La rivalité entre l'Olympique de Marseille (OM) et le Paris Saint-Germain (PSG), surnommée "Le Classique", est l'une des plus emblématiques du football français. Cette confrontation, chargée d'histoire et de passion, transcende le simple cadre sportif pour devenir un événement culturel et sociologique. Retour sur une rencontre mémorable qui a marqué les esprits.

Une Rivalité Historique
Olympique de Marseille - Paris Saint-Germain en football désigne la rivalité sportive entre l'Olympique de Marseille et le Paris Saint-Germain, deux clubs de football français. À la fin des années 2000, le diffuseur Canal+ a cherché à imposer le nom de Classico, sur le modèle du Clásico espagnol entre le Real Madrid et le FC Barcelone, tandis que le journal L'Équipe lui a préféré en réponse la version francisée de Classique. La rivalité n'est à l'origine ni géographique ni sportive et a été montée de toutes pièces au début des années 1990 par les dirigeants des deux clubs, dans un contexte où ces équipes des deux plus grandes villes de France sont sur le devant de la scène nationale et européenne.
L'Olympique de Marseille a régulièrement rencontré des clubs parisiens au cours de son histoire comme le CA Paris, le RC Paris ou le Red Star, sans qu'une quelconque rivalité ne naisse. À la suite de l'apparition du Paris Saint-Germain FC en 1970, le premier match officiel entre les deux clubs a lieu lors de la saison 1971-1972. La rivalité sportive entre les deux clubs a été volontairement montée de toutes pièces par les dirigeants du Paris Saint-Germain et de l’Olympique de Marseille. Il y a cependant un antagonisme entre la capitale et la deuxième ville de France. Paris et Marseille se confrontent pour des raisons géographiques, culturelles et sociologiques.
Jusqu’à la fin des années 1980, les chocs du championnat ou de Coupe de France entre le PSG et l’OM se déroulent comme des matchs quelconques. Les véritables rivaux de Marseille sont l'AS Saint-Étienne dans les années 1970, Bordeaux dans les années 1980 ou encore l'OGC Nice et le Nîmes Olympique avec lesquels ils se disputent la suprématie régionale. À la suite de la perte d'influence de Bordeaux sur le football français, Bernard Tapie, président de l'OM de 1986 à 1993, recherche un autre rival pour pimenter le championnat et avoir un adversaire de premier ordre. Il avoue qu'il entretient cette rivalité afin de motiver son équipe en tête du championnat, notamment lors de la course au titre en 1989.
La rivalité existe dans les années 2000 ; la passion sur le terrain est beaucoup plus modérée mais l'animosité entre fans est à son paroxysme. Le club marseillais étant au pic de sa forme en 2010, avec son doublé championnat et Coupe de la ligue, et la rivalité est ainsi très forte entre les deux clubs, mais surtout entre les supporteurs. Pour autant, plus que la baisse de la rivalité entre les groupes de supporteurs, toujours présente à la fin de la décennie, c'est surtout la mutation progressive du PSG, après le rachat par les fonds qataris, et sa domination dans le championnat de France qui diminuera grandement l'attrait sportif de ces rencontres, du moins pour les joueurs.
Le Contexte du Match
Comme le Mistral sur le Vieux-Port, cette question revient chaque année à Marseille, à l’approche de la réception du Classique face au Paris Saint-Germain, initialement programmé au dimanche 21 septembre mais reporté au lundi 22 septembre en raison des intempéries sur la cité phocéenne. Pire encore : sur cette période, l’OM n’a remporté que deux des 32 Classiques toutes compétitions confondues : en septembre 2020 en Ligue 1 au Parc des Princes, et en février 2023 au Vélodrome en Coupe de France.
Alors, après avoir regardé le Real Madrid dans les yeux en Ligue des champions mardi, l’OM peut-il relancer l’intérêt autour du Classique en s’imposant enfin cette saison ? Peut-être. Depuis, le discours ambitieux du capitaine de l’OM a trouvé de l’écho lors de la défaite pleine de promesses des Marseillais sur la pelouse du Real. "C’est un OM différent dans la structure.. On peut faire mieux par rapport aux années précédentes. J’ai beaucoup de confiance", ajoutait, lundi, l’Argentin. Un discours qui prolongeait celui du club phocéen, répété pendant l’été, de concurrencer d’avantage le PSG sur la scène nationale.
