L'importance de la Coordination Motrice dans le Football pour les Jeunes Joueurs

Explorez la quintessence de la coordination motrice dans le football, une dimension fondamentale souvent sous-estimée dans les formations jeunesse. Ce guide approfondi décrypte l’importance vitale de la coordination motrice chez les jeunes joueurs de football, en mettant en exergue les cinq qualités cruciales, connues sous l’acronyme ORDRE : Orientation, Rythme, Différenciation, Réaction et Équilibre.

Qu'est-ce que la Coordination Motrice ?

René Florent, ex-footballeur professionnel, nous a apporté quelques explications sur cet élément clé du football. La coordination motrice est la capacité à réaliser un geste grâce à la relation entre le cerveau, le système nerveux, les muscles et les articulations. Imaginez le corps en mouvement dans une situation précise avec un espace-temps donné, en étant coordonné, le corps fait exactement le geste qu’il faut au bon moment alors que s'il ne l'est pas, il ne fera pas le geste adéquat.

Selon Kuznetsov, la coordination est la capacité d’une personne à apprendre rapidement de nouveaux mouvements et à adapter son comportement en fonction des exigences de l’environnement. Dit autrement, la coordination motrice correspond à la capacité d’un joueur à effectuer des mouvements précis dans l’espace. Prenons l’exemple d’un jeu de tête, il faut à la fois coordonner plusieurs muscles pour sauter mais également se placer au bon endroit.

Pourquoi la Coordination Motrice est-elle Essentielle ?

La coordination motrice n’est pas innée, elle se travaille chez les jeunes joueurs. Elle est très importante car c’est la base de la technique, c’est une des plus grandes erreurs que de travailler la technique individuelle sans travailler la coordination motrice. La coordination facilite les mouvements précis, économiques et adaptés à une situation. La coordination motrice intervient dans le jeu avec ou sans ballon.

Le Dr Martin Dietrich a démontré qu’il fallait entraîner et développer très tôt les qualités de coordination en raison du développement précoce du système nerveux (voir tableau ci-dessous). Si vous êtes un lecteur assidu de notre site internet (ou mieux, si vous avez réalisé notre formation), vous savez que le travail physique en isolé (endurance, vitesse, renforcement musculaire…) ne doit débuter qu’à partir de 12 ans.

Les jeunes doivent pratiquer plusieurs sports idéalement, sport individuel et collectif, car chaque discipline travaille une motricité spécifique. Aller crescendo dans les apprentissages de coordination, c’est-à-dire du plus simple au plus complexe. On voit de temps en temps des coachs qui proposent un travail compliqué puis, devant l’échec des joueurs, proposent autre chose de plus simple.

Comme nous l’avons vu dans le paragraphe précédent, le travail de coordination se fait avant le travail physique à proprement dit, concrètement, avant 12 ans. Lors d’un travail de coordination, il faut laisser le jeune joueur résoudre lui-même le problème posé, au pire l’aiguiller mais ne pas lui donner la solution. Le travail de coordination peut être continu, certes le gros doit être fait entre 9 et 12 ans mais la puberté rabat un peu les cartes. Tout ce qui va être travail avec échelle de rythme, plots, mini-haies (etc.) sera bénéfique, avec les exemples ci-dessus, vous avez compris qu’il faut jouer sur les 5 qualités de coordination.

Les Composantes de la Motricité

Ensuite, la motricité peut être divisée en deux parties avec la motricité globale et la motricité fine. La motricité globale représente tout ce qui concerne le contrôle de l’ensemble du corps, tant en mouvement qu’à l’état de stabilité. Elle touche à la maîtrise de position et de déplacement. Son premier composant est la dissociation segmentaire. C’est lorsqu’une partie du corps ne fait pas le même mouvement que l’ensemble du corps.

Pour réaliser cette dissociation des mouvements, et accéder à l'indépendance segmentaire, il faut réduire les grands mouvements inutiles. Il faut donc immobiliser certaines parties du corps, qui vont constituer un support et un point d'appui autour duquel va s'articuler le mouvement du segment dont on a vraiment besoin pour une action donnée. Au niveau des exercices, on peut dissocier les membres inférieurs et supérieurs, la latéralité gauche-droite, le regard et le geste, le pied et la main etc.

