La relation entre Elie Semoun et Dieudonné, autrefois symbole de l'antiracisme, s'est transformée en une polémique complexe, marquée par des accusations d'antisémitisme et des prises de position controversées. Cet article explore l'histoire de cette relation, les raisons de la rupture et les réactions qu'elle a suscitées.

Le duo comique et son engagement antiraciste
Au début de leur carrière, Elie Semoun et Dieudonné incarnaient un duo comique novateur, s'appuyant sur leurs origines respectives (juive pour l'un, métisse pour l'autre) pour dénoncer le racisme et les discriminations. «Quand on a débuté, on était le symbole même de l'antiracisme», a rappelé Elie Semoun.
Leur humour, à la fois incisif et engagé, leur a valu un large succès et a fait d'eux des figures emblématiques de la lutte contre les préjugés. «On était le symbole de l'antiracisme», a souligné Semoun, regrettant l'époque où ils étaient «le symbole de l'antiracisme».
La dérive polémique de Dieudonné
Au fil des années, Dieudonné a progressivement glissé vers des positions de plus en plus controversées, multipliant les provocations et les déclarations à caractère antisémite. Ce qui a conduit à l'annulation de ses spectacles les uns après les autres.
Son sketch « polémique » sur France 3 a marqué un tournant, suscitant l'indignation et le début d'une longue série de polémiques. «Tout avait commencé avec un sketch « polémique » sur France 3, devant un Marc-Olivier Fogiel médusé et un Jamel hilare. La suite, tout le monde la connait.»
Le geste de la « quenelle », popularisé par Dieudonné, a été interprété par certains comme un «salut nazi inversé», alimentant davantage la controverse. La quenelle a été cuisinée et servie sur France 2 à une heure de grande écoute.

La Grande-Bretagne a refusé l'entrée sur son territoire à Dieudonné. Après avoir créé la polémique en France, l'humoriste controversé Dieudonné est désormais interdit d'entrée au Royaume-Uni. En cause: son soutien à la «quenelle» faite par «son ami» le footballeur Nicolas Anelka.
Il a repris mi-janvier sa tournée en France avec son nouveau spectacle intitulé Asu Zoa (La face de l'éléphant en langue Ewondo du Cameroun) après l'interdiction en janvier par la justice française de son spectacle Le Mur pour ses sorties antisémites.
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La réaction d'Elie Semoun : entre tristesse et déception
Face à la dérive de son ancien complice, Elie Semoun a exprimé sa tristesse et sa déception. «C'est presque pas un sketch, c'est la lettre d'un ami trahi et trompé», explique-t-il, visiblement très touché et déçu par la trajectoire empruntée par cet ancien compagnon de route qu'il est incapable de réellement haïr.
Dans une lettre ouverte diffusée sur Canal+, il a dénoncé le «délire» antisémite de Dieudonné, tout en évoquant avec nostalgie l'époque où ils étaient «le symbole de l'antiracisme». «Je pensais qu'on allait grandir ensemble comme Chevalier et Laspalès, et maintenant tu me fais ton délire...» commence d'emblée Elie Semoun dans la séquence diffusée par l'émission «Clique», le regard bien plus sérieux qu'à l'accoutumée.
Il a également révélé un dialogue fictif (ou réel) où Dieudonné lui aurait dit : «Non, mais il y a trop de juifs». Il lui prête ensuite les mots suivants : «Le racisme, c'est l'avenir [...] Je te demande de me laisser le lobby juif [...] Elie t'es mon ami, je te laisse les arabes et les noirs».
L'affaire Anelka et le soutien à Dieudonné
Le footballeur Nicolas Anelka s'est retrouvé au cœur de la polémique après avoir effectué une «quenelle» pour célébrer un but. Auteur d'un doublé avec son club de West Bromwich Albion, Nicolas Anelka a déclenché la polémique en célébrant son premier but.
Ce geste, interprété comme un signe de soutien à Dieudonné, a suscité l'indignation et valu à Anelka une suspension de cinq matches. L'attaquant français, qui évoulait alors à West Bromwich Albion avait alors été suspendu cinq matches par la fédération anglaise.
Anelka a assumé son geste, affirmant qu'il s'agissait d'une «dédicace à son ami Dieudonné». «Ma quenelle a été très mal interprétée, précise l’ancien joueur du PSG. C’était une dédicace à mon ami Dieudonné». Il a également nié être antisémite ou raciste. «C’est bien beau de dire que je suis antisémite et raciste. Encore faut-t-il des preuves». Nicolas connaît ça lui qui avait été exclu de la coupe du Monde 2010 après sa violente diatribe adressée à Raymond Domenech.
Réactions et conséquences
L'affaire Dieudonné a suscité de vives réactions en France et à l'étranger, relançant le débat sur les limites de la liberté d'expression et la lutte contre l'antisémitisme. Le ministre de l'intérieur, Manuel Valls a émis l'idée d'interdire les spectacles de l'humoriste Dieudonné, controversé quant au message qu'il fait passer à ses spectateurs.
Plusieurs personnalités du monde du spectacle, comme Bruno Solo, ont pris position contre Dieudonné, dénonçant ses propos antisémites et son influence néfaste. C'est l'acteur Bruno Solo, lui aussi ancien proche de Dieudonné, qui avait réagi à la polémique, sur un ton beaucoup plus virulent.
Les spectacles de Dieudonné ont été interdits dans plusieurs villes de France, et l'humoriste a été condamné à plusieurs reprises pour incitation à la haine raciale. Le 23 janvier, Dieudonné qualifiait le sportif de «prince» sur la chaîne Skynews.