L'Équipe du Portugal de Rugby à XV: Informations et Parcours

L'histoire du rugby au Portugal remonte au début du XXe siècle, lorsque le sport a été introduit par des immigrants britanniques et français. Les premiers clubs de rugby portugais ont été créés à Lisbonne et à Porto. Au cours des premières décennies, le rugby portugais a connu une croissance relativement lente, mais constante. Les clubs se sont multipliés à travers le pays et le sport a commencé à se populariser. L'Association de Rugby du Portugal (FPR - Federação Portuguesa de Rugby) a été fondée en 1927 pour réglementer le rugby dans le pays.

Le rugby portugais a connu un tournant significatif dans les années 1980 et 1990. L'équipe nationale portugaise a connu des améliorations notables et a commencé à participer à des compétitions internationales.

Les Débuts Difficiles

Son premier match officiel date du 13 avril 1935, contre l'Espagne. Dans le début des années 1900, le rugby s'installe au Portugal par des marchands français et anglais qui commencent par mettre en place des petites équipes de quartier. Pourtant, le développement du rugby persiste et c'est le 13 avril 1935 que l'équipe du Portugal dispute son premier match officiel, qu'elle perd d'un point contre l'Espagne (5-6). C'est donc avec difficultés que débutent les premières rencontres internationales du Portugal dans le rugby à XV.

Pendant plus de trente ans, l'équipe du Portugal n'affronte que l'équipe d'Espagne mais cette dernière affirme sa large supériorité durant toutes les rencontres entre les deux pays. Les portugais jouent pour la première fois contre une autre équipe que l'Espagne, l'Italie en 1967, perdant (6-3), puis contre la Roumanie où ils perdent de 40 points. Les résultats ne sont pas joyeux mais l'équipe du Portugal de rugby commence à se faire connaître plus largement au niveau international.

La rencontre de 1970 contre les Pays-Bas aboutit à un match nul. En 1972, le Portugal arrache le nul contre l'Italie (0-0) puis perd contre la même équipe (9-6) en 1973.

Participation aux Compétitions Internationales

En 1987, la première Coupe du monde de rugby à XV est organisée mais uniquement sur invitation, avec les seize meilleures équipes du moment. De 1989 à 1991 se déroulent les qualifications de la Coupe du monde 1991. Pour la Coupe du monde de rugby de 1995, le Portugal s'impose face à la Belgique et la Suisse mais perd contre l'Espagne. Ils affrontent donc le pays de Galles qui les écrasent (102-11). Le Portugal est invité à disputer le Challenge européen 1998-1999 avec son équipe nationale.

Il s'ensuit la Coupe du monde 1999 où le Portugal bat tous ses adversaires en qualifications sauf l'Espagne et termine second de sa poule. Les qualifications de la Coupe du monde 2003 ne sont guère plus brillantes. L'équipe nationale s'impose contre l'Uruguay en match de barrage. C'est une belle revanche des Portugais sur le Uruguayens qui les avaient éliminés en 1999. Le premier match se déroule à Lisbonne, le 10 mars 2007 où le Portugal l'emporte (12-5).

Coupe du Monde 2023: Préparations et Défis

Publié le 16 septembre 2023 à 9h00Dernier qualifié pour la Coupe du monde, le Portugal lance sa compétition samedi (17h45) face au pays de Galles.Une confrontation qui semble déséquilibrée entre un habitué des joutes au plus haut niveau et une sélection composée en partie de joueurs amateurs.Zoom sur un pays où le rugby vivote dans l'ombre du football.

Le match nul demeure un résultat hautement improbable en rugby. C'est pourtant par ce biais que le Portugal a validé in extremis sa qualification à la Coupe du monde. En tenant en échec les États-Unis (16-16), il a profité d'une meilleure différence de points, lors de l'ultime tournoi de qualification à Dubaï, qui comptait aussi Hong-Kong et le Kenya, pour composter son billet pour l'Hexagone. Le plus surprenant dans cette histoire ? Os Lobos (Les Loups) ne devaient leur participation à ce dit tour de repêchage... qu'à une disqualification de l'Espagne (qui avait aligné un joueur non éligible) pour un problème administratif. Autant dire qu'ils reviennent de loin et qu'ils sont passés par un trou de souris pour disputer le deuxième Mondial de leur histoire, après 2007 (déjà en France).

Il faut dire que le rugby est encore loin d'être une évidence au pays. "En termes de visibilité et d'intérêt de la population, la reconnaissance de ce sport n'est pas celle que nous souhaiterions", regrette ainsi le président de la Fédération portugaise de rugby, Carlos Amado Silva, dans un entretien à l'AFP. "C'est une question culturelle. Malheureusement, dans notre pays, tout tourne autour du football", déplore, de son côté, Luis Filipe Lança de Morais, à la tête du Grupo Desportivo de Direito, grand pourvoyeur de la sélection. "Le rugby est un sport pratiquement familial, qui passe de père en fils ou entre amis", note encore le journaliste Antonio Aguilar, référence de la discipline et commentateur des matchs diffusés à la télévision. Conséquence directe, une bonne partie de l'équipe nationale est toujours constituée de joueurs amateurs ou semi-professionnels. Au Grupo Desportivo de Direito - le club créé au sein de la faculté de droit de l'université de Lisbonne est le plus représenté dans l'effectif -, la professionnalisation reste un objectif lointain, souligne, fataliste, son dirigeant. "Les joueurs du Direito paient pour jouer au rugby", glisse-t-il. Symbole de ce temps de retard, le capitaine Tomas Appleton est un chirurgien-dentiste, lorsqu'il ne joue pas au rugby.

