La Signification des Foulards aux Fêtes de Bayonne : Un Symbole d'Appartenance

Chaque année, les Fêtes de Bayonne attirent des centaines de milliers de personnes, toutes vêtues de blanc et rehaussées d'un foulard coloré. Ce code vestimentaire, bien plus qu'une simple tradition, est un symbole fort d'adhésion aux valeurs des Fêtes et de communion entre les festayres.

Vu d'ici : À Bayonne, la fête est une tradition

Le foulard, en particulier, offre une multitude de possibilités de démarcation, souvent des signes d'appartenance à un clan ou une idée.

Le Foulard Rouge Classique : Un Hommage à San Firmin

Le foulard rouge uni, sans dessin ni inscription, est le plus emblématique. Sa tradition fait référence au martyre de San Firmin, originaire de Pampelune. Il symbolise le sang du martyr, décapité le 25 septembre 303 à Amiens. Le port du foulard rouge est un symbole fort de cet esprit. Elle fait référence au martyr San Firmin, originaire de la capitale navarraise et décapité le 25 septembre 303 à Amiens. Le foulard symbolise le sang de ce martyr. Pour le foulard cependant, il est aussi une coutume qu’il convient d’adopter : il ne doit jamais être noué autour du cou avant l’ouverture officielle des Fêtes.

Les Autres Variantes du Foulard de Bayonne

Aux Fêtes de Bayonne, des dizaines de foulards cohabitent avec le classique rouge uni. Ils permettent à certains porteurs de se reconnaître entre eux. Ou pas.

  • Le Bayonnais : Rouge et vert, les couleurs officielles de la ville.
  • L'Avironard : Bleu ciel, porté par les supporters de l'équipe de rugby de l'Aviron Bayonnais.
  • Le Traditionnel : Un collector, désormais difficile à trouver.
  • Le Touriste : Avec l'inscription "Feria", ou des motifs de piment, cerise, drapeau ou croix basque.
  • Le Travailleur : À carreaux, blanc et bleu marine, comme le mouchoir d'Olentzero et des travailleurs du Pays basque.
  • Le Coursayre : Un exemplaire ancien, souvent gardé en souvenir.

L'Évolution du Code Vestimentaire des Fêtes de Bayonne

Au début des années 1990, André Béhotéguy, alors président de la Commission des Fêtes, lance un appel au peuple bayonnais afin de créer un code vestimentaire. À l’image de sa ville jumelle de Pampelune, très vite, Bayonne adopte la tenue blanche agrémentée d’un foulard rouge. De nos jours, cette tenue est devenue bien plus qu’un dress code. C’est une obligation, un devoir, un symbole fort d’adhésion aux valeurs des Fêtes de Bayonne et de communion avec les autres festayres. Comme le disait à l’époque André Behoteguy, « Quand on a une tenue vestimentaire impeccable, on a aussi la tenue morale. De plus, elle efface les couches sociales et les inégalités pour que tout le monde se retrouve dans la fête ».

En 1932, lors de la création des Fêtes, elle n’était pas une priorité. C’est au fur et à mesure que des habitudes ont été prises et que les groupes de copains se sont amusés à se vêtir de la même façon. Le bleu de travail, la marinière sont d’abord devenus les tenues à la mode.

L'Aviron Bayonnais et Son Identité Visuelle

Plus que tout autre club, l’Aviron Bayonnais regorge de symboles. Son stade, Jean-Dauger, qui est une citadelle imprenable, son hymne, la pena baiona, qui est entonné partout en France et son nom qui tranche littéralement avec les habituels : Stades, Racings ou Olympiques. Depuis sa création, ce club a toujours su se démarquer par son originalité teintée d’un attachement important à la tradition.

En 2022, l’Aviron Bayonnais décide de marquer son retour en TOP14. Dix jours après avoir été sacré champion de France de PROD2, Bayonne dévoile un tout nouveau logo riche de plusieurs références au passé ainsi qu’au Pays Basque. Un blason vient encadrer la bannière traditionnelle, il reprend la forme d’une etxea (maison traditionnelle basque), fait figurer, sous forme de rayures, les sept provinces basques.

Zazpiak Bat, les 7 provinces basques sont représentées sur ce nouveau logo par sept biffures bleu ciel soulignant une forme vallonnée, exprimant la richesse de ce territoire : au sud, côté espagnol (Guipuscoa, Alava, Biscaye, Navarre), qu’au nord, côté français (Labourd, Basse-Navarre, Soule). Lauburu, la croix basque marque de l’identité et des valeurs locales, évoque les quatre éléments de l’alchimie : la terre, l’eau, le feu et l’air. C’est un souffle de renouveau et de modernité qu’incarne ce logo traversé d’un fanion ciel et blanc qui déborde volontairement des contours du blason.

Le Roi Léon et la Cour des Fêtes

Léon est le roi de tout un peuple durant les cinq jours des Fêtes. Nous devons l’existence de ce personnage à l’imagination de certains membres de l’association Or Konpon dont André Lascoumes et Jacky Barenot. Ils imaginent la création d’un Roi pour les Fêtes de Bayonne. Le dessinateur Jean Duverdier donna forme et couleur au personnage et, depuis, du haut du balcon de l’hôtel de ville, assis sur son trône, il surveille ses sujets et préside aux destinées de Bayonne durant les Fêtes.

Quelques années plus tard, les membres d’Or Konpon récidivent et proposent, en 1997, à la Commission des Fêtes de créer la cour du roi en imaginant 6 personnages : la favorite, le médecin, la gouvernante, le chocolatier, le maréchal et le fou.

Les Festivités Traditionnelles des Fêtes de Bayonne

Les Fêtes de Bayonne offrent un programme riche en traditions et en animations :

  • Ouverture des Fêtes et lancer des clés : Le mercredi soir, une marée blanche se rassemble devant la mairie pour le lancer des clés par les invités surprises.
  • Réveil du roi Léon : Tous les midis, la foule se retrouve pour assister au réveil du roi Léon.
  • Courses de vaches : Un rendez-vous incontournable sur la place Saint-André.
  • Journée des enfants : Animations et jeux pour les plus jeunes.
  • Corso fleuri : Un défilé de chars magnifiques qui traverse toute la ville.
  • Musique des bandas et musiques traditionnelles : Tout au long de la journée, les rues sont animées par des musiciens et des danseurs.
  • Tauromachie : Un rendez-vous fort et incontournable du programme.

Bayonne et le Street Art : L'Invasion d'Invader

En novembre, Bayonne, Biarritz et Anglet ont été le terrain d'invasion d'Invader, l’un des street artistes les plus connus au monde. Invader n’a pas boudé son plaisir avec 25 mosaïques créées entre les 8 et 9 novembre. À Bayonne, place Pasteur, l’Aviron Bayonnais a retenu son attention, sous forme d’un drapeau aux initiales du club de rugby, flanqué évidemment de son personnage signature.

Le maire Jean-René Etchegaray écarte l’hypothèse d’une destruction d’un « Je suis ravi de voir qu’un artiste de cette renommée puisse faire ceci ». Alban Morlot, directeur artistique de la manifestation, ne cache pas son enthousiasme. « J’ose dire : enfin ! Cela fait plus de vingt ans qu’il n’était pas revenu dans le Sud-Ouest. ». Pour lui, le message est clair : les interventions de « cet artiste de notoriété internationale, cela vient valider le travail que nous accomplissons depuis des années avec Points de vue ».

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