Andrea Giani, une figure emblématique du volley-ball, a rapidement marqué son empreinte au sein de l'équipe de France. Arrivé en mars dernier, le sélectionneur italien a mené les Bleus à la victoire en Ligue des Nations. Son parcours exceptionnel, tant comme joueur que comme entraîneur, promet de belles perspectives pour l'avenir du volley-ball français.
L'arrivée de Giani au sein de l'équipe de France a été facilitée par son respect pour ce groupe unique. « C’est une culture. C’est important de la comprendre quand on arrive dans l’équipe. C’est sa manière de vivre et elle ne doit pas changer son identité, c’est ce qui la caractérise. C’est à moi de comprendre cette mentalité et de les aider à progresser », s'amuse d'ailleurs à philosopher l'ancien volleyeur professionnel, qui s'est également entretenu avec le coach historique, Laurent Tillie.
Et sur le terrain, ce sont des joueurs avec le même panache qu'avant que l'on retrouve. « Il a respecté notre groupe et notre identité, il nous a laissés certaines libertés, et c’était important pour nous. Sinon ça ne fonctionnerait pas. Il faut qu’on nous laisse nous exprimer sur le terrain », explique d'ailleurs Jean Patry, soutenu par l'un des rookies de la sélection, Benjamin Diez. « Il nous fait très bien travailler et en dehors du terrain, il nous laisse vivre correctement. En plus, première compétition et premier titre c’est l’idéal pour lui ; tout le monde adhère ».
Giani connaissait bien l'équipe de France avant de succéder à Laurent Tillie, puis au passage express de Bernardinho. « Quand il était entraineur de la Slovénie ou de l’Allemagne, il a souvent côtoyé l’équipe de France. Il a vu notre manière de fonctionner, notre style de jeu, ça l’a aidé », estime l'Alsacien Benjamin Toniutti.
Série "JO: Dans la tête de l'athlète" - JP Andrea
Une Adhésion à la Culture Française
L'arrivée de Giani au sein de l'équipe de France a également, et surtout, été facilitée par son respect pour ce groupe unique.
« C'est le coach parfait pour nous » Andrea Giani a eu d'ailleurs l'opportunité de coacher certains joueurs français en Italie comme Earvin Ngapeth et Jénia Grebennikov à Modène ou encore Trévor Clévenot à Milan.
Et le libéro ne tarit pas d'éloge envers son sélectionneur : « C’est le coach parfait pour nous. Il arrive bien dans la lignée de Laurent (Tillie) parce qu’il nous a emmenés au haut niveau, il nous a fait gagner et Giani nous permet de rester au haut niveau. C’est un très bon coach. Il est là pour nous guider pour Paris-2024 », raconte Grebennikov qui apprécie particulièrement l'ouverture d'esprit de son nouveau sélectionneur.
« Il est très ouvert, il sait de quoi on a besoin, il comprend notre lassitude en tant que joueur de devoir travailler l’été après une longue saison. Il y a beaucoup d’échanges avec lui.
Les trois joueurs maîtrisant parfaitement la langue italienne et servent généralement d'interprètes auprès de certains coéquipiers qui seraient un peu plus novices dans ce domaine.
« Le fait qu’il parle italien comme d’autres joueurs, la connexion s’est fait rapidement », a d'ailleurs remarqué Benjamin Diez, arrivé en équipe de France à l'été 2021. Et s'il ne parle pas italien, cela ne l'empêche pas de comprendre les consignes de son sélectionneur sur le terrain. « Il y a toujours quelqu’un qui fait la traduction. Après, l’italien est assez facile à comprendre.
À défaut de maîtriser la langue, les Français s'habituent également à la technique italienne leur permettant d'acquérir de nouvelles méthodes de travail dans leur quête de l'excellence. « II a apporté sa touche italienne avec les analyses vidéos, comprendre comment, où et sur quoi on peut s’améliorer, avec les statistiques aussi. Ça nous fait découvrir de nouvelles choses », analyse le pointu Jean Patry.
Cette confiance qui se construit « jour après jour » entre l'Italien et ses joueurs pourrait se consolider davantage en cas d'une campagne mondiale réussie.

La Communication au Cœur de la Méthode Giani
Pour Andrea Giani, cette communication est primordiale pour faire appliquer ses méthodes de travail. « Ça me permet d’être très direct avec mes joueurs », confie-t-il, même si, quand il veut être sûr d'être précis dans ses explications, il « parle en italien et Toniutti (Benjamin), qui comprend super bien, va traduire pour moi. La communication est plus importante que la technique. » Et maîtriser l'italien pourrait même ouvrir quelques portes à certains tricolores selon Jénia Grebnnikov. « Ca pose problème à 2-3 jours mais ce n'est pas très compliqué. Et ça leur permettra de postuler en Italie ».
Un Parcours Semé de Succès
Andrea Giani a fait partie de la grande équipe d’Italie des années 1990 et du début des années 2000, remportant une multitude de médailles internationales :
- L’argent aux JO en 1996 et 2004
- Le titre européen en 1993, 1995, 1999 et 2003
- Le titre mondial en 1990, 1994 et 1998
On peut ajouter à ce palmarès sept sacres en Ligue mondiale entre 1991 et 2000, et deux Ligues des champions, en club avec Modène.
Mais l’Italien a également brillé dans le costume d’entraîneur. Sélectionneur de la Slovénie, il a porté la jeune nation en finale de l’Euro en 2015, perdue contre... la France, puis a replacé l’Allemagne en finale de l’Euro en 2017, malgré la défaite face à la Russie.

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