La France du rugby attendait ça depuis longtemps. Après avoir vu leur rêve de premier sacre mondial brisé par les Sud-Africains, les Bleus retrouvaient leurs bourreaux verts. Aussi prestigieux soit-il, un succès n'aurait pas le pouvoir d'effacer la douleur d’une élimination traumatisante, ni de mettre les coéquipiers de Gaël Fickou sur le chemin d’un sacre planétaire. Pour autant, il pourrait faire date dans la construction de celui menant en Australie.
Le match entre la France et l'Afrique du Sud a été marqué par une intensité palpable et une forte tension psychologique. L’équipe de France s’est inclinée à Saint-Denis face à des Sud-Africains bien plus puissants (17-32). Au cœur du marasme de la seconde période, le banc français a souffert de la comparaison avec son homologue springbok.
Une chose est sûre, ce match dirait beaucoup des progrès bleus en matière de gestion de la pression, dans les luttes aériennes comme sur les couvertures en fond du terrain. Car si personne ne doute de la valeur de cette équipe en matière de combat, sa capacité à répondre à ce que va lui proposer l’Afrique du Sud est pour l’heure entourée d’un gros point d’interrogation.
France 28-29 Afrique du Sud - Les clés pour comprendre la défaite des Bleus
La Stratégie Imprévisible de Rassie Erasmus
La chose la plus impressionnante chez Rassie Erasmus est peut-être son imprévisibilité. Une caractéristique importante pour un tacticien au plus haut niveau, qui oblige ses adversaires à être sans cesse sur leur garde et à entrer inexorablement dans une bataille psychologique dans laquelle le génie sud-africain est maître. C’est peut-être le piège dans lequel est tombé Fabien Galthié.
Forcément inquiet du fameux "Bomb Squad", face auquel il avait déjà souffert il y a deux ans lors d’un certain quart de finale de Coupe du monde, l’ancien demi de mêlée avait, pour la revanche, décidé de surprendre son alter ego.

Les Changements Tactiques et Leurs Conséquences
À la 47e minute de la rencontre, le staff des Bleus actait à la surprise générale l’entrée de la majorité de son banc. Exit la première ligne (Erdocio, Marchand, Montagne) et les gros porteurs (Meafou et Guillard), ce sont Gros, Cramont, Aldegheri, Taofifenua et Jegou qui pénétraient sur la pelouse de Saint-Denis. Thomas Ramos confiait : "On savait que les entames de seconde période étaient leur point fort", comme pour justifier ces changements prématurés.
Galthié plaidait lui aussi : "Il n’y a que lors de leur premier match de Rugby Championship contre l’Australie où ils ont eu une deuxième mi-temps difficile. Depuis, ils ont clairement construit une stratégie où ils imposent leur puissance en seconde période."
D’abord, parce que ce coaching n’a pas semblé prendre de court le staff des Boks, qui a fait entrer sur le temps de jeu suivant (48e) des joueurs de la trempe de Snyman, Esterhuizen et Louw. Déjà bousculée depuis le début de la partie, la mêlée a été mise sur le reculoir dès la première épreuve de force après le changement de première ligne. Sur la deuxième, Dorian Aldegheri a carrément été sanctionné par M. Gardner.

La Domination Physique et les Erreurs Fatales
Dans le jeu courant, si la charge de Cramont (50e) et la belle pression de Jegou (58e) ont été bénéfiques, le pack bleu - pourtant en supériorité numérique depuis la fin de première période - a été outrageusement concassé. Et lorsque les "gros" sont pris physiquement, soit l’équipe recule, soit elle se met à la faute. Cela a été les deux pour la France, qui a définitivement perdu pied à l’heure de jeu et qui a encaissé 19 points lors des quatorze dernières minutes.
Sans eux, les Bleus ont finalement vite été acculés sur leur ligne. Impuissants et exténués en fin de partie, ils ont vu des Sud-Africains en grande confiance préférer les pénaltouches aux trois points. C’est suite à des lancers à cinq mètres de la ligne tricolore que Louis Bielle-Biarrey a écopé d’un carton jaune, puis qu’Handre Esterhuizen a permis aux doubles champions du monde de passer devant au score (65e).
En conférence de presse, Erasmus souriait : "Nous sommes très contents de ce qu’ont réalisé les remplaçants." Le constat n’est évidemment pas le même pour Fabien Galthié, qui aura eu le mérite d’avoir fait des choix forts pour ce match. Mais en plus du coaching, sa composition d’équipe, notamment sur le banc, risque d’être largement débattue lors des prochains jours.
Les Controverses Autour de l'Arbitrage
Au lendemain de la défaite des Bleus face à l’Afrique du Sud (28-29) en quart de finale du Mondial 2023, les questionnements sur l’arbitrage de Ben O’Keeffe persistent. Le Néo-Zélandais a été critiqué par Antoine Dupont après la défaite face aux Sud-Africains (28-29)."Il y a beaucoup de frustration après ce match et on va revoir des images qui vont nous donner encore plus de frustration je pense.
Il y a des choses claires et évidentes à siffler qui ne l'ont pas été", a regretté le demi de mêlée tricolore. "Quand on a une avancée de soixante mètres et qu'on ralentit un ruck... Il y a quand même des choses faciles à siffler. Je n'ai pas envie de faire l'aigri qui râle sur l'arbitrage parce qu'il a perdu mais je ne suis pas sûr que l'arbitrage ait été au niveau de l'enjeu."
Exemples de Situations Litigieuses
Plusieurs actions du match ont suscité des interrogations quant à l'arbitrage. Voici quelques exemples :
- Situation 1 : Arendse sort le ballon du terrain (2e). Maxime Chalon estime que la décision de l'arbitre est justifiée, car Arendse tente de récupérer le ballon légalement.
- Situation 2 : Le possible en-avant volontaire d'Etzebeth (7e). Selon Maxime Chalon, aucune image ne prouve que le ballon voyage vers l'avant, ce qui justifie la décision de l'arbitre.
- Situation 4 : La transformation de Ramos contrée par Kolbe (23e). Maxime Chalon considère que le joueur sud-africain part avec le pied sur la ligne, donc sa position de départ est illégale.
- Situation 7 : L'autre grattage litigieux de Smith (68e). Le ralenti montre clairement que le joueur sud-africain a sa main droite au sol, ce qui rend le contest illégal.
