L'équipe du Bénin de football : Histoire et parcours

Situé dans la zone intertropicale, ce petit morceau de l'Afrique occidentale, le Bénin, a fait parler de lui à travers ses "Putchs". Mais il n'y a pas que les coups d'États militaires qui ont fait que le Dahomey d'hier et le Bénin d'aujourd'hui soient connus dans la sous-région depuis le 1er Août 1960, date à laquelle il accédait à la souveraineté internationale. Le Bénin a fait parler de lui dans le domaine sportif et particulièrement au niveau du sport roi.

Amusons-nous donc à faire un bref bilan du parcours sportif de notre pays, le Bénin, depuis les indépendances à nos jours.

Les débuts du football béninois

Asso Cotonou, Etoile sportive "Zolémé" de Porto-Novo, Alliance "Ganmékpoto", Nègre, Essor, Asso Porto-Novo "Kotato", Postel, sont entre autres, les différents clubs qui animaient le championnat d'élite au lendemain des indépendances. Ces différentes formations malgré les maigres ressources mises à leur disposition ont fait la pluie et le beau temps.

"C'était une honte pour un joueur qui n'était pas convoqué pour un match du championnat en ce temps là", nous a confié un ancien international qui a requis l'anonymat. Les places se disputaient. "Il fallait tout faire, se donner lors des séances d'entraînement pour se retrouver au sein des joueurs convoqués pour le match du championnat", nous a confié un autre international.

Au sein des effectifs des différentes formations à cette époque là figuraient des joueurs très talentueux qui n'avaient rien à envier à ceux de la sous-région qui s'expatriaient. Clovis Favi, Ana Charles, feu Luc Olivier, Koffi Firmin, Iréné Coréa, Ata Pinso, Kamélia, Koffi Hounnou, Zachée Elegbe, Arthur Coréa, Patrice Gbegbelegbe, Kpokpoola, Yacoubou Mansourou, Bio Tchané Idrissou, Yaovi Ahamanda, Jean-Marie Zohoungbogbo pour ne citer que ceux là ont animé le championnat de 1ère division en son temps et ont fait la pluie et le beau temps au sein des Écureuils.

Qui ne se souvient pas ou qui n'a pas attendu parler de cette rencontre mémorable pour la qualification aux Jeux Olympiques livrée par les Écureuils face aux Aigles de Carthage de la Tunisie ? Clovis Favi, gardien de but lors de cette randonnée tunisienne, nous a confié que cette génération a tout donné au football béninois mais malheureusement personne ne leur reconnaît cela. "On a promis nous décorer nous qui sommes encore vivants". Ils ont évolué au sein des clubs comme les Dragons de l'Ouémé, les Requins de l'Atlantique, les Buffles du Borgou, les Lions de l'Atacora, les Caïmans du Zou et autres.

Succès non concrétisés et premières participations à la CAN

L'enfant malade de l'Afrique, comme l'a souligné Danialou Sagbohan pour évoquer les nombreux coups de forces observés dans notre pays malgré la bonne santé de son sport roi, n'est jamais arrivé en cette période à inscrire son nom au palmarès de ce grand rendez-vous du football africain. Mais il a fallu attendre 44 ans après les indépendances pour voir notre pays participer pour la première fois à une phase finale de coupe d'Afrique des nations de football avec une nouvelle génération, celle des Moussa Latoundji, Anicet Adjamonsi, Rachad Chitou, Romuald Boco pour ne citer que ceux-là, pour voir le drapeau national flotter dans le ciel tunisien. C'était en 2004.

Loin de revenir sur le bilan combien catastrophique, ce baptême de feu a néanmoins donné espoir à tout un peuple qui, un instant avait cru au renouveau de son football. Et si vous évoquez en bref la prestation des écureuils à cette échéance de 2004 en Tunisie mais hélas ! Très tôt les espoirs se sont estompés puisque deux ans plus tard, cette même génération n'a pu se qualifier pour Egypte 2006. Qu'est-ce qui a pu bloquer cette ascension brusque du sport roi béninois se demandaient les uns et les autres ?

