Dictionnaire Amoureux du Rugby : Une Définition Passionnée

Comme l’a écrit Jean PRUVOST : “Un dictionnaire est forcément une volonté d’objectif, mais partant de quelqu’un qui est subjectif. On ne peut pas faire autrement.” Bien des œuvres lexicographiques “de référence” ne se contentent pas d’être purement académiques et neutres, tant elles sont marquées dans leur contenu et leur style par la “patte”, le regard et la personnalité de leurs concepteurs. Dans ce billet, nous allons voir qu’un dictionnaire peut aussi devenir un “objet littéraire” sans trahir sa fonction première de recueil organisé selon une nomenclature livrant des informations sur des mots.

Depuis plus d’une vingtaine d’années, une collection astucieusement appelée “Dictionnaires amoureux” se propose de faire la synthèse entre des dictionnaires et des essais subjectifs sur des sujets avec lesquels les auteurs entretiennent de longue date un rapport intime et affectif, bref passionné. Cette belle idée a été mise en œuvre par le libraire, auteur et éditeur Jean-claude SIMOEN à la fin des années 1990, alors que ce dernier travaillait chez Plon. Un jour, Dominique FERNANDEZ, lauréat du Goncourt en 1982, lui soumet un manuscrit consacré à un de ses thèmes favoris : l’Italie. S’il s’incline devant le savoir encyclopédique et la qualité de l’écriture de l’écrivain, SIMOEN se montre très dubitatif sur le titre choisi par l’auteur - Le Voyage d’Italie -, qu’il juge d’une “rare banalité” et peu imaginatif.

Il lui suggère de trouver un sous-titre plus accrocheur à même d’attiser la curiosité du lecteur. Quelques années plus tard, SIMOEN, cherchant des informations sur FARINELLI, consulte l’ouvrage en question, mais en reposant les yeux sur la couverture, il lui vient un déclic : pourquoi ne pas lancer selon ce prototype une collection de dictionnaires thématiques dans lesquels différents auteurs se livreraient, en toute liberté ou presque, à une “déclaration d’amour” qui conjuguerait culture et passion ? Loin de tout académisme, il imagine donner à une personnalité l’opportunité de rédiger un ouvrage littéraire, composé d’anecdotes personnelles, de points de vue et de souvenirs.

Si le but de cette nouvelle collection est clairement défini par son concepteur - “C’est la rencontre idéale entre un auteur ou une personnalité et son sujet. Mais cela ne suffit pas. Que l’auteur s’implique, voilà mon secret de fabrication” -, reste encore à recruter les candidats “adéquats”. SIMOEN, qui par son entregent n’a que l’embarras du choix, met à profit sa longue expérience d’éditeur et d’écrivain pour tenter de trouver à chaque fois la combinaison gagnante entre notoriété, expertise, qualité d’écriture et talent de conteur.

Pour la plupart des auteurs, dont la compétence et le lien avec le sujet ne font aucun doute, le choix semble s’imposer d’emblée. Le choix de certains autres contributeurs sera a priori plus surprenant quand, médiatiquement connus, nous ne les retrouverons pas sur leur terrain habituel mais dans un de leurs jardins secrets. C’est le cas de Bernard PIVOT qui, célèbre comme journaliste et critique littéraire, a signé pour la collection le volume consacré au vin. L’écrivain, dont le frère est vigneron, a passé une bonne partie de son enfance dans le Beaujolais, où il s’est familiarisé jeune avec le travail de la vigne et de la vinification.

PIVOT était donc on ne peut plus légitime pour traiter ce sujet, même si cet aspect de sa personnalité était jusqu’alors largement méconnu du grand public. À ce jour, ce titre détient le record de vente de la collection, avec près de 150 000 exemplaires écoulés. Dans le même ordre d’idées, le romancier Laurent BINET a pu dévoiler sa passion pour le tennis et Jean TULARD rappeler avec son opus consacré au cinéma que ses pôles d’intérêt ne se limitaient pas à l’histoire du Premier Empire.

D’autres titres sont dédiés à des sujets plus ouverts, parfois même passablement “nébuleux”. Dans cette catégorie, le résultat est toujours surprenant, car dépendant au premier chef de la qualité de l’écriture et de l’esprit d’à-propos des auteurs. Citons dans cette “famille” le récent Dictionnaire amoureux de l’inutile de François et Valentin MOREL. Le livre n’ayant pas rencontré le succès escompté, par la suite l’éditeur en remaniera le titre - le premier ayant sous doute prêté à confusion -, qui deviendra en 2011 : le Dictionnaire amoureux du bonheur.

