Écosse-Japon : L'ascension historique du rugby japonais

De notre correspondant à Tokyo (Japon), c’est l’histoire d’une mue. En octobre 2003, le Japon affronte l’Ecosse en phase de poules de la Coupe du monde de rugby.

A 23 minutes de la fin du match, l’équipe, alors surnommée les « Cherry Blossoms », n’a que quatre points de retard. Tout en s’illustrant par la créativité de leur jeu et la solidité de leur défense, les rugbymen nippons perdent finalement le match de plus de vingt points, mais un journaliste anglais leur donne ce jour-là un nouveau nom : les « Brave Blossoms ».

Seize ans plus tard, l’équipe qui a dominé l’Ecosse (28-21) dimanche soir à Yokohama, s’assurant pour la première fois de son histoire une place en quarts de finale du Mondial, porte toujours ce nom, mais s’est profondément transformée.

Avant même le coup d’envoi, c’est quasiment le match qui avait le plus fait parler de cette Coupe du monde. Jouera, jouera pas… Le typhon Hagibis, qui menaçait l’est du Japon et accessoirement la tenue de la rencontre, avait été scruté comme aucun autre par les fans de rugby de la planète entière, improvisés tour à tour météorologues et spécialistes en trajectoire des typhons pour déterminer où la rencontre devrait être délocalisée si le stade de Yokohama n’était pas en état de l’accueillir.

En scrutant sur les réseaux sociaux les images des sous-sols du Nissan Stadium sous les eaux, beaucoup ne donnaient pas cher de ce match. World Rugby, l’organisateur, n’a pas franchement soigné sa réputation en se retranchant derrière son règlement, lequel stipule que si une rencontre ne peut pas avoir lieu - avant samedi, ce n’était encore jamais arrivé en huit Coupes du monde -, elle sera annulée et les 4 points répartis équitablement entre les deux équipes.

Les calculs ont été vite faits dans les deux camps, surtout côté écossais : pour se qualifier, le XV du Chardon, après une déculottée face à l’Irlande (27-3), avait besoin d’une victoire en privant le Japon de bonus. L’Ecosse a clairement fait savoir qu’elle n’était pas prête à une élimination sur tapis vert. Le suspense a duré jusqu’à dimanche matin, huit heures avant le match.

Le premier essai écossais à la 6e minute avait semblé devoir donner le ton du match, entre une équipe d’Ecosse qui n’a raté qu’une fois les quarts de finale de Coupe du monde dans son histoire et un Japon peu remarquable jusqu’au dernier Mondial.

Les joueurs japonais célèbrent la victoire historique

Cette semaine, Michael Leitch, le capitaine nippon, nous avait régalé d’une tirade digne de Braveheart (Blossoms) : « Le plus important, c’est d’avoir le courage. Il y en a qui se laissent gagner par la peur à mesure qu’ils approchent la ligne d’en-but, s’effondrant sous la pression. Nous nous sommes préparés à cette pression en nous disant que nous devions avoir un cœur d’acier. »

Sans fébrilité, les Rouge et Blanc ont alors commencé méthodiquement à imprimer leur rythme. C’est Matsushima qui a ouvert le bal en plantant le premier essai, son 5e de ce Mondial. Solides en défense, efficaces en récupération, rapides en attaque avec des passes millimétrées, les Blossoms ont abandonné sur place des Ecossais un peu trop généreux en ballons perdus.

« Leur groupe a beaucoup de cohésion, a noté après le match le capitaine écossais, Greig Laidlaw. On voit qu’ils jouent ensemble depuis longtemps : ils connaissent leur jeu, vont très vite, avec une très bonne exécution. Ils ont d’excellents joueurs, avec un vrai rythme et de la confiance pour essayer des choses. »

Le stade de Yokohama, qui n’avait pas ployé sous les vents d’Hagibis vingt-quatre heures plus tôt, a bien failli s’ouvrir en deux dimanche soir sous les cris d’un public nippon chauffé à blanc, soutien sans faille des Blossoms toute la soirée. Revenus à 28-21 après la mi-temps, les Ecossais ont plusieurs fois manqué l’occasion de planter l’essai de l’égalisation, ce qui ne leur aurait de toute façon pas suffi à se qualifier face à une équipe du Japon transformée depuis le dernier Mondial.

