Le basket suisse, malgré son potentiel, fait face à de nombreux défis qui entravent son développement. Cet article se penche sur la situation actuelle de l'équipe suisse de basket-ball, les obstacles rencontrés par les joueurs et les clubs, ainsi que les perspectives d'avenir pour ce sport en Suisse. Randoald Dessarzin, actuel coach des Pully-Lausanne Foxes et visage emblématique du basket suisse, s’est confié à nous sur ces problématiques.

Les Défis Financiers et le Manque de Soutien
Premièrement, le manque de sponsors est un vrai problème pour le basket suisse. Ce manque de concurrence nous empêche de voir les choses sur le long terme car d’une saison à l’autre, les finances varient énormément. Chaque mois, on essaie de s’en sortir, de trouver un moyen de décrocher des ressources pour développer le basket ici. Pour les clubs c’est très compliqué et parfois, ils sont obligés de se rendre à l’évidence et accepter une relégation comme ça a été le cas de Vevey Riviera Basket cette saison ou Boncourt et Swiss Central la saison dernière.
La quête de sponsors est primordiale et il faut y remédier, on est trop souvent relégué au second plan. Mais ce manque d’attrait de la part des sponsors découle d’autre chose, le manque de médiatisation. Les médias ne font presque rien pour nous mettre en avant et inciter les gens à nous suivre. Sans eux, ce sera beaucoup plus difficile de se développer et d’attirer les sponsors et, avant tout, les fans.
Le Rôle des Médias et de la Télévision
La télévision a un grand rôle à jouer à l’avenir. Les médias doivent prendre conscience du potentiel du basket suisse et nous aider à le développer. Lorsqu’un article paraît dans la presse locale, je le vois, il y a facilement une centaine de spectateurs en plus. C'est à la presse locale de rappeler aux gens qu’on existe, car d’un match à domicile à l’autre, il peut se passer presque un mois.
Les Joueurs et le Développement des Talents
Ces problèmes font que pour nous c’est difficile de construire des projets sur le long terme et ainsi améliorer la formation de jeunes joueurs. Mais si nos meilleurs jeunes s’expatrient, cela impacte le niveau de jeu du championnat suisse. Avec de tels joueurs c’était facile de performer, maintenant c’est plus compliqué d’attirer des joueurs de ce calibre car l’écart de salaire entre la Suisse et le reste de l’Europe est beaucoup plus conséquent.
Nous nous plaignons de ne pas avoir de « grands ». Pour cela, il faut mettre l’accent sur le développement de nos jeunes. Il faut inculquer cette mentalité aux coachs de ne pas hésiter à faire confiance aux jeunes. Même s’il manque d’expérience, il ne manque pas d’audace et c’est peut-être ça qu’il manque aussi, de l’audace. Il ne faut pas hésiter à se mettre en avant lorsque la chance nous est donnée.
Les Défis Structurels et les Solutions Possibles
Le premier est plus d’ordre structurel que sportif. On manque de bénévoles et ça se ressent à tous les niveaux. Mon cadet y joue et très souvent, à l’arrivée dans la patinoire, il y a un énorme dossier où il est écrit : “Vous voulez devenir bénévole et aider le club ? Tout de suite, ça donne envie de s’impliquer pour l’équipe, il faut être en mesure de faire la même chose pour le basket. Ensuite, je pense qu’il faut limiter le nombre d’étrangers à 3 maximum par équipe dans le cadre du championnat.
Dans le championnat français, il serait impensable d’avoir une situation similaire à celle de Vevey Riviera où la fédération tente toute sorte d’arrangements pour maintenir dans l’élite un club qui n’a pas payé ses joueurs depuis quelques mois. Il faut se montrer ferme et sérieux dans ses choix. Cette deuxième division ne peut pas récupérer tous les clubs qui ont des soucis financiers. Il faut trouver un système pérenne pour que tout le monde y voit plus clair.
La fédération doit jouer son rôle de garde-fou et éviter les écarts de la part des clubs. En plus de cela, elle doit à tout prix trouver une façon d’être cohérente dans ses choix. En plus de cet aspect-là qui est très dépendant des instances, il faut changer les mentalités. Le sport doit être perçu autrement que comme une passion ou un hobby.
Le Développement des Jeunes et les Filières Sport-Études
On doit offrir aux jeunes la possibilité de rêver et faire autre chose que simplement leur dire “c’est le sport ou les études”. En Suisse, on a la filière sport-études. Sur le papier c’est merveilleux, car ça permet aux sportifs d’avoir un suivi dans leurs études en plus d’un suivi sportif dans un centre de formation. Malheureusement, le sport prend souvent le dessus sur les études car c’est mal encadré. En plus, les débouchés ne font pas forcément rêver.
On a toutes les ressources nécessaires pour faire croître l’intérêt des gens autour de notre sport. Il faut continuer de miser sur les réseaux sociaux, car ça nous maintient en vie d’un point de vue médiatique. Randoald Dessarzin dresse un portrait alarmant mais réaliste du basket suisse. Cependant, il existe des solutions pour y remédier.
