L'Histoire d'Eddie Jones et Son Impact sur le Rugby Japonais

Eddie Jones, un nom qui résonne avec force dans le monde du rugby, est intimement lié à l'évolution et aux succès de l'équipe nationale du Japon. Son parcours, marqué par des défis et des triomphes, a profondément influencé le rugby japonais. Cet article explore son histoire, son impact et les perspectives d'avenir pour les Brave Blossoms.

Un Parcours International Riche et Varié

Eddie Jones, né en Australie d'une mère japonaise et d'un père australien, possède une carrière d'entraîneur riche et variée. Avant de marquer l'histoire avec le Japon, il a dirigé l'Australie, menant les Wallabies en finale de la Coupe du Monde en 2003. Il a également contribué au succès de l'Afrique du Sud en tant que consultant technique lors de leur victoire à la Coupe du Monde en 2007.

En juillet 2015, Eddie Jones est allé à Sacramento pour la première fois. « Le Japon devait jouer contre les États-Unis et, lors d'un jour de repos, je suis parti sur les traces de ma famille, confie le sélectionneur de l'Angleterre, qui dirigeait à l'époque le quinze japonais. Bien sûr, le verger d'orangers de mon grand-père, un peu à l'extérieur de la ville, avait disparu. À la place, il y a désormais un genre de quartier branché, avec des bars à vin. J'ai pu parler avec de vieux Mexicains, j'ai compris qu'il y avait eu une belle relation entre eux et les Japonais qui s'étaient installés en Californie, il y a plus d'un siècle, pour cultiver la terre. Ce sont les Mexicains qui cueillaient les oranges. »

Eddie Jones, élevé par ses parents comme un vrai petit Australien, a mis longtemps à comprendre ce qu'avait vécu sa mère, Nellie qui, à quatre-vingt-quatorze ans, vit toujours à Sydney. « Quand on était enfants, elle ne nous parlait pas de ça. Elle avait décidé qu'on serait 100 % australiens et qu'on ne devait pas connaître la même blessure qu'elle : ne jamais se sentir à sa place. »

Et puis, un jour, alors qu'ils sont déjà adultes, Nellie suggère à ses trois enfants, Diane, Vicky et Eddie, de lire un roman appelé Snow Falling on the Cedars (La neige tombait sur les cèdres, de David Guterson). Sa manière, pudique, de leur parler du racisme et de la ségrégation.

Le Racisme

Quand on demande à Eddie Jones s'il a déjà été confronté au racisme, il évoque souvent son enfance, dans le quartier ouvrier de la Perouse, surnommé le « Soweto de Sydney ». Là-bas, il est copain avec les frères Ella, qui deviendront plus tard de grands joueurs de rugby, issus d'une famille aborigène de douze enfants. Avec Michael Cheika aussi, actuel entraîneur de l'Australie, qui est d'origine libanaise. « Mais le racisme, quand on est métis, je ne pense pas que cela soit aussi violent », nuance-t-il.

Un Retour Attendu à la Tête du Japon

Après un premier passage remarqué, Eddie Jones a été nommé sélectionneur du Japon pour la deuxième fois. La Fédération japonaise a confirmé ce mercredi la nomination attendue d'Eddie Jones au poste de sélectionneur, huit ans après son dernier mandat.

Le conseil d'administration de la Fédération japonais (JRFU) a validé ce mercredi le choix de son comité de sélection : Eddie Jones sera donc le prochain sélectionneur du Japon, huit ans après son précédent mandat qui s'était achevé en 2015 après une victoire retentissante contre l'Afrique du Sud (34-32) en Coupe du monde.

L'Australien de 63 ans, qui a été préféré à Frans Ludeke, entraîneur des Spears de Tokyo-Bay qui ont remporté la League One cette année, succède au Néo-Zélandais Jamie Joseph (2016-2023), qui avait réussi à qualifier le Japon pour le premier quart de finale de son histoire lors du Mondial 2019. Éliminés lors de la phase de poules cette année, les Brave Blossoms semblaient marquer le pas et, surtout, Joseph ne fournissait pas le travail de détection, de formation et d'organisation que souhaitaient les dirigeants de la JRFU.