La mauvaise gestion des responsables et le manque de professionnalisme de ces derniers qui ont privilégié leur intérêt personnel au détriment de celui de la nation. Et souvent, dans ces cas de figure, la note se paye cash. Des guerres de leadership au sein des membres de la fédération béninoise de football et bien d'autres choses encore ont tôt fait de plonger dans un gouffre le football béninois.

Mais loin de se décourager et avec une volonté farouche du régime du changement, les férus du cuir rond ont commencé par y croire encore et cahin-caha, le rêve de voir le drapeau national flotter une fois encore lors d'une phase finale va se réaliser avec une deuxième CAN en 2008 au Ghana. Si le bilan fut le même comme à Tunis en 2004, cette 2ème participation a quelque peu sonné le glas et a permis avec toujours cette volonté du gouvernement de voir le team national se qualifier pour une 3ème phase finale en Angola en 2010. Cette 3ème participation a été une occasion de mieux faire que les deux premières.

Il convient de noter que 50 ans après les indépendances, notre pays a participé à trois phases finales de Coupe d'Afrique des nations. Un bilan négatif qui annonce des jours sombres pour le football béninois où malgré la volonté du gouvernement et le désir ardent des mordus du cuir rond de voir rayonner le sport roi béninois dans la sous-région et pourquoi pas sur le continent africain.

Grands chantiers et perspectives d'avenir

N'est-il pas temps de finir avec l'amateurisme, l'improvisation qu'on observe chez ceux qui dirigent notre football ? Allons-nous parler que du team national ? Depuis les indépendances, les clubs béninois engagés dans les différentes compétitions statutaires de la Confédération africaine de football (CAF) sont toujours éliminés dès le premier tour mais il faut signaler les performances des Dragons de l'Ouémé qui ont réussi à atteindre les ½ finales de la coupe d'Afrique des vainqueurs de coupe actuel coupe de la confédération et le Mogas 90 de la Sonacop qui a réussi la même performance en coupe de l'Union des fédérations ouest-africaine de football (Ufoa).

Il faut à partir de cet instant penser à la formation de base seul gage du développement du sport en général et du football en particulier car l'espoir du renouveau du sport roi béninois est encore permis. Mais le bras de fer qu'on observe depuis décembre dernier où une crise sévit entre le camp Victorin Attolou élu lors d'une assemblée générale que la Fédération internationale de football association et la Confédération africaine de football refusent de reconnaître et le président Anjorin Moucharaf seul interlocuteur du sport roi béninois auprès des instances faîtières du football africain et mondial reste et demeure un handicap majeur pour nos différentes formations et le team national.

Cette crise qui a vu le jour suite à la démission de certains membres du comité exécutif a plongé le sport roi de notre pays dans un gouffre. Mais loin de baisser l'échine, le comité exécutif actuel a, dans cet imbroglio organisé un championnat dit de transition qui aujourd'hui a permis l'éclosion de certains athlètes et surtout la mise sur pied des équipes nationales junior et cadet. Tout cela a fait que les férus du cuir rond ont repris le chemin des stades. Et quand il y a l'union autour d'un idéal, les résultats ne se font pas attendre.

Ainsi, une formation a obtenu son visa pour la coupe d'Afrique des nations de sa catégorie. Cette formation des moins de 20 ans sera présente à la phase finale Algérie 2012. In fine, il faut surtout saluer les instances faîtières du sport roi et surtout le ministre de la Jeunesse et des Sports qui à un moment donné a mis un terme à la crise en présentant la situation en Conseil des ministres. Le Gouvernement a donc tranché et reconnu le comité exécutif présidé par Anjorin Moucharaf. Cette position de l'Exécutif a permis la qualification de l'équipe junior pour la coupe d'Afrique des nations.

C'est dire donc, qu'à défaut d'avoir la formation sénior en Afrique du Sud, et les cadets qui ont raté de justesse leur visa pour le Maroc, le peuple béninois pourra se contenter de la qualification de l'équipe junior. Là encore faudra resserrer les coudes autour de cette formation qui vient d'être classée à la faveur du tirage au sort pour le Can dans le groupe de trois poids lourds à savoir : l'Algérie, le Ghana et l'Egypte.

