L'Équipe de France de Rugby : Une Histoire en Documentaires

L'histoire du rugby français est riche en moments épiques, en figures légendaires et en transformations profondes. Des documentaires captivants permettent de revivre ces instants marquants et de comprendre l'évolution de ce sport en France.

Les Pionniers et la Révolution du Professionnalisme

Il y a 30 ans, le rugby français a vécu une double révolution. Sous l’impulsion de la Fédération internationale, il devient professionnel en août 1995, au moment même où Canal + décide de retransmettre un match du championnat un samedi sur deux. En août 1995, le rugby français devenait professionnel et vivait une véritable révolution. Dix ans plus tard, naissait le Top 14 qui, dans la continuité, allait devenir le championnat le plus puissant au monde, un feuilleton plein de suspense, intense et spectaculaire.

« Le mot amateurisme avait un vrai sens dans le rugby. L’argent était soit tabou, soit passait sous la table, rappelle Éric Bayle, patron du rugby à Canal +. L’arrivée de la télé n’est alors pas moins fracassante. À cette époque, seuls la finale du championnat et le Tournoi des 5 Nations sont diffusés. Les internationaux uniquement connaissent l’honneur des caméras. Avec Canal +, elles vont peu à peu devenir familières, entrer dans les vestiaires. »

« À partir de là, tout change. On a touché du doigt la lumière, confesse Fabien Galthié, dans le documentaire. C’est une révolution dans un milieu conservateur où le “nous” fait plus que le “je”. »

Pierre Albaladéjo : Une Figure Légendaire

Pierre Albaladéjo est une figure légendaire du rugby. Brillant demi d’ouverture, il restera toute sa carrière fidèle à son club, l’AS Dax, et sera sélectionné 30 fois en équipe de France entre 1954 et 1964. Mais Bala savait aussi bien manier le ballon que les mots. Premier consultant de sport de l’audiovisuel français, il a formé avec Roger Couderc un duo mythique qui captivait et sublimait à l’écran les prouesses de ce sport.

Christophe Duchiron : « On n’est pas obligé d’attendre qu’un personnage disparaisse pour lui dire - par film interposé - qu’on l’aime - ce qui est mon cas à l’égard de Pierre Albaladéjo. Pour autant ce film n’est pas une hagiographie. Parcourant les chemins d’une vie, il s’attache à donner la parole à Pierre Albaladéjo - uniquement sur la base de documents d’archives - pour démontrer qu’il fut un acteur essentiel du rugby, comme joueur puis comme consultant. »

À l’échelle de l’histoire de l’ovalie, Albaladéjo, c’est Victor Hugo, Alexandre Dumas ou Albert Camus.

L'Héritage d'Albaladéjo

Il a une capacité peu courante à l’époque, quand il est joueur, pour analyser avec précision les faits de jeu d’une rencontre. Il a un esprit de synthèse assez formidable et un vocabulaire parfaitement choisi. Sa langue est belle, son accent fait chanter les phrases. Il est toujours fair-play, juste dans ses points de vue. Toutes ces qualités, on les retrouvera quand il sera au micro pour expliquer un sport, assez compliqué à expliquer, aux téléspectateurs et téléspectatrices.

Il s’est interrogé en permanence, comme joueur puis comme consultant, sur la nature profonde de son sport où, selon lui, l’individu doit se fondre dans la collectivité d’une équipe. Ce jeu qui est d’abord un combat lie les joueurs, sur le terrain, d’une évidente solidarité et d’une indéfectible fraternité. Le modèle qu’il défend quand il est joueur est celui de l’amateurisme, qui permet aux joueurs d’avoir un métier à côté du rugby - et donc après la carrière - et de s’élever socialement. Dans ce rugby, les joueurs ne changent pas de club, ils ont la chance de briller auprès de la ville, ils sont des figures locales, ils ne courent pas après l’argent.

Les Coupes du Monde : Gloire et Désillusions

Les Bleus n’ont jamais gagné la Coupe du monde de rugby. Du moins pas encore. Toujours présents sur la ligne de départ en dix éditions - dont la dernière en date se déroule actuellement - les Tricolores ont souvent échoué près du but, notamment en 1987, 1999 et 2011. Trois générations, trois façons bien différentes d’aborder l’événement, mais trois fois le même destin : une défaite en finale.

