Le cricket est un sport collectif de balle et de batte opposant deux équipes composées généralement de onze joueurs chacune. Il se joue généralement sur un terrain de forme ovale, en herbe, au centre duquel se trouve une zone d'une vingtaine de mètres de longueur, à chaque extrémité de laquelle on trouve une structure de bois, le guichet.

Origines et Histoire du Cricket
Les origines du cricket sont obscures. Le prince Édouard, futur Édouard II d'Angleterre, pratique en 1300 le « creag et d'autres jeux », mais rien ne prouve que ce creag soit l'ancêtre du cricket. L'une des principales théories sur ses origines indique qu'il a évolué à partir d'un passe-temps d'enfants, dans le sud-est de l'Angleterre.
C'est en France que l'on trouve la plus ancienne trace mondiale liée au cricket (1478) dans une lettre de doléance adressée au roi Louis XI qui mentionne une dispute liée à ce jeu dans le village de Liettres, près de Saint-Omer. Un tournoi célèbre cet héritage tous les ans, le Liettres Challenge 1478. L'auteur Jean-Jules Jusserand mentionne dans Les Sports et jeux d'exercice dans l'ancienne France (1901) la référence de Liettres en 1478 et stipule que le cricket n'est autre chose qu'une variété du jeu de crosse ou de soule à la crosse.
Étymologie du Mot "Cricket"
Il existe plusieurs théories quant à l'origine du mot « cricket ». Étant donné qu'il existe au Moyen Âge de nombreux échanges entre le sud-est de l'Angleterre et le comté de Flandres, il pourrait venir du moyen néerlandais krick (bâton). Une autre possibilité est l'Anglo-Saxon cricc ou cryce (béquille, bâton). Samuel Johnson fait dériver cricket de cryce dans son Dictionary of the English Language (1755). En ancien français, criquet désignait un bâton de but au jeu de boule, massue. Le moyen néerlandais krickstoel désigne un tabouret utilisé dans les églises pour s'agenouiller, et dont la forme rappelle celle des premiers guichets.
Développement International
La première tournée internationale jamais organisée a été annulée pour des raisons politiques. En 1789, l'ancien ambassadeur du Royaume-Uni en France, John Sackville (3e duc de Dorset), prévoit une tournée en France. Les joueurs se rassemblent à Douvres, où ils croisent le duc, qui fuit la Révolution française, et n'iront pas plus loin.
Le premier match international de l'histoire oppose, le 24 et le 26 septembre 1844, des joueurs américains et des joueurs canadiens à Bloomingdale Park à Manhattan. Il est annoncé comme un affrontement entre États-Unis et Canada alors que les joueurs proviennent majoritairement de deux clubs. Le Canada remporte cette opposition par 23 runs.
Cinq mille personnes assistent au premier jour de jeu, qui fut l'occasion d'importants paris. Les équipes se retrouvent deux fois l'année suivante, à Montréal en juillet et à New York le mois suivant, pour deux victoires canadiennes, puis une fois en 1846, à Harlem, où le match s'achève quand les Canadiens abandonnent la partie, un joueur américain ayant jeté la balle sur le batteur canadien qui l'avait chargé pour l'empêcher d'attraper la balle au vol.
En septembre 1859, une sélection de douze joueurs professionnels anglais embarque pour les États-Unis. Plusieurs matchs sont organisés et opposent systématiquement onze Anglais à vingt-deux Américains. Si la Guerre de Sécession marque le déclin de la popularité du cricket aux États-Unis au profit du baseball, des équipes compétitives se développeront dans certaines villes, notamment à Philadelphie.
Avec la guerre civile aux États-Unis, les organisateurs de tournées anglaises portent leur attention sur l'Australie. En 1861-62, Heathfield Stephenson mène la première équipe anglaise en tournée en Australie, et d'autres feront le même chemin dans les années qui suivent. Ces tournées privées, qui impliquent des joueurs professionnels, ont pour vocation de faire du profit. La tournée menée par Stephenson rapporte ainsi 10 000 £ de l'époque.
La première équipe australienne à effectuer une tournée en Angleterre est composée exclusivement de joueurs aborigènes, en 1868. Elle dispute quarante-sept matchs sur le sol britannique, et effectue des démonstrations de lancer de boomerang et de lance.
En 1876-77, James Lillywhite emmène une équipe entièrement professionnelle en Nouvelle-Zélande puis sur le sol australien. Le 15 mars 1877 débute un match organisé sous l'appellation All England v A Combined New South Wales and Victoria XI et oppose l'équipe de Lillywhite à une sélection de joueurs de Nouvelle-Galles du Sud et de Victoria. Remportée par les Australiens le 19 mars, cette rencontre sera rétrospectivement considérée comme étant une rencontre entre l'équipe d'Angleterre et l'équipe d'Australie, et comme étant le premier match de Test cricket de l'histoire.
