Yorick Treille : Entraîneur Actuel du Genève Servette Hockey, un Défi Constant

Le Genève-Servette a officialisé la séparation avec son entraîneur principal Jan Cadieux. « Les résultats obtenus depuis un an et demi ne répondent pas aux attentes de l'Organisation, et l'objectif est de ne pas compromettre davantage cette saison », peut-on lire dans le communiqué.

Pour le remplacer, le 12e (sur 14) de la Première Division suisse a décidé de promouvoir Yorick Treille (44 ans) à ce poste, lui qui était déjà entraîneur adjoint depuis 2022. L'actuel sélectionneur de l'équipe de France prendra donc aussi les rênes de ce club en intérim avec Rikard Franzen.

Mondial 2023. Analyse de l'Autriche, par Yorick Treille

On ne se rend pas bien compte de l’importance de cet événement. A cette occasion, l’ancien international tricolore a donc profité de ce rôle d’assistant très valorisant pour permettre au club de Genève-Servette de terminer en tête de la saison régulière 2022-2023 de la nouvelle « National League » à égalité de points avec Bienne. Toutefois son équipe était restée devant en raison des confrontations directes.

En occupant toujours le poste de coach adjoint, Yorick Treille a ajouté ensuite à son palmarès personnel un deuxième titre suisse historique en remportant également la saison suivante la Ligue des champions (CHL). Autre fait marquant dans la carrière suisse de Yorick Treille, le 28 décembre 2024, alors que ce dernier occupait toujours le poste de coach adjoint des « Aigles », il a dû remplacer au pied levé l’entraîneur Jan Cadieux car ce dernier fut limogé avec effet immédiat.

Malheureusement les choses ont rapidement tourné au désavantage du coach français. En effet, si Yorick a réussi à conserver sa place à Genève au début de la saison en cours après l’humiliation retentissante reçue à Lausanne à la mi-septembre sur un score incroyable (défaite 11-0), moins de trois semaines plus tard seulement, au surlendemain d'un autre lourd revers encaissé contre Lugano (1-5), l'équipe genevoise a sombré à nouveau contre Bienne en concédant une fois de plus une très lourde défaite (8-0).

J’ai noté quand même que le nouveau coach intérimaire de Genève, le finlandais Ville Peltonen, a défendu publiquement et à juste raison les qualités de Yorick Treille lors de son limogeage puisque son remplaçant a déclaré à la télévision suisse : « On travaillait bien ensemble depuis cet été jusqu’à ce que cet incident malheureux arrive. Vous savez, nous les entraîneurs, on adorait travailler avec Yorick (sic). Mais nous ne sommes jamais à l’abri dans ce métier et nous en sommes conscient.

Comme l’a écrit fort justement mon confrère Chris Geiger du journal suisse Le Matin, je le cite in extenso : « Si les trois techniciens ont assurément des responsabilités à assumer dans leur licenciement, ils n’ont toutefois pas été aidés par leur groupe. Au bout du lac, les coaches ont en effet tendance à payer au prix fort les états d’âme d’un vestiaire particulièrement compliqué à diriger. Le manque d’orgueil et de fierté de joueurs grassement payés est franchement risible. Au grand dam des supporters grenat. Aux Vernets, il est désormais attendu que la majorité des éléments qui composent le groupe se regardent dans un miroir et procèdent à leur auto-critique. Qu’ils soient « anciens » ou nouvellement arrivés. L’exercice s’annonce toutefois très compliqué, eu égard aux gros égos qui composent le vestiaire genevois.

Après avoir été victime de cette « mauvaise passe », Yorick Treille va donc pouvoir se concentrer désormais pleinement sur l'équipe de France dont il est le sélectionneur depuis l'été 2024. Ce recentrage ne sera pas de trop puisque les Bleus auront un agenda très chargé pendant ces prochains mois avec en ligne de mire d’abord les Jeux olympiques d’hiver de Milan à préparer. Par chance, un an plus tard, le CIO a confirmé la suspension de la Russie et de la Biélorussie pour les prochains JO d’hiver en Italie.

De toute évidence, l’équipe de France n’a pas le niveau suffisant actuellement pour faire la différence dans la cour des grands. Sous le coup de la déception énorme que vient de provoquer la relégation de la France dans la division 1A, je pense malgré tout encore une fois « qu’il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain ». Je suis sûr que dans les mois à venir Yorick Treille va enfin prouver qu’il est bien l’homme de la situation. A mon avis, il faut être patient et lui laisser une chance de rétablir la situation.