Toutefois, le sport roi béninois souffre d'un nouveau souffle.

Focus sur Jimmy Adjovi-Bocco

Béninois de naissance, né à Cotonou, le jeune bambin arrive en France à l'âge de deux ans. Il grandit dans l'Oise, près de Chantilly et commence à jouer au football tout en continuant ses études dans l’aéronautique. Il rejoint ensuite Creil, une sympathique équipe picard qui évolue en troisième division. Après deux saisons, il tape dans l’œil des recruteurs d’Amiens, le grand club de la région qui lui propose un contrat semi-pro. Mais l’aventure amiénoise tourne court. En fin de saison, Jimmy file à Rouen, solide club de D2.

Il joue pas mal de rencontres et le club termine à une honorable 4ème place. Pourtant il quitte les "Diables Rouges" en fin de saison et signe au Tours FC, qui évolue en 3ème division. Dès son premier exercice, le club remonte en D2 et se stabilise dans le ventre mou. Grâce à ses qualités athlétiques et son intelligence de jeu, il est titulaire indiscutable dans l'arrière-garde tourangelles.

Le RC Lens qui est de retour parmi l'élite du football français s'offre le béninois. Ça sent le recrutement de promu, un mec solide de D2 qui n’a aucune expérience du plus haut niveau mais qui est habitué aux rudes combats sur le terrain. Comme son premier match en professionnel face au FC Metz qui s’est soldé par une expulsion au bout de douze minutes. Mais derrière, c’est six années exceptionnelles. Droitier devenu latéral gauche, Lens fait mieux que se maintenir et commence à monter en puissance.

Avec des guerriers comme Eric Sikora, Robbie Slater, Jean-Guy Wallemme, Hervé Arsène et Pierre Laigle, la magie du football opère et révèle au plus haut niveau une génération qui a fait le bonheur du club Artois. Les Sang et Or remportent même la coupe d'été en 1994, qui était alors l'ancêtre de la coupe de la ligue joué durant la période estivale. Puissant et rapide, hargneux et courageux, le rasta a laissé beaucoup de souvenir dans le Nord-Pas-de-Calais.

Comme cette chevauchée fantastique de 80 mètres contre le grand OM de Bernard Tapie un soir de février 1992 dans un stade Bollaert plein a craqué. Où son centre pour un retourné-ciseau lumineux du sénégalais Jules Bocandé, à Nîmes, pour sa deuxième apparition alors qu'il avait pour consigne de ne pas lâcher d'une semelle Éric Cantona. Autre fait d'armes pour JAB, aucun but en première division de toute sa carrière.

En 1995-96, ses coéquipiers le désignent tous pour tirer un penalty lors du dernier match à Bollaert contre Le Havre. Jimmy ne le rate même pas, c'est bien le regretté Christophe Revault qui le détourne. C’est sans doute en partie pour cela qu’il est devenu aussi populaire auprès des supporters qui ont multiplié les produits dérivé, comme cette perruque collée sur le casque de mineur.

Après avoir raccroché les crampons, Jimmy Adjovi-Bocco a repassé des diplômes de commerce pour structurer sérieusement de magnifiques projets. Le plus iconique étant Diambars crée en 2003 avec d'autres footballeurs comme Patrick Vieira et Bernard Lama, centre de formation sénégalais mais surtout centre d'éducation qui a pour vocation d'apprendre aussi de vrais métiers à côté du ballon rond.

CAN 2019 : MAROC VS BÉNIN (HUITIÈMES DE FINALE)

Staff technique de l'équipe du Bénin (Périodes sélectionnées)

Voici un aperçu des entraîneurs qui ont marqué l'histoire de l'équipe nationale du Bénin :

Nom Début Fin
Gernot Rohr 28 juin 1953 14 févr.
Michel Dussuyer 28 mai 1959 26 juin 2018
Oumar Tchomogo 7 janv. 1978 28 mai 2015
Jean-Marc Nobilo 27 juil. 1960 1 sept. 2010
Hervé Revelli 5 mai 1946 1 mai 2004

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