Djamel Bouras, figure emblématique du judo français, a marqué l'histoire de ce sport par son titre olympique et son engagement. Cet article retrace son parcours, de ses débuts prometteurs à sa présidence actuelle du PSG Judo.

Un Talent Précoce et une Ascension Rapide
Djamel Bouras est un judoka français d'origine algérienne né le 11 août 1971. À 8 ans, il fait ses débuts dans un club où il apprend les bases de ce sport. Rapidement, il gravit les échelons et décroche sa ceinture noire à 15 ans. Son talent ne passe pas inaperçu puisqu’il intègre l’INSEP (Institut national du sport, de l’expertise et de la performance) où il fait une formation en sport-études dès 1988. Cette même année, il devient champion de France des cadets.
Djamel Bouras débute sa carrière de judoka au sein du prestigieux Racing Club de France. En 1996, il rejoint le Racing Club de France puis le PSG Judo. Après quatre années, Djamel Bouras quitte le club pour rejoindre le PSG.
Le Triomphe Olympique à Atlanta
Les Français le découvrent quelques mois plus tard lorsqu’il décroche la médaille d’or aux Jeux Olympiques d’Atlanta le 23 juillet 1996 dans la catégorie des moins de 81 kg. Il s’est illustré dans le sport de haut niveau en remportant la médaille d’or aux Jeux olympiques d’Atlanta le 23 juillet 1996 dans la catégorie des moins de 81 kg. Il est ceinture noire, 6e dan. Il décroche également la médaille d’or du championnat d’Europe.
Dans cette finale, opposé au Japonais Toshihiko Koga, déjà triple champion du monde, Bouras, au bord du précipice sous le coup des pénalités, avait réussi à l'emporter sur décision des arbitres. Prenant ainsi sa revanche du Mondial 1995, dans son style accrocheur à l'opposé du classicisme nippon.
« Djamel est un gars avec des moyens moyens mais une caisse énorme, une envie de tout croquer. Ce qu'il a fait contre Koga était incroyable. La foi qu'il a eue en lui, en plus en étant mené... En finale des Jeux. La manière dont il l'a mangé... » Thierry Rey, sacré en 1980 à Moscou (- 60 kg), en frissonne encore aujourd'hui.
Bouras avait alors confié qu'à la vue de Mohamed Ali allumant la flamme olympique lors de la cérémonie d'ouverture il avait « senti » son futur destin doré. Ali, son athlète préféré. Ali, homme de convictions, d'engagement. Comme lui.

Période Difficile et Rebondissement
Malheureusement pour lui, sa victoire sera ternie par un scandale de suspicion de dopage. Après avoir remporté une médaille d’or aux Jeux olympiques d’Atlanta en 1996, Djamel Bouras est suspendu temporairement en 1998, à l’issue d’un test antidopage positif à la nandrolone. L’accusation est rapidement abandonnée.
En 2000, Djamel Bouras met un terme à sa carrière de judoka aux Jeux olympiques de Sydney. Il y obtient la cinquième place. De retour en France, il rejoint l’US Créteil quelques mois plus tard.
Le judogi de compétition remisé dans la foulée des JO de Sydney (5e) en 2000, Djamel Bouras a multiplié les expériences plus ou moins heureuses : de l'ouverture d'un bar parisien avec un ami à sa participation en 2010 à Koh-Lanta, en passant par une candidature aux législatives de 2007 en Seine-Saint-Denis sous l'étiquette du MoDem ou encore ce soutien à Dieudonné avant de couper les ponts.
Djamel Bouras poursuit, sans succès, une carrière politique, et adhère au parti politique créé par François Bayrou, le Mouvement Démocrate (MoDem).
Président du PSG Judo : Un Nouveau Chapitre
Djamel Bouras prend la présidence du PSG Judo, le 1er septembre 2017, recréé quinze ans après sa disparition, et recrute Teddy Riner pour cinq ans. Champion olympique en 1996, le président du PSG Judo dit vivre aujourd’hui de plus belles émotions grâce aux victoires de ses athlètes aux JO ou récemment lors du double sacre en Europa League.
De Doha, où il réside, celui qui depuis cinq ans préside la section judo du PSG nous a dit toute sa fierté de la réussite de son club. Djamel Bouras est un président heureux : le PSG Judo a remporté la victoire en Europa League le 11 décembre à Prague. Djamel Bouras est un président comblé.
Interrogé sur les contours du PSG judo, Djamel Bouras explique : « C’est un club de judo. On se donne un an pour le créer. C’est nouveau, cela demande du temps. Si je fais partie du projet - parce que, pour l’instant, je ne sais pas encore si je vais en faire partie, je suis en observation -, le PSG a envie de faire un grand club en judo, dans la continuité du PSG omnisports. Il y a le football, le handball et il y aura le judo. »
Il ajoute : « Pour l’instant je suis dans la prise contact, avec les athlètes, la Fédération française, la Fédération internationale. Je veux savoir comment ça se passe, parce que ça a évolué, et réfléchir à la création de ce centre, où le faire, comment, avec qui. Cela demande du temps. Pour l’instant, seul Teddy a signé. »
Concernant Teddy Riner, Djamel Bouras le décrit comme « hors-norme. C’est un extraterrestre. Neuf titres mondiaux, deux olympiques, il va ramener d’autres titres. Tant mieux qu’il soit français. Personne ne refera ce qu’il a réussi. On dit toujours jamais et il y a toujours un phénomène qui arrive. Mais, là franchement, il a mis la barre haut. »
Il exprime également son désir d'accompagner Teddy Riner : « J’aimerais bien pouvoir l’aider. Mais, déjà, il n’a pas besoin d’accompagnement pour réussir ce qu’il a fait. Il est déjà bien accompagné. Il a Franck Chambily, qui est son entraîneur en équipe de France depuis longtemps. Il sait bien gérer sa carrière. De toute façon, pour arriver à ce qu’il fait aujourd’hui, il est intelligent et bien entouré. »
| Compétition | Résultat | Année |
|---|---|---|
| Jeux Olympiques | Médaille d'Or | 1996 |
| Championnat d'Europe | Médaille d'Or | 1996 |
| Jeux Olympiques | 5ème place | 2000 |
« Djamel incarne l'engagement total, une forme de méchanceté. C'était ses armes. Il a été champion avec ça. Mais il est plus subtil que ce que son style de judo laisse à penser », estime Frédéric Lecanu, consultant judo sur la chaîne L'Equipe et son ancien partenaire en équipe de France.
« Sa forme de réussite en s'expatriant prouve sa qualité. En France, les portes étaient fermées du fait de sa mauvaise réputation. Pour moi, Djamel ne s'est pas dopé et je ne l'ai jamais vu faire du prosélytisme religieux », témoigne Thierry Rey, champion olympique de judo en 1980.
L'idée du club est aussi de former des jeunes, avec une dimension sociale, dans le prolongement de son travail au Qatar. Voilà un an, Djamel Bouras l'avait ainsi expliqué chez nos confrères de l'Esprit du judo : « Le judo est le seul sport où tu apprends vraiment à chuter, avec des valeurs fortes sur le plan de l'éducation. Mon travail au Qatar ces dernières années portait sur comment attirer le peuple, et notamment les jeunes, vers un sport qui n'est pas culturellement fort dans le pays, pour une meilleure hygiène de vie, du plaisir, de l'éducation, des valeurs. Le judo porte tous les messages. »