Douleur au Genou chez les Footballeurs : Causes, Traitements et Prévention

Le football est un sport très populaire, qui séduit un nombre croissant d’amateurs. Il permet une dépense importante, et contribue au maintien d’une bonne forme physique. Toutefois, la pratique régulière du football prédispose à certaines blessures, et ce peu importe l’âge et le niveau des joueurs. Parmi les plus répandues se trouvent les blessures musculaires, et celles du genou.

Le genou est l’articulation qui unit l’extrémité inférieure du fémur, à l’extrémité supérieure du tibia et la patella (rotule). Il est responsable de nombreux mouvements : flexion et extension de la jambe, rotation interne, rotation externe. C’est donc une articulation très sollicitée dans la vie quotidienne, et de manière encore plus marquée dans le sport. Le genou peut donc être le siège de nombreuses pathologies, certaines bénignes, d’autres plus graves, et parfois difficiles à différencier les unes des autres. En cas de douleur au genou, n’hésitez pas à consulter votre médecin !

Les informations concernant les pathologiques ci-dessous sont juste indicatives.

Pourquoi Les Footballeurs Se Blessent Genou ?

Causes Courantes de Douleur au Genou chez les Footballeurs

Entorse du Genou

En particulier, l’entorse du genou est une blessure très fréquente au football. Elle peut être de gravité variable, et nécessiter un traitement plus ou moins lourd en fonction du niveau de pratique. L’entorse désigne l’atteinte traumatique d’un ligament.

La gravité de l’entorse du genou est estimée à partir de deux paramètres. Le premier est le type de ligament touché. Si l’entorse concerne les ligaments latéraux, elle est généralement considérée comme moins grave que si un des ligaments croisés est touché. L’intensité des symptômes n’étant pas toujours un bon indicateur de gravité de la blessure, une consultation chez un spécialiste est nécessaire. Seul un médecin peut confirmer le diagnostic, et déterminer le type d’entorse.

L’entorse du genou chez le footballeur peut avoir plusieurs causes. D’abord, on peut mentionner les caractéristiques du terrain. En effet, jouer au football sur un terrain naturel est plus propice aux torsions que lorsque l’entraînement a lieu sur un terrain synthétique. Entrent aussi en ligne de compte des éléments de morphologie et de condition physique propres au joueur : la fragilité des ligaments, un manque de souplesse, un bassin plus large, des genoux en X, favorisent les blessures.

Rupture du Ligament Croisé Antérieur (LCA)

Le genou est très sollicité lors de la marche ou de la course et supporte d’importantes contraintes, il doit être particulièrement stable pour éviter les chutes. Cette stabilité est en partie assurée par les ligaments croisés antérieurs et postérieurs qui retiennent le tibia vers l’avant et vers l’arrière.

La rupture du Ligament Croisé Antérieur (LCA) est généralement due à un traumatisme lors d’un pivot (changement de direction) ou à une mauvaise réception lors d’un saut. La plupart du temps un craquement est perçu et suivi d’une douleur vive et d’un épanchement (gonflement) du genou. Il est alors conseillé de glacer le genou par périodes de 15 à 20 minutes répétées plusieurs fois par jour. Le glaçage soulage la douleur et limite l’épanchement.

Avec le temps, le genou peut fonctionner assez normalement ou présenter des dysfonctionnements allant jusqu’à l’instabilité qui peut être pénalisante dans votre pratique professionnelle ou sportive. Le diagnostic est prioritairement clinique avec différents tests qui permettront à votre chirurgien d’évaluer les mouvements de l’articulation.

Lésion du Ménisque

La lésion du ménisque est une des pathologies les plus fréquentes touchant le genou. Elle se manifeste par des douleurs au niveau du genou, parfois accompagnées d’un gonflement, de craquements, voire dans certains cas d’un blocage de l’articulation.

Elle survient généralement lors d’un traumatisme où le genou effectue un mouvement de torsion, ou lors d’un relèvement d’une position accroupie. Typiquement, les personnes les plus fréquemment atteintes sont des sujets jeunes, et sportifs.