Ce sont ces périples que relate avec précision Les trois glorieuses du XV de France, un documentaire des journalistes Sébastien Tarrago et Jules Bian-Rosa, diffusé sur La chaîne L’Equipe et disponible sur Dailymotion. Un premier constat saute aux yeux au fil des minutes : aucune de ces équipes n’avait prévu d’approcher d’aussi près la Coupe Webb Ellis. A commencer par celle de 1987, composée d’amateurs ayant dû poser des vacances pour aller disputer, à l’autre bout de la planète - en Nouvelle-Zélande et en Australie -, la première Coupe du monde de l’histoire.

Les extraits rares et nombreux sont le principal atout d’un documentaire largement nourri d’anecdotes. Des petites histoires dans la grande histoire racontées par leurs protagonistes eux-mêmes : d’abord Pierre Berbizier ou Serge Blanco, puis Richard Dourthe ou Christophe Lamaison en 1999, et enfin Morgan Parra, Dimitri Yachvili et Imanol Harinordoquy en 2011. En tout, une quinzaine d’anciens Bleus reviennent sur la compétition de leur vie.

Si l’on en croit cette loi des séries, les Bleus seront au Stade de France (Saint-Denis), le 28 octobre, pour tenter de décrocher le titre suprême. Enfin.

Points Communs et Divergences

Et si la qualité des images a forcément évolué entre les éditions, les trois XV de France sont passés par des sentiments similaires, bien que pas toujours dans le même ordre. De l’insouciance à la peur, de la tristesse à l’euphorie − ou l’inverse − les Tricolores ont connu des chemins tortueux qui rendent leurs récits d’autant plus savoureux.

Que ce soit entre les joueurs… ou avec les entraîneurs. Autre point commun des trois épopées des sélectionneurs parfois en retrait du groupe, quand ils ne sont pas tout bonnement brouillés avec une partie de l’effectif. Forcément, les terrains et les matchs sont au cœur de ce carnet de souvenirs. Impossible par exemple de passer à côté du « miracle de Twickenham » de 1999, durant lequel le demi de mêlée Fabien Galthié et ses coéquipiers avaient réussi l’exploit de faire tomber le mastodonte néo-zélandais et sa star Jonah Lomu en demi-finale, devant un public londonien abasourdi.

Les trois glorieuses du XV de France, font aussi la part belle aux histoires de vestiaires, d’entraînements et de soirées. A travers les âges, beaucoup se répondent d’ailleurs.

"Crunch : Toute une histoire"

Pour moi c’est même indispensable. En France on oublie que l’Histoire fait partie du sport, du rugby en particulier. Or cette rencontre c’est l’Histoire par excellence, l’histoire du rugby, l’histoire d’une rivalité. Le Crunch dépasse le cadre du jeu-même.

Pour ce film j’ai vu des dizaines de matchs et croyez-moi beaucoup étaient très mauvais, mais la rivalité ancestrale entre les deux nations, les valeurs de combat, de solidarité, de fierté qu’ils faisaient ressortir les rendaient tous exceptionnels. D’ailleurs, les anciens joueurs à qui j’ai demandé de jouer dans le film m’ont remercié de leur avoir fait revivre ces moments.

Guy Novès se moque de l’histoire or quand on voit l’émotion des différents témoignages, l’importance de cette rencontre pour les anciens, ça galvanise plus qu’autre chose.

France - All Blacks : Une Rivalité Épique

Pour les All Blacks, aucune autre équipe ne suscite autant d'émotion que l'équipe de France. Pour la première fois, un documentaire propose de revivre trois matchs emblématiques de la Coupe du monde de rugby à XV entre la Nouvelle-Zélande et la France du point de vue des deux plus grands meneurs de ce sport collectif : le capitaine des Bleus Thierry Dusautoir, qui a conduit le XV de France 56 fois (2006 à 2015), et le capitaine néo-zélandais Richie McCaw, qui a mené les All Blacks à 110 reprises (2006 à 2011).

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