L'histoire du beach-volley en Espagne et aux Jeux Olympiques

Au pied de la tour Eiffel, venez plonger vos pieds dans le sable des terrains de beach-volley pendant les Jeux olympiques. Le beach-volley, c’est un peu l’identité barcelonaise faite sport, puisqu’il mêle plage, rencontres, activité physique et légèreté.

Les origines du beach-volley

C’est en Californie sur les plages de Santa Monica, que le beach-volley fait son apparition au début des années 1920. Créé sur les plages de Californie, il est donc logique que ce sport soit dominé en grande partie par les Américains.

L'évolution vers un sport olympique

Aux Jeux Olympiques, ce n’est qu’en 1992 à Barcelone que ce sport sera intronisé en démonstration d’abord avant de devenir une épreuve à part entière lors de l’édition de 1996 à Atlanta.

En démonstration aux JO de Barcelone en 1992, c'est à Atlanta, en 1996, que le beach-volley a fait son entrée.

De toute évidence, la participation du beach-volley aux Jeux olympiques a tout changé", explique Peter Hreszczuk, le superviseur technique de la Fédération internationale de volley-ball (FIVB). Le vice-président de la Fédération française de volley-ball, Laurent Moreuil, précise que " plus que le sport en lui-même, c'est le Mexicain Ruben Acosta, président de la FIVB, qui a su convaincre Juan Antonio Samaranch, le président du CIO, avec qui il entretenait des rapports très étroits".

Domination américaine et brésilienne

En sept épreuves olympiques jusque-là, les États-Unis ont amassé 3 médailles d’or (avec deux équipes en finale en 1996). Chez les femmes, ce sont également les États-Unis qui raflent tout ou presque. April Ross et Alexandra Klineman ont rapporté la quatrième médaille d’or à leur pays lors des derniers jeux.

Le Brésil a également empoché 6 médailles dont deux en or (2004 et 2016). Les champions en titre sont les Norvégiens avec Anders Mol et Christian Sorum.

Règles du jeu

Les équipes sont constituées de deux joueurs, sans remplaçant et s’affrontent dans un terrain de 16 mètres de long par 8 de large. La rencontre se joue en deux sets de 21 points, en cas d’égalité le troisième et dernier set n’en comptera lui que 15. Pour remporter un set, il doit y avoir au moins deux points d’écart.

Chaque équipe à le droit à trois touches de balles pour envoyer le ballon dans le camp adverse et ce avec n’importe quelle partie de son corps. Si le ballon rebondit sur la ligne il est considéré dans le terrain. Il est interdit de toucher le filet sous peine de voir le point attribué à l’équipe adverse, ce qui rend l’exercice du contre très difficile.

Tant qu’une équipe marque, elle garde le service, mais en cas de manqué, il n’y a pas de seconde chance, le point va à l’équipe adverse.

Le terrain de beach-volley est un terrain de sable de 16 m sur 8 m sur lequel les deux paires sont séparées par un filet de 2,43 m de haut pour les hommes et 2,24 m pour les femmes. Les règles sont similaires à celles du volley de salle, avec quelques différences (interdiction de feinter par exemple).

Le beach-volley à Barcelone

Toute l’année, les terrains de beach-volley envahissent les plages de Barcelone, accueillant des joueurs venus des quatre coins du monde. Un samedi après-midi du mois de mai sur la plage de Bogatell, juste derrière ceux qui se prélassent au soleil se dressent des dizaines de filets jaunes. De part et d’autre de ceux-ci, joueurs et joueuses s’essoufflent, crient, suent : ils jouent au beach-volley. Mais cette discipline olympique n’est pas l’apanage de l’été barcelonais. On le pratique de tout temps, à toute heure et de plus en plus, surtout depuis la fin de la pandémie.

Mais les joueurs maitrisent, enfin la majorité. Car si beaucoup sont des sportifs aguerris, on se réunit surtout pour pour se rencontrer. Saya a 26 ans. Originaire de banlieue parisienne, cette ingénieure a emménagé dans la ville il y a un 1 an et demi, en recherche d’une meilleure qualité de vie. Mordue de volley depuis toute jeune, en faire dans la capitale catalane s’est imposé comme une évidence, jusqu’à ce que ces sessions rythment son quotidien : « C’est devenu mon passe-temps, y compris en semaine maintenant. Moi j’étais habituée au métro-boulot-dodo à Paris, mais maintenant je joue même le matin. Je me réveille à 6h, je rejoins les copains à la Barceloneta et ensuite on va au bureau. On fait une fois le mardi, une fois le jeudi et tout le week-end on joue ensemble. »

Petit à petit, elle s’est construit une communauté d’amis venus de pays différents mais tous réunis autour de la passion du volley. Pour rejoindre ces cercles, rien de plus simple : des applications comme BeachUp ou Volley World App permettent de s’inscrire à des dizaines de parties, de tous niveaux.

Celui qui a grandi à la Réunion était un habitué du beach-volley, mais pas sur autant de terrains ni avec autant de participants. Il décrit une vraie communauté, presque un monde à part : « Tu te lies d’amitié avec les gens au-delà du volley, c’est très courant de se retrouver à manger un bout ou boire un coup après, tous crasseux et plein de sable. Quand on y goûte c’est rare d’en ressortir car il y a vraiment une bonne ambiance, le sport est très amusant et aussi challengeant, et c’est comme une petite famille. De l’extérieur ça doit paraître comme une secte car les discussions reviennent très souvent à des références de volley évidemment, mais s’ouvrent aussi sur beaucoup plus de sujets plus intimes, les dernières aventures amoureuses ou les crushs qu’on a sur des personnes qui jouent… Les journées volley où tu te réveilles à 7h du mat et joue jusqu’au coucher du soleil sont super épuisantes, mais c’est de la bonne fatigue.