Globalement, la dissociation segmentaire vise à réaliser plusieurs actions de façon coordonnée pour que le joueur mémorise le tout et que cela devienne naturel. Le travail de dissociation entre l'œil et le pied est par exemple très intéressant et améliore la prise d’information, tout en permettant progressivement d'améliorer sa maîtrise du ballon (en décentrant le regard du ballon). La dissociation segmentaire permet de limiter les gestes parasites et de maîtriser son corps dans l’espace, en améliorant la finesse et la précision des mouvements.

Le travail de dissociation segmentaire est très complémentaire du contrôle musculaire, qui lui se travaille avec une dissociation de plus en plus fine des groupes musculaires à relâcher. Pour réaliser tout cela, il faut travailler sur l’élimination de la crispation des membres et la prise de conscience intériorisée des différentes parties du corps et de leur état de tension réciproque. Pour résumer, il faut être capable de moduler la répartition du tonus (l'état permanent de tension qui s'exerce sur les muscles) dans différentes positions pour notamment s’adapter lors du toucher de balle.

Par exemple, un ballon reçu sur une partie du corps tendue va forcément rebondir et fuir alors qu’un ballon reçu sur une partie du corps relâchée va s’amortir. Différents exercices d’amortis sont préconisés pour travailler la tension des muscles et le besoin de les « relâcher ».

Le travail d’équilibre a pour objectif de bien positionner son corps au moment du geste. Le joueur doit être capable de maintenir son équilibre, que ce soit à l’arrêt ou en mouvement. Il faut déjà savoir que deux systèmes commandent l’équilibre: le système vestibulaire situé dans l’oreille interne et les récepteurs, aussi appelés propriocepteurs situés sur toute la partie squelettique.

Le travail de proprioception est préconisé car il permet d’avoir un meilleur équilibre, de développer le tonus musculaire, d’affiner la coordination entre les différents muscles et le cerveau mais aussi de bien verrouiller les articulations. La proprioception est particulièrement utilisée lors du processus de rééducation et de réathlétisation post blessure mais elle permet également de minimiser les risques de blessures si elle est travaillée en amont.

Pour travailler la proprioception, la symétrie est indispensable, que ce soit de manière statique ou dynamique. Il est dans un premier temps conseillé de commencer par des exercices statiques avant d’augmenter la difficulté en passant à des exercices les yeux fermés puis des exercices sur plan instable type ballon bosu, plateau de Freeman ou coussin d'équilibre. Veillez à ne pas travailler que les chevilles puisque d’autres articulations (comme le genou par exemple) seront déséquilibrées et susceptibles aux blessures.

Le processus de coordination débouche sur la production d'un geste structuré aux différentes phases synchronisées. Il nécessite des actions musculaires bien réglées dans leur force, leur durée et leur vitesse, mais également l'intégration d'autres éléments qui influencent la réalisation gestuelle tels que l’inertie, le vent... Le tout avec la présence de partenaires et d'adversaires.

La coordination dynamique s’effectue grâce à un travail sur la vivacité, le rythme, les appuis, les changements de vitesse et de direction avec et sans ballon à travers différents types de parcours incluant des sauts, des cerceaux, des slaloms, des échelles, des sprints etc.

Tous les joueurs d’une équipe se déplacent et orientent leurs propres actions en fonction des autres joueurs. D'autres éléments essentiels comme l'orientation, la trajectoire, la localisation et la vitesse du ballon peuvent être travaillés à travers différents exercices demandant de l’anticipation. Tous les joueurs sur le terrain doivent être capables de lire une trajectoire et avoir un certain sens du timing pour réceptionner ou intercepter les ballons.

Après avoir présenté les différents aspects de la motricité globale qui enveloppe de nombreux points, nous allons évoquer la motricité fine qui implique des mouvements fins, précis, minutieux et contrôlés qui sont essentiels pour l’autonomie au quotidien mais également dans le football.

La motricité fine se travaille avec ou sans ballon et permet de consolider le bagage technique du joueur. Au lieu de travailler l'ensemble du pied, on va pouvoir se focaliser sur les orteils, par exemple, voire uniquement le gros orteil, qui a un rôle important sur toutes les actions dynamiques comme les sauts. La motricité fine fait donc appel à l’utilisation et au contrôle de différentes parties du corps ainsi qu’à la perception pour réaliser des mouvements spécifiques.

