C’est historique, l’UA Saverdun et le Sporting Saint-Girons évolueront en Fédérale 1 lors de la saison 2025-2026. Un événement pour l’Ariège.
Si l’on excepte le glorieux passé désormais très lointain du rugby ariégeois, c’est la première fois que deux clubs départementaux se retrouveront ensemble en Fédérale 1. Dimanche, en dominant Léguevin et Villefranche-de-Lauragais, à chaque fois au bout du suspense, Saint-Girons et Saverdun ont écrit l’histoire.
Au grand bonheur de Frédérick Dedieu, président du comité départemental :
« Retrouvez deux clubs en Fédérale 1 est une très bonne chose pour l’Ariège. C’est une vitrine qui va se répercuter sur tous les autres clubs. Ça va les tirer vers le haut. C’est également révélateur que ce sont deux clubs formateurs qui réussissent. Maintenant, je fais confiance aux dirigeants des deux clubs pour faire le nécessaire. Ces deux montées, c’est un appel d’air pour tout le monde. »
Les Défis de la Fédérale 1
Car la Fédérale 1, ce n’est pas la Fédérale 2. Il y a un sacré "gap" à franchir. Le plus ardu est sans aucun doute le fait de posséder obligatoirement une équipe d’Espoirs fédéraux. Des joueurs âgés entre 19 et 25 ans. Mais, que ce soit à Saint-Girons ou à Saverdun, on n’est pas inquiet.
« Nous, on voulait surtout que ces Espoirs ne soient pas dissociés de l’équipe Une. Ce sera le cas. Chez nous, on rentre largement dans les clous. »
A Saverdun aussi, l’optimisme est de mise. « Il y a eu une réflexion sur les Espoirs, avoue Pierre Sieurac, vice-président de l’UAS. On a fait le ratio et il y a beaucoup de jeunes. » Dans l’effectif, six joueurs peuvent avoir plus de 25 ans. Et une dérogation est même possible pour porter le chiffre à 9.
La principale évolution est également le changement de règles. Surtout en mêlée. « On appliquera les mêmes règles qu’en Top 14. » Soit une poussée illimitée ou les plaquages aux épaules. Des contraintes qui, pour l’heure, ne semblent pas empêcher Saint-Girons et Saverdun d’accepter leur promotion.
« On posera la question en fin de saison, explique Pierre Sieurac. Du côté de Lionel Heymans (entraîneur du Sporting Saint-Girons), c’est le même son de cloche.
« Après tous les départs et arrêts de l’an dernier, qui aurait dit qu’on en serait-là ? En fait, on ne s’est pas spécialement penché sur la suite. On ne changera rien en Fédérale 1. Grenade nous fait croire qu’on peut peut-être y arriver. »
Ce que les Saverdunois et les Saint-Gironais voulaient, c’est juste profiter du moment. « Notre seule ambition, dimanche, c’était de prolonger l’aventure et le plaisir, tous ensemble, poursuit Lionel Heymans. On voulait retrouver ce goût de vraies phases finales sur un seul match, prendre le bus. On avait envie de regoûter à ça. »
Du côté de l’UAS, on avait encore du mal à y croire. « Cette montée est le résultat d’un gros travail de toutes les composantes du club, depuis des années, souffle Pierre Sieurac. Mais c’est aussi énormément de joie et d’amour. La Fédérale 1 nous tombe un peu dessus. On a juste essayé de l’anticiper depuis une quinzaine de jours. La priorité, c’est le budget. On fera avec ce qu’on a. »
Si les déplacements en Fédérale 1 devraient être moins longs que ceux de Fédérale 2 cette année, Saverdun et Saint-Girons vont aussi devoir se pencher sur leurs infrastructures. « Il y aura forcément quelques petits travaux à faire sur le stade Paul-Fines, lâche le coprésident de l’UAS. Mais je sais que la mairie a déjà regardé certains dossiers, même avant notre accession en Fédérale 1. »
Côté Sporting, hier dans La Dépêche, Jean-Noël Vigneau, maire de Saint-Girons, annonçait que la collectivité serait au côté des "Lions verts." C’est maintenant que les soucis vont arriver. Mais, l’UAS et le Sporting n’ont pas peur de la Fédérale 1.
Le fonctionnement du staff de l'Uson
« C’est bien de proposer autre chose à tous ces gamins, termine Lionel Heymans. On va aller voir nos limites en Fédérale 1 ».
D’ici là, il y aura deux quarts de finale à jouer. Et si Saint-Girons et Saverdun s’imposent, ils se retrouveraient alors en demi-finale.
Le Parcours de l'UA Saverdun vers le Titre de Fédérale 3
Avant la reprise des divers championnats, Rugby Amateur vous présente les équipes championnes et finalistes lors de l’exercice précédent, de la Régionale 3 à la Nationale 2. Aujourd’hui, c’est au tour de l’UA Saverdun, championne de France de Fédérale 3… (Par Marco Matabiau/ Photos Pascal Villalba)
Dire que l’UAS a fêté son titre comme il se doit relèverait d’un doux euphémisme. Des mots mêmes du Coach Idrac, « les 15 jours qui ont suivi le titre ont été très festifs. On a fait du non-stop ». Les vacances d’été n’auront donc pas été de trop ni pour recharger les batteries après une saison à rallonge (le premier match face à L’Isle-en-Dodon s’est déroulé le 17 septembre, la finale contre Servian-Boujan le 30 juin) ni pour fêter le titre national acquis de haute lutte. Et en matière de fête, Saverdun est aussi champion de France…
Médaille de champion de France autour du cou, Yannick Idrac a pris le temps de savourer ce titre tant désiré.