Focus sur Jamal George
Jamal George a entamé sa troisième saison aux Pully Lausanne Foxes, club de SBL, l’élite du championnat suisse de basket. Jamal George a été la grande révélation de SBL la saison dernière. Entre la réussite de sa saison chez les Foxes ou son désir d’être un élément clé en équipe nationale, Jamal aspire à de belles choses. Peut-être que d’ici quelques temps, il formera un duo en équipe suisse avec son frère Kyshawn George.
Le coach veut qu’on mette l’adversaire sous pression, qu’on se batte comme des chiens pour augmenter nos interceptions et mettre en difficulté l’adversaire. On a deux objectifs qui sont primordiaux qui nous suivent depuis le début de la saison et qui nous suivront tout au long de celle-ci. Premièrement, le coach veut que l’on maintienne à tout prix les adversaires en dessous des 75 points inscrits.
Cette année, je suis titulaire et j’ai beaucoup de temps de jeu alors forcément le risque de perdre une balle est plus important. Cette saison, avec l’arrivée des nouveaux joueurs à vocation plutôt offensive, j’ai un rôle de gestionnaire. Mais je ne dois pas oublier de scorer. Je dois trouver l’équilibre entre faire jouer les autres mais aussi me mettre en avant.
L’objectif ensuite, c’est d’accéder à la suite du parcours, car même si ça sera compliqué de décrocher un ticket pour la coupe du monde, cela reste un objectif pour l’équipe nationale. D’un point de vue personnel, j’aimerais être dans le groupe des 12 joueurs qui jouent et pas seulement, comme lors de mon premier rassemblement, juste être dans le groupe élargi. Pour la suite, je veux être un élément majeur et indiscutable de l’équipe.
Pour un pro c’est délicat de devoir attendre le soir pour avoir l’occasion de s’entraîner. C’est ça que m’a laissé mon frère aussi, de se dire que c’est possible d’atteindre le haut niveau. Je n’ai pas de rêve spécialement lié au basket, pour moi l’essentiel c’est de m’impliquer à 100% et de voir où ça me mène. Si dans 5 ans je suis un bon meneur de SBL en ayant toujours donné mon maximum, je serai très heureux et satisfait de mon parcours.
Autres Figures Clés du Basket Suisse
Thabo Sefolosha
Thabo Sefolosha a joué ses derniers matches sous les couleurs de Houston. Thabo Sefolosha, le premier Suisse à avoir joué en NBA, a annoncé qu'il avait mis un terme à sa carrière à 36 ans. Le Vaudois, drafté en 2006, restera le premier Suisse à avoir jamais intégré la ligue nord-américaine.

Marco Lehmann
Âgé de 27 ans, Marco Lehmann pratique le basket-ball comme professionnel depuis 2012. Il représente la Suisse sur la scène internationale du basket-ball, où il est considéré comme l’un des meilleurs tireurs en basketball 3×3 (variant du basket habituel qui oppose deux équipes de trois joueurs au lieu de cinq)
« C’est pour toutes les personnes qui ne veulent plus vivre une double vie, celles qui vivent dans un système où elles n’existent même pas. C’est pour les générations futures afin qu’elles puissent vivre une vie sportive libre sans se cacher. Je ne vais pas mentir, c’est aussi pour moi afin que je puisse vivre libre de ce fardeau. » a déclaré le sportif.
Marco Lehmann explique qu’il a longtemps gardé le silence car il a été confronté plusieurs fois à de l’homophobie dans le milieu du basket. Le sportif rejoint ainsi les quelques basketteurs professionnels qui ont fait leur coming out gay durant leur carrière comme Jason Collins, Derrick Gordon et Uri Kokia.
INTERVIEW : Victoire contre Monthey ! Randoald Dessarzin - par Stéphane Armenti
Le Basket 3x3 et ses Représentants
Le numéro un français. Cadre de l’Equipe de France depuis plusieurs années, médaillé de bronze à la Coupe du Monde FIBA 3x3, le MVP et vainqueur du Masters de Wuxi a emmené 3x3 Paris à son premier titre de Masters. Elu rookie de l’année, le meilleur scoreur de son équipe a emmené San Juan à la sixième place des Finales du World Tour FIBA 3x3 2023.
Avec son physique impressionnant de taille et de puissance, le Lituanien a même été élu MVP du Masters de Debrecen qu’il a remporté. Le numéro un suisse et leadeur de l’équipe de Lausanne, huitième à la finale du World Tour FIBA 3x3. La bête physique allemande n’en finit pas d’écraser des dunks en 3x3.
Classement des Meilleurs Joueurs de Basket 3x3
Voici un tableau présentant quelques-uns des meilleurs joueurs de basket 3x3 mentionnés :
| Joueur | Nationalité | Faits marquants |
|---|---|---|
| Franck Seguela | Français | Médaillé de bronze à la Coupe du Monde FIBA 3x3, MVP du Masters de Wuxi |
| [Nom du joueur lituanien] | Lituanien | MVP du Masters de Debrecen |
| Marco Lehmann | Suisse | Leadeur de l'équipe de Lausanne |
| [Nom du joueur allemand] | Allemand | Connu pour ses dunks puissants |