L'histoire de l'écusson du rugby de La Rochelle: un symbole d'unité et de fierté

L'écusson d'un club de rugby est bien plus qu'un simple logo. Il représente l'histoire, les valeurs et l'identité d'une équipe et de ses supporters. L'écusson du club de rugby de La Rochelle ne fait pas exception, incarnant la fierté et l'unité de toute une ville derrière son équipe.

Pour comprendre l'importance de l'écusson, il est intéressant de se pencher sur l'histoire des clubs de rugby et de leurs symboles. Le Racing Club de France, par exemple, avait une tradition particulière :

On m'a donné une enveloppe à l'intérieur de laquelle il y avait une cravate et un écusson. Les dirigeants ont dit à mon père : ''Monsieur, nous sommes le Racing et chaque fois que nous partons en déplacement, il faudra que votre fils porte cette cravate sur une chemise blanche et porte un blazer bleu marine sur lequel vous aurez cousu cet écusson''. On se faisait chambrer, siffler, insulter parfois mais quand on débarquait à vingt-cinq en blazer, ça ressemblait à une équipe, et ça fédérait.

L'écusson du Racing Club de France, un symbole fort de l'identité du club.

L'évolution des mentalités et l'impact du professionnalisme

Si les clubs avaient autrefois un ADN commun, «n'est plus d'actualité. Ce ne sont que des relents, ajoute Lombard. Cette ambiance est surannée depuis l'avènement du professionnalisme.» Le Racing Club de France a été premier à couper le cordon en 1997.

Quand il est arrivé au Racing, Jacky Lorenzetti avait le choix de se raccrocher à la culture showbiz historique des années 80-90 mais le rose, c'était le terrain du Stade Français de Max.

Le logo du Stade Français, un autre emblème fort du rugby français.

La culture showbiz, l'ancien centre international Denis Charvet s'en souvient : «Le Racing, c'étaient les embouteillages et l'anonymat, la liberté totale, sans organisation. Avec un changement bien pensé, nous aurions été champions de France deux ou trois fois. Mais la folie du showbiz, ce sont les clés du titre de 1990. Quelque chose d'impossible à casser, à digérer. Cinq mecs (Mesnel, Blanc, Guillard, Lafond, Rousset) ont révolutionné un système mais cette révolution n'a pas été renouvelée. Ça a été jusqu'au délire total, qui fut d'aller chercher Bob Dwyer pour entraîner cette équipe.»

Une période qui a marqué Thomas Lombard : «Il y avait un talent fou chez des mecs ingérables. En 1993, quand je débute au Racing, je joue avec Cabannes, Mesnel, Charvet, Benezech. Les coaches avaient mis en place des séances mais les joueurs disaient : «D'abord, on va faire un toucher. » Ce qui n'était au départ qu'un échauffement durait pendant la quasi-totalité de l'entraînement. Les avants, ça les gonflait. Alors ils allaient faire des touches et des mêlées pour régler la conquête. Quand Bob Dwyer arrive d'Australie en 1995, où le fonctionnement est déjà très pro, il ne parlait pas français et il n'y avait pas de traducteur. Il explique dès le premier entraînement qu'on va travailler les déblayages avec des boucliers. Et là, Eric Blanc, dans un anglais approximatif, lui explique que «it's not possible to do boucliers, we start with touch.» Dwyer se gratte la moustache, remet ses lunettes et comprend que ça va être compliqué de nous entraîner.

Denis Charvet confirme : «Le jeu à toucher à l'entraînement, c'était plus fort que le match du dimanche. On mettait deux heures en bagnole pour aller à Colombes, entouré d'HLM, dans le froid et sous la pluie. Mais rien ne nous arrêtait. On s'y préparait toute la semaine. On sélectionnait les mecs avec lesquels on voulait jouer. Ça finissait dans les cris, les hurlements, à la limite de la bagarre. Mais on gardait un rêve intact au plus profond de soi. Comme le match des Cinq Nations de l'enfance dans le jardin de la maison familiale en imitant la voix de Roger Couderc. C'est aussi l'histoire du Stade Français aujourd'hui. Après cette histoire de fusion avortée, les joueurs du Stade Français ont remis l'humain à sa place, au centre de toutes les préoccupations.»

L'écusson, comme l'hymne et les couleurs d'un club, est un symbole de ralliement pour les supporters. Il représente l'appartenance à une communauté et la fierté de soutenir son équipe. L'histoire de l'écusson du club de rugby de La Rochelle est intimement liée à l'histoire du club et de la ville.

Le logo actuel du Stade Rochelais.

Il quittera le Racing pour rejoindre le Stade Français : «Je me suis revu à Cahors quand j'ai démarré ma carrière en Groupe B. La boucle était bouclée.» Son souvenir le plus fort ? «La robe de Dalida. On affronte Bègles-Bordeaux en seizième de finale sur le terrain du SBUC. La veille au soir à l'hôtel, on joue aux cartes, Bernard (Laporte), Vincent (Moscato) et moi. On voit arriver Max. On pensait qu'il allait nous parler de la prime de match du lendemain. On arrive dans sa chambre, il ouvre son armoire, nous montre la robe de Dalida et nous demande si on est d'accord pour qu'il l'installe dans le vestiaire le jour du match. Nous sommes restés sans voix. Le lendemain, on découvre que c'est un moment protocolaire. Il y avait des caméras partout et on se cachait pour ne pas passer en direct à l'antenne sur Canal +.

Avec le nœud papillon rose côté Racing, ce qui reste des années folles, côté Stade Français, «c'est «I Will Survive», raconte Lombard. Max voulait créer la musique des joueurs de rugby du Stade Français. Il nous fait enregistrer un CD et parmi les titres remixés, il y a le morceau de Gloria Gaynor, qui deviendra l'hymne des joueurs de football de l'équipe de France championne du monde 1998. Très doué pour la com', Max nous fait faire tous les plateaux télé en tenue de rugbymen pour assurer la promotion du CD et celle du club à l'aide d'une chorégraphie absolument ridicule...»

Mais si l'ADN des deux clubs parisiens se rejoint puis s'éloigne, reste un lien indéfectible que raconte le futur entraîneur adjoint du RC Toulon, Fabrice Landreau, non sans émotion : «En 2006, le Racing est en ProD2, associé à l'US Métro, et joue pour éviter la descente. Les présidents sont Blanc et Legagneux. Didier Camberabero s'occupe des trois-quarts mais il n'y a plus d'entraîneur des avants : il a été limogé. Eric Blanc me demande de filer un coup de mains au club. Je suis embêté parce que je suis entraîneur des avants au Stade Français. J'en parle à Max (Guazzini). Je sens bien que ça ne lui plait pas mais il me donne le feu vert. C'est ainsi que j'ai terminé la saison en étant entraîneur des deux clubs. Je finissais l'entraînement à 16h30 avec le Stade Français et à 17h30, j'étais à la Croix-de-Berny pour la séance vidéo et l'entraînement avec les avants du Racing. En remportant trois de ses quatre derniers matches, dont un à l'extérieur, le Racing n'a pas sombré. Ce qui est marrant, c'est d'imaginer que Max a contribué à ce que le Racing se maintienne en ProD2.»

Ce qui était la condition sine qua non pour que Jacky Lorenzetti rachète le club francilien. Vous connaissez la suite.

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