Histoire de la Fédération Luxembourgeoise de Football

Le Grand-Duché du Luxembourg a découvert le football en même temps que la Belgique et les Pays-Bas, à la fin du XIXe siècle, mais ne l’a pas développé aussi rapidement que ses voisins. Malgré tout, la fédération luxembourgeoise a été créée en 1908. Elle rejoint la FIFA en 1910 et monte son équipe nationale ce 29 octobre 1911, où elle reçoit l’équipe de France.

La Fédération luxembourgeoise de football est affiliée à la Fédération internationale (Fifa) depuis 1910 et sa sélection nationale a disputé son premier match officiel contre la France en 1911, une rencontre qui s’est soldée par une défaite 4-1.

C’est un événement pour les Luxembourgeois et ils sont plus de 4.000 spectateurs à avoir pris place dans le petit stade du Racing Club, futur stade Achille-Hammerel situé dans le quartier de Bonnevoie-Nord / Verlorenkost.

Le premier match contre la France (1911)

La première rencontre entre la France et le Luxembourg a eu lieu dans le Grand-Duché le 29 octobre 1911. L’équipe de France n’est pas fâchée d’être opposée à une formation potentiellement plus faible. Car il s’agit de mettre fin à une terrible série de quinze rencontres sans la moindre victoire.

Pour la rencontre à Luxembourg, l’équipe de France doit faire face à plusieurs forfaits, ce qui la contraint à sélectionner cinq nouveaux : Pierre Chayriguès, jeune gardien du Red Star (19 ans), Maurice Bigué, défenseur du CA Paris (25 ans), Paul Romano, défenseur de l’Étoile des Deux Lacs (28 ans), Henri Viallemonteil, attaquant du CA Paris (19 ans) et l’attaquant Félix Vial qui, à 17 ans, 2 mois et 15 jours, devient le plus jeune joueur de l’histoire de l’équipe de France.

Les joueurs de l’équipe de France entrent sur la pelouse sur l’air de la Marseillaise jouée par une fanfare, celle de l’harmonie de la Faïencerie de Septfontaines. L’équipe luxembourgeoise est composée des joueurs des trois plus grands clubs du pays : le Racing, le Sporting et l’Union Sportive Hollerich.

Dès le coup d’envoi, les Luxembourgeois s’emparent du ballon et dominent une équipe française aux abois, si bien qu’à la fin du premier quart d’heure, Emile Kuborn ouvre le score. L’attaquant du Racing Luxembourg devient ainsi le premier buteur de l’histoire de la sélection du Grand-Duché.

Après un premier but refusé pour hors-jeu, la France parvient à égaliser à la 26e minute par le débutant Henri Vialmonteil. Le jeu n’en reste pas moins très équilibré. Les Luxembourgeois se créent plusieurs occasions mais Pierre Chayrigues fait bonne garde et le score reste à 2-1 à la pause.

En seconde période, les joueurs du Grand-Duché accusent la fatigue et provoquent beaucoup de fautes. Il faut toutefois attendre la 80e minute pour voir Louis Mesnier inscrire le troisième but français sur penalty, son deuxième de l’après-midi. Cinq minutes plus tard, Ernest Gravier inscrit un quatrième but qui scelle définitivement la victoire des Français (4-1). C’est la première fois de son histoire que l’équipe de France inscrit quatre buts au cours d’une rencontre.

Cette victoire a le mérite de mettre fin à une longue période de vaches maigres. Les résultats suivants démontreront que l’équipe de France est sur la voie du progrès. Le gardien Pierre Chayrigues signe un long bail avec les Tricolores et Henri Vialmonteil, auteur du premier but, a également donné satisfaction. En revanche, les trois autres nouveaux (Bigué, Romano et Vial) semblent avoir déçu puisque l’envoyé spécial de l’auto écrit que “l’équipe de France a bien joué , sauf les arrières et l’extrême-gauche”. Si les deux premiers seront toutefois rappelés, le jeune Félix Vial ne reviendra plus.

Quant au Luxembourg, cette défaite initiale lui permet de mesurer déjà son retard sur ses voisins. La sélection du Grand-Duché ne jouera que deux autres matchs avant la guerre, les deux fois contre la France. En avril 1913 à Saint-Ouen, les Luxembourgeois encaisseront un terrible 8-0, historiquement le premier score-fleuve de l’histoire en faveur des Tricolores. Mais en février 1914, c’est la sélection française, diminuée par de nombreux forfaits, qui sera battue , à Luxembourg, sur le score de 5-4 avec quatre buts de Jean Massard.

Parcours et Faits Marquants

  • Participations : En 18 confrontations avec leurs voisins français, les Luxembourgeois ne se sont imposés qu’une seule fois… en 1914.
  • Tournois Majeurs : Le Luxembourg n’a jamais participé à une phase finale du championnat d’Europe ou de la Coupe du monde.
  • Euro 1964 : Le principal fait d’armes de ses représentants est un quart de finale à l’Euro 1964, une édition durant laquelle ils étaient qualifiés directement pour les huitièmes de finale sans passer par la phase préliminaire.
  • Classement FIFA : L’équipe nationale du Luxembourg est actuellement 87e au classement établi par la Fifa, alors qu’elle pointait au 147e rang en mai 2017.