Cela n'empêche pas la 16e nation au classement World Rugby de vouloir bien figurer pendant cette Coupe du monde. "Jouer la Coupe du monde sur ma terre natale, avec mon pays d'origine, c'est juste incroyable", confie le talonneur Mike Tadjer. "On sait qu'on ne gagnera pas la compétition (rires). Mais on ne vient pas non plus pour prendre 60 points à tous les matchs, ni que pour chanter l'hymne", lance l'ancien joueur de Perpignan et Agen, aujourd'hui âgé de 34 ans.

Si les Portugais n'ont jamais remporté le moindre match dans ce grand raout de l'Ovalie (quatre défaites en autant de rencontres), ils ont les armes pour donner du fil à retordre à leurs adversaires. S'appuyant sur le travail de l'ancien ailier international tricolore, qui figurait dans le staff du XV de France de l'ère Philippe Saint-André, ils montrent des signes tangibles de progression ces derniers mois. Grâce à leur rugby basé sur l’offensive, ils ont décroché quelques résultats probants, arrachant un match nul contre la Géorgie (25-25) en 2022, ou en accrochant l'Italie (31-38) au cours de cette même année. Un important contingent de joueurs professionnels évoluant de l'autre côté des Pyrénées, à l'instar du demi de mêlée Samuel Marques (Béziers, Pro D2) ou du pilier Anthony Alves (Mont-de-Marsan, Pro D2), a grandement contribué à ce changement de visage.

Plusieurs membres du groupe des 33 sont également partis s'aguerrir du côté du rugby à sept, qui permet de mettre l'accent sur la technique. C'est par exemple le cas du polyvalent Nuno Sousa Guedes, véritable couteau suisse des lignes arrières et dont les coups de rein et changements de rythme mettent le feu aux défenses adverses. Faire cohabiter ces joueurs avec ceux issus du championnat local amateur, tout en créant une alchimie collective, constitue un véritable coup de force de la part du staff portugais.

Au-delà du sportif, ce Mondial pourrait permettre de susciter des vocations et d'enfin faire décoller ce sport au pays de Cristiano Ronaldo, qui a d'ailleurs adressé un message d'encouragement à ses compatriotes, et de Pedro Miguel Pauleta. "L'objectif sportif, c'est d'aller au Mondial en Australie (en 2027, ndlr). En interne, c'est de faire connaître le rugby", confirme Carlos Amado Silva, qui espère atteindre les 10.000 licenciés contre près de 7000 actuellement.

Le déclenchement de ce nouvel engouement passe, évidemment, par des performances remarquées sur le terrain. À commencer par une rencontre, ce samedi (17h45), contre le pays de Galles, court vainqueur des Fidji (32-26) le week-end dernier. "On ne pourra pas copier la stratégie des Fidji, on n'a pas la même puissance. Mais on essaiera de rester fidèles à notre identité, de jouer un beau rugby si les conditions le permettent", prévient Patrice Lagisquet. "C'est un groupe qui est très motivé et très généreux mais [...] j'espère que les joueurs ne seront pas trop impressionnés par l'événement", conclut le technicien.

Pour son premier match, le Portugal s'incline face aux Gallois (8-28), mais parvient à inscrire ses premiers points de classement en Coupe du monde lors du second match face aux Géorgiens qui se solde par un match nul (18-18).

Les Joueurs et le Staff Technique

À l'été 2019, Patrice Lagisquet, ancien entraîneur du Biarritz olympique et des arrières de l'équipe de France, est nommé à la tête de la sélection portugaise qui est 21e au classement World Rugby, entouré d'Hervé Durquety et d'Olivier Rieg. Lagisquet a pour objectif de qualifier le Portugal à la Coupe du monde 2023 se déroulant en France.

Lagisquet arrive juste après que le Portugal a remporté le Trophy 2018-2019 en avril 2019, synonyme de remontée en Championship pour la saison 2019-2020 qui est la première division de ce championnat. La saison suivante, les Lobos terminent troisièmes du Championship 2020-2021, à égalité de points avec la Roumanie mais cette dernière est classée deuxième car elle a gagné la confrontation entre les deux équipes, avec trois victoires contre l'Espagne, les Pays-Bas et la Russie.

Pour le Championnat international d'Europe de rugby à XV 2021-2022, les Portugais comptent bien confirmer les résultats de la saison précédente mais ceux-ci vont terminer à la 4e place avec deux victoires, un match nul qui est à souligner contre la Géorgie qui est d'un niveau réputé supérieur aux autres équipes, et deux défaites. Cette campagne moyenne ne permet pas au Portugal de se qualifier pour la prochaine Coupe du monde dans un premier temps, les places qualificatives étant les deux premières et la troisième permet de disputer un tournoi de repêchage.

Mais l'Espagne, terminant initialement deuxième est sanctionnée pour avoir aligné un joueur non éligible avec cette sélection, elle est donc sanctionnée de 10 points de pénalité et donc rétrogradée à la quatrième place. La Roumanie prend donc la deuxième place qualificative directe et le Portugal la troisième.

Le Portugal et les États-Unis apparaissent comme les deux équipes favorites pour se qualifier à la Coupe du monde. Les premiers résultats vont confirmer ce statut, ces deux équipes vont infliger de lourdes défaites à Hong Kong et au Kenya lors des deux premières journées. Elles vont donc se retrouver en tête du classement avec 10 points chacune avant le match final entre elles.

Le 18 novembre, le Portugal et les États-Unis font match nul (16-16) après une pénalité tardive de Samuel Marques à la 82e minute qui permet au Portugal de se qualifier grâce à un goal-average supérieur à celui de son adversaire du jour.

Nommé pour succéder à Patrice Lagisquet, Sébastien Bertrank quitte ses fonctions de sélectionneur au bout de quelques semaines.

Le Portugal n’aurait pas dû jouer la Coupe du monde ! 🇵🇹🏆

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