Cet article explore l'histoire des entraîneurs de l'équipe du Japon de football, l'impact d'Arsène Wenger et le parcours exceptionnel de Hidetoshi Nakata, star du football japonais.

Les entraîneurs marquants de l'équipe nationale japonaise
La Fédération japonaise (JFA) a connu de nombreux sélectionneurs au fil des ans, chacun apportant sa propre vision et stratégie. Récemment, la JFA a confirmé qu'elle se séparait de son sélectionneur, le Bosnien Vahid Halilhodzic. C'est Akira Nishino, ex-international puis coach du Nagoya Grampus Eight et directeur technique national depuis 2016, qui prendra la relêve à la tête des Samouraï Blue. Mais revenons sur quelques figures emblématiques qui ont marqué l'histoire de cette équipe.
Philippe Troussier
Seul Français passé sur le banc du Japon (1998-2002), Philippe Troussier garde un lien très fort avec l’archipel asiatique. En 2002, vous aviez été le premier sélectionneur à qualifier le Japon en 8e de finale. On avait marqué les premiers points du Japon en Coupe du monde (0 point lors de sa première participation en 1998). On avait terminé premiers du groupe, avec 7 points.
Troussier avait même été invité à faire un discours dans le vestiaire des joueurs japonais. Preuve du lien qui l’unit au pays du Soleil Levant, dont il suit assidûment le parcours au Mondial.

Philippe Troussier (à gauche) en compagnie du premier ministre japonais, Junichiro Koizumi (au centre), le 8 mars 2002, avant la Coupe du monde au Japon et en Corée du Sud.
Arsène Wenger et son impact au Nagoya Grampus Eight
En l’espace de dix-huit mois, le club anglais et son homologue japonais ont vu débarquer Arsène Wenger sur leur banc de touche.
Quand la saison 94 s'est achevée, l'équipe végétait ainsi en bas de classement d'une division coupée en deux sections. C’était déjà le cas à l’issue de la première saison de J.League en 1993, si bien que les attentes n'étaient pas grandes à l'aube du nouvel exercice.
Bien entendu, ils avaient tort. Car si le passage de Wenger au Japon a été finalement assez court, il fut une indéniable réussite.
Wenger avait été limogé par Monaco six mois avant son arrivée au Japon. Fondé en 1939 sous le nom de Toyota Motor SC, le club appartenait au constructeur automobile et il était devenu professionnel en même temps que le lancement de la J.League en 1993.
En débarquant en janvier 1995, Wenger a surtout découvert un championnat qui n’avait que deux ans d’existence.
Malgré son nouvel homme fort sur le banc, Nagoya a débuté sa troisième saison professionnelle sur les mêmes bases que les deux précédentes. Un peu à l’image de ces patrons occidentaux qui font souvent face à des silences confus quand ils demandent à leurs collaborateurs japonais la manière de les aider à travailler plus efficacement.
Ce qui finalement convenait plutôt bien à Wenger."Il y avait un mur entre nous, se souvient le coach français quand il repense à cette période.
Autre point positif de ces premiers mois au Japon : l’absence de relégation dans la J.League.
Dans un Japon où il est particulièrement facile pour les étrangers de se couper des interférences extérieures et de se concentrer entièrement sur le travail, la détermination de Wenger et son dur labeur ont commencé à produire leurs effets.
Après deux années en J.League, il a expliqué pourquoi cet environnement avait été parfait pour un homme comme Wenger, tellement déçu par le scandale des matchs truqués de Marseille quelques années auparavant.
Arrivé pendant la saison précédente, le milieu de terrain yougoslave, passé notamment par Marseille, avait récolté plus de cartons jaunes que de récompenses d'homme du match.
Malgré son départ raté, Nagoya a su rectifier le tir pour prendre la quatrième place (sur 14) de la première phase du championnat.
Mais il a fait encore mieux l’année suivante en remportant la Coupe de l’Empereur.
Compte tenu de sa réputation en Europe, le séjour du Français au Japon a toujours été destiné à être bref.
L'homme qui allait poser sa patte sur le football anglais avait été changé par son expérience au Japon. "J'ai appris à lâcher prise là-bas, a avoué Wenger.
Liste des entraîneurs de l'équipe du Japon de football
Voici une liste des entraîneurs qui ont dirigé l'équipe du Japon de football au fil des ans :
| Nom | Début | Fin |
|---|---|---|
| Akira Nishino | 9 avr. 2018 | 31 juil. 2018 |
| Vahid Halilhodzic | 12 mars 2015 | 9 avr. 2018 |
| Javier Aguirre | 24 juil. 2014 | 31 janv. 2015 |
| Alberto Zaccheroni | 10 sept. 2010 | 24 juin 2014 |
| Takeshi Okada | 10 déc. 2007 | 2 juin 2010 |
| Ivica Osim | 20 juil. 2006 | 29 nov. 2007 |
| Zico | 1 juil. 2002 | 31 juil. 2006 |
| Philippe Troussier | 1 juil. 1998 | 30 juin 2002 |
| Takeshi Okada | 5 oct. 1997 | 31 juil. 1998 |
| Shu Kamo | 1 déc. 1994 | 4 oct. 1997 |
| Falcão | 11 févr. 1994 | 31 oct. 1994 |
| Hans Ooft | 1 mars 1992 | 31 oct. 1993 |
Hidetoshi Nakata : Une icône du football japonais
Top 10 Goals - Hidetoshi Nakata
Icône commerciale et première grande star, Hidetoshi Nakata a fait d'importantes contributions à l'évolution du football japonais tout au long de sa carrière. Première attraction du foot asiatique, il a ouvert la voie à toute une génération.