Maladie d’Osgood-Schlatter (OSD)

La maladie d’Osgood-Schlatter (OSD), ou traction de l’apophyse de la tubérosité tibiale, est fréquente chez les athlètes masculins de 12 - 15 ans qui pratiquent des accélérations et sauts fréquents, et elle est en relation directe avec le volume d’entrainement. La prévalence de cette pathologie est de 14 à 21% avec une apparition des symptômes aux alentours de 13,7 ans, âge auquel sont associé un pic de croissance et une prise de poids.

Les facteurs pathogéniques clés du développement de la OSD sont les micro-fractures du noyau osseux de la tubérosité tibiale. D’autres facteurs ont été rapportés par la littérature comme favorisant l’apparition de la OSD : pratique d’un sport régulier pendant l’adolescence, corps musculaire du droit fémoral plus court, attache plus proximale et plus large du tendon patellaire.

Les signes cliniques caractéristiques sont un épanchement et une douleur autour de la tubérosité tibiale, accentué lors de l’appui ou à l’effort. La plupart des symptômes sont unilatéraux (70-75%) et durent de 1 à 24 mois, avec une réduction spontanée dans 90% des cas, généralement après la disparition des noyaux d’ossifications tibiaux.

Syndrome de la Bandelette Ilio-Tibiale (Essuie-Glace)

Le syndrome de la bandelette ilio-tibiale, communément surnommé essuie-glace, est une affection banale du runner (coureur à pied). Il s’agit d’une tendinite du muscle fascia-lata. Sur la face externe de la cuisse, le muscle tenseur du fascia lata se termine par un tendon plat en forme de bandelette.

Lors de la marche il se déplace d’avant en arrière à la manière d’un essuie-glace en passant au-dessus d’un relief osseux du fémur : le condyle externe. Dans certaines conditions le fascia lata « accroche » au passage du condyle fémoral.

Autres Causes

  • Fracture de fatigue : Résultat d’une activité physique intensive, provoquant une petite fissure de l’os due à des contraintes répétées.
  • Périostite : Inflammation de la membrane qui entoure les os, causant une douleur localisée sur le tibia, surtout lors de la course.
  • Tennis-leg : Accident musculaire survenant lors d’un démarrage brutal, impliquant une contraction prématurée du triceps sural.
  • Douleurs ligamentaires : Peuvent limiter la mobilité et rendre la marche difficile, nécessitant un traitement adapté à la gravité de la blessure.
  • Kyste de Baker : Hernie de la membrane articulaire remplie de liquide synovial, souvent secondaire à une fissure du ménisque ou à de l’arthrose.
  • Lésions du muscle poplité : Douleurs survenant surtout chez les coureurs et les skieurs, liées à la rotation du tibia.
  • Contracture d’ischio-jambiers : Douleur remontant vers la fesse, se réveillant en fin de foulée.
  • Arthrose fémoro-tibiale ou fémoro-patellaire : Peut provoquer une douleur derrière le genou via un épanchement.
  • Phlébite : Nécessite un diagnostic immédiat, avec des signes d’alerte comme un mollet gonflé, chaud et tendu.
  • Causes rares : Anévrismes de l’artère poplitée, sarcomes, tumeurs synoviales, névromes du nerf tibial.
  • Syndrome fémoro-patellaire : Douleur diffuse autour de la rotule, souvent due à un désalignement.
  • Tendinite rotulienne : Blessure liée à une sur-utilisation des genoux, fréquente chez les sportifs pratiquant des sauts.
  • Tendinite de la patte d'oie : Inflammation des muscles situés à l'intérieur du genou.
  • Bursite du genou : Inflammation des bourses séreuses, souvent résolue avec du repos et de la glace.
  • Arthrite infectieuse : Infections bactériennes, virales ou fongiques se propageant au genou.
  • Élongations des quadriceps et des ischio-jambiers : Blessures courantes dues à un étirement excessif des fibres musculaires.
  • Fractures de la rotule : Blessures graves nécessitant un traitement immédiat.