Si l’exercice, pour être productif et réussi, passe nécessairement par une très large liberté laissée à l’auteur, l’éditeur joue quand même son rôle selon le vieil adage “la confiance n’exclut pas le contrôle“. Deux seules obligations sont imposées aux rédacteurs. D’une part, il doit s’agir d’une œuvre personnelle, entièrement sortie de leur propre plume, donc originale par définition. Ensuite, il est nécessaire, par respect pour un lecteur qui ne veut pas s’aventurer dans une démonstration scolaire, de lui proposer un texte clair et fluide susceptible de générer une certaine complicité entre l’écrivain et son invité.

C’est ainsi que SIMOEN incitera Jacques ATTALI, qui lui remettait un véritable “pensum”, à revoir sa copie en lui disant sans détour : “Je veux ton rapport personnel au judaïsme, tes premières lectures, tes coups de cœur, ton histoire, tes souvenirs. Une encyclopédie de plus, ça ne m’intéresse pas.” Pour l’éditeur, chacun de ses auteurs “a le devoir d’élever le débat en portant son érudition au plus grand nombre”. L’éditeur l’avoue d’ailleurs sans fard : il veut des “livres faits pour durer […] qu’on laisse sur sa table de chevet et que l’on picore”.

La plupart du temps les auteurs volontaires, lors de cette expérience d’écriture atypique, ont écrit leur ouvrage “dans le désordre”. Après plus de vingt années à la barre de son navire, pendant lesquelles ont été publiés près de 150 titres cumulant 2 millions d’exemplaires vendus, dont certains récompensés, SIMOEN a passé la main en février 2020 à Grégory BERTHIER-SAUDRAIS, directeur éditorial de Plon depuis 2020, lequel a pris en main les destinées de la collection.

D’autres tomes sont sortis depuis ce passage de témoin - consacrés à Istanbul, à la Corse, à l’Ukraine et la Coupe du monde de football - et ces dictionnaires pas comme les autres, à l’image des passions humaines sans cesse renouvelées, semblent avoir de beaux jours devant eux.

Le dictionnaire amoureux du rugby est une petite bible en soi ! Daniel Herrero est un ancien joueur de haut niveau, professeur à l’Université de Nice puis il fut entraîneur de Toulon avec qui il sera champion de France en 1987. Dans cet article, je reprendrais depuis ce Dictionnaire Amoureux la définition que Mr. Herrero donne de la traversée du ballon. Cette dernière peut en effet être le nerf de la guerre, le facteur X du tir au but. C’est un bon botteur. Précis, subtil, appliqué. Il se concentre.

Ses yeux font des allers et retours autistes entre les poteaux et la balle posée devant lui. Puis ils ne la quittent plus. Ils sont comme aimantés par elle, elle qui invite au voyage vers les nuages. Ils sont attachés à elle par un fil invisible. Alors le botteur s’élance et, dans un geste large, il vient la caresser pour qu’elle prenne son envol. Il ne la frappe pas, il ne l’agresse pas. Il l’accompagne. Regard spécial faisant des allers-retours entre ballon et poteaux… Owen Farrell a un regard très particulier pendant sa routine !

Le regard est intriqué à la question de la cible. Les allers-retours du regard servent en général à imaginer et créer mentalement la trajectoire que nous souhaitons donner à la balle. « Puis ils ne la quittent plus. Au moment de s’élancer vers le ballon, les yeux ne quittent effectivement plus la balle. Cela permettra de répondre à la question que se pose parfois des buteurs amateurs : « que doit-on regarder au moment de la frappe ? Le ballon ? Le regard d’Owen Farrell est orienté vers le ballon. « Il ne la frappe pas, il ne l’agresse pas.

Le terme « accompagne », employé par Daniel Herrero est particulièrement pertinent. Pendant la Coupe du monde, Europe1.fr décrypte le langage du rugby avec la définition du Dico du parler sport et le témoignage d'une personnalité de l'Ovalie. Tampon : "Placage particulièrement virulent. Synonyme de cartouche* ou de caramel* (il lui a mis un sacré tampon ou un beau caramel !). En général, un tel geste stoppe l’adversaire. On peut aussi mettre un tampon au sens d’impact offensif, c’est-à-dire une charge.

