Analyse du "Dictionnaire amoureux du football": Un regard passionné sur le monde du ballon rond

Le monde du football est bien plus qu'un simple sport. C'est une source de passion, d'émotions et de débats sans fin. Dans cette optique, le "Dictionnaire amoureux du football" de Vincent Duluc offre une exploration riche et nuancée de cet univers complexe. Cet article se propose d'analyser les différents aspects de ce dictionnaire, en mettant en lumière les enjeux, les polémiques et la nostalgie qui entourent le football.

La Coupe du Monde au cœur des débats

La Coupe du Monde est un événement majeur qui suscite de nombreuses discussions. À l'approche de la Coupe du Monde de football au Qatar, les enjeux sont multiples. La ministre des Sports Amélie Oudéa-Castéra, Nathalie Iannetta, directrice des sports de Radio France, et Vincent Duluc, journaliste à l'Équipe et auteur du "Dictionnaire amoureux de la Coupe du Monde" (Plon), ont été invités à France Inter pour en discuter. L'occasion de faire le point sur les multiples polémiques sur les droits humains et l'environnement qui entourent ce Mondial "particulier en tout point", comme le décrit Nathalie Iannetta.

Les polémiques et l'hypocrisie

Vincent Duluc pointe du doigt "le double-jeu ou l'hypocrisie de la Fifa qui demande aux joueurs de ne manifester aucun message politique alors que l'attribution de la Coupe du monde au Qatar ou à la Russie sont clairement des messages politiques". Les deux journalistes s'accordent toutefois sur le fait que "ce serait une véritable hypocrisie de boycotter la Coupe du monde au Qatar et de continuer d'aller au Parc des princes, de regarder BeIn et d'aller dans les musées financés par le Qatar et les Pays du Golfe", souligne Vincent Duluc.

Emmanuel Macron a déclaré qu'il "ne faut pas politiser le sport". "Ces questions-là, il faut se les poser quand on attribue l'événement", a-t-il lancé, annonçant par ailleurs se rendre au Mondial si la France atteint les demi-finales. "Il faut vraiment préserver les joueurs des polémiques, les laisser se concentrer sur le jeu, laisser les supporters vivre leur passion pour le foot sans les culpabiliser, ne pas opposer les peuples et voir plutôt ce qui les rassemble", abonde la ministre des Sports. "Quand on a des objections, il faut se poser les questions politiques au bon moment, c'est-à-dire au moment de l'attribution des évènements et pas à la veille de leur démarrage."

La journaliste Nathalie Iannetta ajoute : "À titre personnel, il y a bien longtemps que la petite flamme de l'enfant amoureuse que j'étais s'est éteinte face à ces grands évènements, un peu confisqués. Mon coeur est serré non pas pour moi mais pour la jeunesse qui, peut-être, aura besoin de ce rêve, cette excitation, ce moment unique où d'un seul coup, quel que soit son âge, sa couleur de peau, son genre, on se retrouve sur une place, sur un canapé, dans un bar, dans un stade et on vit exactement au même moment la même émotion. L'universalité du football et sa puissance sont là. Les responsables de la Fifa, depuis des années, se sont attribués ce jeu unique, universel, populaire, simple et accessible à tous, à des fins personnelles et politiques. Je leur en veux énormément."

L'évolution des critères d'attribution

La ministre des Sports souligne l'importance de la dimension sociétale dans l'attribution des événements. "Aujourd'hui, on se concentre beaucoup plus sur la dimension sociétale dans l'attribution des évènements. Les Jeux de Paris sont, en la matière, exemplaires. Et je suis contente que la Fifa ait exprimé la nécessité de mieux prendre en compte d'autres critères et notamment l'environnement dans les prochaines attributions des mondiaux", répond la ministre. Elle ira elle-même au Qatar si la France accède aux quarts de finale. "On ne boycotte pas du tout, pas plus qu'aucun de nos partenaires. Je serai au Qatar effectivement si l'équipe avance bien et supporter de la première à la dernière minute de leurs matchs", insiste-t-elle.

Le football, un vecteur d'émotions et de souvenirs

Vincent Duluc, à travers ses écrits, explore la dimension émotionnelle du football. Il raconte le temps où le football était une fête, où le supporter bon enfant s'identifiait au joueur besogneux. Son livre "Printemps 76" évoque avec nostalgie les années 70, les bals du samedi soir, les slows et les premiers émois de l'adolescence, le cinéma, les vinyles, les magnétophones à cassettes et les pantalons à "pattes d'elph". Dans la seconde partie, l'auteur croque les protagonistes de cette finale : Herbin "le rouquin" entraîneur mélomane, Roger Rocher président mégalomane, Larqué capitaine intellectuel un peu hautain et bien sûr Rocheteau "l'ange vert" qui faisait chavirer les filles.