Les tournées anglaises en Australie et australiennes en Angleterre deviennent alors régulières. En 1882, la victoire surprise des Australiens à The Oval contre une équipe anglaise qui rassemble amateurs et professionnels donne lieu à un faire-part de décès satirique dans le Sporting Times, qui annonce la mort du cricket anglais, dont les cendres « seront transportées en Australie ».
Règles du Cricket
Le cricket oppose deux équipes de onze joueurs sur un terrain généralement de forme ovale. Un match peut durer, selon la forme jouée, de quelques heures à plusieurs jours. Une rencontre est divisée en plusieurs manches.
Au cours de chacune d'entre elles, l'une des équipes essaye de marquer des points (runs ou courses), l'autre essaye de l'en empêcher. Au cours d'une manche, l'équipe qui doit marquer des points dispose de deux joueurs à la fois sur le terrain : les batteurs (batsmen). Ils sont équipés chacun d'un accessoire de bois appelé batte. Les onze joueurs de l'équipe adverse sont également dans l'aire de jeu.
Les deux batteurs se trouvent au centre du terrain, aux extrémités d'une portion rectangulaire de l'aire de jeu appelée pitch. Chacun de ces batteurs se trouve devant un ensemble de trois piquets de bois verticaux surmontés de deux témoins : le guichet (wicket). Parmi les onze joueurs de l'équipe au lancer, un gardien de guichet est désigné. Il est placé juste derrière le wicket d'un des batteurs adverses. Il porte des gants. Les dix autres joueurs sont susceptibles d'être lanceurs (bowlers), c'est-à-dire d'avoir à lancer la balle.
Lorsqu'un de ces dix joueurs est désigné pour lancer la balle, il prend une course d'élan et, arrivé au niveau d'un des guichets, lâche la balle en direction de l'autre guichet. Le batteur qui fait face au lancer doit essayer de taper la balle avec sa batte. Une fois le lancer effectué et, éventuellement, la balle tapée par le batteur, son coéquipier et lui peuvent échanger leur position. Chaque échange de position rapporte un run, et plusieurs échanges successifs sont possibles.
Les batteurs gardent ensuite la position qu'ils occupent après les échanges : si le nombre d'échanges effectué est impair, c'est le batteur qui n'a pas fait face au lancer précédent qui fait face au suivant. Si la balle tapée par le batteur sort du terrain sans toucher le sol, son équipe marque six runs. Si elle sort après avoir touché le sol, elle marque quatre runs.
Si la balle lancée par le bowler touche le guichet, le batteur qui fait face au lancer est éliminé. Il est éliminé également si la balle qu'il tape avec sa batte est attrapée au vol par l'un des onze joueurs adverses. De même, si les batteurs sont en train de courir pour essayer de marquer un run et que l'un des guichets est détruit avec la balle par l'un des onze adversaires, celui qui se dirige vers le guichet détruit est éliminé. Il y a en tout neuf modes d'élimination possibles.
L'équipe qui effectue les lancers change de lanceur toutes les six balles. Les règles du cricket, appelées Laws of Cricket, sont constituées actuellement de quarante-deux lois et quatre annexes. Le premier code connu est établi par des « Noblemen and Gentlemen » en 1744. Il est révisé en 1755 par un comité de « Noblemen and Gentlemen » du Kent, du Hampshire, du Surrey, du Sussex, du Middlesex, et de Londres. Cette version compte six lois.
Un comité similaire révise une nouvelle fois les lois en 1786. Le premier code rédigé par le MCC est adopté le 30 mai 1788. L'instance dirigeante du cricket au niveau mondial, l'International Cricket Council, émet des règlements qui complètent les règles du cricket.
Le Terrain de Cricket
Un terrain de cricket est généralement de forme légèrement ovale. Aucune dimension ou forme n'est spécifiée par les lois du cricket, mais il s'agit habituellement d'une ellipse de faible excentricité, et dont les axes mesurent généralement entre 90 et 150 mètres. Pour les matchs internationaux, des dimensions minimum sont fixées : depuis le 1er octobre 2007, celles-ci ont été portées à un minimum de 137,16 mètres pour l'axe le plus court, et 148,13 mètres pour l'axe le plus long.
Au centre du terrain, orienté selon le grand axe de celui-ci, se trouve une surface rectangulaire dont l'herbe est coupée plus court, le pitch. La longueur de celui-ci est de 20,12 mètres et sa largeur est de 3,05 mètres. Il est fermé à chacun de ses bouts par des lignes blanches appelées bowling creases, qui mesurent 2,64 mètres chacune.
