À 38 ans, Fabien Causeur a officiellement pris sa retraite le mardi 13 janvier 2026. Double vainqueur de l’Euroligue et champion de France avec Cholet Basket en 2010, le Brestois occupe une place de choix dans le panthéon du basket français.

Fabien Causeur lors de la victoire du Real Madrid en Euroligue en 2023 (Source: basket-europe.com)
Une Décision Mûrement Réfléchie
C’est un Fabien Causeur particulièrement détendu qui décroche son téléphone, presque une semaine après l’annonce officielle de sa retraite sportive. Il renvoie l’impression de simplement profiter des nombreux temps forts et moments d’extase que le basket lui a procurés.
« Ça va, j’ai eu le temps de m’y faire. Pour tout vous dire, j’avais presque la flemme de l’annoncer (rires). Avec tout ce qu’il y a à gérer, et parce qu’on n’est jamais sûr de rien… C’est quand même la plus grande page de ma vie qui se tourne. »
La décision était prise depuis fin octobre, au moment où il a inscrit ses enfants à l’école à Madrid. « Si cet été, on avait trouvé quelque chose de très bien, on y serait allé sans souci. Mais je ne voulais surtout pas sacrifier ma famille, juste pour faire un an de plus. Donc ça a été assez rapide à prendre comme décision. »
Absence en Équipe de France : Un Choix Difficile
Fabien Causeur est revenu sur son absence en équipe de France. « Ces deux derniers mois, avant chaque match, je devais faire une piqûre anti-inflammatoire. Et malgré la piqûre, ça continuait à me gêner énormément pendant les matchs. C'est une blessure qui traîne... C'est ce que j'ai dit à Vincent Collet. J'aurais pu venir et jouer encore sous infiltrations. Mais ça pouvait « péter » à tout moment. Et si ça pète, comme lorsque j'étais à Cholet, derrière c'est une absence de 5 mois... J'avoue, c'est un choix personnel. Je pense à moi. Mais c'est presque un choix par défaut. Je n'ai jamais refusé l'équipe de France avant. »
Il ajoute : « Le break va me faire du bien, tant au niveau de mon pied qu'au niveau mental. Je sais très bien qu'en équipe de France je vais progresser à l'entrainement et que je vais jouer des rencontres importantes. Après il faut se dire que je n'ai pas un rôle aussi important que d'autres... »
Causeur révèle également qu'il a le même docteur que Rafael Nadal à Vitoria et que le traitement qu'il a reçu au pied est celui que Nadal a eu au niveau du genou.
De Cholet à Vitoria : Un Nouveau Monde
Fabien Causeur se souvient de son arrivée à Vitoria : « Au début ça fait bizarre. Andres Nocioni a une grande carrière, San Emeterio aussi. Ils ont beaucoup de titres. Nemanja Bjelica, c'est le jeune prodige. Puis ce sont de super mecs. »
Il souligne la différence de niveau entre la Pro A et la ligue espagnole : « C'est vraiment au-dessus de la Pro A. Je ne vais pas dire qu'aucune équipe française ne peut battre une équipe espagnole, mais tous les weekends tu dois te battre. Il n'y a pas de match facile, tout le monde peut battre tout le monde. »
L'adaptation à la langue espagnole a été un défi : « Je suis arrivé sans parler un mot d'espagnol. Enfin si, j'avais mes bases scolaires. Mais bon... (rires) »
Il évoque l'accueil chaleureux qu'il a reçu au Pays basque : « Oui, c'était incroyable. Il y avait des matchs où c'était vraiment très chaud. Les gens sont géniaux, j'ai eu un très bon accueil. Je pense qu'ils aiment les gens qui travaillent, qui se donnent à fond sur le terrain. »
Une Semaine Après la Retraite : Réflexions et Émotions
Fabien Causeur partage ses sentiments une semaine après l'annonce de sa retraite : « Toujours un peu oui ! Bizarrement, c’était surtout le fait de faire le post qui me rendait nerveux. Je sais depuis octobre que je suis à la retraite. »