Les Raisons de Son Retour

Pour avoir commencé sa carrière d'entraîneur au Japon, en 1995, à l'université de Tokai, Jones, dont la mère et l'épouse sont japonaises, connaît parfaitement le contexte du rugby dans ce pays où il est toujours conseiller des Suntory Sungoliaths, une des meilleures formations, qu'il a dirigée entre 2009 et 2012. C'est ce qui semble avoir emporté la décision des dirigeants de la JRFU qui recherchaient une personne expérimentée au niveau international mais aussi capable de structurer le système nippon depuis le niveau scolaire jusqu'au niveau professionnel.

Cette nomination intervient après une période mouvementée pour Jones, un des meilleurs techniciens du circuit mondial. Nommé sélectionneur de l'équipe d'Angleterre en 2016, il avait conduit le XV de la Rose en finale de la Coupe du monde 2019 avant une période plus compliquée qui avait conduit à son éviction il y a un an.

Il avait rebondi très vite en récupérant une équipe australienne moribonde (qu'il avait déjà dirigée entre 2001 et 2005 avec une finale mondiale à la clé) huit mois avant la dernière Coupe du monde mais après sept défaites en neuf matches, très critiqué, il choisissait de démissionner le mois dernier alors que son contrat courait jusqu'en 2027. Plus que l'élimination dès la phase de poules du Mondial, avec une équipe qu'il avait pris le risque de rajeunir, laissant de côté des cadres comme Michael Hooper et Quade Cooper, c'est le manque de volonté (et de moyens) de Rugby Australia pour remanier ses structures en profondeur qui a poussé Jones à partir.

L'Impact d'Eddie Jones sur le Rugby Japonais

Le passage d'Eddie Jones à la tête du Japon a été marqué par une transformation significative de l'équipe. Son approche rigoureuse et son attention aux détails ont permis aux Brave Blossoms de réaliser des performances historiques, notamment lors de la Coupe du Monde 2015.

La Victoire Historique Contre l'Afrique du Sud

La victoire du Japon contre l'Afrique du Sud lors de la Coupe du Monde 2015 reste un moment emblématique de l'histoire du rugby. Sous la direction d'Eddie Jones, le Japon a défié toutes les attentes et a prouvé qu'il pouvait rivaliser avec les meilleures équipes du monde. Cette victoire a non seulement marqué l'histoire du rugby japonais, mais a également inspiré une nouvelle génération de joueurs et de supporters.

Cette place à la tête du XV de la Rose, il se l’est d’ailleurs assurée quatre ans plus tôt, quand son coaching de fer a mené le Japon à son exploit historique du Mondial 2015, une victoire 34-32 contre l’Afrique du Sud deux fois championne du monde.

« J’ai entendu dire que ce n’était pas l’homme le plus agréable du monde », raconte l’acteur, qui s’y connaît en méchants. « Mais c’est ce qu’il faut pour atteindre ce niveau de perfection. »

Le mot est faible. Le film, entrecoupé d’interviews avec les vrais joueurs des Brave Blossoms qui confirment combien ils ont détesté leur entraîneur - du moins jusqu’au « miracle » -, s’ouvre sur l’une des plus célèbres gueulantes de la carrière d’Eddie Jones.

