L'Évolution de la Taille et du Poids dans l'Équipe de France Féminine de Rugby

Le rugby féminin a connu un essor remarquable ces dernières années, avec une professionnalisation croissante. Les performances dans ce sport sont étroitement liées à la composition corporelle des joueuses. Cet article se penche sur la taille et le poids moyens des joueuses de l'équipe de France féminine de rugby, ainsi que sur l'évolution des gabarits dans le rugby professionnel.

Madoussou Fall : Un Exemple de Gabarit Imposant

Si vous avez déjà regardé un match de l'équipe de France ces derniers mois, vous n'avez pas pu la rater. Madoussou Fall, c'est cette joueuse plus grande que toutes les autres, qui saute en touche, plaque à tout va et mène des raids dévastateurs ballon sous le bras, des adversaires parfois accrochées à ses longues jambes. Une terreur des terrains. Il est difficile de l'imaginer intimidée, ou complexée par son gabarit. Pourtant, la jeune femme de 24 ans, qui se décrit comme « réservée », a mis du temps avant d'appréhender sa taille, de l'apprivoiser, puis d'en faire un atout incontestable sur le pré.

« À partir de l'âge de 11 ans, j'ai énormément grandi, rembobine-t-elle d'une voix douce. Je tiens ça de ma mère, qui mesure 1,84 m. Quand, à cet âge-là, tu deviens plus grande que tout le monde, tu te poses des questions. J'aurais aimé être plus dans les standards, être comme les autres, même si, en grandissant je me suis aperçue que j'étais comme les autres. »

La Découverte du Rugby et l'Acceptation de Soi

Les railleries qu'elle subit alors participent à la complexer. « Je voulais faire la même taille pour ne pas avoir à subir de moqueries, reconnaît-elle. À cet âge-là, les enfants ne sont pas forcément les plus sympathiques. On me comparait à une girafe, à la Tour Eiffel. Au début, ça me rendait triste. »

Puis la Francilienne a trouvé sa voie. Et tout a changé : « J'ai commencé le rugby lors d'une initiation scolaire. Ma prof de sport m'a dit que je me débrouillais bien, elle m'a conseillé de me rendre dans le club de Tremblay (Ille-et-Vilaine). J'y suis allée un mercredi après-midi, j'ai trouvé ça trop bien, le sport acceptait tous les profils, je m'y sentais vraiment bien. »

La joueuse en herbe s'aperçoit que son gabarit peut faire des ravages au rugby. Elle s'y exprime, s'y défoule. « Je roulais déjà sur tout le monde, j'étais plus grande, rigole-t-elle. Avant, je savais que ma taille pouvait être un avantage, parce que ma mère me disait que ça avait été le cas pour elle au basket. Mais avant de commencer le rugby, je n'avais pas trop réalisé ça. Et c'est à ce moment-là que les copains et copines ont commencé à me dire qu'ils voulaient être dans mon équipe, surtout pas contre moi. Même s'il n'y avait pas beaucoup de contacts, comme j'étais plus costaude, je faisais déjà un peu mal et plus personne ne s'amusait à dire quoi que ce soit contre moi et ma taille. »

Si elle a ensuite dû faire accepter à ses parents sa passion pour le rugby - « c'était une discipline inconnue dans ma famille, ils disaient que c'était un sport d'hommes, il y a eu beaucoup de préjugés mais ils ont fini par comprendre et maintenant ils viennent m'encourager aux matches » - Madoussou Fall n'a cessé de progresser.

Devenue internationale il y a trois ans, l'actuelle joueuse du Stade Bordelais figure parmi les meilleures deuxième-ligne du monde. La semaine dernière, elle a ainsi été l'une des Françaises les plus en vue contre l'Afrique du Sud pour le match d'ouverture de la Coupe du monde. Et elle sera l'un des atouts majeurs des Bleues ce matin contre l'Angleterre. Car son gabarit détonne toujours, même au plus haut niveau.

« On commence tout juste à voir apparaître des profils comme ceux de Madoussou, estime Gaëlle Mignot, entraîneure adjointe des Bleues en charge de la mêlée et des attitudes au contact. Pour notre équipe, elle est très intéressante, elle est mobile, saute en touche malgré sa corpulence, joue les duels, franchit et peut faire jouer derrière elle. Elle fera parler d'elle dans les années à venir, et même très prochainement. »

D'autant que la jeune femme, qui dispose d'un diplôme d'assistance en ressources humaines et prépare actuellement un BPJEPS pour être éducatrice sportive, apparaît épanouie. « J'aime trop ma grande taille maintenant, se réjouit-elle. Sur le terrain, c'est un outil qui peut être imparable. C'est compliqué de me plaquer, de m'atteindre en touche si je saute bien, je peux faire des offloads. Et dans ma vie en société, j'aime aussi être grande. Quand tu n'es pas dans la norme, de taille ou de poids, on te juge. Si je porte des talons, je sens des regards surpris, certains doivent se dire elle est trop grande, d'autres elle est trop belle, c'est peut-être mitigé mais ça ne me dérange absolument pas. »

Analyse de la Composition Corporelle des Joueuses de Rugby

Une étude a été menée pour déterminer et comparer la composition corporelle et les variables anthropométriques des joueuses de l’équipe de France à VII et à XV. La composition corporelle de 53 joueuses de rugby professionnelles issus des équipes nationales Françaises à XV (17 Avants et 12 Arrières) et à VII (10 Avants et 14 Arrières) a été mesurée par DEXA (Dual-Energy X-ray Absorptiometry). Ces données ont été obtenues au début de la saison 2109-2020.

