Les Émirats arabes unis (EAU) se targuent d’être une destination privilégiée pour les super-riches, un centre mondial du tourisme et un lieu unique pour accueillir des événements de grande envergure. Centre financier fondé sur les profits générés par le secteur de l’énergie et voué à une diversification agressive, les Emirats abritent de grandes entreprises dans les domaines du transport aérien et de l’hôtellerie, faisant de Dubaï l’une des destinations de vacances les plus accessibles, mais aussi les plus exclusives.
Cependant, la notoriété grandissante de ce pays du Golfe repose principalement sur le monde du sport international. Les Emirats ont entrepris des campagnes de parrainage d’équipes sportives de haut niveau, comme celle de l’équipe UAE Emirates, qui a gagné le Giro d’Italia et le Tour de France 2024 avec le Slovène Tadej Pogacar dans ses rangs, ou encore des grandes équipes de football telles que le Real Madrid, Arsenal ou l’AC Milan.
Le Championnat des Emirats Arabes Unis de football est une compétition annuelle et professionnelle, accueillant l'élite du football émiratis, inauguré en 1973. Les meilleures équipes de la saison régulière peuvent prendre les places asiatiques, alors que les dernières descendent en deuxième division.
Histoire du football aux Émirats Arabes Unis
Nous fêtons cette année les trente ans du Mondial italien, une édition austère, fermée, voire violente pour les uns, bariolée, adepte de retournements de situation et fantasque pour les autres. Et parmi la foultitude de grandes nations présentes à la grande messe mondiale, les Émirats arabes unis font figure d’incongruité. Si pour le reste du monde, ce n’est encore qu’une lubie de gens habillés en robe blanche conduisant des bagnoles rutilantes, c’est un acte fondateur pour les Émirats fondés seulement…dix-huit ans auparavant.
En 1971, sept émirats (Abou Dhabi, Ajman, Dubaï, Fujairah, Ras al-Khaymah, Sharjah et Oumm al-Quwayn) décident de s’unir et comptent bien utiliser leurs ressources pétrolières abondantes pour se faire une place dans le concert des nations. Le foot fait donc son apparition et la fédération voit le jour en 1972.

Très vite, les Émiratis s’attachent les services d’entraineurs chevronnés après quelques intermèdes locaux ou arabes de deuxième ordre. L’Anglais Don Revie débarque donc en 1977 et posera les jalons du professionnalisme aux Émirats, avec ses méthodes tactiques et autres improvements. Suivront l’Iranien Heshmat Mohajerani, qui qualifiera l’équipe à sa première Coupe d’Asie, et puis surtout les Brésiliens Carlos Alberto Parreira, futur lauréat mondial, et Mário Zagallo.
Les éditions 82 et 86 avaient vu les voisins koweïtien et irakiens devenir les premières équipes de la région à s’inviter au grand rendez-vous planétaire, ce qui, pour les Émiratis, n’était encore qu’un doux rêve. C’est justement le Koweït qui fait figure d’épouvantail dans ce groupe du premier tour composé également des faibles Pakistan et Sud-Yémen.
À Kuwait City, les Blancs pensent tenir l’exploit après le doublé de Bakhit répondant à l’ouverture du score d’Al-Suwayed mais Al-Hasawi remet les pendules à l’heure en revenant à la marque puis en arrachant la victoire dans les dernières minutes. Qu’à cela ne tienne, le Pakistan se présente à Sharjah une semaine plus tard et se fait rosser sans ménagement (5-0). Le Sud-Yémen ayant finalement déclaré forfait, la vraie finale se joue le 3 février contre les frères koweïtiens.
À la 62e, Al-Talyani fait exploser les Azraq et propulse les siens en tête du groupe. Le deuxième tour s’annonce, lui, beaucoup plus corsé. Poule unique disputée à Singapour, elle met aux prises la Corée du Sud, présente au dernier Mondial, la Corée du Nord, tombeuse du Japon, l’Arabie saoudite vainqueur des deux dernières Coupes d’Asie, une Chine en pleine progression, et un Qatar ambitieux. Autant dire que personne n’attendait quoique ce soit des néophytes émiratis. Et pourtant…
Après un match nul et vierge contre les Nord-Coréens, les Émirats se frottent à la Chine qui joue quasiment à domicile et qui vient d’ailleurs de battre les Saoudiens. Tang Yaodong ouvre d’ailleurs le score à la 61e d’une jolie cacahuète dans la lucarne. On se dit que le match n’échappera pas à Pékin mais à la 87e, Mubarak devance le gardien sur corner et remet les équipes à égalité ! On se dit que les choses en resteront là, mais sur l’action suivant l’engagement, Al-Talyani est trouvé aux abords de la surface, se joue de son défenseur et bat le gardien. Victoire de folie pour les Abyad ! Croyez-le ou non, ce sera la seule victoire des Émirats dans ces qualifications.