Traitements des Douleurs au Genou

Traitement Médical

Le traitement médical est choisi lorsque l’entorse est bénigne à modérée. L’objectif est de conserver l’appui sur la jambe atteinte, et de ne pas immobiliser totalement l’articulation du genou. Le port d’une contention de type genouillère ou orthèse articulée, est indiqué ; il permet de reprendre rapidement l’activité, en toute sécurité.

Les antalgiques et anti-inflammatoires vont permettre de réduire les phénomènes douloureux et l’épanchement. Parfois une ponction peut-être réalisée dans l’articulation. Il est nécessaire d’associer un travail de rééducation scrupuleusement suivi afin de rééquilibrer le genou et renforcer les muscles stabilisateurs.

Traitement Chirurgical

En effet, la pratique du football à haut niveau est très exigeante physiquement, et demande une stabilité parfaite du genou. La technique chirurgicale pratiquée est une réparation des ligaments, ou ligamentoplastie. Elle a généralement lieu dans les premiers jours suivant le traumatisme.

Toutefois, lorsque la douleur et l’œdème sont trop importants, il faut attendre plus longtemps.

La technique de réparation la plus souvent pratiquée par les chirurgiens du genou de la Clinique du Sport Bordeaux-Mérignac est le DIDT. Pour la 17ème année consécutive, la Clinique du Sport Bordeaux-Mérignac est classée n°1 pour la chirurgie des ligaments du genou.

Rééducation

Le type de rééducation dépend de la gravité de l’entorse, et du type de traitement effectué (chirurgical ou médical). Les entorses les plus légères ne nécessitent pas de rééducation ; le seul traitement médical suffit pour parvenir à la guérison. Pour les entorses graves ayant reçu un traitement chirurgical, la rééducation dure au moins 6 mois.

La reprise du football se fait de manière progressive, après un important travail de renforcement musculaire et de proprioception.

Autres Traitements et Conseils

  • Repos et Glace : Essentiels pour réduire l'inflammation et la douleur.
  • Chaussures Adaptées : Investir dans de nouvelles chaussures de course adaptées à votre type de pied est essentiel pour éviter les récidives.
  • Attelles et Semelles Orthopédiques : Les attelles peuvent aider à stabiliser le genou et à réduire la douleur. De plus, les semelles orthopédiques sur mesure peuvent aider à corriger les désalignements et à réduire la pression sur le genou.
  • Bottes de Pressothérapie : Les bottes de pressothérapie peuvent aider à soulager la douleur au genou grâce à plusieurs mécanismes :
    • Compression contrôlée pour favoriser la circulation sanguine et lymphatique.
    • Massage mécanique pour stimuler les muscles et les tissus mous autour du genou.
    • Amélioration de l’apport de nutriments et d’oxygène aux tissus, accélérant la récupération.

Exercices de Renforcement et d'Étirement

Voici quelques exercices qui peuvent aider à renforcer les muscles autour du genou et à améliorer sa flexibilité :

  • Squats : Renforcent les quadriceps, les ischio-jambiers et les fessiers.
  • Fentes avant : Ciblent les quadriceps, les ischio-jambiers et les fessiers.
  • Bridge : Renforce les fessiers, les ischio-jambiers et les muscles du bas du dos.
  • Étirements des ischio-jambiers : Améliorent la flexibilité et réduisent le risque de blessures.
  • Étirements des quadriceps : Améliorent la flexibilité et réduisent la tension dans les muscles de la cuisse.

Prévention des Blessures au Genou

Prévenir les blessures du genou, c’est d’abord protéger le genou de tout traumatisme, direct ou indirect. Les muscles jouent un rôle essentiel dans la tenue du genou, d’autant que le tendon du quadriceps fémoral s’attache sur la rotule. Pour avoir une bonne tenue musculaire de l’articulation, il faut un muscle bien développé (c’est l'entraînement), un muscle bien fonctionnel (c’est l’échauffement) et un muscle bien hydraté (c’est l’entretien avec la prise d'eau régulière et d’électrolytes).

