L'Histoire de l'Équipe des États-Unis Féminine de Football: Une Dynastie du Soccer

L'équipe des États-Unis féminine de football est une force dominante dans le monde du soccer féminin depuis plusieurs décennies. Avec quatre Coupes du Monde et quatre titres olympiques à son actif, elle est considérée comme l'une des équipes les plus titrées de l'histoire de ce sport. Mais comment cette équipe a-t-elle atteint un tel niveau de succès ? Cet article explore l'histoire de l'équipe des États-Unis féminine de football, de ses débuts modestes à sa domination mondiale.

L'équipe des États-Unis féminine de football célébrant sa victoire à la Coupe du Monde 2019

Les Débuts du Football Féminin aux États-Unis

L’histoire du football au féminin parait récente, mais la première fois que des filles ont joué au football dans un stade, c’était en 1926. En effet, à l’époque les Frankford Yellow Jackets avaient instauré une pratique féminine et des équipes s’affrontaient à la mi-temps des rencontres de l’équipe locale.

Le match n’était pas très long, et visait d’abord à être un « show de mi-temps » mais la pratique existait ici comme dans d’autres clubs et les femmes qui jouaient étaient rémunérés pour le faire. Mais cette pratique « à minima » a vite disparu et il faudra attendre les années soixante pour revoir du football féminin ; il faut dire que les ligues ont mis entre temps pas mal de bâtons dans les casques des femmes désireuses de pratiquer le football contre rémunération (la pratique « loisir » ayant elle continué d’exister).

En 1965, un certain Sid Friedman va lancer une ligue semi-pro 10% féminine : la Women’s Professional Football League. Au début de la ligue, il n’y a que deux équipes de l’Ohio qui s’engagent (Akron et Cleveland) mais très vite la WPFL passe à 8 équipes lorsque Bowling Green, Buffalo, Cincinnati, Dayton, Pittsburg et Toledo engagent des équipes.

Comme les femmes n’ont pas la possibilité de jouer au Football en Université, les équipes engagent des basketteuses, des rugbywomen et des joueuses de foot (soccer) pour composer les équipes. Après quelques années cette ligue va péricliter et il faudra attendre 1999 pour qu’elle renaisse de ses cendres avec un match inaugural entre Lake Michigan Minx et les Minnesota Vixens : le match sera disputé au Metrodome de Minneapolis là ou jouaient les Vikings et se sera un tel succès que 6 matchs vont être organisé par la WPFL avant de créer une ligue de 11 équipes dont certaines vont tisser des liens avec des équipes NFL (les New England Storm auront ainsi un partenariat avec les Patriots). Mais cette renaissance ne durera que quelques années.

En 1970, l’équipe semi-professionnelle des Orlando Panthers va écrire l’histoire en faisant participer une femme Patricia Palinkas à un match « mixte » : Palinkas est donc la première femme de toute l’histoire a avoir joué au milieu des hommes ; elle était « holder » sur les coups de pieds joués par son mari lui aussi membre des Panthers.

4 ans plus tards, la National Women Football League (NWFL) né et deviendra très vite une ligue très populaire ; à l’origine de la NWFL, on compte 7 équipes réparties dans tous les USA et situés dans des villes de taille importante telles que Dallas (les Bluebonnets), Los Angeles (les Dandelions) , Detroit (les Demons) ou Colombus (les Peacesetters). Pour mesurer le succès médiatique et publique de cette ligue 100% féminine et semi-pro, il suffit de penser qu’en 1975 l’athlète féminine de l’année aux USA est la coureuse Linda Jefferson des Toledo Troopers qui va courir plus de 1.000 yards sur 5 saisons consécutives ce qui est une performance d’autant plus impressionnante que la NWFL ne compte que 8 matchs par ans (au final Jefferson signera 14 yards par portée sur sa meilleure année).

En 1976, la ligue compte déjà 3 divisions et 14 équipes et son succès est si grand que les équipes évoluent souvent dans des stades majeurs. Mais une histoire d’argent et le départ de quelques équipes dans une ligue concurrente (la Western States Women Professionnal football Ligue) va mettre en danger financier la NWFL et au début des années 80 toutes les équipes sont moribondes.

