La Fédération anglaise de rugby, connue sous le nom de Rugby Football Union (RFU), est l’organe directeur du rugby à XV en Angleterre.

Fin de l'été 2010, à quelques kilomètres à l’ouest de Londres, dans l’ombre du mastodonte Twickenham, le petit Twickenham Stoop s’est paré de ses plus beaux habits pour accueillir la finale de la sixième Coupe du monde féminine de rugby. Onze ans plus tard, les joueuses qualifiées pour la finale de la 10e édition de la compétition auront droit, fin septembre, aux honneurs du grand Twickenham, déjà attendu à guichets fermés. Le témoignage de l’évolution du rugby féminin en 15 ans dans le monde, et particulièrement en Angleterre, devenue épicentre de la discipline.
"L’Angleterre n’a pas l’histoire la plus longue dans le rugby féminin, mais c’est le pays le plus professionnel, et avec la plus longue histoire de rugby féminin professionnel", pose le docteur Lydia Furse, historienne du rugby féminin, assistant manager au musée du rugby de Nouvelle-Zélande et ancienne responsable de l’éducation au musée de World Rugby à Twickenham. Mais depuis quinze ans, le rugby féminin a pris une place beaucoup plus importante en Angleterre, qui s’est démarquée et a pris de l’avance en investissant dans la discipline.
Professionnalisation du Rugby Féminin en Angleterre
En 2014, comme quelques autres pays, la Fédération anglaise de rugby (RFU) a établi les premiers contrats professionnels, d’abord réservés aux joueuses à 7. Le docteur Lydia Furse date, elle, le point de bascule à partir de 2019 : "On peut considérer cette période comme un marqueur dans la professionnalisation du sport et dans l’histoire du rugby féminin anglais. Mais les investissements se sont également tournés vers le championnat, professionnel depuis 2016, et les clubs.

Dans ce contexte, la PWR est devenue la ligue de premier plan dans le rugby féminin. "C'est le championnat le plus compétitif, les standards de rugby dans les matchs à plus haut niveau sont souvent meilleurs que lors des matchs internationaux, selon les joueuses. C’est le championnat dans lequel tout le monde veut jouer", assure Claire Thomas, commentatrice de la compétition.
"L'Angleterre a une ligue professionnelle. En PWR, presque toutes les joueuses ont un contrat avec leur club, et peuvent ainsi se consacrer à leur carrière sur le pré. "Toutes les joueuses sont sous contrat, même si près des trois quarts ne vivent pas que de ça, mais le contrat professionnel est là [...]. De quoi créer un environnement favorable pour la performance et la concurrence.
"C'est un modèle où clairement, tout est fait pour la performance des filles. Déjà, il y a beaucoup plus d'heures d'entraînement, le contact avec un coach ou avec l'équipe est presque quotidien. De la récupération à l'analyse vidéo, la stratégie, la vision pour le club, les préparateurs physiques, les GPS, tout est énormément suivi. La data rentre beaucoup en jeu", note Lénaïg Corson.
Impact des Investissements sur les Résultats
Ces investissements à tous les niveaux ont forcément nourri le talent et les résultats de la sélection, devenue la meilleure au monde. Les Red Roses restent sur une série de 27 victoires, et n’ont plus perdu depuis la finale du dernier Mondial en 2022, face aux Black Ferns. La progression s'est aussi faite en dehors du terrain, dans l'intérêt et l'attention autour de la discipline, dans un pays où le rugby est un sport populaire, mais "pas le sport numéro 1", selon le docteur Lydia Furse. Depuis 2016, les Red Roses ont leur propre nom et leur propre identité, détachée du XV de la Rose masculin. Jusqu’à en faire un système précurseur et un modèle pour de nombreux pays, un "étalon en Europe" selon Bernard Chubilleau.
"Évidemment que tout le monde veut faire comme l'Angleterre", abonde Lénaïg Corson. "Mais c'est un modèle qui a été établi, qui a été long à mettre en place, où il y a eu une vraie vision. Scruté avec attention dans le reste du monde, le modèle anglais doit désormais permettre aux Red Roses de reconquérir une couronne qui leur échappe depuis plus de dix ans maintenant.