Début de carrière
Issu d'une petite ville au bas du Mont Fuji en 1977, il voulait devenir comptable quand il était plus jeune. Mais ses rêves d’additionner les chiffres se sont envolés lorsqu’il a mis les pieds sur un terrain de football. Rapide, très bon techniquement, le jeune gamin au look de héros de manga est un joueur né, doté d’une envie dévorante de marquer des buts.
Inscrit au Nirasaki High School, il entre dans l’effectif de son établissement et évolue dans les prestigieux tournois scolaires du pays. Numéro 7 sur le dos, le novice milieu de terrain enchaîne les prouesses entre 1992 et 1994. À l'âge de 14 ans, il est sélectionné en équipe Juniors du Japon et intègre le club de Bellmare Hiratsuka en J-League en 1995. Il dispute alors l’intégralité de la saison et marque à huit reprises, tout cela pour ses débuts en première division.
Les Jeux Olympiques d'Atlanta 1996
En 1996, il crève littéralement l'écran au jeux Olympiques d'Atlanta, à 19 piges, qui marque le retour des Japonais sur la scène olympique, après une traversée du désert de 28 ans. Les Asiatiques battent alors le Brésil de Ronaldo et Rivaldo 1 but à 0 en phase de groupes. Dommage, ce succès n’aura finalement servi à rien: une défaite face au Nigeria par la suite ruinera les espoirs de qualif’ pour les quarts de finale. Malgré cela, le talent de Nakata est dévoilé au grand jour et lui permet de devenir l'un des joueurs asiatiques les plus prisés en Europe.
Passage en Europe
En 1998, il signe à Pérouse pour 4 millions d'euros, devenant ainsi le deuxième joueur japonais à apparaître dans le championnat italien après Kazuyoshi Miura. À son arrivée, on parle plus des retombées commerciales de son recrutement que de son rendement. La nouvelle recrue fait immédiatement la différence et fait taire toutes les critiques, inscrivant 10 buts en 33 matches lors de sa première saison. Élu meilleur joueur asiatique de l’année, la carrière de Nakata en Italie démarre de manière fulgurante. Son magnifique retourné acrobatique contre Piacenza et un coup-franc face à Cagliari, marquent son passage chez les rouges.
En janvier 2000, il rejoint la Roma aux côtés de la star italienne Francesco Totti, pour une indemnité de transfert avoisinant les 18 M€. Transféré à Parme dans la foulée du titre, il peine à trouver ses marques dans un club qui glisse lentement vers les bas fonds du classement. Prêté à Bologne, il tente ensuite de se relancer deux saisons durant à la Fiorentina, mais sans plus de succès. Sa dernière saison parmi l'élite européenne l'emmènera outre-Manche du côté de Bolton, en Premier League lors de la saison 2005-2006. Arrivant dans un championnat ne correspondant pas à son jeu, le meneur de jeu est refréné dans sa créativité. Les spectateurs anglais s’interrogent sur les caractéristiques de ce joueur au gabarit peu imposant tandis que son entraîneur Sam Allardyce, ne lui permet guère de s’épanouir.
Carrière internationale
Avec la sélection nationale, il est déjà un titulaire indiscutable depuis 1997. Lors de la Coupe du Monde en Corée du Sud et au Japon en 2002, Nakata devient meneur de jeu. Les nippons enregistrent leurs premiers succès (7 points avec 2 victoires et 1 match nul au premier tour) dans le plus grand tournoi Mondial. Cela permet au co-organisateur de l'épreuve d'atteindre le deuxième tour pour la première fois de son histoire, mais de perdre malheureusement en huitièmes de finale face à la Turquie (défaite 1 but à 0). Au moment de prendre sa retraite, le milieu de terrain japonais totalise 77 sélections, pour 11 buts marqués.
Retraite et après carrière
Juste après le dernier match perdu 4 buts à 1 contre le Brésil pendant la Coupe du Monde 2006, il annonce à la surprise générale qu'il raccrochait les crampons à seulement 29 ans. "Il y a environ six mois que j'ai pris ma décision, je savais que la Coupe du Monde serait mon chant de cygne", déclare-t-il sur son site internet.
Hidetoshi Nakata a rempli des stades et rassemblé des foules tout au long de ses 77 sélections et de ses dix ans de carrière. Un mec d'une grande intelligence qui a préféré se consacrer à ses autres passions: voyage, caritatif et mode. Il est également un homme d'affaires, responsable du marketing pour une société de confiserie. En mars 2010, il organise sur Internet une vente aux enchères au profit des victimes du séisme à Haïti.
Il restera tout de même une inspiration pour de nombreux joueurs en herbe japonais. De Shinji Kagawa à Takefusa Kubo, le temps du numéro 7 aura traversé les âges et permis au Japon de rayonner dans le monde.
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