Depuis le début de la saison de football en France, le spectacle désolant venant des tribunes a trop souvent supplanté celui proposé sur le terrain. En effet, les incidents se multiplient dans les stades de Ligue 1 depuis la reprise du championnat, et les sanctions infligées semblent pour le moment inefficaces.

Jets de projectiles sur les joueurs, violences entre supporteurs, envahissements de terrain… La roue tourne, hier les journaux anglais - comme d’ailleurs l’ensemble de la presse européenne - n’ont pas manqué de tirer à boulets rouges sur les dérives du foot français.
Violences et débordements dans les stades
Un nouvel envahissement de terrain pour la Ligue 1 s'est produit lors de la rencontre entre Angers et Marseille au stade Raymond-Kopa. Le match s’était déroulé sans animosité entre supporteurs, mais la situation a fini par dégénérer. Cet incident est survenu peu de temps après celui qui s’est produit lors du match Lens-Lille au stade Bollaert-Delelis, le 18 septembre. Ces nouveaux incidents, après ceux constatés à Montpellier le 8 août et à Nice le 22 août, viennent gâcher la fête et le retour des supporteurs dans les stades après dix-huit mois de privation pour cause de Covid-19.
De quoi faire réagir Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’éducation nationale, de la jeunesse et des sports : « Il faut être ferme. Ce sont des gens qui abîment l’image du sport, qui renversent ce que le sport doit être, à savoir la fraternité entre les citoyens. »
Le "Plan Leproux" : Une tentative de pacification au PSG
Gangrené par ses ultras, voilà onze ans le club parisien les chassait du Parc des Princes. Le club parisien, plombé par des années d’indulgence, d’errance et parfois de compromission avec les plus ultras de ses fans, en 2010, lui doit ainsi son salut après des saisons d’affrontements à répétition. Jusqu’à la mort de trop, celle de Yann Lorence, lynché au mois de février par d’autres du même camp aux abords du Parc des Princes.
Au printemps suivant, Robin Leproux eut donc un plan : nettoyer le club de l’intérieur. Déjà interdit de tout déplacement par arrêté préfectoral, le public parisien sera alors frappé en interne par la dissolution des associations de supporters, la fin des abonnements et l’instauration du placement aléatoire. Injuste punition collective, grondera en substance une partie d’entre eux, avant que la pacification réussie du stade n’emporte finalement l’adhésion quasi générale.
Entrée l’année suivante dans l’ère qatarienne, le PSG desserra en grande partie l’étau en 2017, sans que le Parc des Princes ne replonge en enfer. Subsiste encore de ce plan une tribune réservée aux familles, la billetterie nominative ou encore la séparation des tribunes haute et basse dans les virages.
L'exemple anglais : Une révolution contre le hooliganisme
En la matière, les Parisiens d’ailleurs n’ont rien inventé. Royaume du hooliganisme s’il en est, l’Angleterre avait su faire avant les autres sa révolution. Passé la Coupe du monde 1998 où des supporters britanniques s’étaient encore tristement illustrés, le « Football Discorder Act », paracheva l’œuvre entamée bien des années plus tôt après le drame de Sheffield (1). Un texte prévoyant notamment jusqu’à dix années de prison pour une action violente commise dans l’enceinte d’un stade.
Au cours de cette mutation, qui aura duré plus d’une décennie, les clubs de Premier League auront ainsi joué un rôle essentiel, reprenant au passage le contrôle de leurs gradins historiquement tenus par les supporters.
Violences dans le football amateur
La saison 2024-2025 a été marquée par une recrudescence des violences sur les terrains de football amateur en Haute-Garonne. « C’est une saison noire », tranchait Mathieu Herengt, président de la commission éthique du district, cet été. « On a mis en place des actions de sensibilisation, mais les règlements ne sont plus adaptés. Les sanctions sont trop légères face à la montée de la violence », assurait-il.
En Essonne, la saison 2023-2024 de foot amateur a été marquée par une litanie de faits de violence. Rixes à coups de marteau, joueur agressé par un spectateur, minibus de l’équipe adverse attaqué… Jamais une année n’avait autant préoccupé les instances et pouvoirs publics.
Un joueur de Saint-Gilles a agressé un arbitre en plein match contre Bagnols-Pont en janvier dernier, en championnat de Régional 3. Deux coups de tête et un coup de poing. À l’origine du mal, un banal fait de jeu. À la suite d’un tacle d’un Bagnolais, un Saint-Gillois s’écroule. "Jouez !", indique le directeur de jeu. C’est là que tout dégénère. Celui-ci tente de sortir un carton rouge. Il reçoit alors un premier coup de tête, puis un second, plus violent, après la notification de l’expulsion.