Il a été touché par les nombreux messages reçus : « Honnêtement, oui, pour l’ego, ça fait toujours plaisir de voir qu’autant de gens m’ont écrit, des anciens coéquipiers qui m’ont écrit des mots d’admiration. Ce qui m’a le plus marqué, c’est de voir des anciens adversaires, à qui je n’ai presque jamais parlé, me contacter. »
Il se souvient de son leadership discret : « Arriver avant l’entraînement, bien me préparer, rester après pour shooter : je le faisais tous les jours. C’est le leadership que les gens ne voient pas. Pas juste pousser un coup de gueule en match ou prendre le ballon à un moment chaud. »
Fabien Causeur highlights (Khimki-Real Madrid: 75-100)
Il explique ses conditions pour jouer une année de plus : « Je voulais jouer l’EuroLeague et je voulais une situation stable pour ma famille. Quand tu ne vises que l’EuroLeague, tu te restreins à seulement 20 équipes. Mais je voulais finir là où j’ai toujours voulu être, là où mon niveau était encore selon moi. »
Malgré tout, il n'y a pas de frustration : « Tant qu’il se sent en bonne santé, un compétiteur en veut toujours plus. Mais il n’y a pas de frustration car je suis content d’être en bonne santé après 20 ans d’une carrière aussi intense. »
Des Débuts Modestes à l'EuroLeague
En 2017, Fabien Causeur avait déclaré que son objectif au début de sa carrière était de jouer en Pro B. Il se souvient des prédictions de son agent : « Pour lui, mon objectif à long-terme devait être devenir bon combo-guard de Pro B, voire un joueur de Pro A, mais pas beaucoup plus. »
Il raconte ses débuts à Brest : « À 16 ans, j’étais encore à Brest avec mes parents. Si le MSB n’avait pas lui-même pris les devants de me proposer au STB, je serais rentré à Brest et il ne se serait rien passé en fait. »
Causeur explique qu'il n'était pas le prospect le plus athlétique : « Mon jeu n’était pas spécialement flashy. Je n’étais pas le prospect athlétique, pas le gars qui sautait, je ne sortais pas du lot sur ces qualités-là, qui sont très regardées dans le basket français. »
Il est finalement devenu un défenseur attitré au Real Madrid : « À la base, ce n’était pas ma qualité mais il fallait être couteau suisse. J’avais Jaycee Carroll, Sergio Llull, etc, devant moi : eh ben ils sont tous meilleurs attaquants que moi ! Donc qu’est-ce que je peux faire pour vraiment jouer ? Défendre sur tous les meilleurs attaquants. »
Cholet et Vitoria : Des Tremplins Essentiels
Fabien Causeur se souvient de ses débuts professionnels : « C’était une équipe qui jouait le maintien. Il n’y avait pas trop d’argent, pas d’autres choix que de faire confiance aux jeunes. »

L'équipe de Cholet Basket, championne de France en 2010 (Source: cholet-basket.fr)
Il évoque son passage à Cholet : « J’arrive пар la petite porte, du STB, où j’avais signé un bon match contre Cholet. J’avais le choix entre eux et Roanne. Je me disais que je suis à un âge où il faut que je bosse et qui mieux qu’Erman Künter pour ça ? »
Son titre de champion de France avec Cholet est un moment spécial : « Mon titre de champion de France est très spécial, c’est le premier trophée de ma carrière pro, ça reste le seul de l’histoire de Cholet donc c’est assez marquant. »
Les années à Vitoria ont été cruciales pour son développement : « De 22 à 29 ans, ce sont des années clefs pour un sportif. J’ai énormément bossé, je me suis beaucoup amélioré sur mon jeu. J’ai côtoyé six coachs en quatre ans à Vitoria, mais chacun avec un style différent. »
Il exprime sa frustration de n'avoir remporté aucun trophée avec Baskonia : « Oui, c’est frustrant, honnêtement… On a fait un Final Four, certains clubs prennent cela comme un titre. Mais non, ce n’est pas un trophée. Ça aurait été bien d’en gagner un là-bas, de laisser une marque là-bas. »