"Nous voulons rivaliser avec Paris mieux que ce que nous avons fait la saison dernière", promettait ainsi Roberto De Zerbi en mai dernier dans L’Equipe. Des paroles que les Marseillais vont devoir assumer, dimanche, face à un Paris Saint-Germain privé de plusieurs tauliers, blessés : Ousmane Dembélé, Joao Neves et Désiré Doué, tandis que Bradley Barcola est incertain. "Cette année, j'ai une équipe forte. Emerson Palmieri est un joueur fort, Nayef Aguerd est fort, Benjamin Pavard aussi, Höjbjerg et Kondogbia sont des joueurs forts, Aubameyang, Gouiri... Car bien que diminué, le PSG a impressionné en Ligue des champions face à l’Atalanta, après un début de saison maîtrisé en championnat, et malgré la courte préparation estivale.
Après une saison à 65 matchs achevée le 13 juillet en finale de Coupe du monde des clubs, Paris devra composer avec les forces en présence. "On a beaucoup de matchs, beaucoup de blessures, c’est compliqué à gérer. On sait gérer notre préparation. Et on a des joueurs pour remplacer les blessés. Les Marseillais, eux, pourront s’appuyer sur un effectif certes ébranlé par l’affaire Rabiot-Rowe, et orphelin du milieu de terrain français, mais considérablement renforcé pendant l’été. Avec soixante millions d’euros dépensés sur douze recrues, l’OM a étoffé son effectif avec des joueurs de renom (Pierre-Emerick Aubameyang, Benjamin Pavard, Nayef Aguerd, Facundo Medina, Emerson…), et des promesses (Igor Paixao, Angel Gomes, Arthur Vermereen…).
Dans un classique reprogrammé à cause des intempéries, l'Olympique de Marseille a battu un Paris Saint-Germain (1-0) privé de plusieurs joueurs, blessés et présents à la cérémonie du Ballon d'or. Nayef Aguerd a inscrit le seul but de la rencontre dès la 5e minute.
Le Film du Match
L'OM a renversé le PSG et l'a fait sortir de ses gonds. Les Marseillais ont réussi à mettre fin à près de dix ans de malédiction en allant s'imposer au Parc des Princes en clôture de la 3e journée, dimanche soir (0-1). La lumière olympienne est venue sur un but de Floran Thauvin qui attendait désespérément de marquer face à l'ogre parisien (31e). Dominateurs mais inefficaces, les joueurs du PSG n'ont jamais réussi à égaliser et ont été gagnés par la frustration avant de finir le match à 8 contre 9 après une bagarre.
Le PSG avait pourtant pris ce Classique par le bon bout. Les deux entraîneurs Thomas tuchel et André Villas-Boas avaient misé sur un 4-3-3 avec un faux "9" à la pointe de leur attaque : Neymar d'un côté, Florian Thauvin de l'autre. Le système mis en place par le technicien allemand a mieux fonctionné et, s'il n'avait qu'un entraînement dans les jambes ces dernières semaines, le Brésilien est entré fort dans le match. Le petit nouveau Alessandro Florenzi a donné le ton dans son couloir droit et adressé un centre dont a profité Marco Verratti pour obliger Steve Mandanda à réaliser une parade exceptionnelle sur sa ligne (2e).
Si Valentin Rongier a répondu d'une frappe lointaine (5e), l'OM a subi les vagues parisiennes et vu Neymar louper la cible sur une tête (18e). Les visiteurs ont pourtant réussi à ouvrir le score contre le cours du jeu sur un long coup franc de Dimitri Payet repris de près par Thauvin (0-1, 31e). Déjà buteur et double passeur lors du succès marseillais à Brest (2-3), l'ancien Bastiais a surtout signé la deuxième réalisation de sa carrière contre le PSG, la toute première au Parc des Princes.
Disputée et tendue dès les premières minutes, la rencontre a encore gagné en intensité en seconde période. Angel Di Maria et Neymar se sont sans cesse démenés sur le front de l'attaque pour tenter de prendre à défaut une arrière-garde olympienne solidaire et rigoureuse. Plus discret, Pablo Sarabia, lui, a buté sur l'impérial Mandanda (57e). Sans véritable avant-centre, Paris a manqué de présence et de poids dans la zone de vérité.