En mêlant ses souvenirs d'adolescent et des éléments autres que le simple parcours sportif, Vincent Duluc nous plonge dans une époque, dans un pays assoupi d'ennui que vont réveiller 11 petits hommes verts. Avec eux, ce sont un club, une ville, un pays qui sont allés en finale.

Vincent Duluc se souvient de l'engouement populaire suscité par l'événement, à la télé de Guy Lux et de Danièle Gilbert, avec ce refrain entêtant (« Qui c'est les plus forts . ») qui passait trois fois par jours à la radio. Ce livre plein d'anecdotes, de souvenirs d'enfance du côté de Bourg-en-Bresse, sa ville d'origine, constituera sans aucun doute une belle madeleine de Proust pour toute une génération, aujourd'hui âgée de 50 ans et plus.

Grand entretien avec Vincent DULUC - 23 octobre 2020 - Des Mots & Débats

Les enjeux du football moderne

Vincent Duluc, tout en célébrant le passé, porte un regard critique sur le football moderne. Tout n'est pas à sauver dans le foot moderne, juge toutefois Duluc : la VAR l'accable, car elle oblige à retenir sa joie le temps que les arbitres vérifient si « un dessous-de-bras » n'a pas mis hors jeu le buteur, tout comme le projet de Super Ligue qui aurait tué ce qui reste d'indécision dans le foot européen.

Il souligne également le décalage entre l'image renvoyée par les joueurs, celle de privilégiés un peu coupés des réalités, et ce qu'ils sont vraiment. Ils font des erreurs à certains moments, et les images passent en boucle. C'est l'exemple de l'expression « la roue tourne va tourner » de Franck Ribéry, ou le fait de venir en claquettes sur un plateau de Téléfoot. Tout le monde se dit : « Ribéry est un âne. » Mais comment fait-on, quand on est un âne, pour parler cinq langues sans être allé à l'école ? Les gens ne se rendent pas compte de la faculté d'adaptation de ces jeunes. À l'étranger ils intègrent une culture en quelques semaines, ce n'est pas simple.

L'uniformisation du jeu

L'uniformisation se vérifie, en effet. Il y a encore plusieurs écoles de jeu, mais ce ne sont plus des écoles nationales. Dans le temps, on savait que le Dynamo de Kiev était issu de l'école Valeri Lobanovski. De même qu'on reconnaissait les Italiens à leur jeu. Aujourd'hui, quand on regarde Naples, ce n'est pas le jeu italien que l'on a connu. Les Anglais ne jouent plus comme des Anglais. C'est le mélange de joueurs et d'entraîneurs avec une forme de vision unique liée à la mondialisation qui en est à l'origine. Il y a ensuite des modes avec des jeux à cinq derrière, à quatre, à trois… Il suffit que le prochain champion du monde joue à quatre pour que tout le monde suive. Il y a un mimétisme.

Le football et le droit

Le Collectif L’Unité du Droit (Clud) a également exploré les liens entre le football et le droit. Le Clud a cherché à donner vie à l’idée d’Unité du Droit. Il s’agit d’un collectif dans l’air du temps ! Il a également su s’engager et se lancer dans l’arène contentieuse. Pour étonner, une de ses armes fut le droit.

Les thématiques retenues montrent aussi que l’unité du droit n’est pas une fin en soi. L’ouvrage, sans avoir à préjuger de la réponse à y apporter, aborde des sujets tels que « de(s) droit(s) du travail ou du football ». Il s’intéresse aux travailleurs de droit dit commun et aux agents des fonctions publiques. La notion de « pouvoir disciplinaire » (droit public) est encore rarement utilisée en doctrine. Elle suppose le respect du pouvoir hiérarchique et du pouvoir de direction. Elle est une réaction à un comportement fautif. Elle est encadrée par l’employeur, afin que celui-ci ne soit pas arbitraire. Elle a pour objectif de protéger les travailleurs.

Le football : un terrain de jeu pour le droit

Les juristes aussi sont des supporters. Ils sont également persuadés que le métissage juridique est nécessaire. Ils s’efforcent d’échanger et de travailler ensemble. Le droit est partout et le juriste se saisit aussi de lui. Il s’agit de plus d’un outil de travail, mais d’un moyen d’action.

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