M. l’arbitre a déposé plainte auprès de la gendarmerie, qui avait d’ailleurs été appelée sur place pour sécuriser les lieux après l’arrêt du match. Un match perdu par pénalité (- 1 point) par l’AEC, assorti d’un retrait de 3 autres points au classement de R3.
L'importance de la sensibilisation et de l'éducation
Quand il s'agit d'arbitrage, les mots se transforment parfois en violences physiques. Rachid Chebli en a fait les frais il y a quelques années. Frappé, il a pensé à arrêter. Mais aujourd'hui, il se sert de cette expérience pour sensibiliser les clubs. Après avoir été agressé, l’idée d’abandonner le sifflet lui a traversé l’esprit de nombreuses fois. Mais le terrain lui aurait trop manqué. Alors Rachid Chebli, après une petite pause, a décidé de prendre le problème à la racine.
Aujourd’hui, il va à la rencontre des clubs pour sensibiliser les joueurs et les staffs autour du rôle d’arbitre. Rapidement, les joueurs se prêtent au jeu et évoquent des expériences vécues tous les week-ends. "Le but de l'arbitre, c'est qu'on le voit le moins possible. Et tous n'ont pas cette vision malheureusement", lance Arthur. Alors Rachid décide simplement d’inverser les rôles. Même s’il y a des rires, la démarche est prise au sérieux.
Avant de simuler un match pour que certains joueurs puissent se mettre à la place de l'arbitre, le message semble être passé auprès des joueurs. Gaëtan Lepel, le coach ajoute: "D'avoir un arbitre qui vient sentir le jeu, je pense que ça change les choses."
Voici un tableau récapitulatif des principaux incidents et mesures prises :
| Type d'incident | Exemple | Mesures prises |
|---|---|---|
| Violences entre supporters | Affrontements lors de Angers-Marseille | Sanctions sportives, interdictions de stade |
| Agressions envers arbitres | Coup de tête à un arbitre lors de Saint-Gilles vs Bagnols-Pont | Plainte à la gendarmerie, sensibilisation des clubs |
| Envahissements de terrain | Lens-Lille | Sanctions sportives |
| Hooliganisme | Dérives en Ligue 1 | Plan Leproux (dissolution des associations de supporters, etc.) |
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Cambriolages de joueurs de football
Les cambriolages chez les joueurs professionnels de football sont en hausse. En 2021, 22 joueurs en ont été victimes en France contre 13 en 2020, selon les informations de franceinfo ce jeudi. Un chiffre dévoilé par le service d'information, de renseignement et d'analyse stratégique sur la criminalité organisée (Sirasco), et qu'a pu consulter franceinfo.

En mars 2021, c'est le joueur du PSG Angel Di Maria qui a été victime d'un violent cambriolage à son domicile de Neuilly-sur-Seine alors qu'il jouait face à Nantes. Les cambrioleurs étaient partis avec un butin, montres et bijoux, avoisinant les 500.000 euros. C'était alors le troisième cambriolage de l'année contre un joueur du PSG, après celui chez le gardien Sergio Rico et l'attaquant Mauro Icardi, qui s'était fait dérober 400.000 euros d'affaires.
Début décembre 2021, c'est le domicile de l'attaquant du LOSC Jonathan Ikoné qui a été visé, dans la banlieue de Lille. Le préjudice avait été estimé à 250.000 euros, avec notamment la disparition de montres de luxe. Quelques semaines plus tard, le joueur de la Berrichonne Football Nolan Roux est lui aussi victime d'un cambriolage de grande ampleur à Châteauroux. L'attaquant s'en rend compte lorsqu'il rentre de vacances. Il constate le vol de vêtements, chaussures, bijoux, matériel hi-fi, pour un préjudice estimé à 100.000 euros.
Un mode opératoire précis
Selon le commissaire William Hippert, chef du Sirasco, "Il y a de plus en plus d'équipes de malfaiteurs, bien organisées, qui utilisent un mode opératoire précis". Les voleurs arrivent à obtenir des informations privées, comme l'adresse du domicile du joueur ou sa position géographique. "Il faut être bien informé sur la présence du joueur ou non. Parfois, les malfaiteurs vont jusqu'à approcher l'entourage proche des joueurs, familial ou amical, pour obtenir des informations. Ils se rendent également sur leurs réseaux sociaux." détaille William Hippert.
Ce sont principalement des objets de luxe, comme des bijoux, des montres, de la maroquinerie ou même des espèces qui sont principalement ciblées, explique le commissaire.