La douleur au mollet est une plainte fréquente, en particulier chez les sportifs et les personnes actives. Elle peut avoir de nombreuses causes, allant de simples crampes à des blessures plus graves comme les déchirures musculaires ou les problèmes vasculaires. Il est essentiel d'identifier correctement la cause de la douleur pour mettre en place un traitement adapté.

Les causes des douleurs au mollet
Les causes musculaires
Les douleurs musculaires au mollet sont fréquentes, surtout chez les sportifs. Elles peuvent être dues à :
- Crampes : Contractions musculaires involontaires et douloureuses, souvent nocturnes ou liées à un effort intense.
- Courbatures : Douleurs musculaires diffuses apparaissant après un effort physique intense ou inhabituel.
- Contractures : Tension excessive et involontaire d'un muscle, souvent due à la fatigue ou à un manque d'échauffement.
- Élongation : Étirement excessif des fibres musculaires, entraînant de petites déchirures.
- Claquage : Rupture partielle de quelques fibres musculaires.
- Déchirure musculaire : Rupture complète d'une portion du muscle.
Classification des déchirures musculaires
La gravité d'une déchirure musculaire est classée en trois grades :
- Grade 1 : Déchirure légère touchant une petite partie des fibres musculaires.
- Grade 2 : Déchirure modérée avec environ la moitié des fibres musculaires déchirées.
- Grade 3 : Déchirure grave où la totalité des fibres du muscle est déchirée.
Les causes tendineuses
Une douleur qui survient soudainement au niveau de la cheville et diffuse au niveau de la partie inférieure du mollet peut être liée à une tendinite ou à une rupture du tendon d’Achille, qui relie le muscle et l'os situés à l’arrière de la cheville.
Les causes vasculaires
Les causes vasculaires sont souvent abordées avec retard après avoir éliminé les diagnostics musculaires. Les principales causes vasculaires de douleurs au mollet sont :
- Phlébite (thrombose veineuse) : Formation d'un caillot de sang dans une veine, potentiellement grave. 50 000 à 100 000 cas surviennent chaque année en France, selon l'Inserm.
- Insuffisance veineuse : Mauvais retour veineux, pouvant entraîner un œdème de la jambe et une sensation de lourdeur.
- Artériopathie oblitérante des membres inférieurs (AOMI) : Rétrécissement des artères des jambes, entraînant des crampes à l'effort.
- Endofibrose de l’artère iliaque externe : Douleur ischémique de cuisse et de jambe, plus fréquente chez les cyclistes.
- Kyste sous-adventiciel de l’artère poplitée : Rare, se traduit par une claudication du mollet.
Les causes neurologiques
La sciatalgie, aussi appelée névrite sciatique, est une affection d'origine neurologique, qui survient lors du pincement du nerf sciatique provoqué par exemple, par une hernie discale.
Autres causes
- Syndrome des loges : Augmentation de la pression à l'intérieur d'une loge musculaire, souvent au mollet, touchant surtout les sportifs.
- Fractures de fatigue : Microfractures osseuses dues à des contraintes répétées, notamment sur le tibia ou le péroné.
- Périostite tibiale : Inflammation du périoste (membrane osseuse) du tibia, fréquente chez les coureurs.
- Compression nerveuse : Compression du nerf sural (branche du nerf tibial postérieur) pouvant causer des douleurs au mollet.
- Syndrome de l’artère poplitée piégée : Compression de l'artère poplitée par des muscles ou des tendons, entraînant un manque d'oxygénation des muscles à l'effort.
Diagnostic des douleurs au mollet
Pour établir un diagnostic précis, une consultation chez votre médecin est nécessaire. Le diagnostic repose sur :
- Examen clinique : Évaluation de la douleur, de son intensité, de son impact sur la fonction du mollet et des circonstances du traumatisme.
- Interrogatoire : Questions sur les antécédents médicaux, les habitudes de vie et l’historique des douleurs.
- Examens complémentaires :
- Écho-doppler : Examen non invasif utilisant des ultrasons pour visualiser les vaisseaux sanguins et détecter la présence de caillots.
- Échographie : Visualisation de l’atteinte musculaire (localisation, étendue, profondeur, sévérité) et évaluation des lésions associées.
- IRM (Imagerie par Résonance Magnétique) : Justifiée si l’échographie ne permet pas une exploration correcte, si des muscles profonds doivent être étudiés ou si une chirurgie est envisagée.
- Radiographies : Pour exclure une fracture de fatigue.
- Scintigraphie : Pour confirmer une fracture de fatigue ou une périostite.
- Mesure de pression intramusculaire : Pour diagnostiquer le syndrome des loges.
- Angio-scanner et angio-IRM : Pour visualiser les artères et détecter une compression vasculaire.
Comment soigner une déchirure musculaire ? Le traitement
Traitements des douleurs au mollet
Les traitements varient en fonction de la cause de la douleur. Voici quelques approches générales :
Traitements des lésions musculaires
- Repos : Arrêt de l'activité physique jusqu'à la guérison complète (6 semaines pour une déchirure).
- Glace : Application d'une poche de glace sur la zone douloureuse pour apaiser l'inflammation et la douleur.
- Compression : Bandage élastique ou chaussette de contention pour limiter l'accumulation de sang et réduire le gonflement.
- Élévation : Surélever le mollet pour favoriser le drainage et réduire le gonflement.
- Antalgiques : Médicaments pour soulager la douleur.
- Rééducation : Étirements et exercices avec un kinésithérapeute pour récupérer la fonction du muscle et limiter le risque de séquelles et de récidives.
Attention : il est conseillé d'éviter la prise d'anti-inflammatoires, en médicament ou en pommade, qui ne sont pas recommandés en cas de déchirure. En effet, ils peuvent perturber et retarder le processus de guérison de la blessure.
Traitements des autres causes
- Phlébite : Contention, anti-inflammatoires, anticoagulants.
- Syndrome des loges : Arrêt des activités sportives, antalgiques, anti-inflammatoires, physiothérapie, chirurgie (aponévrotomie ou aponévrectomie).
- Fractures de fatigue : Repos, arrêt des activités sportives.
- Périostite tibiale : Repos, modification des charges d’entraînement, amélioration du geste technique, chaussage adapté.
- Compression nerveuse : Traitement de la cause de la compression, physiothérapie.
- Syndrome de l’artère poplitée piégée : Chirurgie pour libérer l'artère.
En moyenne, la déchirure du mollet se soigne sous 1 à 5 semaines. Avant de reprendre la course à pied après une déchirure du mollet, il faut avoir pratiqué au préalable des exercices de rééducation des mollets, associés à des exercices de renforcement musculaire pour la course à pied.

Prévention des douleurs au mollet
Certaines mesures peuvent aider à prévenir les douleurs au mollet, notamment :
- Échauffement : Préparer les muscles à l'effort avec un échauffement progressif.
- Étirements : S'étirer avant et après l'effort pour améliorer la souplesse musculaire.
- Hydratation : Boire suffisamment d'eau avant, pendant et après l'activité physique.
- Repos : Respecter les temps de récupération musculaire.
- Progression : Augmenter progressivement l'intensité et la durée des entraînements.
- Chaussures : Porter des chaussures adaptées à l'activité physique.
En adoptant ces mesures et en consultant un médecin en cas de douleur persistante, il est possible de minimiser le risque de douleurs au mollet et de maintenir une activité physique régulière et agréable.