En Avant Guingamp : Histoire et joueuses du club de football féminin

La section féminine de l'En avant de Guingamp est un club de football féminin français basé à Guingamp. L'équipe évolue dans le Championnat français de 1re Division depuis la fin des années 1980, quasiment sans discontinuité, ne visitant la division inférieure que lors de la saison 2005-2006 ; le club a connu une période faste à la fin des années 1980, empochant à son apogée en 1989 le titre de Champion de France.

Les débuts et l'ascension vers l'élite

Alors que le football féminin n'est reconnu officiellement par la Fédération française de football que depuis 1 an (29 mars 1970), Josette André et plusieurs de ses collègues, ouvrières dans l'usine de chauffe-eau de Chaffoteaux et Maury à Ploufragan, décident de créer une Association Sportive au sein de l’entreprise pour pratiquer le football. Elles ont pour la plupart découvert ce sport l'année précédente, lors d'un tournoi entre ateliers qui faisait suite à un pari. L'équipe féminine "corpo" inscrite à la Fédération sportive et gymnique du travail évoluera à 7 pendant deux ans, avant de s'affilier à la Fédération française de football pour participer à un championnat à 11 joueuses.

Les Costarmoricaines atteindront le Championnat national de Division 1 à la fin des années 1970, et ne quitteront plus l'élite pendant plus de deux décennies. En 1981, Josette André, bien que toujours joueuse, passe à la direction du club et occupe même pendant quelque temps le poste d'entraîneur, créant au passage l'une des premières écoles françaises de football féminin.

Les années fastes et le titre de 1989

De 1980 à 1986, l'équipe se rapproche progressivement de la première place du groupe composé des équipes de l'ouest de la France et se forge au fil des années deux rivalités durables : une en Bretagne avec le Stade quimpérois, et une autre dans le sud-ouest avec l'ASJ Soyaux, que les Briochines affrontent à de nombreuses reprises lors des phases éliminatoires.

Emmené par l'emblématique Elisabeth Bougeard, dont le pied bot opéré à l'âge d'1 an n'empêche pas d'être une merveilleuse technicienne au milieu du terrain, le Saint-Brieuc SC atteint pour la première fois les demi-finales du Championnat de France en 1987, survolant sa poule du Nord-Ouest devant l'US Montfaucon, en ne concédant que 2 matchs nuls pour 12 victoires.

Lors de la saison 1988-1989, l'équipe entraînée par Yvan Le Quéré et comptant dans ses rangs plusieurs internationales françaises telles que Isabelle Le Boulch, Françoise Jézéquel, Anne Gouëzel ou Ghislaine Baron écarte sur sa route l'OS Monaco, puis le Poissy JSF, avant de s'offrir la première finale de Championnat de son histoire. Les Costarmoricaines retrouvent l'ASJ Soyaux en finale. Les deux équipes n'arrivent pas à se départager et le tableau d'affichage indique 2 buts partout à la fin du temps réglementaire (deux buts pour les Bretonnes inscrits par Isabelle Le Boulch et Françoise Jézéquel).

Les deux saisons suivantes seront décevantes, les Bretonnes ne réussissent pas à défendre leur titre et échouent par deux fois au stade des quarts de finale face au futur vainqueur de l'épreuve : le VGA Saint-Maur en 1990, puis le FC Lyon en 1991.

Les années 1990 et le passage à un championnat à poule unique

Pour la dernière saison où un tournoi clôt le Championnat de France (1991-1992), le Saint-Brieuc SC se hisse jusqu'en finale après des victoires face aux rivales sojaldiciennes puis lyonnaises. Il échoue cependant en finale face au FCF Juvisy, 3 buts à 2.

Le passage à un championnat à une poule unique sera difficile pour les Briochines qui auront besoin de deux saisons d'adaptation pour rejouer les premières rôles, ayant perdu également des joueuses cadres telles que Ghislaine Baron après la finale de 1992. De 1990 à 1998, le Championnat est dominé par deux équipes qui se partageront sans exception tous les titres : le FCF Juvisy et le FC Lyon.

Mais dès la saison 1994-1995, le Saint-Brieuc SC retrouve une place d'arbitre, voire d'outsider pour le titre ; pendant cette période, le club finit régulièrement à de solides 4e et 5e places du classement final. L'équipe est alors spectaculaire et très offensive, terminant systématiquement dans les meilleures attaques du Championnat ; comme en 2000 où les Briochines finissent la saison avec la deuxième meilleure attaque derrière le Champion toulousain, avec 71 buts inscrits, mais 48 buts encaissés.