La célébration des Anglaises après leur victoire finale dans le Tournoi des six nations, à Twickenham (Londres), le 26 avril 2025.
Réformes et Défis Financiers de la Premiership
La Fédération anglaise de rugby (RFU) a annoncé que la Premiership allait devenir un Championnat de franchises, sans système de promotion-relégation. Le Championnat anglais devait également passer de 10 à 12 équipes en 2029 (en fonction de l'état du rugby anglais à ce moment-là). Il était déjà composé de 12 équipes par le passé, avant la faillite de plusieurs clubs (Wasps, London Irish, Worcester) lors de la saison 2022-2023.
Actuellement, les clubs de Deuxième Division peuvent techniquement monter dans l'élite en terminant premier puis en remportant un match de barrage face au dernier de Premiership. Mais cette éventualité a systématiquement été compromise en raison de critères économiques et logistiques comme la capacité des stades. C'est pourquoi les Ealing Trailfinders ont régulièrement remporté le Championnat sans pour autant être promus.
Mais ce fonctionnement prendra fin après cette saison, pour être remplacé par un « système d'intégration et de rétrogradation » basé sur des critères notamment économiques. Les clubs candidats devront avoir passé au moins une saison en Deuxième Division. La dernière équipe reléguée de Premiership est celle des Saracens en 2020, lorsqu'ils avaient été pénalisés administrativement pour avoir fraudé le salary-cap.
Pour jouer en première division, les clubs devront désormais respecter des obligations en matière de stabilité financière, d'infrastructures et de résultats. Le potentiel de croissance géographique, la contribution au rugby féminin et l'impact sur la communauté du rugby seront aussi évalués par un comité indépendant nouvellement créé : l'Expansion Review Group (ERG), en charge d'évaluer la solidité du Championnat.
Ces changements, entérinés à une large majorité par l'instance de gouvernance de la RFU, sont le fruit de mois de travail entre les parties prenantes pour réformer un Championnat financièrement fragile. Selon un rapport en novembre, le déficit combiné des dix équipes de la Premiership avait atteint 34 millions de livres sterling (39 millions d'euros) pour la saison 2023-2024.
« Nous reconnaissons que l'abandon du système traditionnel de promotion et de relégation automatiques constitue un changement important, a déclaré le directeur général de la RFU Bill Sweeney. Cependant, il est tout aussi évident que le rugby professionnel doit évoluer pour pouvoir prospérer. »
Dans un précédant article, nous illustrions le manque de financement et de régulation du rugby professionnel anglais.
L'apport du Big Data et de l'Analyse Prédictive
Paris - 05 févr. 2013:A la veille du tournoi des 6 Nations, la fédération anglaise de rugby à XV (RFU) et IBM ont annoncé un accord stratégique de cinq ans durant lesquels IBM mettra en œuvre une solution analytique. Pour ce faire, le logiciel d'analyse prédictive d'IBM étudiera les données rugbystiques historiques et actuelles afin de fournir, en temps réel, de précieuses statistiques sur le jeu. L'IBM TryTracker fournira les « Clés du Match», des informations accessibles aux téléspectateurs, qui augmenteront leur compréhension des actions des joueurs. Elles permettront également aux supporteurs de comprendre ce qui doit être fait par leur équipe pour augmenter leur probabilité de gagner le match.
En effet, avant chaque match, l'IBM TryTracker mènera une analyse de l'historique des matchs que les adversaires ont joué l'un contre l'autre. Ces points clés déterminant du match sont issus de l'analyse de toutes les actions de chaque joueur. Ce processus permet de déterminer les trois joueurs ayant le plus grand impact positif sur les performances globales de leur équipe.
Grâce à cette technologie, similaire à celle utilisée lors des tournois de tennis mondiaux que sont Roland Garros, Wimbledon, l'Open d'Australie et l'US Open, IBM exploite la puissance de l'analyse prédictive afin d'offrir des informations concernant des facteurs impactant la performance, les blessures sportives, les éléments clés du jeu entre autres.
Le sport est souvent considéré comme une métaphore de la vie. Mais le Big Data ayant une incidence sur de nombreux aspects du sport, il ne serait pas exagéré de suggérer qu'il devient une métaphore pour les affaires. Le Big Data appliqué au sport permet de découvrir de nouvelles informations afin d'améliorer le jeu. Les équipes qui utilisent aussi le Big Data que l'analytique ont clairement un ascendant sur leurs adversaires.
En plus des analyses de l'IBM TryTracker, ce partenariat prévoit également la mise en œuvre d'une solution de gestion des relations clients (CRM) pour la RFU. À l'aide d'IBM Analytics la RFU sera à même de mieux comprendre les informations relatives aux fans de rugby, leurs besoins et leurs préférences.
« Nous sommes enchantés de collaborer avec une entreprise du calibre d'IBM. Ce nouveau partenariat permettra à la RFU de donner aux fans encore plus d'informations et d'éléments de compréhension sur ce qui se passe sur le terrain et pourquoi cela se passe ainsi. Cela nous permettra de rester à l'avant-garde des nouvelles technologies pour améliorer l'expérience globale des supporters.
« Dans le sport comme dans l'entreprise, les données changent la donne, » a déclaré Martin Guillaume, Responsable Médias et Sports pour IBM Global Business Services UK et Irlande. « IBM mène de nouvelles expériences consommateurs avec des technologies analytiques en temps réel. En faisant cela, nous proposons une nouvelle façon d'apprécier le jeu. L'IBM TryTracker est compatible avec tous les mobiles et toutes les tablettes. Les trois "Clés du Match" seront publiées tous les jeudis précédant le week-end durant lequel se déroulera le match du Tournoi des 6 Nations. Le tournoi des 6 Nations aura lieu du 2 février au 16 mars 2013. La France, l'Angleterre, le Pays de Galles, l'Ecosse, l'Irlande et l'Italie y participeront.
Observatoire du Jeu : Rugby Féminin
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