La ligue va continuer d’exister jusqu’en 1998 mais les équipes n’arrivent plus a payer régulièrement les joueuses et des forfaits vont régulièrement avoir lieu ce qui achève à la fin des années 90 cette ligue.

L'impact du Title IX

Un tournant majeur dans le développement du football féminin aux États-Unis a été l'adoption du Title IX en 1972. Cette loi fédérale interdisait toute discrimination fondée sur le sexe dans les programmes éducatifs bénéficiant d'un financement fédéral. Cela a conduit à une augmentation significative des opportunités sportives pour les femmes dans les écoles et les universités, y compris le soccer.

La loi « Title IX », qui interdit toute forme de discrimination liée au sexe dans les programmes éducatifs soutenus par l'État, sourit aux jeunes filles. Les universités sont obligées de se servir de manière égale de l'argent public pour financer le sport masculin et féminin. Résultat : beaucoup de parents encouragent leurs filles à faire du soccer pour obtenir une bourse universitaire. « Les femmes se sont approprié le soccer, loin d'être le sport national aux États-Unis. C'est devenu culturel », ajoute Mélissa Plaza, ex-joueuse professionnelle, notamment à l'Olympique Lyonnais et internationale française, par ailleurs psychosociologue.

De 120 000 lycéennes en 1991, on passe à 250 000 en 1999 et 375 000 en 2015. Le nombre de licenciées est estimé aujourd'hui à 1,7 million. Et un tiers des joueuses enregistrées par la FIFA sont américaines, pour la plupart issues de l'université. « Avec une base beaucoup plus large, l'élite n'en est que meilleure. » La France compte environ 180 000 licenciées.

La Domination Mondiale (1990-2010)

L'équipe des États-Unis féminine de football a rapidement gravi les échelons pour devenir une puissance mondiale dans les années 1990. Elle a remporté la première Coupe du Monde Féminine de la FIFA en 1991, battant la Norvège en finale. L'équipe a ensuite remporté les Jeux olympiques de 1996 à domicile, consolidant ainsi sa position de leader dans le sport.

Quand la bande à Michelle Akers, Carin Jennings et consorts remporte la première Coupe du monde féminine en 1991, seules douze équipes sont présentes en Chine. Avec un réservoir de joueuses aussi important et une concurrence qui s'y est mise tardivement, les Américaines ont accumulé les titres : trois mondiaux (1991, 1999, 2015), quatre olympiques (1996, 2004, 2008, 2012).

La fin des années 1990 a été marquée par l'émergence de Mia Hamm comme l'une des plus grandes stars de l'histoire du soccer féminin. Hamm a mené l'équipe des États-Unis à la victoire lors de la Coupe du Monde 1999, qui s'est déroulée à domicile devant des foules immenses. La finale contre la Chine, qui s'est jouée devant plus de 90 000 spectateurs au Rose Bowl de Pasadena, est considérée comme un moment emblématique de l'histoire du sport féminin.

Mia Hamm de son vrai nom a dominé la scène footballistique mondiale dans les années 1990. La puissance de sa frappe, comme en attestent ses nombreux coups francs, mais aussi la finesse de sa technique ont séduit beaucoup de personnes et principalement des hommes. Outre son talent balle au pied, Hamm a été durant des années un véritable modèle pour toutes les jeunes footballeuses aux États-Unis. Les sponsors n'ont pas été les derniers à exploiter cette popularité.

Hamm a rejoint l'université de North Carolina, et y reçoit le surnom de "Jordan" en comparaison d'un autre célèbre membre de cette université. Elle aide le club universitaire à remporter quatre titres de champion de NCAA en cinq années passé au club. Entre-temps, elle intègre à l'âge de 15 ans l'équipe nationale des États-Unis et devient la plus jeune joueuse à débuter en sélection internationale.

Lors de l'année 1999, elle remporte à domicile son 2ème titre de championne du Monde, victoire qu'elle remporte en finale aux tirs au but devant l'équipe de Chine au Rose Bowl de Pasadena dans ce qui constitue l'événement sportif féminin ayant admis le plus de spectateurs avec 90 000 personnes trois ans après le dernier record à Atlanta.