S’ensuivent deux matchs nuls contre l’Arabie saoudite (0-0) et le Qatar (1-1) avant d’affronter la Corée du Sud lors du dernier match. Défaite interdite, car ils ne possèdent qu’un point d’avance sur la Chine, troisième avec quatre points. Dès la 8e minute, c’est la douche froide. Hwang Bo-kwan ouvre le score après un superbe festival terminé par un gros cachou dans la lucarne opposée (clin d’œil). Sauf que dix minutes plus tard, Al-Talyani s’élève plus haut que le gardien sur un centre lointain et arrache le match nul ! La Chine, battue par le Qatar, ne reviendra pas, les Émirats sont en Coupe du Monde !
Il faut saluer le travail accompli par Zagallo pour faire d’un groupe somme toute moyen une équipe solide pouvant se reposer sur sa star Al-Talyani, ayant performé dans un environnement inhospitalier (Singapour, sa moiteur incessante et ses orages fréquents) contre des adversaires d’un calibre bien supérieur. Et surtout, point ô combien symbolique, tous ces joueurs sont nés avant la création de leur pays.
Entretemps, Zagallo s’en est allé et Parreira est revenu. Les matchs amicaux, disputés en février 1990 contre des équipes scandinaves accouchent de beaux résultats : ni le Danemark (1-1), ni la Finlande (1-1) et encore moins la Suède (2-1) ne parviennent à battre des Émirats qui se prennent à rêver. Il faut dire que le groupe est jeune (23,6 ans de moyenne d’âge avec un seul trentenaire) et a les crocs pour cette première représentation sur la plus belle des scènes. Seul hic, et non des moindres : le sort leur a réservé un groupe impitoyable composé de la RFA, finaliste des deux dernières éditions, d’une Yougoslavie pétrie de talent et auréolé d’un Mondial chez les jeunes, et la Colombie de Pacho Maturana et du fantas(ti)que Escobar. Malgré tout, les Émiratis sont bien décidés à vendre crânement leur peau.
Premier match à Bologne contre les Cafeteros. Les hommes de Parreira tiennent solidement la première mi-temps, laissant peu d’opportunités à une Colombie offensive et joueuse. Mais, inexpérimentés, ils se font avoir dès l’entame de la deuxième mi-temps, Redín catapultant une tête imparable dans les filets de Musa (50e). Valderrama profite d’un contre en fin de match pour inscrire un superbe but, un missile dont il a le secret dans le petit filet du gardien d’Al-Ahli (85e).
Le second match, dans le majestueux San Siro, les met aux prises avec la Mannschaft, véritable machine de guerre, comptant dans ses rangs des monstres tel que Klinsmann, Völler, Matthaüs ou Brehme. La puissance physique des Teutons écrase complètement les pauvres Émiratis. Völler (35e) et Klinsi (37e) offrent un avantage bien mérité aux Allemands. Mais, stupeur ! À l’entame du deuxième acte, Khalid Mubarak profite d’une grossière erreur de la défense pour tromper Bodo Illgner, liesse au pays ! Cependant, les Allemands vont vite mettre un terme aux célébrations avec trois nouvelles réalisations signées Matthaüs (46e), Bein (58e) et Völler (75e).
Le troisième et dernier match, pour l’honneur, leur offre l’opportunité de se mesurer à l’éblouissante Yougoslavie. L’heure n’est pas encore à la tragique implosion pour ce pays et il peut compter pléthore de talents à tous les postes (Stojković, Sušić, Hadžibegić, Pančev, Prosinečki …). Une victoire est impérative pour les hommes d’Ivica Osim et il ne faut que quatre minutes à Sušić pour ouvrir le score, imité quatre minutes plus tard par Pančev. Sauf que, encore une fois, les Émiratis vont mettre le nez à la fenêtre. A la 22e, Ibrahim Meer distille un amour de centre qu’Ali Thani propulse au fond des filets d’Ivković. Deuxième but en trois matchs, on a connu des néophytes plus timides.
Ainsi se termine le séjour transalpin des Émiratis, attendus comme victimes expiatoires mais qui seront quand même parvenus à combler leurs supporters.
Loin de sonner le glas de leurs espérances, le Mondial permettra aux Émirats de surfer sur une nouvelle vague, finissant quatrièmes à la Coupe d’Asie 92 et deuxième à l’édition 96, échouant d’un fifrelin face aux Saoudiens aux tirs aux buts. Quant à la Coupe du monde, les Émiratis lorgnent encore sur cette lointaine dulcinée. Si jusqu’en 2002, il ne leur manquait pas grand-chose pour y participer, les tentatives suivantes se révélèrent infructueuses, voire embarrassantes. Quant à l’édition 2022, vu la tronche de leurs qualifications, c’est actuellement mal embarqué…
Les Emirats arabes unis accueilleront la prochaine Coupe du monde des clubs de football début 2022, a annoncé mercredi le président de la Fifa, Gianni Infantino. «La Coupe du monde des clubs se jouera début 2022. Il n'y a pas encore de dates précises, mais l'hôte sera les Emirats arabes unis», a déclaré M. Le 9 septembre, la Fédération japonaise de football (JFA) avait annoncé que le Japon renonçait, en raison de la crise sanitaire, à l'accueillir.
