Les turbulences et les nouveaux espoirs de l'équipe du Portugal de rugby

Le rugby portugais est entré dans une nouvelle ère durant le Mondial 2023, mais les échéances suivantes du Portugal se sont révélées plus compliquées. L’euphorie du Mondial semble déjà loin. Découvrons les défis récents et les changements de leadership qui ont marqué cette équipe.

Un nouveau cycle après la Coupe du Monde 2023

Sous l’égide de Patrice Lagisquet, les Portugais s’étaient inclinés face aux Gallois (8-28), avaient arraché un nul contre la Géorgie (18-18), puis étaient montés en puissance malgré une défaite logique face à l’Australie (14-34), avant de signer un exploit retentissant contre les Fidji (24-23). Mais derrière les sourires, le changement était déjà en marche.

Lagisquet a mis un terme à sa collaboration avec la FPR, laissant sa place à Sébastien Bertrank. L’ancien arrière ou ouvreur de l’AS Montferrand n’a pas fait long feu sur le banc d’Os Lobos.

Un intérim compliqué

Les Portugais ont disputé le Rugby Europe Championship 2024 sous les ordres de Daniel Hourcade, alors « consultant World Rugby ». Par la suite, l’ancien entraîneur du Biarritz Olympique, Simon Mannix, est arrivé en pompier de service pour tenter de préserver cette dynamique. Depuis son arrivée en sélection, Mannix n’a pas réussi à remettre la marche en avant pour la sélection portugaise. Les loups affichent même l’un des pires bilans de son histoire depuis 2015.

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Tensions internes et changements dans le staff

Malgré la présence de joueurs bien installés en France comme Nicolas Martins, Raffaele Costa Storti, Lucas Martins ou Samuel Marques, « Os Lobos » peinent à retrouver le niveau affiché lors de la Coupe du monde 2023. Cet été, le Portugal ne jouera qu’un seul test. Selon nos informations, des tensions ont émergé au sein du groupe portugais, ciblant notamment les adjoints de Mannix.

Olivier Azam (avants) et Olivier Rieg (préparateur physique) auraient récemment été écartés de la sélection. Par ailleurs, plusieurs joueurs auraient exprimé leur intention de faire grève cet été. Le rugby portugais traverse une période délicate.

Anthony Tesquet : un nouvel entraîneur pour les trois-quarts

Depuis début juin, le Lot-et-Garonnais Anthony Tesquet, passé comme joueur au SUA ou à Valence-d’Agen, et dont le petit frère évolue actuellement à Layrac, est le nouvel entraîneur des trois-quarts du Portugal. En septembre, je suis allé faire une intervention au Portugal pour une équipe qui s’appelle Lusitanos. Ils font des matchs, ils appellent cela une Super Cup.

En fait, c’est une sélection de Portugais qui sont sur place, et jouent contre des sélections roumaine, belge, espagnole… C’est un petit championnat européen. Je suis intervenu sur de la technique au poste, et avec les buteurs durant une semaine. Il y a du court terme et du long terme.

Le fait que l’équipe soit déjà qualifiée pour la prochaine Coupe du monde enlève une épine du pied. Cela permet d’enlever un peu de pression, et de bosser plus en profondeur. Après, il y a du court terme avec des test-matches en novembre, et le Tournoi B en février-mars. Si on bosse plus en profondeur, il y a un autre objectif.

C’est de mettre en place un plan de développement des jeunes joueurs. Cela commence par une belle génération des moins de 20. Il faut appuyer sur ces joueurs qui sont encore au Portugal, et les faire progresser au fur et à mesure, en mettant un plan de développement sur ces joueurs-là. Ce n’est pas que l’équipe nationale. C’est vraiment du travail en profondeur, et aussi aller voir les clubs qui sont basés à Lisbonne. C’est bouger un peu dans le pays pour intervenir un peu partout.

La plupart des joueurs portugais évoluent en France. Même s’il y en a de plus en plus devant, ce sont beaucoup de trois-quarts qui ont commencé à se faire un trou, que ce soit en Pro D2 ou en Top 14. Ce sont des joueurs qui sont beaucoup passés par le 7, avec une belle technique individuelle, et des grosses qualités de vitesse.

Ce qui est intéressant, et ce qui me plaît, c’est que cela rejoint un peu ma philosophie. Notre philosophie à tout le staff est de mettre un maximum de vitesse, et jouer au ballon. C’est d’avoir un jeu plus complet. C’est sûr que la densité fera toujours un peu défaut, donc il faut trouver, surprendre, proposer des choses que les autres équipes ne font pas, et baser sur cela.

Il faudra être très bon aussi sur tout ce qui est contre-attaques et turn-overs, où ces joueurs-là excellent et apprécient ce style de jeu. Il faut tendre sur cela. On ne pourra pas les changer. On ne fera pas du jeu à une passe.

Simon Mannix

Simon Mannix : un nouveau souffle pour les Loups ?

Le Néo-Zélandais Simon Mannix, entraîneur de Biarritz depuis décembre, prendra en charge la sélection portugaise à la fin de la saison. Depuis la démission de Sébastien Bertrank, deux semaines seulement après s'être engagé, le Portugal, révélation de la dernière Coupe du monde sous la houlette de Patrice Lagisquet qui n'avait pas souhaité poursuivre l'aventure, fonctionnait sans sélectionneur et a disputé le REC (Rugby European Championship) chapeauté par Daniel Hourcade, l'ancien coach de l'Argentine et désormais consultant pour World Rugby.

Mais mercredi, la Fédération portugaise a annoncé que Los Lobos seraient désormais entraînés par le Néo-Zélandais Simon Mannix (52 ans), qui prendra ses fonctions en juin, à la fin de la saison de Pro D2 avec Biarritz, qu'il a rejoint en décembre. Ancien manager de la Section Paloise (2014-2019), passé par le Racing 92 et le Munster, Mannix a déjà entraîné une sélection internationale, Singapour, de 2019 à 2021. Il aura pour mission de qualifier le Portugal pour la Coupe du monde 2027 (en Australie).

Pourtant, Mannix a été assez convaincant pour taper dans l'œil de la fédération portugaise, qui l'a donc recruté avec pour objectif : une nouvelle qualification pour la Coupe du monde de rugby en Australie en 2027. Il reste toutefois au club jusqu'à la fin de la saison. Le Portugal est sans entraîneur depuis octobre dernier, lorsque Sébastien Bertrank a démissionné deux semaines seulement après avoir signé avec les Lobos.

Durant ces mois à la tête du Biarritz Olympique, Simon Mannix, adepte d'un jeu porté vers l'attaque, a pu mesurer tout le potentiel des Lobos avec notamment de nombreux arrières présents en Pro D2, à l'instar du Biterrois Raffaele Costa Storti, meilleur marqueur du championnat, des Columérins Rodrigo Marta et Vincent Pinto, ou encore du Montois Simao Bento.

Il retrouvera donc la saison prochaine le costume de sélectionneur, un costume qu'il a déjà porté de 2019 à 2021 en tant que sélectionneur de Singapour.

Sous contrat avec Biarritz, toujours à la lutte pour son maintien en Pro D2, jusqu’en fin de saison, Simon Mannix ne faisait visiblement pas partie des plans des nouveaux propriétaires et dirigeants du BO. Mannix, 52 ans, a pour objectif de qualifier « Os Lobos » (Les Loups) pour le Mondial 2027, a précisé la Fédération portugaise dans un communiqué.

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