« Il s’est passé beaucoup de choses ces trois dernières années, confirme le coach nippon, Jamie Joseph. Notre participation au Super Rugby en est une. C’est une compétition où on a souffert pour beaucoup de raisons mais nos joueurs y ont été exposés à du rugby de haut niveau. Indirectement, ça a payé pour ce Mondial. »

Après avoir remporté ses quatre matchs de poule, le Japon passe devant l’Irlande et retrouvera donc l’Afrique du Sud en quarts dimanche prochain (et potentiellement, on ose à peine le dire, la France en demies). La joie des Japonais, qualifiés pour le premier quart de finale de leur histoire.

Présent pour la première fois de son histoire en quart de finale, le Japon affrontera l’Afrique du Sud dimanche prochain, alors que l’Irlande sera opposée samedi aux All Blacks. Par ailleurs, l’Angleterre affrontera l’Australie samedi, et la France sera opposée au pays de Galles dimanche prochain.

Vingt-quatre heures après le typhon Hagibis qui a frappé le Japon, causant la mort d’au moins 26 personnes et provoquant d’énormes dégâts, les Brave Blossoms ont remporté une victoire chargée de symboles. La rencontre, dont la tenue a été confirmée dimanche matin quelques heures avant le coup d’envoi, a été précédée d’une minute de silence émouvante à la mémoire des victimes du typhon, et les joueurs japonais ont semblé transcendés par l’atmosphère particulière qui entourait ce match.

Auteurs de quatre essais, ils s’imposent avec le bonus offensif aux dépensdes Écossais qui avaient mis la pression sur World Rugby pour jouer absolument la rencontre, car une annulation, synonyme de match nul (0-0), aurait provoqué leur élimination sans jouer.

Le directeur général de la fédération (SRU) avait notamment déclaré : « Nous ne laisserons pas l’Écosse être la victime collatérale d’une décision prise à la hâte ». Il avait laissé planer la menace d’un recours devant les tribunaux en cas d’annulation du match en raison du typhon Hagibis.

La rencontre entre le Japon et l'Ecosse, ce samedi à Murrayfield, aura donné lieu à une opposition de styles. D'entrée, les Nippons ont tenté d'imposer des gros temps de jeu aux Ecossais, de proposer un rugby propre, programmé, efficace. Mais les Brave Blossoms ont dû s'incliner face à la maîtrise de Finn Russell et ses coéquipiers (29-20).

La grosse défense du XV du Chardon, combinée aux éclairs de génie de joueurs de classe mondiale comme l'ouvreur du Racing 92 ou le capitaine Stuart Hogg, aura eu raison d'une belle équipe japonaise.

Le premier essai est venu de l'ailier Duhan van der Merwe, pour l'Ecosse (5e). Après une séquence de 18 phases de jeu des Japonais. Chaque fois que l'Ecosse a pu le faire, elle a ainsi puni le Japon, en première période. Stuart Hogg perçait à la 28e minute, avant d'être stoppé. Le joueur d'Exeter était trouvé quelques secondes plus tard par Russell, pour une mise dans l'intervalle parfaite, et un deuxième essai (28e).

Avec son essai inscrit à la 28e minute, Stuart Hogg est devenu le meilleur marqueur d'essais de l'histoire du XV du Chardon. L'arrière de 29 ans en est à 25 essais pour 88 sélections.

Juste avant la pause, l'Ecosse ajoutait un troisième essai, derrière une belle 89 dans les 22m adverses, puis une longue sautée de Russell pour son ailier Darcy Graham, qui battait là trois défenseurs sur son retour intérieur (19-6, 40e).

Dans le second acte, les fautes calédoniennes et un carton jaune distribué au pilier Jamie Bhatti permettaient au Japon de revenir au contact (19-12, 46e). Le talonneur remplaçant Stuart McInally redonnait de l'air au XV du Chardon. Puis Tevita Tatafu scorait peu après l'heure de jeu (63e), et comme la botte de Rikiya Mtsuda ramenait le Japon à 26-20 (71e), tout Murrayfield se demanda si les Brave Blossoms pouvaient réaliser l'exploit en Ecosse.

Mais les Calédoniens n'ont pas paniqué pour conclure un match somme toute maîtrisé. Sans être brillants certes, mais dans le sillage d'une grosse défense, symbolisée par l'homme du match, le centre de Gloucester Chris Harris.

C'est fait ! Le Japon disputera une phase finale de Coupe du monde de rugby à domicile ! L'équipe nippone a été particulièrement efficace face à l'Écosse pour s'imposer 28-21 et remporter la première place dans le Groupe A. Après huit tentatives infructueuses, le Japon est sorti de la phase de poules, devenant par la même occasion la première équipe asiatique à atteindre les quarts de finale.

