Douleur à l'épaule au rugby : Causes et traitements

Les blessures liées à la pratique du rugby surviennent fréquemment. En effet, il s’agit d’un sport complet alliant contact, course et chute. Au rugby, l’épaule est très souvent sollicitée : luxations, fractures ou entorses d’épaules et surtout lésions de l’articulation acromio-claviculaire.

Luxations et instabilité de l’épaule

Les joueurs de rugby peuvent présenter suite à un traumatisme, une instabilité de l’épaule, c’est-à-dire des luxations (déboîtements) répétées de l’épaule. Cette instabilité peut aussi se manifester par des subluxations (micro-déboîtements répétés) qui peuvent être associées à des douleurs de l’épaule.

Le symptôme principal de l’instabilité de l’épaule est l’appréhension, c’est-à-dire une peur de se luxer l’épaule dans les gestes de la vie quotidienne mais aussi dans les activités professionnelles et sportives.

La répétition des luxations peut détruire l’articulation et être responsable de lésions associées (lésions nerveuses ou vasculaires, arthrose, rupture de tendons de la coiffe). L’instabilité de l’épaule peut faire l’objet d’un traitement conservateur avec rééducation ou d’un traitement chirurgical.

La stratégie thérapeutique est définie en fonction du caractère traumatique ou atraumatique de l’instabilité, de la présence d’une hyperlaxité des ligaments, de l’âge, du nombre d’épisodes de luxation, de l’activité professionnelle et du type et niveau sportif du patient et de la présence de lésions associées.

Disjonction acromio-claviculaire

La disjonction (ou luxation) acromio-claviculaire correspond à une perte de contact entre les surfaces articulaires de l’acromion et de la clavicule. Ce traumatisme survient lors d’une chute directe sur le moignon de l’épaule. Les ligaments acromio-claviculaires et coraco-claviculaires peuvent être distendus ou rompus selon le stade de l’entorse. Sans ligaments pour stabiliser l’articulation, la clavicule remonte et forme une bosse appelée « touche de piano ».

Il est possible de traiter cette disjonction par une simple immobilisation dans les cas où la clavicule est peu ou pas ascensionnée (déplacée vers le haut). Lorsque la clavicule est très ascensionnée, il est plutôt recommandé d’opérer pour remettre la clavicule en face de l’acromion.

En effet, les ligaments peuvent ne pas cicatriser correctement lorsque la clavicule n’est pas à sa place. Ceci peut engendrer des douleurs chroniques et une gêne de l’épaule lors de certains gestes de la vie quotidienne ou sportive.

Fracture de clavicule

La fracture de clavicule est fréquente dans un match de rugby lors d’une chute sur l’épaule dans un regroupement ou une mêlée. Il s’agit le plus souvent d’une chute directe sur le moignon de l’épaule.

La fracture touche le plus souvent le milieu de la clavicule (tiers moyen) mais aussi sa partie la plus latérale (quart externe) proche de l’articulation acromio-claviculaire.

L’examen clinique réalisé par un médecin traumatologue révèle une déformation de l’épaule et une douleur à la palpation de la fracture. Des radiographies sont réalisées pour confirmer le diagnostic et préciser le type de fracture.

Il faut également rechercher des lésions associées (fracture de l’omoplate, lésions de la coiffe, lésions du bourrelet de la glène de l’omoplate) et au moindre doute réaliser un arthroscanner ou une IRM.

Le traitement des fractures du tiers moyen de la clavicule est en général orthopédique avec une immobilisation de 6 semaines, temps moyen nécessaire pour la consolidation de la fracture. Une opération peut être nécessaire en cas de fracture très déplacée ou compliquée de problèmes vasculaires ou neurologiques.

Les fractures du quart externe de la clavicule doivent faire l’objet d’une opération lorsqu’elles sont déplacées. L’absence de traitement approprié conduit souvent à l’absence de consolidation osseuse (pseudarthrose) et à des séquelles à type de douleur et de gêne à la mobilisation de l’épaule.

Votre chirurgien réalisera l’opération de façon mini-invasive sous arthroscopie. La technique est semblable à celle du traitement chirurgical des entorses ou disjonctions acromio-claviculaires.

Lésion SLAP

Parmi les pathologies de l’épaule, on retrouve la lésion SLAP, qui se traduit par une rupture des tendons du triceps ou du biceps. La lésion SLAP est une pathologie de l’épaule qui concerne des tendons spécifiques.

Dans l’anatomie du bras, l’articulation de l’épaule comprend l’extrémité de l’os du bras, appelée tête de l’humérus, et l’extrémité de l’omoplate, appelée glène. La glène est recouverte d’un tissu appelé bourrelet glénoïdien ou encore labrum, qui sert à améliorer le contact entre les deux parties osseuses et ainsi à stabiliser l’articulation gléno-humérale.

Le tendon dit du long biceps est inséré au niveau de ce bourrelet. Cet ensemble osseux et musculaire est essentiel pour le bon fonctionnement de l’épaule, par exemple pour réaliser des mouvements d’élévation et de rotation. De l’anglais « Superior Labral Antero-Posterior Lesion », la lésion SLAP correspond à une atteinte de la partie supérieure du labrum et du tendon associé.

