L'équipe de France de football a une histoire riche et parfois méconnue aux Jeux Olympiques. Des moments de gloire passés aux espoirs pour l'avenir, plongeons au cœur de cette aventure olympique.

L’équipe de France olympique 1984, autour du sélectionneur Henri Michel, avec sa médaille d’or.
Un Titre Olympique Gravé dans l'Histoire : Los Angeles 1984
Il y a quarante ans, l'équipe de France de football remportait le titre olympique aux JO de Los Angeles. L’équipe de France olympique de football participait aux JO de Los Angeles aux États-Unis et en revenait avec une médaille d’or. La seule encore à l’heure actuelle. Pour la première fois de l’histoire, un sport collectif remportait une médaille d’or aux Jeux. L’équipe de France championne olympique en 1984. C’était il y a quarante ans.
Cette récompense devait beaucoup à l’Occitanie. Parmi les champions olympiques d’alors, plusieurs étaient nés en Occitanie. Il y a d’abord le plus connu d’entre eux, Guy Lacombe, né le 13 juin 1955 à Villefranche-de-Rouergue (Aveyron). Le 30 novembre 1960 à Montauban (Tarn-et-Garonne). L’attaquant avait écumé les petits clubs de l’ES Saint-Victor-la-Coste au FC Villeneuve-lez-Avignon, avant de signer chez les Crocos entre 1979 et 1985.
Ils sont 17 joueurs à débarquer aux États-Unis en juillet 1984, quelques jours après le triomphe au Championnat d'Europe de Michel Platini et ses copains, dont Rust, le seul qui fera le doublé de l'été 1984. Les footballeurs professionnels sont autorisés aux JO, à condition d'avoir moins de 6 sélections en A et de ne pas avoir disputé de matches de Coupe du monde, en phase finale ou en qualifications. « On était une équipe de France B sans être tous forcément jeunes, se souvient Daniel Xuereb, alors âgé de 25 ans (Rust en avait 30 et Lacombe 29). C'était dur de se faire une place en A mais les JO étaient un tremplin. La preuve, j'ai joué la Coupe du monde 1986. On est partis aux États-Unis sans ambition particulière, entre copains, pour être mêlés aux athlètes et sans viser une médaille. »
Le boycott des JO par une quinzaine de pays du bloc de l'Est va ouvrir le tableau. Et les Bleus vont s'avérer plus forts que prévu. « On a joué une quinzaine de matches ensemble durant deux ans et on n'en a perdu aucun jusqu'à la médaille d'or à Los Angeles », se souviendra Jeannol. Avant d'en arriver là, l'équipe de France a dû sortir d'une poule où figuraient le Qatar (2-2), la Norvège (2-1) et le Chili (1-1), trois matches disputés sur la côte Est, si loin de « LA ». « On a suivi la cérémonie d'ouverture à la télé, avec le décalage horaire entre Los Angeles et notre camp de base d'Annapolis, à 4 000 kilomètres, raconte Dominique Bijotat. On a joué le premier tour dans des stades qui n'étaient pas des stades de foot. Au début, rien ne nous raccrochait aux JO. »
Lorsqu'ils débarquent sur la côte Ouest pour affronter l'Égypte en quarts de finale (2-0), les Français changent de braquet. Ils jouent de mieux en mieux, commencent à penser à une médaille et à vivre les Jeux à cent à l'heure. C'est dans cette atmosphère joyeuse et légère que les Bleus vont écarter la redoutable Yougoslavie en demi-finales (4-2 a.p.), puis le Brésil en finale (2-0). L'or est autour du cou mais l'avion du retour vers le Championnat de France les attend déjà.
Lens a fêté ses héros à la lensoise, Brisson, Sénac et Xuereb, co-meilleur buteur du tournoi avec 5 buts. « Un accueil fabuleux mais on n'a pas eu le temps de savourer et de partager », déplore ce dernier. Quarante ans après, un groupe What's App les unit toujours, sans Touré, perdu de vue. Ils sont fiers et s'aiment beaucoup, ils ont marqué l'histoire du sport français, mais sont-ils vraiment reconnus ?
Lors de l'ultime match, le 11 août 1984, sous les yeux de près de 102 000 spectateurs, toujours dans l'enceinte du Rose Bowl, les Tricolores ne font pas de sentiment face au Brésil de Dunga, futur capitaine de la Seleção championne du monde 1994 et finaliste du mondial 98 en France, et s'imposent 2-0. Le saviez-vous ? Daniel Xuereb, à l'époque joueur du Racing Club de Lens, est le seul joueur parmi les 18 à être né en région Sud, à Gardanne plus précisément.