Entré peu avant l'heure de jeu, Dario Benedetto a bien failli inscrire le but du break. Le vaillant Argentin a même envoyé le ballon au fond des filets de Sergio Rico mais son but a été refusé pour un hors-jeu de Thauvin très peu évident (64e). Les entrants parisiens Julian Draxler ou Leandro Paredes ont été moins bien inspirés. L'Allemand n'a rien montré et l'Argentin s'est tout de suite montré très nerveux. Averti pour une charge sur Payet qui a eu droit à un petit traitement de faveur après ses sorties sur les réseaux sociaux (72e), il a été logiquement expulsé dans le temps additionnel pour une faute qui a déclenché une bagarre. Layvin Kurzawa, Neymar, Jordan Amavi et Benedetto ont également écopé d'un carton rouge (90e+9). Battu jeudi dernier à Lens (1-0), Paris enchaîne un second match sans marquer et une seconde défaite.
La déception des supporters marseillais après la victoire du PSG en Ligue des Champions
Les Chiffres Clés du Classique
Le Paris Saint-Germain et l’Olympique de Marseille, qui s’affrontent ce dimanche soir au Parc des Princes en Ligue 1 McDonald’s, se sont rencontrés 111 fois toutes compétitions confondues et la balance est largement favorable au club de la capitale. La dernière victoire de l’Olympique de Marseille à Paris dans l’élite remonte au 13 septembre 2020 (0-1). Voici les chiffres marquants du Classique.
- 52 : Le nombre de victoires parisiennes. En 111 matchs toutes compétitions confondues, le PSG s'est imposé 52 fois, pour 24 nuls et 35 défaites. En Ligue 1 McDonald’s, la balance est plus équilibrée puisque le club de la capitale comptabilise 39 victoires alors que l’OM s’est imposé 33 fois, pour 20 matchs nuls, en 92 rencontres.
- 4 : Le nombre de buts inscrits par l'OM lors de la plus large victoire face au Paris Saint-Germain. Elle remonte au 28 novembre 1986 avec un succès 4-0 à domicile en Ligue 1 McDonald's. De son côté, Paris s'est imposé 4 fois avec 4 buts d'écart face à l'OM toutes compétitions confondues : 5-1 le 8 janvier 1978 (domicile) et le 26 février 2017 (extérieur), 4-0 le 27 octobre 2019 et le 24 septembre 2023 (domicile), à chaque fois en championnat.
- 7 : Le Classique le plus prolifique remonte à une époque où la rivalité entre les deux clubs n'existait pas encore. En avril 1979 au Parc des Princes, le PSG dominait l'OM 4-3 avec un doublé de Carlos Bianchi, pour un total de sept buts.
- 11 : Le nombre de buts inscrits par Zlatan Ibrahimovic. Le meilleur buteur des Classiques est la légende suédoise avec 11 buts. Il devance deux autres Parisiens, Kylian Mbappé (9) et Edinson Cavani (7). L'international français est le plus prolifique lors des rencontres en Ligue 1 McDonald's (9 buts). Le PSG a inscrit 177 buts face à l'OM toutes compétitions confondues, dont 130 en Ligue 1 McDonald’s.
- 18 : L'Olympique de Marseille n'est reparti du Parc avec une victoire qu'une seule fois lors de ses 18 dernières visites toutes compétitions confondues. Depuis 2010, le succès marseillais en terre parisienne a été obtenu en septembre 2020 grâce à Thauvin (0-1).
- 30 : Le nombre de Classiques disputés par Steve Mandanda. Le gardien est le joueur ayant disputé le plus grand nombre de confrontations entre l'OM et le PSG toutes compétitions confondues. Du côté des Parisiens, Marquinhos est le joueur le plus capé (24), il a dépassé Marco Verratti (22) cette saison.
Les rencontres PSG - OM toutes compétitions confondues :
| Lieu | À Paris | À Marseille | Terrain neutre | Total |
|---|---|---|---|---|
| Matchs | 55 | 51 | 5 | 111 |
| Victoires PSG | 32 | 17 | 3 | 52 |
| Nuls | 12 | 10 | 2 | 24 |
| Victoires OM | 11 | 24 | 0 | 35 |