Selon Daniel Herrero, dans son Dictionnaire amoureux du rugby, son origine serait à "chercher vers le tampon d’encre qui s’abat lourdement sur les papiers administratifs. L’impact résonne dans le guichet et la feuille de papier frétille une fraction de seconde avant de repartir marquée vers son propriétaire". Attesté en 1976." Extrait du Dico du parler sport, de Baptiste Blanchet et Jean-Damien Lesay.

Les plus beaux essais du Rugby Français

L'amateurisme marron est une expression du vocabulaire sportif désignant le fait de rémunérer illégalement un sportif officiellement amateur. Le rugby a connu une entrée tardive dans le monde professionnel (1995 officiellement), alors que le football était professionnel depuis des décennies. Il n’est donc pas étonnant d’avoir appris l’existence de ce professionnalisme déguisé surnommé Amateurisme marron dans le rugby.

Des pratiques ni vraiment obscures ni vraiment claires (d’où le marron) étaient régulièrement employés dans l’élite française du rugby sous la forme de défraiements, d’emplois plus ou moins fictif et d’avantages en nature. C’est Fabien Galthié qui résume le mieux la situation : «Avant, le rugby pouvait vivre caché. On parlait d’aide à l’insertion à l’époque. On te donnait un job, on aidait ta famille, le boucher-charcutier du coin te reconnaissait, t’aimait, te chérissait, et c’était le top […]. Après 1995, on a reçu des feuilles de salaire !

Homme essentiel au jeu. On a du mal à imaginer un match de rugby sans lui…l’arbitre de rugby est un homme généralement respecté car on se rend compte de la difficulté de la tâche très rapidement. Les règles du rugby sont multiples et complexes. La grande spécificité de l'arbitre du rugby, est qu'il est sujet à interpréter de manière régulière les choses qui se passent sur le terrain. Son rôle est en effet de trier les fautes et de sanctionner uniquement les fautes les plus graves.

Un arrêt buffet au rugby constitue un plaquage sur lequel le défenseur arrête l’attaquant de manière nette et brutale. Sur certaines phases de jeu plus aériennes, les joueurs d'une équipe peuvent être amenés à en soulever un autre pour lui faciliter la récupération d'un ballon aérien. Fondée en 1890, l'équipe des Barbarians est bien spéciale. Créée dans l’esprit le plus britannique en 1890 dans un restaurant de Bradford (Angleterre), par M.Carpmael. Ce dernier voulait fonder un club de tournée pour animer l’inter-saison.

La particularité des Baa-Baas (leur surnom) est de ne pas avoir ni de vestiaires, ni de domicile, ni de club house. Des joueurs comme Gareth Edwards, JPR Williams, David Campese, Serge Blanco ou plus récemment Mc Caw peuvent aujourd’hui se vanter d’avoir participé à cette aventure, symbole d’un rugby ancré dans les valeurs. L’esprit Barbarians c’est aussi intégrer un joueur non international. Ouvrir la boîte à gifles est une technique de jeu ou d'anti-jeu souvent cultivée dans les séries territoriales pour assoir sa domination.

Le botteur (ou buteur) est un mot spécifique au rugby. C’est la personne désignée pour buter, c'est-à-dire tirer les pénalités ou transformer les essais. C’est le seul qui regarde au-dessus de la barre transversale des poteaux, puisque c’est là qu’il doit placer le ballon. D’après le dictionnaire : La boue est de la terre détrempée. Son synonyme est gadoue, vase ou bourbe. Les amateurs de rugby retiendront particulièrement le dernier synonyme.

Définition de la boue au rugby : Produit de beauté. Conscients des bienfaits sur la peau des masques de boue (recommandés par ces mesdames), les joueurs de rugby profitent de chaque averse pour réhydrater leurs pores. Un bon match hivernal respecte les cycles suivants : une bonne averse, une bonne boue, une bonne douche à 20°, une bonne biture à 12°, une bonne lessive à 35°. On retrouve la boue souvent sur les terrains les plus difficiles à conquérir comme Pierre Rajon (Bourgoin) ou encore Oyonnax.