Le labrum est en effet arraché, et cet arrachement est associé à une rupture du tendon du long biceps. On parle également de déchirure musculaire du bras. Par ailleurs, la SLAP lésion possède une classification selon l’importance du détachement du labrum et de la déchirure du tendon du biceps. Dans le cas le moins grave (stade 1), il s’agit uniquement d’une altération.

L’âge est un facteur qui peut augmenter le risque d’une lésion du labrum. Avec le temps, ce dernier tend en effet à s’effilocher. Cependant, un traumatisme plus brutal est généralement nécessaire pour provoquer une SLAP lésion de l’épaule.

Premièrement, une telle déchirure musculaire du haut du bras peut survenir suite à une chute sur la paume de la main, coude tendu. Deuxièmement, cette rupture du tendon du biceps / triceps peut faire suite à un mouvement de lancer violent pendant la pratique d’un sport spécifique.

L’arrachement des tendons peut en effet se produire lors de ce geste brutal, faux mouvement, ou mouvement forcé. Comme mentionné précédemment, dans la majeure partie des cas, la rupture du tendon du biceps est provoquée par un traumatisme.

Avec de tels symptômes, la pratique du sport est difficile. C’est pourquoi les symptômes d’une lésion SLAP sont surtout visibles chez les sportifs qui pratiquent une activité comme le lancer, où les épaules sont fortement sollicitées.

En effet, ils peuvent plus rapidement constater une anomalie au niveau de leur épaule en cas de diminution anormale de leurs performances sportives. Sinon, dans la majorité des cas, les symptômes restent discrets et difficiles à identifier. En cas de doute, il est conseillé de consulter un spécialiste.

Le patient décide de consulter un médecin lorsqu’il constate une gêne indescriptible au niveau de l’épaule. En plus d’une discussion sur les symptômes qui ont amené le patient à consulter, l’examen clinique chez le médecin consiste en plusieurs tests de la mobilité de l’épaule.

Le médecin fait faire au patient des gestes spécifiques tels qu’une élévation du bras, un fléchissement du coude ou flexion de l’avant-bras, ou encore une rotation interne ou externe du bras, avec ou sans résistance. On parle de tests de O’brien, de recentrage de Jobbe, de Lafosse, ou encore du biceps load test.

La présence de douleurs lors de ces tests cliniques peut être un signe de SLAP lésion de l’épaule. Parmi les examens d’imagerie, la radiographie ne permet pas de diagnostiquer une rupture des tendons du biceps ou du triceps et donc une SLAP lésion.

Néanmoins, elle est utile pour éliminer la présence d’autres pathologies comme une fracture. Après injection d’un produit dans l’articulation de l’épaule, la SLAP lésion est diagnostiquée par arthroscanner ou par arthro-IRM. Ces méthodes, efficaces respectivement à 85 et 90-95%, permettent de visualiser la partie supérieure du labrum voire le tendon concerné.

C’est ainsi qu’il est possible de constater un décollement et d’évaluer la gravité de la lésion SLAP.

Classification de Rockwood pour la disjonction acromio-claviculaire

Plusieurs classifications sont utilisées. Les plus anciennes sont celles de Julliard puis celle de Patte. La plus utilisée actuellement dans la littérature internationale est celle de Rockwood.

Stade Description Ligaments acromio-claviculaires Ligaments coraco-claviculaires Déplacement de la clavicule
I Entorse simple Distension sans rupture Intacts Pas d'instabilité
II Rupture des ligaments acromio-claviculaires Rupture Intacts Léger déplacement supérieur, touche de piano discrète
III Rupture des ligaments acromio-claviculaires et coraco-claviculaires Rupture Rupture Ascension de la clavicule, touche de piano marquée
IV Rupture avec déplacement postérieur Rupture Rupture Déplacement en haut et en arrière, rupture de la chape trapézo-deltoïdienne

Dans le stade I, il s’agit d’une entorse acromio-claviculaire simple avec distension sans rupture des ligaments acromio-claviculaires. On ne note pas d’instabilité. Dans le stade II, il existe une rupture des ligaments acromio-claviculaires mais un respect des ligaments coraco-claviculaires.

Cliniquement, on constate un léger déplacement supérieur de la clavicule responsable d’une discrète touche de piano avec une conservation partielle de la congruence articulaire acromio-claviculaire. Dans le stade III, les ligaments acromio-claviculaires et coraco-claviculaires sont rompus.

Il existe une ascension de la clavicule avec une touche de piano marquée. La chape trapézo-deltoïdienne est respectée de telle sorte que la distance coraco-claviculaire est augmentée de moins de 100 % par rapport au côté sain. Dans le stade IV, les ligaments acromio- claviculaires et coraco-claviculaires sont rompus.

La clavicule est déplacée en haut et en arrière. Ceci entraîne une rupture de la chape trapézo- deltoïdienne, voire une incarcération de l’extrémité de la clavicule au travers.