Les variables retenues étaient l’âge (années), la taille (cm), le poids (kg), l’indice de masse corporelle (IMC) (kg.m−2), taux de masse grasse (BF%)(%), la Concentration minérale osseuse (BMC)(g), la masse grasse(FM)(kg) et maigre (LM) (Total, Bras, Jambes et Tronc) (kg) et les index de masse grasse (FMI) et maigre (FFMI) (kg.m−2). Les différences anthropométriques ont été identifiées via des tests statistiques non paramétrique de Mann-Whitney.

Résultats de l'Étude

Les données corporelles des joueuses à VII différent significativement des joueuses à XV. Les athlètes du VII possèdent une masse corporelle (68,0±6,5kg vs 74,8±10,8kg), un IMC (23,3±1,6kg/m2 vs 25,3±2,9kg/m2), un BF% (18,4±3 % vs 23±4,6 %), un BMC (2,8±0,3kg vs 3,1±0,4kg) et une FM totale (11,7±2,7kg vs 16,3±5,3kg) et régionale plus faibles que les joueuses à XV. Le FM Index était également en faveur des joueuses à 7 (p<0,001) (4,0±0. 9kg/m2 vs 5,5±1,7kg/m2).

Des différences similaires (p<0,05) ont été retrouvées en comparant les avants des équipes à XV et à VII. En revanche, aucune différence n’a été retrouvée en effectuant ces analyses sur les valeurs totales entre les arrières des deux groupes. En comparant les arrières et les avants de l’équipe de rugby à XV, il a été retrouvé des différences significatives (p<0,05) selon ces mêmes variables mais également une masse maigre totale (54,0±5,0kg vs 46,3±3,8kg ; p<0,001) et régionale plus importante en faveur des avants. De même, le FFM Index était plus important pour les avants (18,9±1,2 vs 17,3±1,0kg/m2).

En ce qui concerne l’équipe de rugby à VII, seul l’IMC différait de manière statistiquement significative entre les arrières (22,8±1,50) et les avants (24,1±1,52). Par contre, aucune différence statistique n’a pu être mise en évidence selon les critères totaux étudiés en comparant les joueuses évoluant aux postes d’arrière de l’équipe de France à XV et l’ensemble des joueuses (avants et arrières) de l’équipe de France à VII.

En résumé, les joueuses à VII sont plus athlétiques que joueuses à XV dans leur ensemble. Cependant, il n’est pas retrouvé de différences significatives si l’on compare les profils anthropométriques des joueuses à VII et les arrières à XV.

Echauffement avant l'entrainement collectif

Évolution des Gabarits dans le Rugby Professionnel Masculin

Une étude réalisée par ROBERTI Kévin en 2020 a analysé les statistiques anthropométriques (taille et poids) de 1945 rugbymen évoluant de l’Equipe de France à la Fédérale 1. L'objectif était d'avoir un support pour comparer où se situent les rugbymen en fonction de leur niveau.

L'étude a révélé que les joueurs étrangers ont une densité physique, en moyenne, plus imposante que les joueurs français, puisqu’ils sont toujours plus grands et/ou plus lourds que les joueurs français respectivement dans leur catégorie. La taille est un facteur non modifiable, tandis que le poids peut être influencé par la préparation physique.

Selon une étude de Bauduer et coll. (2006), la taille des avants a augmenté de 3.28% en 30 ans, soit 2,3cm tous les 10 ans. La taille des arrières a augmenté de 4%, soit 2,33cm tous les 10 ans. Les mensurations moyennes d’un rugbyman international en 2023 sont de 1,86 m pour 102 kg.

Le XV de France : Un Exemple de Diversité de Gabarits

Fabien Galthié a sélectionné un groupe de 33 joueurs pour la Coupe du monde de rugby 2023. En moyenne, les joueurs comptent 24 capes à leur actif et ont 26,8 ans. Au niveau du physique, les joueurs du pack avant pèsent en moyenne 114 kg, tandis que les joueurs du pack des arrières pèsent en moyenne 89,4 kg. La taille moyenne du XV de France est de 1,87 m.

Le joueur le plus costaud est Romain Taofifenua (2,03 m pour 135 kg), tandis que le plus petit est Antoine Dupont (1,74 m pour 86 kg). Cette diversité de gabarits est une caractéristique du rugby, où chaque poste requiert des qualités physiques spécifiques.

Tableau des Mensurations Moyennes du XV de France

Type de Joueur Poids Moyen Taille Moyenne
Pack des arrières 89,4 kg -
Demi-de-mêlés 83 kg 1,75 m
Piliers 121 kg 1,85 m
Pack avant 114 kg -
Deuxième ligne 116 kg 1,99 m
XV de France (Moyenne) 100 kg 1,87 m

Comparaison avec d'Autres Équipes et Sports

Les Tonga remportent la palme des joueurs les plus lourds, avec 107 kilos de moyenne. Le joueur le plus lourd de la compétition est Ben Tameifuna (148 kg pour 1,82 m). Côté taille, le joueur le plus grand est Richie Arnold (2,08 m). Le Japonais Naoto Saito est le plus petit (1,65 m), et Yutaka Nagare est le plus léger (69 kg).

Le rugby possède la plus grande variété de gabarits des sports collectifs. Au basket, la taille moyenne est de 1,99 m. En foot, les joueurs mesurent entre 1,75 m et 1,95 m et pèsent entre 65 et 85 kilos. En handball (1,94 m), les Français se tiennent tous entre 1,82 m et 2,02 m. Au volley (1,97 m), les Bleus entre 1,83 m et 2,08 m.

tags: #equipe #de #france #feminine #rugby #taille