Tout le monde aime manger des caramels... sauf sur un terrain de rugby, auquel cas il peut faire très mal aux côtes et laisser un arrière-goût plutôt amer. Vous l'aurez compris, un caramel est une expression désignant un plaquage plutôt destructeur. Un cartouche, tout comme un tampon correspond à un impact dévastateur, qu'il soit défensif ou offensif. C’est le fait de prendre son adversaire par les jambes et de la faire passer « cul par-dessus tête ». Le joueur plaqué se retrouve ainsi les pieds en l’air et la tête en bas jusqu’à ce qu’il retombe de tout son poids sur ces jolis petites cervicales.

Au rugby, une chandelle désigne un coup de pied tout en hauteur effectué par dessus la ligne de défense adverse. L'objectif est d'être au point de chute pour récupérer le ballon derrière le rideau défensif. Alors qu'est-ce qu'une cocotte ? Il ne s'agit ni plus, ni moins que d'un ballon porté. Autrement dit, une cocotte est un regroupement de joueurs debout, composée au minimum du porteur du ballon, d'un soutien (autre joueur de son équipe) et d'un joueur de l'équipe adverse.

Un coffre à ballons, bouffe régulièrement des 5 contre 2, malgré les appels de son coéquipier placé en aval. Le derby n’est pas un mot propre au rugby mais plutôt au monde sportif en général. Il a cependant une valeur toute particulière dans le monde de l’ovalie. Un derby est une confrontation entre deux équipes très proches géographiquement. Au rugby, le derby est parfois synonyme de quelques caramels en entrée, suivis de marrons pour souvent aboutir à une voire plusieurs générales.

Les tribunes sont pleines, la tension est à son comble, les joueurs de chaque équipes se connaissent tous ou presque. N’hésitez pas à recenser tous les derbys que vous connaissez ! Une fourchette correspond à un geste assez peu sympathique sur un terrain de rugby. En effet, cette expression désigne le fait d'aller "caresser" les globes oculaires de son adversaire à l'aide de son index et de son majeur, en insitant tout en profondeur pour s'assurer qu'il ait bien compris qu'il ne ferait pas la loi dans les regroupements.

Une générale n’est pas un grade de l’armée réservée à la gent féminine. C’est ce qu’on appelle une bagarre mêlant les avants des deux clubs au minimum. Gratter ? C'est un terme plutôt inattendu si vous ne l'avez jamais entendu dans ce contexte. "Gratter un ballon" est une expression typique du rugby. Ce terme désigne l'action de récupérer un ballon dans un regroupement.

Prendre la grêle au rugby ne veut pas dire qu’il pleut pendant le match. C’est une expression qui signifie que l’équipe adverse est en train de vous battre très largement. Le marron au rugby il en existe bel et bien qu’un. Il est unique et peut faire très mal, c’est pour faire simple un coup de poing porté au visage de son adversaire. Terme en voie de disparition. Autrefois, la mêlée relevée faisait partie du vocabulaire de base du talonneur ou du deuxième ligne.

La mi-temps au rugby dure 40 minutes…enfin les deux premières. Car il impossible de parler de terme « mi-temps » sans parler de la célèbre 3ème mi-temps propre à notre sport. Quand les deux premières mi-temps sont remplies de belles actions, on a le droit, et même le devoir d’assister longuement à la 3ème mi-temps. Au niveau temporel, elle commence juste après les deux premières et on ne sait jamais quand elle se finit.

La 3ème mi-temps, c’est là où il est interdit d’avoir le gosier à sec une seule seconde. Gosier rempli de différents mélanges où l’eau est exclue. Au delà du tubercule que nous connaissons tous, la patate est une expression qui désigne un coup de poing administré à un adversaire. Se dit d'un joueur pénible, celui qui rentre sur le terrain pour faire déjouer l'adversaire par tous les moyens. Sens commun: La pigne est la transcription du gascon pinha, nom donné au cône des pins, la fameuse pomme de pin.

Au rugby, la pigne est également d'usage courant dans le Sud. Il possède de nombreux synonymes, mais pour faire bref ce n'est ni plus ni moins qu'un joli coup de poing distribué. Il y a deux piliers sur le terrain : Le Pilier Gauche (ou Pilier tête libre) porte le numéro 1, c’est souvent le meilleur manieur de ballon et le plus endurant. Le Pilier Droit (ou Pilier tête prise) porte le numéro 3, il a un rôle primordial en mêlée, son rôle est de faire un vrai travail de sape dans la phase statique qu’est la mêlée, son domaine de prédilection. Etre pilier au rugby c’est un état d’esprit.

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