La compétition réunit les vainqueurs de chacune des meilleures compétitions de clubs continentales ainsi qu'un représentant du pays hôte.

Si l'Ouzbékistan n'a pu faire qu'un match nul contre les Émirats arabes unis (0-0) ce jeudi, ce point lui permet d'assurer sa place à la Coupe du monde 2026. Ce sera le premier Mondial auquel participeront les Ouzbeks. À la suite de son match nul contre les Émirats arabes unis ce jeudi (0-0), la sélection ouzbèke a validé son ticket pour la Coupe du monde 2026 et s'envolera donc pour les États-Unis, le Canada ou le Mexique l'été prochain.
Deuxièmes du groupe A dans la zone Asie avec 18 points, les coéquipiers de l'ancien Lensois Abdukodir Khusanov (2023-janvier 2025) comptent quatre longueurs d'avance sur les UAE à une journée de la fin des qualifications et ne peuvent donc plus être rejoints. Les « Loups Blancs » ouzbeks se qualifient ainsi pour le premier Mondial de leur histoire.
Indépendant depuis 1991 et la chute de l'Union soviétique, le pays profite pleinement du passage de la Coupe du monde de 32 à 48 équipes, qui a fait monter le nombre d'équipes qualifiées directement de 5 à 8 (*). C'est la troisième équipe asiatique à valider son ticket, après l'Iran et le Japon.
(*) Une place supplémentaire pourrait revenir à une équipe asiatique après un barrage intercontinental.
Le Sportwashing et l'Attraction des Stars du Football
En affirmant cela ou en postant des photos de leurs séjours dans le Golfe, ces jeunes millionnaires ont-ils conscience de contribuer à blanchir l'image des Émirats arabes unis (EAU) ? Savent-ils seulement ce qui se cache derrière ces buildings qui s'élèvent toujours plus haut, ces rues plus propres que propres et tout ce luxe qui s'offre à eux ?
Et on ne compte plus les posts Instagram des joueurs de la Maison Blanche accompagnés des hashtags « VisitDubai » et « DubaiForReal ». En guise d'arrière-plans ? La Burj Khalifa, plus haute tour du monde avec ses 828 m, le désert ou des restaurants locaux. Le département du tourisme et du commerce de Dubaï et le club madrilène ont signé, le 5 octobre 2023, un partenariat de dix ans. Depuis, le Real a même ouvert un parc à thème dans l'Émirat.
« Tous les étés, je me dis : "Non, ce n'est pas possible, il y a encore plus de footballeurs qu'avant", résume un local bien informé. Il y a un truc avec Dubaï, je ne sais pas, ils aiment vraiment ça. L'an dernier, un international Espoirs français est venu, c'était sa première fois. Et je suis sûr qu'il va revenir, il le disait à tout le monde ! »
Avant de poursuivre : « Ils ont tout ici : des bons restaurants, des soirées, du calme, la sécurité... Et là où ils préfèrent être discrets sur le sujet durant la saison, pour ne pas agacer leurs clubs, ils vont toujours poster des contenus où on les voit suer, s'entraîner. Il faut montrer qu'on bosse pendant les vacances. Et à la fin, tout le monde est content : le joueur, les fans, les gens qui ont recommandé tel ou tel entraîneur individuel, celui qui les a entraînés... »
Croisée tout autre part, l'une des attractions de la Premier League dit, en substance, la même chose : « Je ne saurais pas comment l'expliquer mais cette ville, c'est quelque chose hein... À la fin de ma carrière, je me vois vivre là-bas, c'est sûr. »
Dubaï s'est construit comme une bulle de plaisir et le football en est une autre. Quand il y a de l'argent dans une industrie, il y a tous les excès qui vont avec. Et ces excès tendent souvent vers des choses liées aux plaisirs...
« Il y a des escortes partout... Après les joueurs, en tout cas ceux que je connais, quand ils font des soirées ou des événements, ils veulent avoir des filles mais ils ne payent pas pour coucher avec elles. Ils n'ont pas besoin de ça »
Les Émirats Arabes Unis - Une histoire plus riche que Dubai, la télé-réalité et le pétrole.
Les Clubs Émiratis
Voici quelques clubs de football émiratis et leurs dates de fondation :
- Al Ain FC: Fondé en 1968
- Ras al-Khaimah: Fondé en 1969
- Shabab Al-Ahli Dubai FC: Fondé en 1958 (fusionné en 2017)
- Al Wahda: Fondé en 1974
Ces clubs jouent un rôle essentiel dans le développement du football aux Émirats Arabes Unis, contribuant à la formation de jeunes talents et à la promotion du sport dans le pays.