Si j’en crois certains commentateurs, on reproche à Yorick Treille d’être souvent trop impassible et de ne pas être assez expressif lorsqu’il coache derrière le banc pendant les matches. Doit-il forcer son tempérament plutôt réservé en étant un peu plus souriant, plus communicatif et un peu moins discret ? Quoi qu’il en soit, il ne faut surtout pas oublier que ce n’est pas lui au final qui évolue sur la glace.

Nos Tricolores, qui ont un problème mental autrement plus important à résoudre, ont donc une grande part de responsabilité dans le marasme sportif actuel comme ce fut le cas des joueurs du club de Genève-Servette. Yorick n’est peut-être pas aussi explosif, sanguin ou « dramaturge » comme ce fut par exemple le cas de l’inoubliable entraîneur canadien Jacques Tremblay qui savait motiver, voire hystériser, ses joueurs sur la glace dans les années 1980 avec le club de Saint-Gervais (voir photo ci-dessus). Certains font la comparaison plus récente avec un coach tout aussi motivant et meneur d’hommes que fut l’italo-canadien Luciano Basile élu à quatre reprises meilleur entraîneur de la Ligue Magnus avec Briançon puis avec Gap.

Avec le recul, lors du dernier Mondial de Stockholm le jeu de notre sélection nationale n’était finalement pas si mal que ça, notamment pendant le match contre la Finlande, une nation très redoutable, qui a dû aller jusqu’en prolongations pour réussir à se défaire de nos vaillants Tricolores en s’imposant d’extrême justesse 4-3. Alors à qui la faute ? A l’entraîneur ou aux joueurs ? Pour moi le problème dans notre pays reste encore et toujours la formation qui concerne à la fois la technique du jeu mais surtout la préparation mentale.

Je le répète, puisque Yorick Treille n’a désormais que l’équipe de France sous sa direction, laissons-lui une chance de redorer son image et soutenons tous ensemble notre entraîneur national qui n’a pas un rôle facile.

Yorick Treille est un jeune entraineur. Il a eu du succès avec Mulhouse puis en tant que coach assistant à Genève et en Equipe de France. Le titulariser à la place de Bozon était un pari risqué de la part de la FFHG qui devra porter ses fruits lors des prochains JO et Mondiaux...

Il ne sera pas le seul responsable des prochains résultats mais comme souvent, il sera sur un siège éjectable en cas de double échecs aux JO et mondiaux. La remontée est obligatoire. L'échec à Genève en tant que numéro 1 était prévisible et on ne peut pas uniquement se baser la dessus pour déterminer ses compétences.

Il faut donc lui laisser les prochains mois pour faire ses preuves. Je pense néanmoins que c'est une bonne chose de n'avoir pour lui que l'équipe de France à gérer surtout avec une année à JO et donc un calendrier plus chargé. On peut pas tout gérer, club et sélection. C'est un poste à temps plein, avec beaucoup de coordination au niveau de la Fédération.

Le Genève-Servette, qui a écarté le champion d’Allemagne, Munich, au tour précédent. Au tour du champion de Suède de poser ses patins aux Vernets. Un test grandeur nature pour savoir si les Genevois ont un avenir dans cette compétition. Pour le moment, en championnat, ils font plutôt grise mine, dixièmes après quatre défaites consécutives.

Pire, l’équipe n’a plus gagné à domicile depuis le 24 octobre contre Lausanne (3-2), ce qui fait six échecs de suite. L’entraîneur Jan Cadieux est clair sur le défi à relever : « Nous devons nous demander s’il s’agit de notre nouvelle réalité. Ne sommes-nous pas meilleurs ? Je crois qu’au fond de nous, nous sommes encore à ces journées de fin avril avec ce premier titre. Mais nous devons tous nous regarder dans le miroir.

Du côté suédois, les Lakers de Växjö déroulent avec une deuxième place au classement du championnat. Sur le plan européen, Växjö est incontestablement un des favoris à la victoire finale et est invaincu cette saison en CHL. Au premier tour éliminatoire, Växjö n’avait pas trouvé de difficulté pour éliminer Ingolstadt.

Les Aigles de Genève attaquent les leaders suédois d’entrée et provoquent une pénalité dès le début de partie avec un « challenge » de Filppula derrière la cage de Adam Åhman (1’08). Le power-play est intensif avec un tir « short side » de Honka et une présence intégrale en zone offensive. Si les Suédois tiennent le choc, c’est au retour à cinq que les filets tremblent. Et les Suisses ne se relâchent pas, continuent à imposer un forechecking puissant.

