico, Guadalajara, ou Monterrey.
Comment les États-Unis ont conquis Mexico | Guerre américano-mexicaine Ép. 2
A Pasadena, dans la banlieue de Los Angeles, les Etats-Unis joueront sur leur territoire. Mais difficile d'estimer qu'ils évolueront à domicile, car les 93 000 sièges du Rose Bowl devraient avant tout être occupés par des supporters mexicains, même si la Concacaf a mis en place un système de billetterie pour éviter une présence trop écrasante des visiteurs, dans une région à forte migration mexicaine.
En 2011, au terme de la finale de la Gold Cup jouée dans ce même stade, Tim Howard, le gardien américain, s'était d'ailleurs agacé que cette domination mexicaine dans les tribunes conduise à ce que la cérémonie de remise du trophée soit réalisée en espagnol.
Le Modèle Alvarado : Binationaux et Formation
Il se nomme Ventura Alvarado. Ce jeune homme de 23 ans cristallise sur sa personne la relation antagonique, mais aussi complexe et entrelacée entre football américain et mexicain.
Né aux Etats-Unis de parents mexicains, ce défenseur est titulaire à l'América, le club le plus puissant du Mexique, et a été retenu par Jürgen Klinsmann pour le barrage face au Tri. Il a grandi à Phoenix et a commencé à se distinguer dans une filiale américaine du club mexicain, de Pachuca.
Dès ses 14 ans, il décide alors de partir au Mexique, avec l'appui de ses parents, qui avaient pourtant fait le trajet inverse avant sa naissance pour chercher une vie meilleure.
Après Pachuca, le défenseur intègrera finalement le centre de formation de l'América. Dans un environnement beaucoup plus compétitif que celui qu'il trouverait aux Etats-Unis, Ventura savait qu'il grandirait plus vite qu'aux USA, où la densité en talents se révèle beaucoup plus faible.
L'histoire de Ventura Alvarado, formé au Mexique pour le bénéfice de la sélection américaine, n'a d'ailleurs rien d'un épiphénomène. Car, pour les clubs de LigaMX, les Etats-Unis sont devenus un terrain de chasse privilégié. Ils y installent des académies et profitent aussi des détections organisées depuis 2008 par Alianza futbol, une organisation qui s'adresse, en priorité, aux jeunes footballeurs latinos.
Collaborations et Défis Actuels
Depuis le 7 décembre 2020, l’avocat et homme politique du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), Mikel Arriola Peñalosa est à la tête de La Liga MX. Plus d’une fois, l’actuel patron du football professionnel mexicain a fait part de certaines inquiétudes.
Alors que le Mexique, par son équipe nationale et son championnat, a toujours historiquement dominé la zone de la Confédération de football d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale et des Caraïbes (CONCACAF), la dernière décennie voit les cartes se rabattre en Amérique du Nord : «Je suis inquiet. Le niveau d’investissement de la MLS a augmenté de 600% en 12 ans. Nous, la Liga MX, voulons ce type d’investissement car si nous ne le faisons pas, nous perdrons dans les cinq années suivantes. Le plan principal de la ligue mexicaine est pour augmenter le niveau d’investissement», s’était lamenté l’année dernière Mikel Arriola Peñalosa.
D’un point de vue sportif, Mikel Arriola Peñalosa semble opter pour une ouverture de son championnat avec une vraie proximité avec la MLS. D’ailleurs, depuis son arrivée à la tête de la Liga MX, l’homme politique mexicain de 47 ans n’a jamais réellement perçu le développement américain d’un mauvais œil. Au contraire, il y voit ici un exemple à suivre : «Le développement de MLS, en termes de compétitivité, a été très impressionnant. Les États-Unis investissent dans la jeunesse et ils ont maintenant 220 joueurs en Europe, nous, le Mexique, en avons 35. Un autre objectif de la Leagues Cup est de générer une fenêtre pour que nos joueurs arrivent en Europe. Nous en avons un besoin urgent pour être compétitifs en Coupe du monde avec notre équipe nationale.», avait reconnu le président de la Liga MX.
La CONMEBOL (Confédération sud-américaine de football) et la CONCACAF (Confédération de football de l’Amérique du Nord, centrale et Caraïbes) ont annoncé en début d’année la signature d’un «accord de partenariat stratégique visant à renforcer et à développer le football dans les deux régions». Un rapprochement attendu qui fait suite à l’organisation de la Copa America 2024 aux Etats-Unis avec dix nations de la CONCACAF en invités.
La Liga MX a longtemps été considérée comme un investissement risqué en raison de la corruption présumée, du manque d’accords commerciaux au-delà de l’Amérique du Nord et du déséquilibre financier entre les meilleurs clubs et le reste de la ligue. Mais cela commence à évoluer.
Lutte contre l'Homophobie dans les Stades
Gangrené par des cris à caractères homophobes dans ses enceintes, le Mexique, via sa Fédération de football (FMF), tente d'en finir avec ce problème encré dans les habitudes locales.
"Eeeeh, putoooo!" ("Eeeeh la pute!"): la Fédération mexicaine de football (FMF) prend des mesures radicales pour en finir dans les stades avec ce cri jugé homophobe visant notamment les dégagements du gardien adverse, qui lui a déjà valu plusieurs sanctions de la FIFA.
La "Tri" (la sélection mexicaine) rencontre mercredi le Panama dans un quasi huis-clos d'environ 2 000 personnes, comme contre le Costa Rica dimanche (0-0), au stade Azteca de Mexico (87 000 personnes).
La FMF teste ainsi un dispositif pour facilement repérer et pénaliser les supporteurs homophobes, avec un QR code sur les billets. Les spectateurs doivent désormais réserver leur place en ligne et présenter une pièce d'identité avec leurs billets à l'entrée des stades, avait annoncé la FMF mi-janvier. Des agents de sécurité supplémentaires sont également déployés pour identifier et évacuer les supporters qui commettraient tout acte discriminatoire. La sanction: cinq ans d'interdiction de stade.
Le Mexique avait déjà payé une amende et joué à huis-clos en septembre contre la Jamaïque sur décision de la FIFA. Au total, la FMF a reçu 17 amendes, pour un total de 656 400 dollars.
Il s'inquiète également de l'image du Mexique, co-organisateur du Mondial 2026 avec les Etats-Unis et le Canada.
Autre mesure pour éradiquer l'expression homophobe, la campagne "Grita México" (le cri du Mexique) lancée pour remplacer les hurlements homophobes, qui visent en général chaque dégagement du gardien adverse.
Ce "cri" fait allusion à une épisode célèbre de l'histoire. Chaque 15 septembre, l'ex-colonie espagnole célèbre le lancement de sa guerre d'indépendance au cri de "Viva Mexico" lancé en 1810 contre Madrid par le curé Miguel Hidalgo.
Pénalisé aujourd'hui, le "grito" a eu ses défenseurs dans le passé. L'ex-sélectionneur Miguel Herrera, estime que "ça fait partie du langage familier".
Ce cri-là aussi à une histoire. Au début des années 2000, il aurait été lancé par des supporters d'un des deux clubs de Guadalajara, El Atlas, lors des derbies avec le Chivas, l'autre équipe de la deuxième ville du Mexique.
| Compétition | Nombre de Titres | Années de Victoire |
|---|---|---|
| Coupe des Confédérations | 1 | 1999 |
| Gold Cup | 12 | 1965, 1971, 1977, 1993, 1996, 1998, 2003, 2009, 2011, 2015, 2019, 2025 |
| Jeux Olympiques | 1 | 2012 |
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