Dans le stade III, persiste une controverse tenace. En effet, historiquement plusieurs études suggéraient que le traitement conservateur donnait des résultats équivalents, voire meilleurs que le traitement chirurgical. Néanmoins, nous pouvons émettre des réserves concernant ces études anciennes.

De plus, l’évaluation clinique dans ces études n’était pas réalisée avec des scores standardisés comme aujourd’hui. Pour les stades III, notre stratégie thérapeutique est personnalisée en fonction du patient. L’abstention thérapeutique est possible.

Il existe une augmentation de la protraction scapulaire résultant de la perte de la congruence de l’articulation acromio-claviculaire. Les patients peuvent décrire également une instabilité chronique, une perte de force et une gêne douloureuse.

Douleur à l'épaule et coiffe des rotateurs

L’épaule est une articulation complexe. La coiffe des rotateurs est un groupe de quatre muscles et leurs tendons (supra-épineux, infra-épineux, petit rond et subscapulaire) qui stabilisent et mobilisent l’articulation de l’épaule.

Les douleurs apparaissent lorsque les tendons de la coiffe des rotateurs se retrouvent comprimés sous les os de l’épaule, entraînant une inflammation et des douleurs. Ces mouvements nécessitent une coordination complexe entre les muscles stabilisateurs de l’épaule et les structures osseuses. Lorsque la douleur survient à la suite d’une entorse, d’une déchirure, d’une luxation, d’une rupture tendineuse ou d’une fracture, elle est généralement plus intense et localisée.

Ensuite, lorsqu’un mouvement se fait au-dessus du niveau de l’épaule, l’espace sous l’acromion (une partie de l’omoplate) se réduit. De plus, les muscles de la coiffe des rotateurs (notamment le supra-épineux) ont pour rôle de stabiliser l’articulation gléno-humérale pendant les mouvements.

Enfin, les mouvements au-dessus de l’épaule nécessitent une rotation correcte de la scapula.

Soulagement de la douleur à l'épaule

Pour soulager une douleur à l’épaule d’origine non traumatique, plusieurs méthodes peuvent être utilisées conjointement.

  • Repos et immobilisation : il est important de laisser l’épaule au repos.
  • Massages et étirements : un massage doux peut aider à détendre les muscles tendus autour de l’épaule.

Pour soulager une douleur à l’épaule, l’utilisation d’un pistolet de massage peut être particulièrement efficace. Utilisez le pistolet de massage sur les muscles autour de l’épaule, en particulier les trapèzes, les deltoïdes et les muscles de la coiffe des rotateurs.

  • Des infiltrations locales de corticoïdes permet de réduire ou de supprimer directement l’inflammation locale.
  • Reposez-vous et dormez : en cas de douleurs persistantes à l’épaule, faites une pause dans cette activité, et recommencez doucement lorsque vous vous sentez prêt.
  • Vous pouvez opter pour un autre sport pendant quelques semaines pour varier les positions et les sollicitations.

Exercices pour l'épaule

Voici quelques exemples d'exercices pour soulager la douleur à l'épaule :

  • Position de départ : Debout, bras le long du corps. Vous allez descendre un bras et le laisser remonter en relâchant les abaisseurs. Concentrez-vous sur la contraction des muscles sous les épaules.
  • Position de départ : Debout, mains sur les basses côtes, coudes en arrière. Inspirez en poussant les côtes vers l’avant et en projetant le sternum. Maintenez 30 secondes, respirez amplement, puis revenez en position initiale.
  • Position de départ : Assis en tailleur ou debout. Placez la main droite dans le dos et l’omoplate droite en sonnette interne. Inclinez la tête vers la gauche tout en tirant avec la main gauche.
  • Position de départ : Allongé sur le côté gauche, bras droit tendu avec un poids de 1,5 kg. Soulevez le bras tendu parallèlement au sol, jusqu’au niveau du regard, sur l’inspiration. Revenez en position initiale sur l’expiration.

La douleur à l’épaule peut concerner l’articulation ou les structures profondes (coiffe des rotateurs, ligaments), alors que celle du deltoïde est musculaire et localisée sur la partie supérieure du bras, donc plus bas que l’épaule en descendant vers le biceps et le triceps du bras.

Utilisation d'élastiques :

  1. Élévations latérales : fixez l’élastique sous un pied, tenez l’autre extrémité et levez lentement le bras sur le côté, jusqu’à la hauteur des épaules. Répétez 10 fois.
  2. Rowing debout : passez l’élastique sous vos deux pieds, tenez-le à deux mains et tirez vers le haut en pliant les coudes, jusqu’à la poitrine. Répétez 10 fois.
  3. Rotation externe : attachez l’élastique à un point fixe, tenez l’autre extrémité et, en gardant le coude près du corps, tirez lentement vers l’extérieur. Adaptez la résistance de l’élastique selon votre tolérance.

Pour se faire, gardez les bras légèrement éloignés du corps, avec les coudes légèrement fléchis. Vous pouvez poser vos bras sur des coussins ou des accoudoirs pour éviter toute compression.

Autorééducation de l'épaule après chirurgie : Exercices kiné

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