Il faut attendre 13’47 pour que Växjö voit le jour. Il s’agit du premier tir sur Mayer, pris en entrée de zone. C’est à peine une éclaircie car les Suisses continuent leur jeu de pression et de vitesse. Växjö est cantonné à défendre. Les Suisses impressionnent par leurs qualités de conservation du palet. Le repli défensif est parfaitement ajusté.

On croit rêver, c’est Genève qui domine totalement la partie. Winnik, à pleine vitesse, longe la bande côté droit avec le palet. Il repique vers le slot et envoie un tir tendu sur Adam Åhman. Les grenats font la loi et en imposent également sur le plan technique. Dans un petit jeu en espace réduit, ils parviennent à faire circuler le puck dans l’enclave.

Marco Miranda ramène le palet devant la cage, Daniel Winnik dribble, conserve le puck et le délivre à Tanner Richard qui se dépêtre de Zach Giuttari pour éviter le gardien et placer la rondelle dans la cage. La séquence est incroyable ! Les Suédois reçoivent une leçon de hockey ! (18’53 : 3-0).

Tout le monde rentre au vestiaire et on reste encore impressionné par la prestation genevoise. Au deuxième tiers, les Suisses sont toujours dans les mêmes dispositions. Ils obtiennent une pénalité de Jakub Štancl qui accroche. Le tir de Berni est dévié par un défenseur adverse, mais le jeu en triangle réussit tout de même et Praplan trouve le poteau (22’58). Situation compliquée pour les Suédois qui réagissent tout de même avec un bon lancer à la bleue de Lundberg (34’24).

Et c’est une pénalité contre les Lakers qui va peser. Tanner Richard, très présent entre dans le slot, sert Vincent Praplan, sur le côté de la cage, pour une déviation dans le trafic (35’28 : 4-0). En troisième période, on remet le couvert et le palet remonte à toute allure avec Praplan qui sert Filppula, qui a suivi. La reprise « one timer » est dévié par le gardien suédois Åhman (44’44). Les contres sont toujours aussi dangereux.

Mais cette fois c’est du côté des blancs que le danger se précise avec un puissant tir lointain de Gabriel Carlsson, que Mayer s’arrache pour capter de la mitaine (49’25). Växjö pousse en fin de match. Ce but est d’une importance capitale car il donne encore une chance aux Lakers de se qualifier.

Car on sait que les Suédois, chez eux, sont capable de retournements de situation assez improbables. Mais pour le moment, les joueurs suisses sont aux anges. Ils ont fait un match plein, ont réussi à prouver qu’ils pouvaient donner une prestation solide et intense dans tous les compartiments du jeu.

Jan Cadieux (entraîneur-chef de Genève) : « Il y a beaucoup de choses qui ont roulé pour nous et c’est une bonne victoire qui fait du bien au moral. Pour le match retour, on doit jouer de la même manière disciplinée. Ça va être un match totalement différent là-bas. Il faudra jouer disciplinés et intelligemment avec le puck. On a marqué un but sur quatre en power-play.

Jörgen Jönssön (entraîneur-chef de Växjö) : « C’est une équipe très forte à domicile. Ils sont arrivés fort, ont marqué deux buts rapidement et ont pris de l’élan dans le match. Nous avons réagi ensuite mais pour rien. C’est difficile de revenir dans ce cas. Nous avons trois buts à remonter pour le match à domicile. Je pense que nous devons les presser plus et jouer davantage nord-sud. C’est ce que nous devons faire pendant soixante minutes.

Ce week-end le Genève-Servette, club évoluant au sein de la LNA suisse, a fait part de son intention de retirer défintivement le numéro 12 de ses effectifs, afin de rendre hommage à Philippe Bozon. L’ancien international tricolore et actuel entraineur des Boxers de Bordeaux a en effet marqué l’histoire du club lors de son passage entre 2001 et 2006 en tant que joueur, puis en tant que membre du staff jusqu’en 2009.

Premier joueur français à avoir intégré la prestigieuse NHL (144 matches de saison régulière à son actif), Bozon a brillamment terminé sa carrière avec Genève, participant à la remontée et au maintien du club en élite, le tout en tant que capitaine.

Yorick Treille, entraîneur du Genève-Servette Hockey

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