Sur les traumatismes plus avancés, un bilan complet doit être fait pour adopter la bonne stratégie thérapeutique.

Impact à Long Terme de la Maladie d'Osgood-Schlatter

Une étude a montré que même après un rétablissement de la OSD et un retour complet à l’entrainement, les jeunes footballeurs présenteraient encore des gênes fonctionnelles et des douleurs dans le genou, ce qui les pousseraient à utiliser plus souvent des anti-inflammatoires. En revanche, cela ne les empêcherait pas de revenir au niveau professionnel.

Lors de cette étude transversale, 97% des sujets avaient des symptômes unilatéraux, ce qui est en contraste avec une précédente étude de Bezuglov et al où les symptômes bilatéraux étaient présents chez 43% des sujets. Cela pourrait s’expliquer par le fait que cette étude s’est concentrée sur la lésion initiale, alors que la précédente étude s’est intéressée à tous les symptômes de la OSD. De nouvelles recherches devraient être menées car une partie des patients présentant une OSD bilatérale ne décrivent des symptômes que sur un genou.

Il est aussi important de rappeler qu’une autre cause possible de douleur antérieure du genou est la tendinopathie patellaire et qu’elle présente des similitudes avec la OSD en termes de développement, de symptômes et de facteurs de risque, en particulier chez les footballeurs. Le traitement de la tendinopathie patellaire peut être plus long que celui de la OSD, et un traitement inapproprié peut entraîner sa chronicité. Les professionnels de santé devraient donc être conscients de ces deux pathologies et leurs similitudes/différences, et ils devraient confirmer leur diagnostic par imagerie rapidement lorsqu’un doute s’installe.

Cette étude a aussi révélé une prévalence plus importante de la OSD en hiver et au printemps. Cela pourrait s’expliquer par une exposition au soleil plus faible lors de ces périodes, entrainant un déficit en vitamine D. La relation entre la OSD et le déficit en vitamine D a déjà été décrite dans une précédente étude de Smida et al.

Les résultats de cette étude montrent que les jeunes footballeurs atteints de OSD continuent de jouer à un niveau professionnel, mais les données sur l’altération possible de leur performance sont encore manquantes. Les résultats trouvés sont en accord avec une étude de Guldhammer et al qui a montré que des adolescents avec des antécédents d’OSD présentaient toujours une gêne fonctionnelle du genou ainsi qu’une diminution du score KOOS 4 ans après le traitement.

Un autre point de cette étude était la prévalence plus importante de la prise d’anti-inflammatoires chez les sujets avec des antécédents de OSD. Il a été décrit que la prise d’AINS pourrait entrainer des risques sur la santé des athlètes car ils peuvent causer des saignements intestinaux, une diminution de la synthèse des protéines ou un retard dans la cicatrisation osseuse. Dans cette étude, la prévalence de la prise d’AINS était de 36% chez les sujets avec OSD contre seulement 3% dans le groupe contrôle.

Cette étude présente quelques limites, en particulier une période d’observation relativement courte et un manque de mesures objectives de la fonctionnalité du genou. Un examen plus approfondi sur la cause sous-jacente limitant la fonction du genou serait intéressant.

La maladie d’Osgood-Schlatter chez les jeunes footballeurs d’élite se résorbe assez rapidement et elle ne les empêche pas de reprendre l’entrainement régulier et les matchs. En revanche, elle peut présenter des effets négatifs à long terme sur la fonction du genou et entrainer la prise fréquente d’anti-inflammatoire chez ces joueurs, alors que les athlètes sans antécédents n’en prennent que très peu.

Référence : Bezuglov E, Pirmakhanov B, Ussatayeva G, Emanov A, Valova Y, Kletsovskiy A, Khaitin V, Usmanova E, Butovskiy M, Morgans R. The mid-term effect of Osgood-Schlatter disease on knee function in young players from elite soccer academies. Phys Sportsmed. 2022 Nov 22:1-6. doi: 10.1080/00913847.2022.2148492. Epub ahead of print.

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