Le Real Madrid : L'Apogée d'une Carrière
Fabien Causeur décrit son arrivée au Real Madrid comme un rêve devenu réalité : « Clairement, clairement… C’est l’endroit où j’ai toujours voulu jouer. »
Il raconte comment la signature s'est concrétisée : « Lorsqu’ils me transmettent une offre, je suis chez Monsieur Hoeness, le président du Bayern Munich. Je suis chez lui, à table, en plein repas, et ils me mettent un contrat devant moi. Et à un moment donné, mon agent me donne un petit coup de coude pour me montrer son téléphone avec l’offre du Real Madrid. »
Aujourd'hui, c'est le club de sa vie : « Maintenant, c’est le club de ma vie. Je rentre là-bas par la petite porte, pas comme une star. En fin de compte, je finis par être une légende du club. C’est beau. »
Il est fier d'être reconnu comme une légende du club : « Que l’EuroLeague et le Real Madrid aient accolé le titre de légende à mon nom, c’était waow… C’est l’un des plus beaux titres, si ce n’est le plus beau, pour un joueur. »
Causeur est le troisième étranger le plus capé du Real Madrid : « Je pense que j’ai su m’adapter un peu à tout. J’ai eu des rôles un peu différents chaque année. Lors de la première saison, la grave blessure de Sergio Llull me pousse un peu vers l’avant : c’est une opportunité énorme pour moi et je montre que je peux jouer au Real. »
Il était connu pour ses performances exceptionnelles en fin de saison : « Les gens se rappellent plus facilement de celles-ci que celle que j’ai perdues. Cette finale de 2018 contre le Fenerbahçe Istanbul est celle qui change tout dans ma propre confiance. J’ai été très bon, je fais MVP d’une finale d’EuroLeague. »
Il est fier d'être le Français ayant disputé le plus de matchs en EuroLeague et le plus de Final Four : « C’est génial de partir en sachant que je suis le Français qui a fait le plus de matchs en EuroLeague et le plus de Final Four. »
Équipe de France : Des Occasions Manquées
Fabien Causeur évoque son point noir de sa carrière : l'équipe de France. « Frustration, je n’irai pas là. Je l’ai accepté depuis longtemps. J’ai eu cette frustration pendant quelques années, oui, quand je ratais le coche, par blessure ou par décision de Vincent (Collet). »
Il préfère se concentrer sur le positif : « Je ne dirai pas que c’est un point noir car je préfère me concentrer sur le positif : j’ai fait des Jeux Olympiques, j’ai rencontré des gars géniaux qui m’ont beaucoup appris à un moment important de ma carrière. »
Un Parcours Surprenant et Mérité
Causeur reconnaît que sa carrière est surprenante : « On a écrit que votre carrière était l’une des plus surprenantes de l’histoire du basket français. Clairement. »
Il ajoute : « Après, chacun prend confiance en soi. Moi, je peux dire que j’ai mérité d’arriver là où je suis arrivé. »
L'Avenir : Proche du Basket ou de la Famille ?
Fabien Causeur aborde l'avenir : « Déjà, mon aventure, c’est profiter de mes proches et de ma famille. Je ne sais pas du tout, honnêtement. Il y a une partie de moi qui veut rester proche du basket car je pense avoir beaucoup à apporter à la prochaine génération. »
Il hésite à devenir coach : « Il y a beaucoup d’aspects du coaching que j’aime. Mais tu dois mettre un peu de distance avec les joueurs pour qu’il n’y ait pas trop de frustration. Surtout, j’ai l’impression que ça prend tellement de place dans la vie des coachs que je préfère rester loin de ça pour l’instant. »
Les Agents des Joueurs Français en Betclic Élite
Un dossier de Basket Europe met en lumière les agences représentant les joueurs français en Betclic Élite. Sur 91 joueurs français ayant foulé les parquets de Betclic Élite lors de la saison 2021-2022, la majorité était représentée par des agences.