Si ce travail doit être effectué dès le plus jeune âge, il y a tout de même un processus à respecter. Il ne faut pas griller les étapes trop rapidement, notamment pour respecter la croissance des jeunes joueurs.

Phases de Développement de la Motricité

« La motricité se travaille dès l’âge de 6 ans, dans ce qu’on appelle l’initiation, qui s’étale jusqu’à l’âge de 13 ans. Le but est d’initier les jeunes joueurs grâce à des mouvements qui permettent d’insister sur les fondamentaux, il ne faut pas chercher la victoire ou la performance de façon impérative à cet âge-là, il vaut mieux être minutieux sur les petits détails. La motricité est l’élément permettant d’agir sur l’agilité, la vitesse et même la décélération. La manipulation du ballon au sol est également travaillée aussi bien sur la maîtrise de celui-ci que sur les changements de direction. Durant cette période, on peut déjà commencer à faire du gainage de façon ludique en situant bien les mouvements car les os ne sont pas encore formés », nous explique René Florent.

En effet, l’enfance est la période la plus importante pour l’apprentissage moteur. C’est pour cette raison qu’il faut impérativement travailler la coordination chez les jeunes footballeurs. À partir de l'adolescence, le développement de celle-ci ne sera plus aussi efficace, bien que toujours possible.

Vient ensuite la période de pré-formation à l’âge de 14 ans: « après avoir bien initié à la motricité, on intensifie la méthode de travail. Durant deux ans, on prépare la formation. C’est un âge très compliqué avec la puberté, les enfants peuvent être rebelles et feignants. C’est une question de mental, sans mental on ne peut pas travailler la motricité et la coordination car ce sont des exercices qui peuvent déplaire. Durant ces deux années, on prépare petit à petit le corps en commençant notamment la musculation.

À l’âge de 16 ans, intervient la troisième partie du processus de coordination et de motricité avec la formation. René Florent: « les joueurs se forment en rentrant dans une période intense de musculation. On les prépare pour la cour des grands. Chez les professionnels, le travail de motricité ne s’arrête pas, il devient juste plus spécifique et dépend du poste et des besoins de chacun. Généralement, une séance de motricité d’une vingtaine de minutes a lieu à chaque entraînement. Durant l'échauffement des matchs, les joueurs ont même des séances individuelles.

Pour résumer, la coordination motrice n’est pas innée, elle s’acquiert par l’apprentissage et constitue les qualités fondamentales d'un footballeur. C'est donc un élément clé à développer en premier lieu. La coordination motrice va vous permettre d'être plus précis dans toutes vos actions. Le fait d'être coordonné vous permettra d'apprendre rapidement de nouveaux gestes et des nouvelles techniques qui vous permettront de progresser à la vitesse grand V.

Les qualités de coordination sont très étroitement liées aux habiletés techniques, tactiques et physiques. La motricité et la coordination sont très importantes à travailler chez les jeunes, mais également pour les séniors. Cela permet d’adapter ses mouvements en fonction des contraintes extérieures (coordination) et de faire des mouvements volontaires et automatiques du corps (motricité).

Exemples d'Exercices de Coordination Motrice

Voici quelques exemples d'exercices pour améliorer la coordination motrice chez les jeunes footballeurs:

  • Atelier 1 : Le joueur part sans ballon du plot A, il passe l’échelle de rythme en accélérant (chaque pied doit taper dans les étages). À la fin, il réceptionne la passe du joueur qui est au plot B. Il fait un beau contrôle et conduit la balle au plot B.
  • Atelier 4 : Une fois la passe effectuée direction plot C (attendre qu’un coéquipier se présente), le joueur fait des foulées bondissantes pour atterrir, d’un pied, dans les cerceaux.
  • Placez 4 cerceaux distant d’un mètre chacun de telle manière qu’ils forment un carré. Puis placez derrière un autre cerceau avec 5 ballons à l'intérieur du cerceau.
  • Atelier 4 : slalom avec ballon, l’objectif est la précision et non la vitesse.
  • Atelier 6 : le joueur fait un contrôle orienté, passe la balle doucement dessous la mini haie, saute dessus. Il y a une alternance de petites mini haies et de grandes mini-haies.