Lors de sa carrière, elle aura joué 17 ans pour son équipe nationale, accumulant 276 sélections mais surtout 158 buts, ce qui fait d'elle la meilleure marqueuse de l'histoire du football en match officiel, hommes et femmes compris.

En 2004, Mia Hamm et sa coéquipière Michelle Akers font partie de la liste FIFA 100, qui réuni les 125 plus grands joueurs de football de l'histoire, liste élaborée par le roi Pelé en personne.

Hamm a créé la fondation "Mia Hamm Foundation" pour soutenir les patients et leurs familles qui bénéficient de greffes de moelle osseuse en l'honneur de son frère Garrett décédé le 16 avril 1997 des suites d'une anémie aplasique.

L'équipe des États-Unis a continué à dominer le soccer féminin au début des années 2000, remportant les Jeux olympiques de 2004 et 2008. Cependant, la concurrence s'est intensifiée, et l'équipe a connu des difficultés lors de la Coupe du Monde 2011, où elle a été battue en finale par le Japon aux tirs au but.

Mia Hamm

L'Ère Moderne (Depuis 2010)

Malgré la déception de 2011, l'équipe des États-Unis a rebondi en remportant les Jeux olympiques de 2012 et la Coupe du Monde 2015. La finale de 2015, où les Américaines ont battu le Japon 5-2, a été un moment de rédemption pour l'équipe et a marqué l'émergence de nouvelles stars comme Carli Lloyd et Alex Morgan.

Vexée au plus haut point après ce titre envolé de 2011, les Américaines prennent une revanche cinglante et éclatante en finale 2015, contre ces mêmes Japonaises (5-2), dans la brume de Vancouver provoquée par des feux de forêt.

Le team USA éclaircit vite la situation avec un début de rencontre stratosphérique, et mène 4-0 au bout de... 16 minutes. Lloyd entre dans l'histoire avec son triplé. Le temps pour Carli Lloyd d'inscrire le premier triplé de l'histoire dans le temps réglementaire d'une finale mondiale.

L'équipe a également remporté la Coupe du Monde 2019, battant les Pays-Bas en finale. Cependant, l'équipe a été critiquée pour ses performances lors des Jeux olympiques de 2020, où elle a remporté la médaille de bronze.

La "Team USA", largement dominatrice, a battu les Pays-Bas pour conserver son titre de championne du monde. Un monde d'écart ! Les Américaines, trop fortes pour les Néerlandaises (2-0), ont logiquement été sacrées championnes du monde pour la deuxième fois de suite, après une implacable démonstration de force, dimanche au Groupama Stadium de Lyon.

Il y a eu parfois, pendant cette finale, la sensation que les États-Unis jouaient sur une autre planète. Car la première demi-heure, durant laquelle les Pays-Bas ont admirablement résisté, ne doit pas faire oublier l'essentiel : ces Américaines, quand elles évoluent au niveau affiché en seconde période, sont injouables.

L'équipe peut être fière d'elle-même, puisqu'elle a dominé le match, tirant 11 fois au but contre une seulement pour la Suède, sauvée maintes fois par sa brillante gardienne de but, Zećira Mušović. Toutefois, au football il faut savoir tirer profit des opportunités que l'on se procure et les États-Unis n'ont pas réussi à le faire.

Ces quelques chiffres mis en avant par ESPN montrent à quel point l’équipe des États-Unis faisait figure d’ogre de la compétition. Dans son histoire, la sélection nationale féminine de football américaine “a remporté quatre coupes du monde [sur huit compétitions qui ont eu lieu depuis 1991], un record, et elle tentait de remporter un troisième titre consécutif, ce qui aurait été un exploit sans précédent”. Jusqu’à aujourd’hui, ajoute le site du magazine sportif américain, “la pire performance de l’équipe nationale avait été la troisième place, obtenue à trois reprises”.