Le changement de statut et les difficultés financières

En 1999, une page se tourne. Après 28 ans en son sein, le club quitte l'entreprise Chaffoteaux et Maury et son statut "corpo" et devient le Saint-Brieuc Football Féminin (Saint-Brieuc FF) ; Isabelle Le Boulch, qui continuera de jouer dans l'équipe jusqu'en 2002, remplace l'emblématique Josette André - qui passe à l'intendance - et assume désormais la présidence du club.

Cette période voit un développement progressif du Championnat qui commence à se professionnaliser petit à petit ; et alors que les moyens des clubs les plus performants de cette période comme le FC Lyon ou le Montpellier HSC, bénéficiant des structures de clubs masculins et soutenus par de grandes métropoles et des présidents volontaristes comme Louis Nicollin à Montpellier, ne cessent de grandir, le club exclusivement féminin de Saint-Brieuc a bien du mal à suivre le rythme.

Cela se traduit dans les résultats sportifs : l'équipe flirte dangereusement avec la zone de relégation, finissant entre 2000 et 2004 à de périlleuses 8e et 9e places. Cette période difficile voit la fin de carrière de nombreuses joueuses importantes dans l'histoire du club, comme Isabelle Le Boulch ou Françoise Jézéquel, et les grands débuts lors de la saison 2000-2001 d'une joueuse emblématique du football féminin français : Camille Abily, qui ne restera dans son club formateur qu'une seule saison.

L'intégration au Stade Briochin et le retour en Division 1

En 2004, le club décide, dans l'espoir de profiter de meilleures installations et d'un budget plus important, de rejoindre le club masculin de la ville de Saint-Brieuc, le Stade briochin, en tant que section féminine, et change à nouveau de nom. Le club restera cependant "le petit Poucet" de la Division 1 féminine, avec le plus petit budget (205 000 euros en 2009), ce qui l'oblige notamment, malgré son isolement géographique, à utiliser principalement le minibus plutôt que l'avion lors de ses déplacements.

Le passage du Stade briochin en Division 2 est de courte durée. L'équipe entraînée par Patricia Giroux, ancienne joueuse du club, finit la phase de poule à la deuxième place de son groupe, ne cédant la première place au FCF Condéen qu'à la différence de buts.

De retour en Division 1, les Briochines font une excellente saison pour un promu, en obtenant la 6e place du classement final devant le Paris Saint-Germain. Elles atteignent également pour la 2e fois le stade des demi-finales du Challenge de France, en écartant tour à tour le modeste FA Laval de Division d'Honneur, le redoutable FCF Juvisy, 3e du Championnat, et le club de 1re Division, le FCF Hénin-Beaumont, en quarts de finale.

L'ère Sonia Haziraj et l'intégration à l'En Avant Guingamp

Entre 2007 et 2010, Sonia Haziraj prend les rênes de l'équipe en tant qu’entraîneur-joueuse. Elle présente un bilan mitigé à la fin de son contrat : deux saisons difficiles où l'équipe passe proche de la relégation - ne se sauvant que de deux petits points lors de la saison 2007-2008 -, une bonne 6e place lors de la saison 2008-2009, une élimination précoce en 1/16e de finale de Coupe de France face à l'ESOFV La Roche-sur-Yon en 2008 et deux quarts de finale en 2009 et 2010.

Le club s'installe pour les trois saisons suivantes dans le ventre mou du Championnat, changeant deux fois d'entraîneur (Adolphe Ogouyon, puis Olivier Moullac), et ne connait guère de succès sportif durant cette période hormis un quart de finale de Coupe de France perdu à domicile, 3 buts à 1, face au Montpellier HSC.

Le point d'orgue de cette période sera extra-sportif : la section féminine du stade briochin est incorporée au club professionnel voisin d'En avant de Guingamp qui souhaite se doter d'une section féminine et bénéficie de moyens intéressants. Le club continuera de disputer la plupart de ses matchs au Stade Fred-Aubert à Saint-Brieuc, mais se rendra à Guingamp pour les matchs importants.

En 2013, Sarah M'Barek, en provenance du Montpellier HSC, rejoint le club comme entraîneur, et Gilbert Castel obtient la présidence du pôle féminin de l'En avant de Guingamp afin d'en développer la section féminine.

STADE LAVALLOIS MFC - EN AVANT GUINGAMP (2-2) - 26ème journée - Ligue 2 BKT 25/26

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