Excellent exercice pour améliorer les appuis, l’équilibre et la maîtrise du corps et du ballon, pour des joueurs U11 ou U13. Utilisez l'esprit de compétition afin de créer de l'engouement. Faire 2 ateliers identiques. Vous pouvez bien évidemment instaurer une forme de compétition entre les 2 équipes afin de dynamiser l’exercice. N'oubliez pas, si vous avez un nombre important de joueurs lors de votre séance d'entrainement, pensez à diviser les groupes et à dupliquer les ateliers pour que tous les joueurs puissent être un maximum en activité.

Cet exercice est un parcours physique avec ballon. Les joueurs devront maîtriser le ballon tout au long de ce parcours. Le joueur suivant part une fois l’atelier 1 terminé par le précédent. La durée est de 20 minutes sans pause, si ce n’est celle d’attendre son tour lorsque l’on revient au départ.

Ateliers :

  1. Slalom avec ballon
  2. Conduite de balle
  3. Conduite de balle en arriere avec la semelle du pied pour s’amener le ballon
  4. Conduite de balle intérieur pied droit et gauche en alterné
  5. Le joueur pousse son ballon au plot suivant et part entre les barres faire des passages en pas chassés
  6. Conduite de balle vers l’échelle de rythme, arrivé à celle-ci il pousse le ballon le long de l’échelle.

Tableau récapitulatif des exercices et de leurs bienfaits

Exercice Objectifs
Échelle de rythme Amélioration de la vivacité et du rythme
Slalom avec ballon Précision et contrôle du ballon
Foulées bondissantes Coordination et puissance des jambes
Mini-haies Coordination et agilité

Avec un ballon, des enfants peuvent découvrir le monde qui les entoure. Mais quel est l’importance du football pour expliquer la motricité des enfants à différents âges ? Quelles sont les capacités physiques que cet exercice favorise ? Faut-il donner aux jeunes des outils spécifiques pour renforcer leur coordination moteur ?

Le développement psychomoteur des enfants se définit comme l’ensemble des compétences et habiletés que les enfants acquièrent graduellement au cours de leur croissance physique, mentale et sociale.

Le développement psychomoteur est un processus complexe qui comprend plusieurs domaines, notamment la motricité globale ou fine, l'endurance et la force musculaire, le contrôle postural et les aspects cognitifs liés au mouvement.

On observe généralement quatre grandes phases dans le processus de développement psychomoteur: 0-6 mois (stade prénatal), 6-12 mois (mobiles autonomes), 1-5 ans (matures) et 5-18 ans (adultes).

Le football est un excellent outil pour stimuler le développement psychomoteur chez les enfants. En jouant au football avec des objets variés comme un ballon ou une chaussure de sport par exemple, les enfants apprennent également à maîtriser des gestes complexes tout en améliorant leur sensibilité tactile.

La coordination motrice est la capacité de contrôler et d’exécuter des mouvements précis et efficaces avec les membres supérieurs ou inférieurs, ou encore les deux en même temps. La coordination motrice est l’aptitude à contrôler le mouvement et la direction des muscles, des articulations et des os impliqués dans un mouvement.

Les principaux mouvements du corps impliqués dans le football sont ceux liés au ballon : se déplacer en courant avec le ballon, effectuer des changements directs et indirects de direction, dribbler, passer le ballon et tirer sur le but adverse.

La motricité globale est une habileté importante car elle comprend l’ensemble des mouvements qui sont nécessaires à la pratique du football et toutes autres activités physiques. Les principaux exercices pour mobiliser les muscles du corps sont: les sauts (verticaux, latéraux ou en longueur), les changements de direction rapides, les exercices de coordination des jambes comme monter et descendre des escaliers en courant, courir pendant de courtes distances sans toucher le sol, alterner entre la course et le saut, etc. Ces exercices peuvent être adaptés au football par l'ajout d'un ballon pour stimuler la coordination entre les yeux et les mains.

Le football met à contribution plusieurs qualités : forte endurance, bonne aptitude physique générale et excellente coordination motrice.

L'équilibre est une habileté importante pour pratiquer le football car elle permet aux joueurs de se stabiliser dans l'espace et le temps. L’équilibre consiste à maintenir son centre de gravité dans un certain espace en faisant varier sa position et son orientation par rapport au sol tout en maintenant une position stable et sans contact.

Le football offre l’occasion idéale aux jeunes joueurs d’améliorer notablement leur équilibre et leur contrôle des mouvements.

exercice de coordination motrice chez les petits joueurs

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