Les Défis et les Controverses

Malgré son succès sur le terrain, l'équipe des États-Unis féminine de football a également été confrontée à des défis et des controverses. L'un des problèmes les plus médiatisés a été la lutte pour l'égalité salariale entre les joueurs masculins et féminins. En 2019, les joueuses ont intenté une action en justice contre la Fédération américaine de soccer, alléguant une discrimination salariale fondée sur le sexe. Cette action a attiré l'attention du monde entier et a mis en évidence les inégalités persistantes dans le sport professionnel.

Les actions en justice font souvent avancer les causes aux États-Unis.

Rapinoe est célèbre pour ses batailles sur des questions telles les droits LGBTQI, les inégalités raciales, l’égalité des sexes et l’équité salariale. En 2022, elle est même devenue la première joueuse de football à recevoir la médaille présidentielle de la liberté.

Rapinoe était donc le symbole d’une équipe qui a fait plus que gagner des titres au football, et qui pour cette raison, a été remerciée après cette défaite par Jill Biden. Aujourd’hui, vous nous avez inspirés par votre courage et votre détermination. Nous sommes fiers de vous. Souvenez-vous toujours que vous encouragez les femmes et les filles du monde entier à se battre pour leurs rêves.”

L'équipe a également été critiquée pour ses performances lors de certains tournois, notamment les Jeux olympiques de 2020. Certains observateurs ont estimé que l'équipe était devenue trop complaisante et qu'elle avait perdu son avantage concurrentiel.

En réalité, l’équipe des États-Unis avait déjà été fortement critiquée pour ses performances dans la compétition avant ce match.

Des statistiques qui illustrent bien la déception que l’on respire ce dimanche 6 août dans le camp américain, après l’élimination subie aux tirs au but contre la Suède (5 - 4), alors qu’au bout de 120 minutes, les deux équipes étaient restées sur un score nul et vierge.

L'Avenir de l'Équipe des États-Unis Féminine de Football

L'équipe des États-Unis féminine de football continue d'être une force majeure dans le soccer féminin mondial. Avec une nouvelle génération de talents qui émergent, l'équipe est bien placée pour continuer à concourir pour les titres majeurs dans les années à venir. Cependant, l'équipe devra relever les défis de la concurrence croissante et des attentes élevées pour maintenir sa position au sommet.

Aujourd'hui il existe 3 ligues semi-pro (mais sans commune mesure avec les moyens de la LFL) aux Etats-Unis qui sont réservées aux femmes : l’Independent Women's Football League (IWFL), la Women's Football Alliance (WFA) et la Women's Spring Football League (WSFL).

La IWFL regroupe 28 équipes (dans 3 divisions) aux USA et au Canada et joue selon les règles NCAA depuis 2001. Les champions en titre sont les Carolina Phoenix pour la première division.

La WFA est de loin la plus connue avec ses 62 équipes (aux USA, Canada et Mexique) et ses 2.000 joueuses semi-pro (la ligue est semi-pro en terme d'organisation et par le fait que les joueuses touchent toutes un salaire mais ce dernier est souvent plus symbolique qu'un moyen de subsistance) malgré le fait qu’elle n’ait que 4 ans d’existence.

Quand à la WSFL, c’est la plus récente des 3 ligues et comme son nom l’indique elle se joue l’été (soit à l’opposé de toutes les autres saisons) et regroupe aujourd’hui 14 équipes semi-pro (il devrait y en avoir 19 à l’été prochain).

On mesure donc que le football féminin est bien implanté aux USA, même si l’histoire a été assez chaotique et que les 3 ligues semi-pro actuelles sont récentes et encore loin d’avoir atteint la masse critique de la NFL ou de ligues masculines comme l’Arena.

L'équipe des États-Unis féminine de football est bien plus qu'une simple équipe sportive. Elle est un symbole de l'autonomisation des femmes, de la lutte pour l'égalité et de la poursuite de l'excellence. Son histoire est une source d'inspiration pour les jeunes filles du monde entier qui rêvent de jouer au plus haut niveau.

Tableau des principaux succès de l'équipe des États-Unis féminine de football :

Compétition Nombre de titres Années
Coupe du Monde Féminine de la FIFA 4 1991, 1999, 2015, 2019
Jeux Olympiques 4 1996, 2004, 2008, 2012

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