À chaque extrémité du pitch se trouve une structure de bois appelée wicket (« guichet »). Les deux wickets sont parallèles l'un à l'autre et distants de 20,12 mètres. Les stumps sont des piquets cylindriques verticaux, répartis sur une largeur de 22,86 centimètres et dont le diamètre est compris entre 3,49 et 3,81 centimètres. Ils culminent à 71,1 centimètres au-dessus de la surface du pitch.

Équipement
Pour un match de cricket impliquant des équipes sénior masculines, la balle de cricket doit peser, neuve, entre 155,9 et 163 grammes. Sa circonférence doit être comprise entre 22,4 et 22,9 centimètres (soit un diamètre compris entre 7,13 et 7,29 centimètres). La balle de cricket est faite de liège dur recouvert de cuir. Le cuir est séparé en deux hémisphères liés entre eux par une couture.
La balle est traditionnellement de couleur rouge, avec une couture blanche. Des balles de couleur blanche sont utilisés pour les matchs de lancers (overs) en nombre limités, qui se déroulent, pour certains, en partie en soirée. C'est un héritage de la World Series Cricket, une compétition rebelle organisée entre 1977 et 1979, qui a introduit ces matchs joués en partie en soirée et une couleur de balle bien visible à la lumière des projecteurs.
Une batte de cricket est composée d'un manche en rotin et d'un corps en saule. Cette partie de la batte, appelée blade (« lame »), est plate d'un côté et arrondie de l'autre, pour garantir sa solidité. La longueur de la batte ne doit pas excéder 96,5 cm et sa « lame » ne doit pas excéder 10,8 cm à l'endroit où elle est la plus large. Le saule qui la compose peut être recouvert d'une matière protectrice, à condition que celle-ci ne dépasse pas 1,56 mm d'épaisseur, et que cette protection ne risque pas d'endommager la balle.
Lors de la World Series Cricket, une compétition rebelle organisée en Australie entre 1977 et 1979, le batteur anglais Dennis Amiss eut l'idée de se protéger la tête avec un casque de moto et d'autres joueurs lui emboitèrent le pas. Outre le casque, d'autres équipements de protection sont autorisés pour le batteur : des pads, qui protègent les jambes, des gants, et des protections aux avant-bras. Le gardien de guichet adverse a lui aussi droit à des gants et des pads.
À haut niveau, la tenue du joueur de cricket dépend du format de jeu. Dans les matchs dont la durée est limitée en temps, la tenue est traditionnellement de couleur blanche ou crème, tandis que des tenues colorées sont utilisées pour les matchs dont la durée est limitée en nombre de lancers. L'introduction des tenues colorées dans ce type de match est aussi un des multiples héritages de la World Series Cricket.

Déroulement d'une Manche et Résultats
Une rencontre est divisée en manches, en anglais innings. Au cours d'une manche, l'une des équipes, dite in, est à la batte, l'objectif du batteur étant double : éviter de se faire éliminer et marquer le plus de points possibles (runs). Un over compte généralement six lancers réguliers et est effectué par un même lanceur. Un joueur ne peut effectuer deux overs consécutifs. Dix des onze batteurs de l'équipe in ont été éliminés.
Selon le format ou la variante de jeu, différents résultats sont possibles. D'une manière générale, si l'équipe qui batte en dernier dépasse le total de points de son adversaire en ayant encore n batteurs disponibles, on dit qu'elle remporte le match par n guichets. Une victoire de l'autre équipe est exprimée sous la forme de n courses d'écart. Dans les rencontres où chaque équipe dispose de deux manches et le vainqueur n'en a besoin que d'une, on dit qu'elle gagne par une manche d'écart (et n courses).
Marquer plus de points que l'équipe adverse ne suffit pas pour remporter une rencontre limitée en temps. Un draw (match nul) se produit lorsque, pour une raison ou pour une autre, la deuxième manche de l'opposant n'est pas achevée, dans la plupart des cas si dix de ses batteurs n'ont pas été éliminés. Un tie correspond quant à lui à l'égalité de points à la fin du match.
Comment Marquer des Runs
L'équipe qui batte peut marquer des runs (courses) de plusieurs manières. Un point est marqué à chaque échange de position entre les deux batteurs sur le terrain après que celui qui a fait face au lancer a touché la balle avec sa batte ou la main qui la tient. Plusieurs échanges sont possibles à l'issue d'un même lancer. Si la balle sort des limites du terrain sans avoir touché le sol, six points sont marqués (six). Si elle en sort après avoir touché le sol, quatre points sont marqués (four).
Dans ces trois cas, les runs marqués sont crédités au batteur actif. Le batteur n'a obligation ni de toucher la balle avec sa batte, ni de courir. Il est possible de marquer sans que le batteur ait touché la balle avec sa batte. Un bye est marqué par échange de position des deux batteurs sans que la balle ait été touchée. Un leg bye est marqué dans la même situation, mais lorsque la balle a été touchée par le corps du batteur. Un lancer invalide est qualifié de no ball.