Top 10 des agences représentant les joueurs français en Betclic Élite (Source: basketeurope.com)
Les agences Comsport, Maz Sport Agency et BeoBasket dominent le marché français. D'autres agences comme Fusion Sports, Elite Sports et You First sont également bien positionnées.
Voici un tableau récapitulatif des agences et de leur représentation en Betclic Élite :
| Agence | Joueurs français en Betclic Elite | Total des joueurs représentés en Betclic Elite | Agents affiliés FFBB | Principaux clients |
|---|---|---|---|---|
| Comsport | 26 | 42 | Bouna Ndiaye, Jeremy Medjana, Florian Collet, Matthieu Nicolas | Victor Wembanyama, Axel Julien |
| Maz Sport Agency | 11 | 14 | Olivier Mazet, Emmanuel Esso | Charles Kahudi, Maxime Courby |
| BeoBasket | 10 | 19 | Pedja Materic | Leo Westermann, Yakuba Ouattara |
| Fusion Sports | 9 | 17 | Hirant Manakyan, Pascal Levy | Elie Okobo, Amara Sy |
| Elite Sports | 7 | 8 | Miloud Dahine | Williams Narace, Jérémy Nzeulie |
| You First | 5 | 23 | Guillaume Althoffer | Benoit Mangin, Bodian Massa |
| Octagon Europe | 4 | 13 | Louis Trohel | Allan Dokossi, Matthieu Gauzin |
| Wasserman | 4 | 5 | Valentin Le Clezio | Jerry Boutsiele, Gérald Ayayi |
| ISE World Wide | 3 | 3 | Téo Kossingou | Axel Toupane, Landing Sané |
| Bemavo Corporation | 3 | 3 | Ayité Ajavon, Julien Chamaret | Adam Mokoka, Bastien Pinault |
Les Agences et les Joueurs en Coupe d'Europe et en NBA
Le tableau ci-dessous présente les agences et leur représentation des joueurs français en Coupe d'Europe et en NBA :
| Agence | Français en Euroleague | Français en Eurocup | Français en BCL | Français en Coupe d’Europe | Français en NBA | Total | Principaux clients |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Comsport | 5 | 2 | 2 | 9 | 5 | 14 | Rudy Gobert, Nicolas Batum |
| BeoBasket | 7 | 3 | 2 | 1 | 1 | 13 | Timothé Luwawu, Leo Westermann |
| Maz Sport Agency | 3 | 3 | 1 | 7 | 0 | 7 | Guerschon Yabusele, Mam Jaiteh |
| Fusion Sports | 2 | 1 | 3 | 6 | 0 | 6 | Elie Okobo, Adrien Moerman |
| Octagon Europe | 2 | 2 | 1 | 4 | 0 | 4 | Thomas Heurtel, Mathias Lessort |
| You First | 1 | 2 | 1 | 4 | 0 | 4 | Moustapha Fall, Andrew Albicy |
| Wasserman | 1 | 0 | 1 | 2 | 2 | 4 | Sekou Doumbouya, Amath M’Baye |
| ISE World Wide | 1 | 0 | 0 | 1 | 1 | 2 | Killian Hayes, Kymany Houinsou |
| Elite Sports | 0 | 1 | 1 | 2 | 0 | 2 | Steeve Ho You Fat, Georgi Joseph |
| Manage and Co | 1 | 0 | 0 | 1 | 0 | 1 | Nando De Colo |
| Nicolas Paul Services | 1 | 0 | 0 | 1 | 0 | 1 | Fabien Causeur |
Le choix d'un agent est crucial pour la carrière d'un joueur. Plusieurs critères entrent en compte, notamment l'affectif, l'accompagnement en dehors du sportif, et la notoriété de l'agence.
En France, les agents doivent posséder une licence délivrée par la FFBB pour signer un contrat avec un club. Un mandat entre l'agent et le joueur a une durée maximale de deux ans.