L'Ère Luc Holtz

Dirigée depuis 14 ans par Luc Holtz, la sélection a terminé 3e de son groupe des qualifications pour l’Euro 2024, dominé par le Portugal qui lui a infligé deux lourdes défaites (6-0 et 9-0). En quatorze ans sous la houlette du sélectionneur Luc Holtz, les « Lions rouges » du Luxembourg ont fait des progrès assez notables.

Devenu sélectionneur en août 2010, celui qui a été formé à Montceau-les-Mines a débuté par une nouvelle correction au pays de Galles en août 2010 (1-5). Mais en presque quatorze ans de mandat, le sélectionneur européen en poste depuis le plus longtemps n'a cessé de faire progresser les « Lions rouges », qui ont disputé 132 matches sous sa direction, pour 32 victoires, 25 nuls et 75 défaites.

Les Bleus se souviennent encore de ces progrès. À Toulouse, le 3 septembre 2017, les joueurs de Didier Deschamps avaient concédé un piètre nul (0-0) en éliminatoires de la Coupe du monde 2018.

« Quand j'ai débuté en juin 2013 face à l'Azerbaïdjan (1-1), on n'était que quatre professionnels avec Mario Mutsch (FC Saint-Gall), Chris Philipps (FC Metz), et Aurélien Joachim (Willem II), se remémore Maxime Chanot, alors au Beerschot Anvers. Le reste était semi-pro ou amateur au Luxembourg. Maintenant, tous les internationaux jouent quasiment en L1 dans des pays étrangers. Le rapport s'est inversé. La fédération a remarquablement travaillé en créant un centre national à Mondercange qui sort des jeunes qui vont ensuite dans des centres de formation, souvent en Allemagne. Notre sélectionneur est pour beaucoup dans notre progression. Il a vite lancé des jeunes en prenant des risques mais les a faits murir pour imprimer des cycles vertueux, une belle philosophie et un vrai style de jeu en 4-2-3-1. »

Lors de la dernière campagne pour l'Euro 2024, le Luxembourg a terminé 3e du groupe J (17 points, un total historique) en jouant la qualification jusqu'au bout face à la Slovaquie pour un deuxième ticket derrière l'intouchable Portugal, qui les avait encore corrigés par deux fois (6-0 et 9-0). Ils avaient ensuite échoué en demi-finales de play-offs de la Ligue des nations en Géorgie en mars (0-2). Pour un pays de 600 000 habitants et près de 40 000 licenciés, les Lions n'ont pas à rougir.

Louis Pilot : Une Légende du Football Luxembourgeois

En novembre 2003, pour célébrer le cinquantenaire de l'UEFA, la Fédération luxembourgeoise de football a décidé d'élire Louis Pilot comme le plus grand joueur de son pays des 50 dernières années.

L'ancien international et désormais président de la FLF, Paul Philipp, se souvient "d'un grand ami, mais aussi d'un tout grand joueur. C'est lui qui m'a guidé en Belgique. Il m'a appris la vie sur le terrain mais aussi en dehors. C'était un gentleman. Quelqu'un qui ne jouait jamais la vedette. D'ailleurs, il avait horreur de voir un joueur se prendre pour une star."

Paul Philipp parle également de la mentalité du joueur en dehors du terrain. Un engagement que l'on retrouvait aussi dans ses gènes de footballeur. Milieu défensif au Standard, Pilot passait en défense en sélection. "Et là, il ne faisait jamais de cadeau. Il faut se souvenir que le Standard était à cette époque une grande équipe en Europe. Je me rappelle d'un but de sa part au Real en Coupe d'Europe.

Né le 11 novembre 1940 à Esch-sur-Alzette, le jeune bambin est vite attiré par le football. Il débute sa carrière dans le club de sa ville natale, le CS Fola Esch, où il intègre très tôt l'équipe première. Mais c'est en Belgique que le solide milieu défensif fait son trou. Il signe au Standard de Liège à l'âge de 20 ans et dispute onze saisons en bord de Meuse. Avec le club liégeois, il participe à 337 rencontres et décroche quatre titres de champion de Belgique ainsi que deux coupes de Belgique avant de rejoindre le Royal Antwerp pour trois saisons.

Il a notamment participé à l'épopée de l'Euro 1964 qui avait vu le Luxembourg atteindre les quarts de finale de la compétition, éliminant au passage les Pays-Bas. Il prendra sa retraite professionnelle en 1978. Détail remarquable de sa carrière, il n'a jamais reçu de carton jaune ni de carton rouge.

À peine ses crampons rangés, Louis est devenu entraîneur. D’abord à la tête de l’équipe nationale du Luxembourg de 1978 à 1984 avant d’entraîner le Standard durant une saison (1984-1985). Il dirige ensuite Ettelbruck et Beggen avant de se retirer définitivement de la scène. Il suit toujours très attentivement le football au pays à défaut de se rendre souvent au stade.

Saison Division Nationale Commentaire
2021-2022 107ème Première place offre une entrée en Ligue des Champions, les seconds et troisièmes vont en Ligue Europa Conférence.
2022-2023 108ème Première place offre une entrée en Ligue des Champions, les seconds et troisièmes vont en Ligue Europa Conférence.
2023-2024 109ème Première place offre une entrée en Ligue des Champions, les seconds et troisièmes vont en Ligue Europa Conférence.
2024-2025 110ème Première place offre une entrée en Ligue des Champions, les seconds et troisièmes vont en Ligue Europa Conférence.
2025-2026 111ème Première place offre une entrée en Ligue des Champions, les seconds et troisièmes vont en Ligue Europa Conférence.

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