Changement d'État d'Esprit

L’an dernier, Jones est revenu sur l’épisode : « C’était totalement imprévu mais c’est sans doute la meilleure chose que j’ai jamais faite. Ca a aidé à changer l’état d’esprit de l’équipe japonaise, qui jusque-là était heureuse "d’essayer" et de perdre. S’ils étaient battus 50-25, tout le monde applaudissait et souriait parce que la défaite était acceptable. »

Derrière le style bravache et gouailleur de l’Australien et les mate (« mec ») balancés à chaque coin de phrase, se cache une capacité redoutable à mettre le doigt sur les problèmes. « La première chose que tu fais quand tu arrives à la tête d’une équipe, c’est de déterminer quelles batailles tu peux gagner et lesquelles tu ne peux pas gagner, détaille le coach. Il est important aussi de voir ce qui est important culturellement. Par exemple, les Japonais détestent le conflit. Nous les Australiens, on est assez directs et j’ai dû changer ça parce qu’au Japon ça n’allait pas marcher. Mais le conflit est important car il engendre la créativité, donc j’ai dû trouver différentes manières de créer des conflits. »

Au Japon, il répète régulièrement à Michael Leitch, le troisième ligne d’origine kiwie qu’il a nommé capitaine, qu’il n’est pas japonais et qu’il ne doit pas essayer de se fondre dans le moule. Il impose aussi à ses joueurs un entraînement militaire pendant des mois avant la Coupe du monde, en leur répétant qu’ils ne seront jamais plus forts que les Springboks, mais qu’au moins ils seront en meilleure forme. « Les entraîneurs sont là pour faire faire aux joueurs ce qu’ils ne veulent pas faire. C’est leur boulot », résume Jones. Il n’hésite pas non plus à demander des tuyaux à Pep Guardiola, dont il dit avoir beaucoup appris : « Au Japon, on avait une petite équipe où il fallait qu’on trouve ou qu’on crée des espaces et j’étais vraiment impressionné par le jeu du Barça, alors je me suis dit, autant aller voir le meilleur coach du monde. »

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Les Défis et les Opportunités pour le Rugby Japonais

Malgré les progrès réalisés, le rugby japonais reste confronté à des défis importants. La Japan Rugby League One, bien qu'elle attire des stars internationales, peine à prendre son indépendance économique et reste très liée aux entreprises qui financent ses écuries. De plus, l'équipe nationale doit continuer à se développer pour rivaliser avec les meilleures nations du rugby.

RUGBY. Après une décennie marquée par une évolution impressionnante de son rugby, le Japon commence à sérieusement marquer le pas. Depuis quelques années, la Japan Rugby League One attire les superstars et tentent de se libérer du système des clubs corporatifs, fréquent sur l’archipel.

L'Avenir du Rugby Japonais

Après cette performance malheureuse, mais pleine de caractère, le Japon vise des résultats plus probants à l’avenir. “Ce qui me fait vraiment plaisir, c'est que nous sommes désormais une équipe qui reste au contact. Visiblement, cette courte défaite a donné quelques idées à Eddie Jones, sélectionneur du Japon.

Connu pour avoir été à la tête de l’équipe asiatique qui a renversé l’Afrique du Sud, à la Coupe du monde 2015, il a annoncé qu’il comptait récidiver cet exploit prochainement. Ambitieux et maître dans l’art des déclarations fortes, Eddie Jones a confirmé les grandes ambitions de son équipe aux journalistes. “Nous y allons en pensant que nous allons gagner. L’Afrique du Sud est comme tout le monde. Si vous leur mettez la pression, ils font des erreurs.

Pour cette rencontre qui a tout d’un anniversaire, de la plus grande surprise de l’histoire du rugby international, le Japon ne baisse pas la tête. En dix ans, les Springboks et les Brave Blossoms se sont rencontrés à deux reprises. Ces deux confrontations ont eu lieu en 2019, sur le sol nippon.

Première au classement World Rugby, l’Afrique du Sud est indétrônable et se présente comme l’une des toutes meilleures équipes au monde, si ce n’est la meilleure.

Tableau des Résultats Récents du Japon

Date Adversaire Résultat
25 octobre Australie Défaite (15-19)
2019 Afrique du Sud Deux rencontres

L'arrivée d'Eddie Jones marque un nouveau chapitre pour le rugby japonais. Son expérience, sa connaissance du contexte local et son ambition pourraient bien permettre aux Brave Blossoms de franchir un nouveau palier et de s'imposer durablement sur la scène internationale.

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