Car ce sont bien les Japonais qui sont sortis en tête de la poule A, devant le favori irlandais, battu (19-12) comme les Ecossais. Les Ecossais souhaitaient, légitimement, jouer leur qualification sur le terrain -- ils auraient été éliminés en cas d'annulation -- mais ils s'étaient déjà quasiment sabordés dès l'entame de la seconde période. De séduisant, le Japon est ensuite passé à résilient dans la dernière demi-heure pour résister aux assauts écossais.

Soutenu par toute une enceinte éructant aux plaquages des siens, comme à la pénalité cruciale (68e) puis au ballon récupéré à une minute de la fin, dans les 22 mètres.

Au terme d'un match fou où les retournements de situations ont été légion, c'est finalement les Japonais qui s'imposent. Alors qu'ils avaient réussi à prendre le large à la mi-temps et à enfoncer le clou juste en sorti de mi-temps, des Écossais revanchard sont parvenus à revenir à 7 points de leur adversaires, mais cela n'a pas suffit face à des Japonais valeureux!

Les Japonais sont en état de grâce en cette fin de première période, en bout de ligne Tupou tape un petit coup de pied pour Fukuoka qui dépose Graham avant d'aller aplatir dans l'en-but!!!

Très longue phase de possession des Japonais qui jouent très bien, ils enchaînent les transmissions avec beaucoup de propreté, Matshushima est encore impressionnant, il efface trois Écossais avant de pouvoir passer la balle à Horié, c'est finalement Inagaki qui hérite du ballon et qui n'a plus qu'à l'aplatir entre les poteaux!!!

Les Japonais récupèrent la touche, c'est bien lancé ils décident de partir au large, c'est finalement sur les extérieurs qu'ils trouvent la solution le numéro 11 Fukuoka parviens à faire une passe après contact à Matshushima qui au terme d'un bon sprint parviens à passer l'en-but!!!

Et au coup de sifflet final de de l’arbitre néo-zélandais Ben O’Keeffe, tout un pays s’embrasa. Pour la première fois de son histoire, le Japon venait de se qualifier pour les quarts de finale d’une Coupe du monde de rugby grâce à sa victoire (28-21) sur l’Ecosse. Il a non seulement gagné le droit d’aller jouer dans la cour des grands, mais il a également pris sa revanche sur les Ecossais qui l’avaient privé de la qualification lors du dernier Mondial, malgré son exploit face à l’Afrique du Sud (34-32).

Quarts de finale

  • Samedi 19 octobre à Oita (9 h 15).- Angleterre - Australie (match 1).
  • Samedi 19 octobre à Tokyo (12 h 15).- Nouvelle-Zélande - Irlande (match 2).
  • Dimanche 20 octobre à Oita (9 h 15).- Pays de Galles - France (match 3).
  • Dimanche 20 octobre à Tokyo (12 h 15).- Japon - Afrique du Sud (match 4)

Demi-finales

  • Samedi 26 octobre à Yokohama (10 h).- Vainqueur du match 1 contre vainqueur du match 2.
  • Dimanche 27 octobre à Yokohama (10 h).- Vainqueur du match 3 contre vainqueur du match 4.

Match pour la 3e place

  • Vendredi 1er novembre au Tokyo Stadium (10 h).

Finale

  • Samedi 2 novembre à Yokohama (10 h).

L'Ecosse a remporté le premier de ses deux test-matches face au Japon 26 à 13 (16-10 à la mi-temps) ce samedi à Toyota City. Le capitaine écossais Greig Laidlaw a passé 16 points au pied (4 pénalités, 2 transformations des deux essais) pour assurer la victoire au XV du Chardon.

Les Japonais avaient donc soif de revanche à domicile, mais devaient composer sans leur star, le futur joueur du club français de Toulon Ayumu Goromaru, touché à une épaule. C'est son vis-à-vis écossais qui s'est illustré au Toyota Stadium: Greig Laidlow a passé 16 points au pied (4 pénalités et transformation des deux essais). Il a sanctionné les nombreuses fautes des locaux qui ont concédé 11 pénalités et deux cartons jaunes durant les 40 premières minutes.

Les Ecossais ont inscrit leurs deux essais en supériorité numérique, un de pénalité (37e) et un du pilier Willem Nel (41e), effaçant d'un revers de la main le bon début de match des coéquipiers de Shota Horie, auteur du seul essai nippon (8e).

"C'était une bonne victoire, a déclaré Laidlaw. On a un peu laissé le Japon jouer en deuxième période. Mais on est là pour gagner les deux matches, nous devons nous améliorer pour la semaine prochaine". "Nous sommes très déçus.

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