La rivalité entre l'Écosse et la Nouvelle-Zélande en rugby est un chapitre riche en histoire, marqué par la domination quasi constante des All Blacks. Depuis leur première confrontation en 1905, l'Écosse n'a jamais réussi à vaincre la Nouvelle-Zélande, une série de défaites qui pèse lourd sur l'histoire du rugby écossais.

Une Longue Série d'Invincibilité
Cent vingt ans, ce n'est pas l'éternité, mais ça y ressemble. Depuis leur première confrontation face à la Nouvelle-Zélande en 1905, les Écossais n'ont jamais battu les All Blacks. En 32 matches, ils se sont inclinés 30 fois, pour deux matches nuls en 1964 (0-0) et en 1983 (25-25). La Nouvelle-Zélande a trouvé dans l'enceinte de Murrayfield comme une deuxième maison : c'est le seul stade où les Blacks ont joué plus de dix fois sans jamais connaître la défaite.
La sale série va-t-elle se poursuivre ? Lors des trois derniers affrontements, le quinze du Chardon s'était approché tout près de la victoire, menant pendant une grande partie du match en 2014 (16-24), 2017 (17-22) et 2022 (23-31).

Le Match Récent : Écosse 17 - 25 Nouvelle-Zélande
La Nouvelle-Zélande a souffert mais est restée invaincue face à l’Ecosse. Secoués par le réveil du XV du Chardon en seconde période, les All Blacks ont fait le dos rond et réagi en fin de match pour s’imposer 25-17 samedi à Edimbourgh durant la tournée d’automne. Les Néo-Zélandais prolongent leur invincibilité en 33 affrontements (31 victoires pour deux matches nuls) depuis 1905 face à leurs adversaires écossais.
Les All Blacks ont mené 17-0 à la mi-temps, se sont fait rejoindre 17-17 après avoir été particulièrement indisciplinés, mais ont empoché la victoire après un troisième et dernier essai signé Damian McKenzie (74e). L’arrière ou demi d’ouverture, entré en seconde période, a évité un plaquage de Blair Kinghorn et aplati de manière spectaculaire.
Sans Scott et Jordie Barrett, absents sur blessure, les numéros deux mondiaux ont dominé la première période avec deux essais, au début (Cameron Roigard, 3e) et à la fin (Will Jordan, 40e), tous convertis par Beauden Barrett. Mais la belle mécanique s’est enrayée après la mi-temps, à la fois parce que les Ecossais sont repartis pied au plancher et parce que les visiteurs ont multiplié les fautes et les cartons jaunes.
Le XV du chardon a piqué par Ewan Ashman (46e) et Kyle Stein (51e), ils ont failli inscrire un troisième essai par Darcy Graham (56e), puis Finn Russell a remis les équipes à égalité sur une pénalité (60e, 17-17).
La fin de match a vu la Nouvelle-Zélande faire la différence grâce à Damian McKenzie. Après un ballon porté arrêté près de la ligne, le ballon a été envoyé avec un peu de maladresse de l'aile droite vers l'aile gauche. Avec un peu de réussite face au retour désespéré de Blair Kinghorn, l'ailier a pu aplatir en coin avant de manquer lui-même la transformation en coin. En toute fin de match, il a su se reprendre pour passer la pénalité de la victoire. Une semaine après leur succès à Chicago face à l'Irlande, les All Blacks poursuivent leur bonne dynamique avec ce succès (17-25) avant de se rendre à Twickenham pour y défier l'Angleterre le week-end prochain.
Les moments clés du match
- 3e minute: Essai de Cameron Roigard pour la Nouvelle-Zélande
- 40e minute: Essai de Will Jordan pour la Nouvelle-Zélande
- 46e minute: Essai de Ewan Ashman pour l'Écosse
- 51e minute: Essai de Kyle Stein pour l'Écosse
- 60e minute: Pénalité de Finn Russell, égalisation à 17-17
- 74e minute: Essai de Damian McKenzie pour la Nouvelle-Zélande
Les All Blacks l'emportent grâce à l'entrée de McKenzie intenable en fin de match. Les Ecossais ont réussi une grosse performance mais ont manqué de réalisme alors qu'avec peu de munitions et 30 minutes en infériorité numérique, les Néo-Z marquaient.
