Histoire de la Fédération Libanaise de Football

Le Liban, pays de contrastes, est un territoire sur lequel le sort semble s'acharner. Malgré les guerres civiles, la corruption généralisée, une explosion dévastatrice et une inflation galopante, Beyrouth continue de se battre. Même dans les pires moments, les Libanais croient toujours en demain.

Le Moyen-Orient, berceau du monothéisme, a vu défiler dans sa longue histoire prophètes et charlatans, fois ardentes et hérésies, conciles et inquisitions pour finalement s'éparpiller en une myriade de cultes si proches et pourtant si lointains les uns des autres. À l'époque des empires romains d'Orient et d'Occident, le christianisme régnait sur le Levant, l'Arabie, la Mésopotamie et l'Afrique du Nord. L'apparition et l'expansion de l'islam bouleversa la face de la région et rebattra les cartes.

Désormais, les chrétiens étaient minoritaires, vivant tantôt en harmonie, tantôt en conflit avec leurs voisins musulmans. À l'orée du XXe siècle, la carte du monde arabo-musulman avait bien changé. Désormais, les chrétiens autochtones n'étaient plus implantés qu'en Turquie, en Égypte, en Syrie (la Grande Syrie de l'époque, comprenant les actuels Liban, la Jordanie, Israël, la Palestine et la Syrie), l'Iraq et l'Iran. Agissant souvent en tant qu'intermédiaires entre les pays occidentaux autoproclamés protecteurs et leur patrie, ils accueillaient souvent les progrès et les nouveautés de l’Europe avec avidité.

Dès lors, lorsque les marins britanniques apparurent et s’amusèrent à se passer un ballon avec les pieds, ils s'enthousiasmèrent rapidement pour ce jeu tandis que les autorités musulmanes regardaient cette nouvelle importation anglaise d'un mauvais œil. Ainsi, les premiers clubs de l'Empire ottoman étaient composés de joueurs arméniens, juifs, grecs, français ou italiens, les Turcs étant interdits de pratique. Petit à petit, clubs et associations autochtones voient le jour et commencent à captiver aussi les citoyens musulmans.

L'après-Première Guerre Mondiale et l'onde de choc qui suivit les décisions internationales (fin et démembrement de l'Empire ottoman, accord Sykes-Picot, partage des pays arabes entre la France et l'Angleterre, Iran passant sous joug britannique) redessinèrent la carte des communautés et des influences culturelles. Ainsi, au Liban, les premiers clubs sont majoritairement constitués de chrétiens, tant dans l'équipe que dans les gradins (Al-Nahda créé et supporté par les orthodoxes, American University of Beyrouth, émanation du prestigieux établissement fondé en 1866, Al-Sikka ou encore les équipes arméniennes). Mais le Liban est un pays à part où les chrétiens ont toujours joué un rôle majeur et ne sont pas une minorité esseulée. Il y a d’ailleurs dix-neuf communautés au Liban, dont onze chrétiennes ! Un melting-pot et une richesse couplée à un équilibre fragile fait de la nation libanaise, un élément à part dans le monde arabe.

La Fédération Libanaise de Football, comme beaucoup d'autres organisations sportives du pays, souffre de beaucoup de problèmes d'organisation. Les politiques sont constitutifs du ballon rond au Liban. Les financements que des dirigeants de club le font à titre personnel. Et même les coachs travaillent à côté. Le sport n'est pas noble, pas valorisé. Le football n'est pas un moyen de devenir riche, il reste un but en lui-même.

Nadim Afiouni résume : « On se focalise sur l'équipe nationale A et on oublie ce qu'il y a derrière. » Il déplore un manque de politique technique. Le gouvernement doit aussi jouer un grand rôle et s'impliquer. Le football doit devenir une préoccupation du pays tout entier.

Autrefois terrain de renom accueillant certains des meilleurs sportifs de la planète, le plus grand stade de football au Liban est aujourd'hui un site négligé et désuet, utilisé parfois pour entreposer des denrées alimentaires dans ce pays en plein effondrement. Des chiens errent autour du stade tandis qu'à l'intérieur, des plafonds sont effondrés et des murs fissurés par des dégâts d'eau, selon un journaliste de l'AFP.