En quart de finale, le 5 août, au fameux Rose Bowl de Pasadena, Daniel Xuereb inscrit un doublé décisif qui permet aux Français de se défaire de l'Égypte (2-0). Trois jours plus tard, toujours à Pasadena, les hommes d'Henri Michel doivent attendre la prolongation pour faire la différence face à une Yougoslavie très accrocheuse, pourtant menée 2-0 à la mi-temps et en infériorité numérique. Au terme d'un scénario incroyable, les Bleus obtiennent leur ticket pour la finale, grâce à des buts de Guy Lacombe et Xuereb (4-2). Les Bleus l'emportent heureusement deux jours plus tard face à la Norvège (2-1) et terminent la première phase en tête de leur groupe A, grâce à un quatrième point obtenu face au Chili (1-1) le 2 août. Le 29 juillet, les Tricolores démarrent la compétition olympique sur la côte est des États-Unis, entre Annapolis et Boston, avec un nul face à une surprenante équipe du Qatar (2-2).
Pourtant, s’il y en a bien un qui croyait en ce groupe de 17 joueurs, c’est Henri Michel. Si pour la première fois les joueurs pros pouvaient participer aux Jeux olympiques, pour l’ex-sélectionneur, qui a ensuite pris les rênes de l’équipe de France A (1984-1988), le critère primordial, c’était l’état d’esprit. « Il n’y a pas eu de calcul pour renforcer l’équipe après l’Euro. Il n’y a que le gardien Albert Rust, qui n’avait pas joué pendant l’Euro, qui a eu le droit de participer aux Jeux, explique Henri Émile, adjoint d’Henri Michel à cette époque. L’idée était de faire confiance au groupe qui s’était qualifié. Il ne voulait rien changer. Aujourd’hui encore, quand on leur demande quelle était la force de cette équipe, chacun des acteurs cite sans la moindre hésitation Henri Michel, leur ex-coach décédé en avril 2018.
Tout a commencé le 17 avril 1984 à Bochum, lors du match retour des barrages face à l'Allemagne de l'Ouest, dont le vainqueur était qualifié pour les JO. Trois semaines plus tôt, l'équipe d'Henri Michel, sortie première d'un groupe avec la Belgique et l'Espagne, avait fait 1-1 face à la RFA au Parc des Princes. Elle n'était pas favorite mais elle s'en est sortie. Malgré ce penalty rapidement accordé aux Allemands, frappé par Jimmy Hartwig et arrêté par Albert Rust (18e). Malgré l'expulsion de Philippe Jeannol, coupable d'un coup de poing sur Dieter Schatzschneider (56e). Mais grâce à la résistance de tout un groupe et à une frappe dans la lucarne de Guy Lacombe (1-0, 76e), tout au bout d'une contre-attaque de Jean-Christophe Thouvenel. « Émotionnellement, ce n'était pas un match comme un autre, racontera Lacombe, car toute la France était à la fois fière et traumatisée de ce qui s'était passé à Séville, deux ans plus tôt, en demi-finales du Mondial (éliminée par la RFA, 3-3 a.p., 4-5 aux t.a.b.). »
JO 2024 : Thierry Henry à la Recherche d'un Nouveau Sacre
Dirigée par Thierry Henry, l’équipe de France olympique de football va tenter de décrocher l’or et imiter les Bleus sacrés à Los Angeles (Etats-Unis) en 1984. Va-t-elle mettre fin à quarante ans d’attente ?
Avant sa finale des JO 2024 face à l’Espagne, vendredi 9 août au Parc des Princes (18h00, France 3 et Eurosport 2), la sélection menée par Thierry Henry est déjà entrée dans l’histoire du football français. L’Équipe de France Olympique masculine de 2024 est seulement la deuxième de l’histoire tricolore à disputer une finale de JO, vendredi 9 août au Parc des Princes de Paris face à l’Espagne (18h00, en direct sur France 3 et Eurosport 2). Elle succède à celle victorieuse à Los Angeles en 1984 et sera, au pire, la deuxième à se parer d’argent après la sélection de 1900, médaillée rétrospectivement.
Dirigée par Thierry Henry, l’équipe de France olympique suscite de nombreux espoirs aux JO 2024 et a clairement affiché son objectif de décrocher l’or. «On vise l’or et rien que l'or. On est chez nous. On est assez ambitieux et on n’a pas peur, avec la qualité que l’on a dans l’équipe», a insisté le milieu de terrain Manu Koné. La route s’annonce longue pour les Tricolores, qui seront opposés aux États-Unis, à la Guinée et la Nouvelle-Zélande lors de la phase de groupes.