Passé tout près de la montée (l’objectif annoncé du club) lors des deux saisons précédentes, le groupe piloté par Yannick Idrac et Benoit Tessarotto (arrivé à l’intersaison de Saint-Girons, « un vrai technicien, avec beaucoup d’expérience (…) on est un peu le Yin et le Yang ») partait un peu dans l’inconnu dans une poule 10 composée principalement d’équipes commingeoises et haut-pyrénéennes, sans oublier le derby contre les amis de Tarascon.
L’exercice s’est pourtant parfaitement déroulé (une seule défaite, d’un petit point à Mauvezin), ce qui a permis d’enchainer sereinement sur les phases finales. Il était alors temps de passer aux choses très sérieuses.
Pendant la saison régulière, Beneyton (le jeune marié) et Séguéla (10) avaient pris part au succès (23 - 16) sur la pelouse de Tarascon.
Un Parcours Semé d'Embûches
« On a commencé par les aller-retours contre Aire-sur-Adour et Montluçon. Des confrontations solides, très accrochées ». A partir des huitièmes, matchs « secs ». Les Ariégeois disposent des Héraultais de Jacou (29 - 19), puis proposent un véritable festival offensif (45 - 33) pour venir à bout des Isérois du Rugby Pays Saint-Jeannais.
Viennent alors les demi-finales, face à Villeneuve-sur-Lot, « une équipe très bien organisée défensivement. On a joué de la 20ème à la 80ème, mais on n’a jamais réussi à vraiment les déstabiliser. On aurait pu jouer deux jours, je crois qu’on ne serait pas passés ». Le salut des Rouge et Noir est passé par les ballons portés. Deux essais en fin de match (79ème, 84ème) et la route de la finale s’ouvrait enfin.
Le 30 juin dernier, Saverdunois et Serviannais se retrouvaient donc sur la pelouse mazamétaine. Et ce même avant le coup d’envoi officiel, puisque quelques amabilités étaient échangées dès la reconnaissance de la pelouse. La finale s’est en revanche parfaitement déroulée et a donné lieu à un superbe affrontement, emporté au bout du bout des prolongations (30 - 29) par l’UAS. La suite, on la connait,: deux semaines un peu folles, avant le retour aux affaires courantes fin juillet.
En effet, à raison de deux séances par semaine, la reprise s’est effectuée le 25 juillet pour les réservistes et les recrues. Les champions ont, quant à eux, rechaussé les crampons une semaine plus tard. Le club peut compter sur la stabilité de son effectif, puisqu’un seul joueur (le gaucher Da Costa) manquera cette année à l’appel. Pour le reste, Galy (deuxième ligne), Lledos (troisième ligne) et le capitaine Sentenac (lui aussi troisième ligne) remettent le couvert, tout comme les polyvalents Jalibert (ouvreur ou centre) et Alasset (Maxime, ailier ou arrière) et le trois-quart centre Toffolo derrière.
Côté recrutement, Saverdun a fait dans la qualitatif avec notamment l’ex-Tarbais Combier (pilier, 14 feuilles de match l’an passé) et Da Silva (deuxième ligne, Muret) devant. Derrière, ce sont les anciens villefranchois « Chichi » Groy (trois-quart centre) et Alasset (Clément, ailier ou arrière, comme son frère) ou encore le Mazamétain Denjean (ouvreur) qui rejoignent les bords du Crieu. De quoi bien appréhender les oppositions à venir, au sein d’une poule 4 qui s’annonce relevée. Voyez par vous-mêmes : des habitués tels que Prades, Villefranche-de-Lauragais, Balma ou l’Étoile Sportive Catalane, pour ne citer qu’eux, mais également de beaux derbys en perspective.
Effectivement, Saverdun retrouvera cette année non seulement les voisins de Pamiers (première rencontre à Balussou le 20 octobre) mais aussi Saint-Girons (match aller le 15 décembre à Léopold-Gouiric). Tout ce petit monde a déjà fait connaissance début septembre lors de la traditionnelle Coupe Voivenel (victoire contre Tarascon, défaite contre Saint-Girons), suite à laquelle les Rouge et Noir sont partis « s’oxygéner » à Canet-en-Roussillon pour, si l’on en croit les mots de Yannick Idrac, « un stage de cohésion et de (dés)intégration ». Le tout surveillé de près par le jeune retraité des terrains et néanmoins hyperactif co-président Pierre Sieurac.
Tout un programme, en dépit duquel il ne faudra pas oublier que le championnat débute le 15 septembre. Le premier bloc donnera vite une indication des forces en présence, puisque l’UAS recevra deux fois de suite (Castanet, Prades) avant de se rendre à Leucate. Avec quelles ambitions pour les Ariégeois? « On est dans une poule très homogène, dans laquelle de nombreuses formations se sont qualifiées l’an passé. Le but premier est bien évidemment de se maintenir… et plus si affinité ».

Célébration de l'UA Saverdun après une victoire importante.
Récapitulatif des Recrues de Saverdun
Pour mieux visualiser les renforts de l'UA Saverdun, voici un tableau récapitulatif des recrues clés :
| Nom | Poste | Ancien Club | Points Forts |
|---|---|---|---|
| Combier | Pilier | Tarbes | Expérience en Top 14 |
| Da Silva | Deuxième Ligne | Muret | Solidité en défense |
| Groy | Trois-Quart Centre | Villefranche | Vision du jeu |
| Alasset (Clément) | Ailier ou Arrière | Villefranche | Polyvalence |
| Denjean | Ouvreur | Mazamet | Précision au pied |