Réaménagé après la fin de la guerre civile (1975-1990) avant d'être endommagé par l'explosion gigantesque l'an dernier au port de Beyrouth, le stade n'est qu'un des nombreux sites tombés en désuétude dans un Liban en proie à une crise économique historique causée par des décennies de mauvaise gestion et de corruption.

Les terrains sont si mal en point que l'équipe nationale a été contrainte de se rendre à l'étranger pour les qualifications de la Coupe du monde 2022. Le Liban jouera ainsi mardi contre la Syrie sur un terrain dans la capitale jordanienne.

Construite en 1957 et nommée d'après le deuxième président du Liban, la Cité sportive Camille Chamoun à Beyrouth a connu une brève période de gloire avant d'être détruite par les forces israéliennes durant la guerre. Après sa réhabilitation, le site a accueilli les Jeux panarabes de 1997, la Coupe d'Asie de football de 2000 et les Jeux de la francophonie en 2009.

En 2017, le joueur brésilien Ronaldinho faisait partie de plusieurs stars internationales à fouler sa pelouse dans un match opposant les équipes légendaires du Real Madrid et de Barcelone.

L'été dernier, le stade a été endommagé par l'explosion du port, largement imputée à la négligence de la classe dirigeante. "Le terrain sportif a été endommagé dans l'explosion (...) Nous devions trouver un terrain alternatif", affirme le président de la Fédération libanaise de football, Hachem Haidar. Le choix est tombé sur la ville de Saida, à quelques 40 kilomètres au sud de Beyrouth, dont le terrain nécessitait toutefois des travaux de réhabilitation.

Comme d'autres terrains du pays peu ou pas entretenus par l'Etat, il s'est progressivement détérioré au fil des ans. En visite au Liban en 2018, l'entraîneur de l'équipe de Corée du Sud de football de l'époque, l'allemand Uli Stielike, avait été choqué. "Vous appelez ça un terrain de football ?" aurait-il ironisé.

L'entraîneur monténégrin de l'équipe du Liban de 2015 à 2019, Miodrag Radulovic, a aussi déploré un jour l'état du stade municipal de Beyrouth, proche de la Cité sportive. "C'est une honte de jouer sur de tels terrains", aurait-il lancé. Quant au stade de Bourj Hammoud, également à Beyrouth, il ne convient même plus aux amateurs.

Pour éviter le coût d'entretien élevé des pelouses naturelles, les responsables des terrains de football libanais y ont installé du gazon artificiel. Mais cela affecte la santé et la performance des joueurs, selon le capitaine de l'équipe nationale Hassan Maatouk, et "raccourcit la carrière d'un joueur".

Pour Riyad al-Cheikha, directeur de l'établissement public des sites sportifs, de jeunesse et de scoutisme, les terrains du pays ne sont pas convenablement entretenus depuis des années. "Les priorités du gouvernement sont ailleurs, dans d'autres secteurs", dit-il à l'AFP. "Le budget que nous obtenons est infime, il ne suffit même pas à couvrir le strict minimum", ajoute-t-il.

L'abandon des sites sportifs du pays découle enfin et surtout d'une corruption et d'un gaspillage endémique ayant gangrené tous les secteurs de l'Etat, de l'aveu même des membres de partis politiques au pouvoir.

Malgré cette situation difficile, le football libanais survit grâce aux talents et à l'amour du football. Pour que le Liban devienne un des grands pays de football, il faut de la patience. Un tel travail prend des années, le gouvernement doit s'y impliquer et le football doit devenir une préoccupation du pays tout entier.

Le Liban a régulièrement participé à la Coupe Arabe, avant tout pour le plaisir d'être présents et de faire partie de ce Monde arabe.

L'équipe nationale a bien besoin de signer de joueurs étrangers. Autrefois terrain de renom accueillant certains des meilleurs sportifs de la planète.

Le 12 Janvier 1997 à Beyrouth en amical, 2-2 score final à Tripoli.

Le Liban continue de progresser et la nation, avançant ensemble, atteindra ses objectifs.

Libye : Un footballeur libyen brille au Liban

Tableau des principaux stades de football au Liban :

Nom du StadeVilleÉtat Actuel
Cité Sportive Camille ChamounBeyrouthNégligé et désuet
Stade Municipal de BeyrouthBeyrouthEn mauvais état
Stade de Bourj HammoudBeyrouthNe convient plus aux amateurs
Stade de SaidaSaidaProgressivement détérioré

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