Denis Charvet : Biographie d'un Joueur de Rugby d'Exception

Denis Charvet, né le 12 mai 1962 à Cahors, est un personnage iconique du rugby français. Attachant et affable, il est l’ancien trois-quarts centre du Stade toulousain, du Racing ou du Stade français.

Carrière Sportive

En 1986, Denis Charvet est un véritable phénomène au centre de l’attaque de l’équipe de France. Il a été sélectionné 23 fois pour l’équipe de France et a joué pour son pays lors de la finale de la Coupe du Monde en 1987. Il a également été capitaine des Barbarians français.

Finaliste de la première Coupe du Monde de rugby en 1987 et champion de France à trois reprises avec le Stade toulousain, Denis Charvet a marqué l'histoire du rugby français. Son essai lors de la finale du championnat de France 1989, disputée avec le Stade toulousain contre Toulon, témoigne de son talent et de son élégance. Ce soir-là, il tape même dans l’œil du président de la République François Mitterrand.

En équipe de France, il compte 27 sélections. Cependant, en 1991, il est écarté du squad tricolore avant le Mondial par Jean Trillo, ce qui vaudra aux deux hommes une brouille toujours pas cicatrisée.

Au sein de son club formateur à Cahors, il devient une idole, un leader de ce sport si cher au Sud-ouest, même à l’époque du grand Stade Toulousain. Il épouse une carrière de toute beauté en passant par les deux clubs parisiens, le Stade Français et le Racing Club de France.

Le best of de Denis Charvet sur RMC

Reconversion et Nouveaux Horizons

Après sa carrière sur le terrain, Denis Charvet est devenu consultant et commentateur régulier à la télévision (France2) et à la radio (notamment RMC). Aujourd'hui, il est consultant pour RMC Sport, apportant son œil aiguisé sur les matches de l'équipe de France.

Il a aussi poursuivi une carrière d’acteur au cinéma, ayant eu, entre autres, un rôle dans « La Belle Histoire » de Claude Lelouche. Maintenant, il est producteur de film. Quant au cinéma, il est en train d’écrire un scénario avec Philippe Guillard sur l’histoire très drôle d’une mascotte qui porte malheur. Michaël Youn est à fond sur le rôle.

Œuvre Littéraire

Denis Charvet est également un écrivain talentueux. Il a écrit trois livres :

  • « La Mort Debout » (2008)
  • « La Dernière Passe » (2015)
  • « Balle de Match » (2019)

En 2008, il publie un livre, « La mort debout » qui raconte la reconversion difficile d’un homme qui a tout donné à sa passion. Oui, c'est un roman autobiographique, avec du ressenti, du réel mais aussi de la fiction.

Réflexions et Anecdotes

Dans l’entretien qu’il a accordé à Midi Olympique, Charvet nourrit quelques regrets. " Personne ne m’a dit qu’en faisant plus d’exercices, je deviendrais meilleur, grogne-t-il. Pourtant, j’ai vu très tôt Karl Janik et Thierry Maset pousser des barres. Ce que le Stade toulousain ne recommandait pas. Mais quel con j’ai été. Si je les avais imités, je serais monté d’une marche. Quand je vois la confiance que l’entraînement physique peut apporter à un joueur. J’ai pris ça de haut. Je n’ai pas non plus tout fait pour être le meilleur en équipe de France. Si j’avais été plus attentif à mon hygiène de vie, aussi. "

«Le rugby, c'est une philosophie, un état d'esprit, souligne-t-il. On a oublié l'essentiel, la passion qui nous anime tous. Il faut un supplément d'âme, amener de la fraîcheur à cette équipe, changer des joueurs, mais pas pour les punir.

Pour rebondir, je crois qu'il faut du courage et du temps pour se reconstruire. Je n'ai pas honte de dire que j'ai suivi une thérapie pendant trois ans. Il me fallait faire le deuil, tuer le joueur pour passer à autre chose.

Il a fallu surtout apprendre à vivre, mettre en place une nouvelle mécanique. J'en veux surtout au monde politique qui se presse sur la photo quand tout brille mais après, il n'y a plus personne. Il n'y a pas que pour le rugby, c'est vrai dans tous les sports où l'on gagne peu d'argent.

Ce jour-là, je suis mort debout sur ces terres irlandaises. Pour le sportif que j'étais, on ne peut pas prévoir quand ça s'arrête, même si je me croyais prêt. La fin d'une carrière, c'est une petite mort. On se retrouve seul au monde. C'est humain. On a tellement été bercé par l'amitié, les copains, le partage, les vestiaires que tout s'écroule. Tout d'un coup, c'est le regard du monde sur vous qui change.

Douloureuse oui et non, à 35 ans j'ai quitté ce que j'appelle le grand barnum en perdant mon supplément d'âme. Pendant un moment, en quittant cet univers cadré qui n'était plus, j'ai un peu fait n'importe quoi, touché aussi à n'importe quoi, mais la vie est faite de rencontres, il y a eu les mauvaises, mais aussi celles qui m'ont délivré, qui ont contribué à ma reconstruction.

"J’ai eu deux mille vies, dit-il dans l’entretien qu’il a accordé à Midi Olympique. Je peux mourir tranquille. Ce que je vis aujourd’hui, c’est du supplément. Je ne comprends toujours pas la carrière que j’ai pu faire. Je le dis avec sagesse et humilité. Plus d’une fois j’ai chuté. Je me suis toujours relevé, un peu à la manière de Sancho Panza, l’écuyer de Don Quichotte.

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