Le seul bémol ? L’été, où certaines restrictions imposées par le gouvernement catalan empêchent de jouer à sa guise. Car si en basse saison les terrains peuvent s’installer partout, l’été ce n’est pas la même chose. Et pour avoir un spot, mieux vaut se lever tôt, car les joueurs sont nombreux et l’espace rare. L’attrait du beach-volley tient aussi et surtout à son accessibilité.

Queens of Tenerife

La Rétaise Saofé Duval et Romane Sobezalz faisaient office d’outsiders lors du Queens of Tenerife, du 21 au 23 février, dans les Canaries (Espagne). Malgré un plateau très relevé et renommé, les benjamines de la compétition ont remporté le titre sans complexe. Elles se sont senties dans leur jardin sur le sable de la Beachboard Hacienda de Puerto de la Cruz. Bien que toutes deux défenseures sur le papier, leur compatibilité combinée à leur envie d’offrir du beau jeu leur a permis de se hisser jusqu’en finale et d’affronter les tenantes du titre et quarts-de-finalistes des JO 2024, les Lettones Anastasija Samoilova et Tina Graudina, ainsi que les Américaines Corinne Quiggle et Chloe Loreen. Grâce à leurs 12 points marqués en finale, elles ont remporté les traditionnelles couronnes des reines.

Affûtées après une semaine d’entraînement en vue du championnat d’Europe U20 et du championnat du monde U21, les Françaises ont déroulé avec envie et application. « Nous étions conscientes d’être outsiders, donc on a joué chaque point avec toute l’énergie possible, d’abord dans l’objectif de s’amuser sur le terrain » glisse Saofé Duval.

Le Henkel Grand Chelem à Paris

Depuis trois ans, Paris accueille un des quatre tournois majeurs de beach-volley : le Henkel Grand Chelem. Avant Paris-Plages et en dépit d'un temps plutôt maussade, un air de samba et de vacances s'est installé ce week-end au pied de la Tour Eiffel. Pendant cinq jours (du 20 au 24 juin), le Champ-de-Mars a été recouvert de 3 000 tonnes de sable.

Les deux paires championnes olympiques - les Brésiliens Ricardo et Emanuel chez les hommes, les Américaines Walsh et May chez les femmes - se sont imposées dimanche. Le tournoi de Paris était la première étape qualificative pour les Jeux olympiques de Pékin en 2008. Seules les 22 meilleures équipes - sur 200 inscrites - à l'issue des quatre tournois gagneront leur billet pour la Chine. Six équipes françaises peuvent décrocher le précieux sésame. Mais, pour une médaille, elles devront certainement patienter encore quelques années.

Développement du beach-volley

Le beach-volley est en plein développement. En 1994, six tournois internationaux faisaient référence. Aujourd'hui, il en existe 32.

"Aujourd'hui, constate Marc Crousillat, le promoteur du tournoi, on est arrivé à un point d'équilibre entre ce que peut gagner un volleyeur en salle et un volleyeur de beach, mais la compétition de plage est de plus en plus ardue." Si quatre ou cinq équipes se démarquaient franchement des autres il y a dix ans, aujourd'hui, 25 équipes se tiennent.

Dans les années 1980, lors des premières compétitions au Brésil, les joueurs venaient sans entraîneur. A présent, un vrai staff les accompagne : coach, préparateur physique voire préparateur mental. Conséquence, le niveau a considérablement progressé. Les joueurs sont de plus en plus grands, frappent fort, et l'aspect tactique, notamment chez les femmes, devient prépondérant.

Le beach français est aussi en pleine mutation, avec 200 000 pratiquants occasionnels et 7 000 licenciés. De nombreux projets (Mulhouse, Paris, Montpellier) sont en cours pour créer le plus de terrains couverts possible. " On ne pourra pas rivaliser contre les Brésiliens ou les Australiens tant qu'on n'aura pas de championnat d'hiver", explique Fabien Vugrip, 24e joueur mondial, qui va s'entraîner sur les plages de Copacabana pendant la saison morte (novembre-janvier).

JO PARIS 2024

La compétition commencera au pied de la Tour Eiffel le 27 juillet 2024. Le premier tour aura lieu jusqu’au 3 août. Ensuite les huitièmes de finale se disputeront le 4 et le 5 suivi des quarts le 6 et le 7.

Seize équipes se qualifient pour la phase éliminatoire : les deux premiers de chaque poule, les deux meilleurs troisièmes et les vainqueurs des duels entre les quatre moins bons troisièmes. S’ensuit une phase à élimination directe, des huitièmes de finale jusqu’à la finale. Chaque pays a droit à deux équipes masculines et deux féminines maximum.

Rendez-vous au pied de la Tour Eiffel pour les épreuves de beach volley, judo, lutte, cécifoot et para judo cet été.

2 épreuves : 1 tournoi masculin, 1 tournoi féminin.

46 jours avant les Jeux Olympiques, 79 jours avant les Jeux Paralympiques.

JO PARIS 2024 - "Imagine" repris en choeur : Lennon apaise les tensions en finale de beach-volley

tags: #espagne #beach #volley #jo