Mais en cas de sacre le 9 août prochain, les coéquipiers d’Alexandre Lacazette succéderaient aux Bleus sacrés à Los Angeles (États-Unis) en 1984. Avec à leur tête le regretté Henri Michel, décédé en avril 2018, ils avaient décroché l’unique médaille d’or remportée par l’équipe de France de football aux Jeux olympiques. En finale, ils avaient battu le Brésil (2-0) grâce à des buts de François Brison et Daniel Xuereb, qui avait terminé meilleur buteur de la compétition (5 buts).
Depuis ce sacre, l’équipe de France n’a guère brillé aux JO avec seulement deux participations lors des neuf dernières éditions et une élimination dès le 1er tour il y a trois ans à Tokyo (Japon).
Statistiques Clés
- 16 : Le nombre d'équipes participantes au tournoi de football masculin des Jeux Olympiques de Tokyo (22 juillet - 7 août).
- 25 : L'Équipe de France Olympique n'avait plus participé aux JO depuis ceux d'Atlanta en 1996.
- 1 : Les Tricolores ont décroché la médaille d'or olympique au tournoi de football des Jeux de Los Angeles en 1984. L'équipe conduite par Henri Michel avait battu le Brésil (2-0).
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France vs Espagne : Une Finale Attendue aux JO 2024
C’est une place forte du football européen que la France va affronter en finale des JO 2024. Cette saison, l’Espagne a non seulement remporté le championnat d’Europe de l’UEFA - après avoir éliminé les Bleus en demi-finale (2-1) -, la Ligue des nations féminine devant la France (2-0) et les Euros U19 masculin (en battant la France en finale 2-0) et féminin mais aussi, avec ses clubs, les Ligues des champions masculine (Real Madrid CF) et féminine (FC Barcelone).
Aux JO, elle compte deux participations de moins que la France (douze contre quatorze) mais deux médailles d’argent de plus (vainqueure chez elle en 1992, finaliste en 2000 et 2020, argentée à l’issue d’un tournoi de repêchage en 1920). Les deux nations se sont affrontées une seule fois dans le cadre d’un tournoi olympique, en 1996 en phase de groupes sans parvenir à se départager (1-1).
Fermin Lopez (FC Barcelone) et Alex Baena (Villarreal CF), lauréats de l’Euro début juillet, figurent dans les rangs d’une sélection qui a appelé comme plus de 23 ans l’attaquant Abel Ruiz (SC Braga) et les défenseurs Juan Miranda (Real Betis) et Sergio Gomez (Manchester City FC), tous les trois nés en… 2000. Elle aligne aussi le plus jeune joueur du tournoi, le Barcelonais Pau Cubarsi et ses 17 ans et demi, et le gardien Arnau Tenas, habitué du Parc des Princes avec son club du Paris Saint-Germain.

Thierry Henry et son équipe sont à une victoire du record de succès en une édition du tournoi olympique masculin.
Joueurs Clés
Cinq joueurs tricolores comptent six sélections en tournois olympiques (record français), tous médaillés d’or en 1984 : William Ayache, Dominique Bijotat, Guy Lacombe, Albert Rust et Daniel Xuereb. Ils peuvent être rejoints par sept autres Bleus, qui ont obtenus cinq capes avant la finale face à l’Espagne : Maghnes Akliouche, Loïc Badé, Joris Chotard, Arnaud Kalimuendo, Castello Lukeba, Jean-Philippe Mateta et Michael Olise.
Jean-Philippe Mateta est le troisième Bleu à marquer lors de trois matches consécutifs d’un même tournoi olympique, après Charles Tamboueon (1968) et Daniel Xuereb (1984). Quatre Tricolores ont inscrit quatre buts en tournois olympiques, Jean Boyer (1920, 1924), André-Pierre Gignac (2020), Jean-Philippe Mateta (2024) et Paul Nicolas (1920, 1924, 1928). Daniel Xuereb détient le record de buts en une seule édition d’un tournoi olympique (5), que peut égaler (voire dépasser) Jean-Philippe Mateta s’il marque lors de la finale des JO 2024.
Lors de la finale contre l’Espagne, Thierry Henry va égaler Henri Michel au nombre de matches d’une équipe de France dirigée en tournois olympiques. Le sélectionneur des Bleus 2024 peut, comme son prédécesseur, ramener l’or en cas de succès, tout en l’ayant déjà dépassé en nombre de victoires en tournois olympiques masculins (cinq contre quatre).
| Statistique | Nombre |
|---|---|
| Tournois olympiques masculins disputés par la France | 14 |
| Matches de tournois olympiques masculins disputés par la France | 41 |
| Victoires tricolores en tournois olympiques masculins | 21 |
| Médailles remportées par le football français aux JO | 3 |