Voici les compositions des équipes pour ce match :
La compo de l'Écosse: Kinghorn - Graham, Hutchinson, S. Tuipulotu (cap.), K. Steyn - (o) Russell, (m) White - M. Fagerson, Dempsey, Brown - Gilchrist, Cummings - Rae, Ashman, Schoeman.
Remplaçants : Turner, Sutherland, Millar Mills, Sykes, Darge, Bayliss, Dobie, Jordan.
La compo de la Nouvelle-Zélande: Jordan - Carter, Fainga'anuku, Tupaea, Clarke - (o) B. Barrett, (m) Roigard - Savea (cap.), Lakai, Sititi - Holland, Lord - Newell, Taylor, De Groot.
Remplaçants : Taukei'aho, T. Williams, Tosi, Darry, Kirifi, Ratima, Proctor, McKenzie.
Des Motifs d'Espoirs pour l'Écosse
Si le carton de la semaine dernière face aux États-Unis (85-0) est à relativiser vu la faiblesse de l'adversaire, elle dénote la bonne forme des attaquants écossais. Parmi eux, les ailiers Duhan Van der Merwe et Darcy Graham se tirent la bourre et caracolent tous les deux en tête des meilleurs marqueurs de la sélection (34 essais chacun).
Le premier ne sera toutefois pas de la partie samedi face aux Blacks. Un choix stratégique de la part du sélectionneur Gregor Townsend, qui préfère aligner Kyle Steyn, plus sûr sous les ballons hauts qu'utilisent savamment les canonniers néo-zélandais. Avec lui et Blair Kinghorn à l'arrière, le fond du terrain écossais sera bien gardé : le Toulousain est le joueur qui a remporté le plus de duels aériens lors du dernier Tournoi des Six Nations (10).
Face à l'éternelle menace offensive que représentent les All Blacks, l'Écosse pourra aussi compter sur sa solide ligne défensive. Sur les cinq derniers Tournois, le quinze du Chardon présente une réussite aux plaquages constante et au-dessus de la moyenne des autres nations : 89 % en 2025 (1er), 89 % en 2024 (1er), 92 % en 2023 (1er), 89 % en 2022 (3e), 91 % en 2021 (1er).
Et si l'Écosse battait enfin la Nouvelle-Zélande ? Le rêve d’un exploit historique !
Des Absences de Marque
Le défi qui se présente samedi aux Écossais est déjà colossal. Mais la sélection va en plus devoir faire sans deux sacrés atouts : le pilier droit Zander Fagerson, toujours pas rétabli de la blessure au mollet qui lui avait déjà fait manquer la tournée des Lions en Australie, et Huw Jones, touché au tendon d'Achille.
Pour pallier l'absence de Fagerson, D'Arcy Rae a été titularisé au poste de numéro 3. Face aux gauchers néo-zélandais du genre gros format comme Ethan De Groot (1,90, 128 kg) et Tamaiti Williams (1,96 m, 140 kg), le challenge sera relevé en mêlée fermée.
Au centre, c'est le joueur de Northampton Rory Hutchinson qui devra faire oublier Jones. « Honnêtement, je ne pense pas qu'on puisse remplacer Huw à l'identique, mais chacun sa méthode », estime Tuipulotu. « J'apprécie beaucoup ''Hutch'', son talent et ses progrès en défense. Je suis impatient de le voir saisir sa chance. C'est comme quand je me suis blessé juste avant le Tournoi des Six Nations, Tom (Jordan) n'a pas cherché à me copier, il a joué son propre jeu. C'est la même chose pour ''Hutch''. »
Statistiques Clés
| Statistique | Écosse | Nouvelle-Zélande |
|---|---|---|
| Nombre de matchs joués | 32 | 32 |
| Victoires | 0 | 30 |
| Matchs nuls | 2 | 2 |